Je profite d’une connexion lors de la visite chez des amis pour venir vous faire un petit coucou.
Voilà déjà deux semaines que j’ai atterri en Calédonie et je ne touche pas terre !
Peu de jours passés à Nouméa où réside mon fils.
A peine atterris, nous sommes allés passer la première semaine sur l’îlot Ténia, un îlot de rêve où nous étions les seuls habitants !
Puis retour sur Nouméa pour une seule journée…pour redécoller pour les îles de la Loyauté : nous avons passé une semaine entière à Ouvéa !
Ouvéa…le paradis sur terre, des images de cartes postales ! Baignades avec les requins, dodos dans la case chez la tribu des Cocotiers dans le sud de l’île…Plats typiques dégustés chez les kanaks, balades à n’en plus finir où le soir venu les yeux sont rouges d’avoir emmagasiné tant de merveilles…
Mon appareil photos a surchauffé !!! Tout est dans la boîte que j’ouvrirai rien que pour vous à mon retour en métropole.
Difficile de trouver une connexion lorsque l’on joue les robinsons sur des îles perdus au milieu du pacifique…quand il n’y a ni l’eau courante ni électricité !! Puis de toute façon…on est dans ces conditions, en dehors du monde civilisé…loin des aliénations que sont le téléphone et Internet ! On vit sans montres avec pour seul indicateur du temps, le lever ou le coucher de soleil !
Nous avons rejoint hier la civilisation…et la « grande Babylone » comme les gens de la brousse appellent Nouméa ! Une petite semaine à Nouméa…tranquilles…à jouer les touristes ! Mon fils reprend son travail, juste pour une semaine…mais nous récupèrerons notre guide très vite et il nous emmènera découvrir d’autres paradis…
J’espère pouvoir prendre contact avec Hirondelle, cette semaine, puisque j’habite le quartier de Magenta, tout
près de là où elle réside ! Je trouverai bien un moment pour que l’on se rencontre entre deux dîners entre amis, amis de Nouméa qui attendent notre visite !
J'aimerais aussi rencontrer Marail...mais elle habite loin de Nouméa...on verra!
Voilà en bref ma vie trépidante au pays merveilleux de la Nouvelle Calédonie !
Le temps passe trop vite…vous vous en doutez…mais je ne préfère pas pensé encore au retour…il me reste encore plus de trois semaines à vivre sur le caillou ! Trois semaines où je vais arrêter le temps pour en savourer la moindre seconde qui passe !
Je vous laisse : le devoir m’appelle ! On me réclame à corps et à cris pour partir au Mont Dore où
nous passerons la soirée chez des amis !
Je vous embrasse et pense très fort à vous qui caillez sous le gris de la métropole qui semble si loin !
A bientôt, les copinautes, vous me manquez !!
Ouvéa
Vous m’avez souvent entendu parler de la Nouvelle Calédonie… cette île magnifique au plus beau lagon du monde ! Cette île au bout du monde, presqu’inaccessible tant il faut d’heures de vol pour y arriver.
Son lagon bleu, ses plages au sable blanc, sa végétation si luxuriante et ses paysages si changeants en font une île « à part », une île magique.
Magique pour moi en tous cas, car c’est là où vit mon fils aîné.
La distance, le décalage horaire énorme font que nous ne nous voyons que très rarement…mais lorsque nous sommes enfin réunis, c’est un moment inoubliable, un moment fort, très fort, où chaque seconde est vécue intensément. Et ces moments-là sont attendus avec tant d’impatience.
Le jour J est arrivé : je pars, je m’envole par delà les océans, emplie de joie, excitée comme 10 000 puces sur le dos de mon chat : dans 27 heures je serai dans les bras de mon Sébastien !
5 semaines entières à profiter l’un de l’autre !
Je vais donc vous abandonner pendant toutes ces semaines où je penserai à vous en train de greloter alors que je profiterai de l’été calédonien là-bas, très loin.
A mon retour, je vous raconterai tout, en vous faisant partager mes photos car je peux vous dire que je vais mitrailler chaque seconde qui passera pour engranger les souvenirs de ce séjour attendu depuis si longtemps.
Malheureusement, je ne pourrai pas alimenter mon blog durant toutes ces semaines à venir – mon fils n’ayant plus de ligne-ça tombe mal- mais si j’ai l’occasion de me connecter, je vous promets de venir vous faire un coucou sur vos blogs. Et qui sait, en venant de temps en temps faire un saut dans ma caverne, vous aurez peut-être la surprise d’y lire un article…mais j’en doute car je serai sûrement en train de voler d’îlots en îlots, de crapahuter du nord au sud et d’est en ouest, car Sébastien nous a réservé un programme d’enfer !!
Aujourd’hui, je boucle mes valises…enfin si j’y parviens…car toutes les deux secondes je rajoute un truc ou un
autre…au cas ou…et un cadeau… et ce petit pantacourt qui finalement s’ajoutera à tous les autres déjà empilés… mais son coloris ira bien avec ce petit haut-là…bref, les femmes sont incapables de
voyager « léger », il faut toujours qu’elles emportent avec elle la maison entière !
C’est terrible cette sensation d’oublier quelque chose…
Dans mon cas au pesage des valises, je sens que le poids autorisé sera sûrement dépassé…Verdict demain matin sur le pèse-personne de la salle de bains…Mon compagnon va se faire un tour de reins
en soulevant ma valise !! La sienne bien sûr sera bien plus légère, mais pour les hommes c’est plus facile, hein ! Donc je m’attends à transbahuter une bonne partie de ma cargaison dans
sa valise à lui et il va encore se moquer…
M’en fiche, ce sera l’heure du départ et les palabres seront écourtées !
Direction Roissy ! Enregistrement. Embarquement. Décollage, Mercredi à 22H50 ! Wééééééé ! Yes !
27 heures de voyage, mais je pédalerai pour que l’avion aille plus vite et chaque minute passée me rapprochera de mon fils adoré !!
27 heures, c’est long…mais rien qu’à la pensée de serrer mon Sébastien dans mes bras, je hurle de bonheur ! Ce moment…ce moment indescriptible… se passera jeudi, au moment où vous (1H du mat) irez vous coucher ou serez déjà dans les bras de Morphée. Mais je suis sûre que vous entendrez mes hurlements de joie, même de si loin !
On sera Vendredi 11H du matin à Nouméa (Oula, d’un coup j’aurai vieilli d’une journée supplémentaire par rapport à vous !) et je serai en train de pleurer d’émotion…
A peine débarqués de l’avion, hop, Sébastien ne nous laissera pas le temps de souffler et nous emmène passer
le week end sur l’îlot Ténia, sous la tente, en compagnie des « tricots rayés * » dont j’ai la phobie ! A nous le beau lagon !! Puis… l’avion pour les îles Loyauté, et les
fêtes des retrouvailles…
Et ce ne sera que le début d’un vaste et beau programme où il n'y aura que de belles choses à voir, comme cette photo prise lors de mon dernier séjour ! Là, une petite halte à l'île des
Pins :
J’espère que j’aurai le temps de rencontrer comme prévu l’Hirondelle et peut-être Marail, mes copinautes calédoniennes…On a prévu de se faire une petite bouffe sympa et je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour les voir même dix minutes entre
deux barouderies (oui, c’est mon mot à moi…ça veut dire une Nicky-sac-à-dos-sautant d’un îlot à l’autre-d’une voiture- à un bateau- à un avion-tirant la langue en souriant malgré le décalage
horaire-l’air de celle qu’est po fatiguée-même po peur-et qui veut tout voir-tout faire…une baroudeuse en barouderie, quoi !)
Voilà, le grand jour est arrivé, en maillot de bain-paréo, et même si je ne me connecte pas, je penserai à vous et vous me manquerez.
Je vous fais d’énormes bisous et vous dis à bientôt avec le plaisir de vous relire avec toujours autant de passion !
« Voyage voyage
Plus loin que la nuit et le jour
Voyage voyage
Voyage voyage
Dans l'espace inouï de l'amour
Voyage voyage… »
Vous vous souvenez de cette chanson des années 80 ? J’ai l’air dans la tête en rajoutant dans ma valise mes claquettes que j’allais oublier…allez hop, un truc de plus !
Allez, ne trichez pas et dites-moi, comme ça d’un coup, l’interprète de cette chanson sur laquelle nous avons tant dansé dans un ancien temps !
Les « tricots rayés »…je vous raconterai à mon retour…mais je doute d’avoir suffisamment de
self-control pour m’en approcher et les prendre en photo !! L’Hirondelle, elle, elle n’en a même pas peur… qu’elle dit !
Voilà ce que je vais bientôt apercevoir du hublot de l'avion...et là mon coeur battra très vite car nous serons tout prêts d'attérrir...
Le week end dernier, joli programme au menu ! Un rallye promenade dans les Flandres.
Boulogne sur Mer, Wimereux, Saint Omer et ses marais, Cassel…les belles dames de Champagne ont sillonné les routes du Nord !
Une jolie balade entre amis, tous amoureux de vieilles bagnoles de légende.
Ces vieilles dames ont avalé des kilomètres sans regimber. Ho, il y en a bien une qui a renâclé…elle a eu ses vapeurs et a bien failli se trouver mal…mais on lui a bien vite fait avaler quelques
bouteilles d’eau et hop, elle est repartie de plus belle ! Et plus question de râler car un vaste programme nous attendait !
Entre chemins de campagne et bord de mer, entre canaux et rivières, entre estaminets et restos de fruits de mer, sans oublier les étapes apéros et petits dèj’ et pauses pipi…il n’y avait pas une
minute à perdre et tant de choses à découvrir au détour d'un virage!
On a tout fait, tout vu. On a eu des fous-rires mémorables. On a eu des découvertes charmantes et
surprenantes.
Elle est belle, notre France…Il y a encore tant de coins à découvrir, que ça promet encore de bien jolies balades à venir…si nos vieilles dames de légende veulent bien encore nous
accompagner !
Allez, je vous fais partager un peu de mon escapade de trois jours qui a filé en trois secondes, en vous livrant quelques photos.
Voilà ma copine à moi ! Elle a été docile comme tout et ne nous a pas fait le coup de la panne.
Le bon point…vous vous souvenez ? Ce petit rectangle en carton de différentes couleurs qui récompensait le bon élève et qu’il gardait précieusement et fièrement dans une petite boîte en fer ou dans un plumier en bois ! Dix bons points donnaient droit à une jolie image. Alors on se démenait pour gagner des bons points qui complèteraient la collection de belles images !
Ce malheureux petit carton faisait le bonheur de l’élève en ce temps-là…Il faut croire que ces valeurs ne sont plus du tout les mêmes aujourd’hui…
De nos jours, on en est arrivés à vouloir payer les élèves pour qu’ils assistent aux cours…
Non contents d’avoir la chance de vivre dans un pays où l’enseignement est gratuit et mis à la disposition de tous, les élèves vont exiger un salaire pour aller à l’école !
Au nom de quelle morale ? On est tombés sur la tête ou quoi ?
De notre temps, lorsque l’on prenait une baffe par la maîtresse, on en reprenait une deuxième en rentrant à la maison et l’on n’a pas été traumatisés pour autant !
An l’an 2000, ce sont les maîtresses qui prennent des baffes administrées par les élèves !
Je vous le dis : c’est le monde à l’envers !
Un zéro pointé, c’était un zéro pointé !
Au nom de la sacro-sainte psychologie, on n’ose plus de nos jours noter ces chers petits, de peur de porter une atteinte grave à leur psychisme fragile…
La notation et le respect de la discipline nous apprenaient les vraies valeurs. La famille et l’école tenait le même discours ; il n’y avait pas de parents démissionnaires, terrorisés par des enfants qui dictaient leurs lois !
Payer les élèves qui auraient la tentation de faire l’école buissonnière…les payer pour leur donner la chance d’apprendre en fréquentant un lieu qui, il me semble, ne ressemble pas à un bagne…mais dans quel monde vivons-nous ?
Moi je vous le dis : ce n’est pas un salaire qu’il faut offrir à ces élèves mais une série de bons coups
de pieds au cul !
* Image empruntée là
Roses des sables ou roses des vents
Roses qui fanent au jour levant
Roses bonbon ou roses pompon
Roses en sucre, roses en crépon
Roses fragiles, roses en boutons
Roses de fronton, roses en feston
Roses d’Inde
Si belles à peindre
Roses musc
Au parfum brusque
Roses églantines
Aux fières épines
Roses trémières, roses altières
Qui osent enlacer la lumière
Des roses anglaises pleines de mystère
Rose épanouie à ton veston
Qui pique un fard du meilleur ton
Eau de rose pour teint de rose
Roses écloses que je dépose
Comme tous ces mots de petite prose
Roses qui osent et qui composent
Ce bouquet de bien peu de choses
Petites choses, petites doses
D’images douces aux jours moroses
Rose pâle
Rose vif
Rose tendre
Rose-baiser, léger posé
Au doux parfum d ‘amour osé.
Refrain :
Ton regard m’accompagne
Je le porte dans mon cœur
Comme un petit bout d’âme
Comme un porte-bonheur
Tu voles tous mes rêves
Tu les emplis de toi
C’est le cœur plein de fièvre
Qu’au matin j’entrevois
Ta présence qu’on m’enlève
Tout au long de mes jours
Tu voles mes pensées
C’est le cœur bien trop lourd
Que je vois s’effacer
Ton ombre aux doux contours
Ton regard m’accompagne
Je le porte dans mon cœur
Comme un petit bout d’âme
Comme un porte-bonheur
Je sens bien ta présence
Je sens ton doux parfum
Et comme une évidence
Tu flottes et tu surviens
D’une aura bleue qui danse
Tu planes sur ma vie
Invisible présence
Et comme par magie
Tu règles mon existence
Et caresses mes envies
Tu es l’ange dans ma vie
Qui me suit pas à pas
Tu es celui qui dit
Je suis bien toujours là
Bien au-delà de la vie
Ton regard m’accompagne
Je le porte dans mon cœur
Comme un petit bout d’âme
Comme un porte-bonheur
Comme un petit bout d’âme
Comme un porte-bonheur
Comme un porte-bonheur ...
(11/01/97)
* Toile "cache-cache" de Patrick
Mahieu ...j'adore!
Georges est malade. La grippe A H1N1 le rend
malade…avant l’heure.
Non, non, je vous rassure, Georges n’a pas encore attrapé la grippe A…mais il en a tous les symptômes…du moins il croit chaque jour l’avoir contractée. Aussi, tous
les deux jours consulte-t-il son toubib qui le rassure en lui affirmant qu’il n’a toujours pas la grippe ! Malgré ça, mon Georges éternue, se mouche et tousse. Il se plaint de courbatures,
il frissonne, persuadé d’avoir 40° de fièvre ! Persuadé seulement…
— Baby, je bais bourrir ! I am very, very mal ! Bersonne ne veut croire que j’ai le grippe, mais j’ai le grippe! Je suis sour de ça ! Je bais bourrrrrrir et tout le bonde s’en fiche ! Et puis, c’est un virus
sûrebent bortel sinon, ils en feraient pas un tel pataquès…
— Mais non, mais non, don’t worry, amour à moi, c’est pas pire qu’une grippe normale tu
verras ! Si ya un tel battage autour de cette grippe, c’est juste parce que le gouvernement adopte le principe de précaution au cas où ça tournerait mal, mais les professeurs en médecine
s’entendent tous pour dire que cette grippe n’est pas plus dangereuse que notre grippe annuelle et qu’elle ne touchera qu’une population à risques et toi, t’es pas à risques, hein ! T’as pas
moins de deux ans, t’es pas enceinte, t’es pas atteint d’une grave maladie…alors tout va bien, amour à moi, don’t worry !
— Comment tu peux dire ça, Darling, j’ai peut-être une maladie grave et je ne le sais pas…je
suis sûrement à risques…d’ailleurs j’ai du mal à respirer depuis quelque temps…
Il n’est pas à prendre avec des pincettes, mon Georges, en ce moment…Quand il est malade, c’est toujours grave et on ne joue pas avec sa santé !
Vous l’aurez compris : Georges est en pleine psychose grippale comme la moitié de la population française. Il paraît que les plus atteints de cette psychose-là, ce sont les journalistes qui ne parlent que de ça…mais ils ne le sont pas autant que mon Georges, ça je vous l’assure.
Georges a toujours été hypocondriaque mais là, ça dépasse tout ce que vous pouvez imaginer…
Il se lave les mains cinquante fois par jour et entre deux lavages de mains, il se les frotte avec une solution hydro alcoolique. Aussitôt, il enfile des gants s’il doit sortir.
Des gants, quand il fait 30° degrés à l’ombre,
vous avouerez que ça ne passe pas inaperçu…
Je sens que d’ici quelques jours il va dévaliser le stock de masques de chirurgiens de la série « Urgences », et s’en coller un sur le nez à chacune de ses sorties hors de son bocal
aseptisé.
Bon, Georges, je le trouve séduisant quand il porte un masque à la télé, mais franchement, le voir affublé de ce truc-là 24 H sur 24, je sens que ça va m’agacer !
Hier, sur toutes les chaînes de télé et radios on ne parlait que de la pandémie et on annonçait sur un ton alarmiste que Paris était attaquée ! Paris en son entier était atteinte par la fameuse grippe porcine H1N1 ! Catastrophe, tous aux abris ! Qu’est-ce que les journalistes n’avaient pas clamé là…mon Georges était traumatisé, livide devant l’écran !!! Il a éternué de plus belle et avalé le tube de doliprane. Il a serré son stock de masques sur sa poitrine, le regard perdu. Pauvre Georges…
Avant de sortir de chez nous, Georges met une bonne heure à se préparer ! Le temps que monsieur enfile gants et masques…Il superpose même les masques de peur que les microbes ne passent…Il a tout d’un robot…Il est méconnaissable ! Ça, on n’est pas embêtés par les paparazzis…
Sûr que j’ai un peu honte de trimbaler mon Georges à mon bras…tout le monde nous regarde… Ha, ça, nous ne passons pas inaperçus !
Mais j’y tiens à ces sorties avec mon Georges ainsi attifé !
Le masque fait un effet d’enfer autour de nous !
Vous ne pouvez pas vous figurer comme on gagne du
temps pour les courses !
Tout le monde s’écarte pour nous laisser passer aux caisses. On nous offre même une place assise dans le métro et même tout l’espace qu’il y a autour…on respire au moins aux heures d’affluence !
Tenez, même au resto l’autre soir…on avait presque la salle entière pour nous tout seuls, les gens préférant après réflexion dîner dans la salle du bas.
Les gens changent de trottoirs ; on n’aurait presque toutes les rues de Paris pour nous, si on voulait ! Si, si, c’est vrai !
Trouver une table à une terrasse de café en ce
moment n’est vraiment pas un problème : dès que Georges pointe son nez, toutes les tables se libèrent…C’est cool la vie ainsi, non ?
L’autre soir au théâtre, comme nous étions arrivés en retard nous n’avons pu acheter que des places au premier rang, très mal situées…Georges ne s’est pas dégonflé. Il s’est avancé vers les meilleurs fauteuils et sans rien avoir à demander, - ça c’est vrai, je suis témoin, il n’a rien demandé et même pas toussé -, nous avons toute une rangée qui s’est libérée devant nous !
Imaginez seulement l’effet de panique quand Georges, en plus de son masque, se met à tousser ! Là, c’est l’émeute assurée ! Trop risqué de tousser à notre époque ; on serait ferait lyncher pour moins que ça…alors j’exige que Georges se retienne de tousser et reste discret…non, c’est vrai faut quand même pas exagérer ! Le masque suffit !
Non, non, je n’ai pas honte de le dire : le masque, c’est une invention du tonnerre pour vous faciliter la vie dans Paris.
On va peut-être rallonger notre séjour à Paris finalement, quoique Georges essaierait bien son masque à Reims maintenant…
Comme quoi, la grippe A, ça peut avoir du bon !
Il n’y a pas que des inconvénients finalement…enfin bon…quand on a vraiment la grippe car mon Georges ne l’a toujours pas attrapée…soit dit en passant !
Il s’y prépare, il s’y
prépare !
* Voilà ce que voit Georges dans ses rêves en ce moment...Vous imaginez la tête du métro à Paris?
Terminé le temps du farniente, le temps que l’on ralentit ; c’est soudainement le plongeon dans la vie quotidienne qui vous happe dans sa spirale infernale. Plus le temps de rien !
Ça y est c’est reparti ; la machine est de nouveau en route.
Bon, vous me direz…la rentrée, elle est rentrée depuis un bout de temps déjà…même pour moi… qui suis rentrée depuis longtemps dans le tourbillon sans pouvoir en sortir, sans avoir une minute pour écrire un mot ou bailler aux corneilles.
C’est la rentrée : tout le monde au garde à vous ; rentrons dans les rangs ! Finie la rigolade !
Même le soleil ne se marre plus comme avant ; il fait la gueule et les jours ont décidé de se coucher beaucoup plus tôt. Circulez, ya plus rien à voir !
La rentrée avec son cortège de bonnes nouvelles : l’avis d’imposition, les factures à régler, les nouvelles taxes, les anciennes taxes améliorées vers le haut, les augmentations de…l’électricité entre autres potions amères…le frigo qui rend l’âme, le contrôle technique de la bagnole…et la grippe cochonne dont on nous gave 24 heures sur 24.
Je vous en fous un coup là…vous en revoulez encore ? Non, j’arrête… j’ai pitié de vous qui essayez de vous changer les idées…Je vous imagine d’ici… « Ben dis donc la Nickyza…pas contente d’être rentrée, oulala ! »
Néanmoins…je vous sortirais bien encore quelques trucs, histoire de me sentir plus légère après coup…
Le doute, par exemple, oui le doute qui s’installe parfois chez les naïves comme moi : serions nous
vraiment des bœufs que l’on doit faire rentrer dans les rangs et à qui, pour ce faire, on raconterait n’importe quoi ?
La grippe A aurait-elle été montée de toutes pièces, vaste farce pourrie, pour occuper les ministres en vacances, engrosser les laboratoires et détourner notre attention afin de passer sous
silence des affaires bien plus graves ?...Certaines rumeurs murmurent même qu’elle aurait été inoculée tout exprès cette sacrée grippe…non, dites-moi que je rêve là… ?! Le monde est fou
mais pas si fou, si ?…
Le Tamiflu, le vaccin contre la grippe…placebos ? Effets indésirables ?
Il n’empêche : il faudra écouler les 94 millions de vaccins en convainquant coûte que coûte la majorité
des français qui ne veut pas se faire vacciner…naïfs un peu mais pas cons quand même !
Quel terrible secret inavouable se cache derrière les fantomatiques tours du Wall Street Center et qu’a-t-on bien voulu nous raconter ? Quelles autres vérités s’étouffent encore derrière de
sales affaires d’état ?
Que croire encore ? Qui croire enfin ? On nous en cache encore beaucoup des comme
ça ?
Bon, j'arrête ici la longue liste de trucs pas très reluisants ni très bons pour le moral...
Nous sommes finalement de bien petits grains de poussières face aux grands de ce monde qui n’en font qu’à leur tête et qui éparpillent la poussière dans un grand vent de mensonges.
Parfois dans la poussière se cachent des grains de sable qui peuvent se mettre dans les rouages et faire gronder l’orage…
Mieux vaut parfois ne pas tout savoir finalement…
J’aimais bien pourtant les théâtres de marionnettes quand j’étais petite…mais lorsque j’ai su un jour que quelqu’un tirait les ficelles derrière…c’est drôle, ça m’a beaucoup moins
amusée…
Ils ne m’auront pas, les marionnettistes ! Dès demain et pour quelque temps, j’éteins télé et radios et mets les journaux à la poubelle, histoire d’échapper à la psychose et à la morosité ambiante.
Je vais faire un grand trou dans le sable ( Mmm quoique…elle est loin la plage maintenant…) et y mettre la
tête comme mon amie l’autruche.
Rentrer dans ma bulle où les mots y sont doux et où mes amis les livres ne me raconteront pas d’histoires !
Néanmoins et on ne sait jamais, je n’oublierai pas toutefois de
me protéger avec ce genre de masque :
Croyez-vous que je puisse mettre ce masque dans l’autre sens, afin de me cacher plutôt les yeux ?
Allez, les amis, je suis quand même contente d’être rentrée, n’en doutez point, et ceci n’était qu’un coup de gueule…un tout petit coup de gueule ! Voyez comme je ris déjà ! Je saute même sur mes deux jambes pour courir aller rejoindre le soleil qui joue en ce moment dans les buissons ! C’est que celui-là, je l’aime trop pour le laisser s’échapper quand il est là !
Et un soleil, ça n’a jamais la grippe et ça ne s’en laisse pas conter par n’importe qui !
Ça vit sa vie, un soleil, sans se soucier des autres. Ça fait la pluie et le beau temps quand ça lui chante.
Quand le soleil n’est pas content, il peint le ciel en noir et va se cacher derrière en attendant que l’orage
passe. Un point c’est tout !
Quand la mer se carapate très très loin, il nous faut parfois parcourir des kilomètres pour y aller plonger les
pieds, surtout en cette période de grandes marées. Aussi a-t-on tout intérêt à jeter un coup d'oeil au calendrier des marées!
Oui je sais…je ne suis pas encore rentrée au bercail ! Je suis toujours là-bas, dans ma maison au bord de la mer !
Pour celles et ceux qui s’impatientent, je suis venue vous dire que ma rentrée ne saurait plus tarder…encore une dizaine de jours à profiter des derniers jours d’été…dernière semaine dans une maison désertée par les amis et la famille, maison à moi toute seule : hé oui, toutes les bonnes choses ont une fin et même l’été et donc il nous faut rentrer un jour ou l’autre…je sais ! Tout le monde rentre sauf moi, héhé, je suis comme l’été, pas décidée à délaisser la canicule !
Et bien oui…il faut dire que j’ai de bonnes raisons : il faut bien quelqu’un pour remettre en ordre la
maison qui a accueilli tant de monde tout l'été, hein, puis la préparer pour l’hiver ! Alors je prends mon temps…entre deux bains de soleil, deux balades, je vaque aussi, faut pas croire…
Mmm, vous ne me croyez pas ? Et bien vous avez raison, je profite encore beaucoup du beau temps…mais je vaque quand même, si, si !
Rien écrit de tout l’été…aucune inspiration…je me demande bien ce que je vais bien pouvoir vous servir à la rentrée…
En revanche, j’ai dévoré des livres et des livres, allongée sur le sable au soleil ou dans mon transat à l’ombre. CAR quel merveilleux été nous avons tous eu là ! Du soleil chaque jour, de la chaleur, bref l’été rêvé !
La côte d’Opale n’avait pas connu un temps aussi superbe et chaud, -et sans discontinuer-, depuis…la dernière canicule ! Que du bonheur ! Même pas un petit gilet sur le dos à la tombée du jour !
J’ai lu mais j’ai ramassé aussi des coquillages au bord de l’eau, j’ai donné des biberons, je suis montée sur un cheval du carrousel pour accompagner ma Capucine, et visité les poneys du côté de l’hippodrome, j’ai mangé des glaces, assisté à des concerts, à des courses en tous genres…et fait bien d’autres choses…tout en gardant en tête d’arrêter le temps et de vivre dans l’insouciance ! C’est pas beau, ça ?
Seul bémol : ma connexion internet carrément en berne ! Impossible de surfer et de vous rendre visite…Les réseaux saturés, aussi bien côté portables que internet : trop de monde dans cette petite station balnéaire. Maintenant que tout le monde est reparti, Internet est à nouveau accessible, chouette, espérons que cela dure ! Voilà pourquoi je fais un petit saut par ici pour venir vous dire bonjour.
Cela dit, être coupée d’internet par la force des choses, c’est pas mal du tout finalement ! Voyez, là,
pendant que je vous écris en utilisant Internet, je ne suis pas le nez dehors…alors que le ciel est bleu marine…mais en même temps il fait encore trop chaud !
Vous voyez comme le ciel est beau et bleu par dessus le toit de ma maison?
Ramassage de jolis coquillages avant le coucher du soleil, quand la foule a déserté la plage ! Capucine
prend son rôle très au sérieux mais ne veut pas des « cassés »...aussi s'assure-t-elle que je ne lui mette pas n'importe quoi dans son saut!
Sieste de fin d’après-midi pour Oscar, repu, qui profite aussi du bon air iodé !
Après ces quelques nouvelles pour vous montrer que je suis bien vivante, je ne manquerai pas de venir voir ce qui se passe chez vous…si ma connexion résiste toujours !
En attendant mon retour…prochain je vous laisse pleins de bisous salés et iodés.
Tenez, juste pour vous, un petit cadeau : cette oeuvre d'art dessinée par la mer! ça vaut bien toutes les
toiles de Picasso, non? Et on peut voir dans ces dessins-là tant de choses...
Vous y voyez quoi, vous?
Ma vie, elle se passe là, dans ce bar-tabac moche à pleurer…
Une vie à mourir d’ennui…même que j’en suis toute flétrie !
Je suis ici, reléguée près de la fenêtre, si en
retrait que vous ne me voyez même pas ! Je suis là, entre le flipper tintinnabulant et cette chaise de bistrot aussi poussiéreuse que moi, là, juste devant la fenêtre.
Je suis exposée aux courant d’air, face à la porte qui s’ouvre toutes les trente secondes
Je lève la tête péniblement à chaque tintement de la clochette, suspendue en haut de la porte et qui annonce l’arrivée d’un nouvel intoxiqué. Je prends à ce moment-là un nouveau coup de
froid !
Notez bien qu’heureusement qu’ils sont là, les
intoxiqués, au moins ça met un peu d’animation dans ce bistrot de village.
Il y a les intoxiqués du mégot, les intoxiqués du « jaja », les intoxiqués du foot.
Les intoxiqués du foot, c’est ceux que je préfère : il y en a toujours la moitié qui chantent à la fin d’un match ; c’est un peu la fête ces soirs-là et ça se termine inévitablement par
des tournées jusqu’à plus soif et jusqu’à point d’heure, mais c’est joyeux, et ça finit toujours par réunir les deux camps.
Tous ces intoxiqués s’expriment beaucoup, alors je
les écoute…et je pourrais en raconter des confidences étalées là, sous mon nez !
Ils parlent souvent d’une voix forte et c’est parfois fatigant. Celui-ci réclame à grands cris ses cigarettes préférées, celui-là, son Ricard à lui servir bien frais et bien dosé ; l’autre accoudé au comptoir gémit ses déboires et tente de noyer son chagrin dans quelques chopines. Ils boivent, ils boivent ces gens-là, pendant que moi je crève de soif…
Tous ceux-là, se sont les habitués. Ils sont là même le Dimanche et moi aussi.
Je vous passe tous ceux qui ne font qu’entrer et sortir avec à peine un « B’jour ! »
Les ennuis, les angoisses, les larmes, les insultes : j’ai droit à tout ! Ils déversent tout ça sur le zinc. Le zinc qui n’en peut plus que l’on choque des chopes avec violence sur son dos. Il en perd tout son éclat, déjà qu’il est vieux…
Ho, bien sûr, je suis témoin aussi des rires, des
évènements heureux à fêter, des plaisanteries le plus souvent grivoises, mais vous savez, les gens ici ont plus souvent le vin triste que gai…
Ecouter les gens, ça va bien cinq minutes, c’est bien joli tout ça, mais moi on ne me le rend jamais ! Je
reste plantée là, sur pied, sans jamais personne pour s’intéresser à moi.
On m’ignore totalement, on m’oublie dans mon coin, alors que je suis toujours à l’écoute des autres. On abreuve les clients, mais moi, personne ne pense à m’offrir un
verre !
Et je reste là, à perdre ma jeunesse, ma vitalité, ma beauté, moi qui étais si belle auparavant, moi qui avais une santé de fer : « quelle belle plante ! » disait-on de moi jadis, quand j’étais encore jeune…
Pff, si encore on me témoignait un peu de respect, mais même pas ! Je suis bonne à récolter les vieux mégots que les alcoolos jettent à mes pieds ! Je vois la vie au travers d’un nuage de fumée, même que j’en ai le teint jaunâtre.
Vous croyez que c’est une vie que cette
vie-là ?!
Ha, comme j’aimerais vivre chez la petite vieille
d’en face qui a l’air si charmante. Elle semble avoir des bonheurs tout simples, comme s’occuper des fleurs qui s’épanouissent sur son balcon. Si je vivais chez elle, je serais une de ses raisons
de vivre supplémentaires au moins. Je la rendrais heureuse et elle me le rendrait bien.
Elle passerait son temps à s’occuper de moi, à me doucher, me caresser, me lustrer, me servir à boire et à manger et elle me parlerait, car vous savez, il existe encore des gens qui nous parlent
et qui nous aiment.
Ce qui n’est pas le cas ici dans ce bar-tabac…où je vis dans une parfaite indifférence et où l’on me maltraite. Je m’étiole de jour en jour…
Souriez, souriez…mais parlons de vous : je
suis sûre que vous aussi m’ignoreriez si vous rentriez dans ce bistrot. Vous écraseriez vous aussi votre mégot sur mes pieds, sans même vous excuser… si, si ! Je suis même sûre, que certains
soirs, vous me balanceriez votre verre à la figure, après avoir un peu trop exagéré sur la bouteille… Enfin si ce n’était pas sur moi, ce serait sur l’une de mes congénères…
Avouez que ça vous est déjà arrivé ! Vous voyez que je ne raconte pas d’histoires…
Alors croyez-vous vraiment que l’on puisse se développer normalement avec une vie pareille et être épanouie ?
Pensez-vous vraiment que l’univers d’un bar-tabac soit une vie saine pour une jeune plante verte ?
Les gens n’ont vraiment pas d’cœur…
J’étais si belle jadis, moi la petite plante verte du bar-tabac du coin…
Il y a des jours dans une vie à marquer d’une pierre blanche…des jours à vous rock’n roller le cœur, à vous faire bondir de joie !
Ce sont ces jours de joie que je marque d’une craie blanche sur le tableau noir de ma mémoire pour être sûre de ne jamais les oublier ; les autres jours, les tristes, on les note d’une pierre noire et sur le tableau noir, ils tentent de s’effacer en se fondant dans le noir…
Lundi fut un jour à marquer d’une pierre blanche ! Blanche…que dis-je…non, ce sont des crayons de toutes les couleurs qu’il me faut employer pour vous dire ma joie !!
Oscar a pointé son nez ! Vous savez…Oscar, le petit frère de ma Capucine ! Il est
né !!
Oscar m’a faite grand-mère pour la deuxième fois !! Moi, la gamine en jeans…pfff moi Mamy…ça me semble incroyable et pourtant c’est bien réel, je suis « Mamy » encore… !
Au fait c’est pas « Mamy » qu’elles doivent m’appeler, mes chères têtes blondes, mais Manicky ! Manicky, un point c’est tout !
Manicky, ça sonne mieux pour avoir le droit de continuer à faire des bêtises avec ses petits-enfants, pour jouer à quatre pattes sur le tapis, pour faire des cache-cache dans le jardin, des châteaux de sable sur la plage et que sais-je encore ! Bon, c’est vrai, Oscar et Capucine sont encore des bébés pour faire tout ça, mais ça viendra vite ! En attendant, Manicky ouvre tout grands son cœur et ses bras, ses yeux et ses oreilles !
Donc je disais qu’Oscar était enfin né…avec quatre jours de retard !! Pas pressé, le ptit bonhomme de
3Kg9, hein ! Il nous a bien fait languir…Mais il est là et il est beau…ho oui, il est beau, aussi beau que sa grande sœur et surtout il est en bonne santé ; c’est bien ça le
principal !
Capucine regarde bien avec un drôle d’air ce petit bébé qui prend bien trop de place à la maison…C’est qu’elle existe Capucine, et elle sait le faire savoir ! Alors tantôt elle couvre son
petit frère de bisous et lui donne tous ses nounours, tantôt elle se met en colère quand Maman donne son biberon à Oscar et elle veut CE biberon là…
Mais tout ça va passer d’ici quelques jours…Juste le temps que la petite famille trouve ses marques. Et puis Manicky est là ; elle veille !
Elle s’est tant occupée de sa Capucine pendant que Maman était à la maternité qu’elle n’a même pas trouvé une
minute pour venir vous annoncer la naissance d’Oscar…mais c’est chose faite maintenant !
Alors oui, je romps ma pause estivale pour venir vous l’annoncer haut et fort, pour le carillonner joyeusement : « Oscar est né !! »
Et je trouve la vie belle, belle, belle!
Je ne sais pas si vous aussi vous avez eu la chance de ressentir, une seule fois dans votre vie, ce sentiment si profond, si charnel que l’on appelle la Passion.
Vous savez, ce truc qui vous prend aux tripes et
au cœur et qui ne vous lâche plus, ne serait-ce qu’une seule minute, jusqu’à vous rendre littéralement fou.
Cette impression de manque permanent qui vous envahit dès lors que l’objet de votre passion n’est plus à vos côtés. Le cœur qui bat à cent à l’heure dès que vous apercevez son
image.
Et bien moi, ce sentiment-là, il m’est tombé
dessus un jour sans crier gare, au moment où je m’y attendais le moins !
C’est par un beau jour d’automne aux couleurs
mordorées, qu’ELLE est entrée dans le magasin. Tout de suite, au premier coup d’œil, j’ai eu le coup de foudre !
Allez savoir pourquoi…Pourtant, à longueur de journée, j’en côtoie pas mal des femmes, mais jamais aucune d’elles ne m’a fait cet effet-là. C’était elle et pas une autre ! C’était évident,
c’était elle la femme de ma vie !
D’abord, il faut que je vous dise qu’elle était très belle ; d’une beauté saine et naturelle qui sied si bien aux jeunes femmes sportives élevées au grand air.
Elle avait du “chien”, oui c’est ça, une aisance, une présence et… un regard à tomber à la renverse! Un regard… les plus beaux yeux de la terre ! Oh, je m’en souviendrai toute ma vie de ces
yeux qui m’ont laissé tout “moelleux” à l’intérieur…
Je ne saurai expliquer ce que j’ai ressenti, mais une chose est sûre, c’est que je venais brutalement de tomber amoureux, littéralement foudroyé sur place, là, comme
ça, d’un coup d’un seul !
Elle a posé ses yeux sur moi, a ébauché un
sourire poli, mais n’a pas semblé me remarquer plus que ça…Je me tenais pourtant à l’entrée du magasin, mais non, elle est passée devant moi, m’a frôlé, pour se diriger vers le fond du magasin
d’un pas rapide. J’ai respiré son parfum au passage et l’ai suivi du regard.
Elle allait d’un portant à l’autre, décrochait un cintre, se le plaquait devant elle, en se regardant dans le miroir, puis recommençait avec un autre vêtement, en faisant la
moue.
Elle déambulait dans les travées, lentement,
s’arrêtait, souriait aux uns ou autres, jusqu’à ce qu’elle revienne vers l’entrée du magasin, ou la sortie si vous préférez, et là, enfin, oui enfin, elle m’a aperçu !
Elle m’a vraiment regardé avec ses yeux violets. Il faut vous dire que je la fixais avec tant d’intensité, qu’elle ne pouvait pas ne pas sentir mon regard comme un aimant. Elle a le rouge qui lui
est monté aux joues et elle m’a souri, d’un sourire appuyé, cette fois-ci. Elle m’a frôlé d’une douce caresse, comme ça en passant, et après s’être retournée plusieurs fois sur moi, elle a
hésité, puis elle est sortie vivement dans la rue. J’ai cru un moment qu’elle allait revenir, car j’ai perçu encore son regard à travers la vitrine, mais non…elle a traversé d’un pas
rapide.
Je l’ai regardée partir avec un petit pincement
au cœur.
Je m’en suis voulu de ne pas avoir été capable de la retenir, de lui déclarer mon amour tout de go, mais je l’aurais sans doute effrayée et j’aurais peut être essuyé une déconvenue. Elle m’avait
remarqué et souri et c’était déjà pas si mal !
Peut-être reviendrait-elle ? Je ne l’avais
jamais vu auparavant, sinon, je l’aurai repérée…Peut-être n’habitait-elle pas le quartier…ça fait longtemps que je suis ici, alors les clientes, je commence à les
connaître.
Quelque chose en moi me soufflait que j’allais la revoir, aussi n’étais-je pas vraiment inquiet. Si cette femme m’était destinée comme je le croyais, nos vies se croiseraient de nouveau. De toute façon, le destin est toujours écrit d’avance. Il suffit d’être patient et d’y croire !
Je n’ai pas eu besoin d’attendre très longtemps.
Dès le lendemain, elle faisait son apparition.
Là, je me suis senti regonflé, car, mine de rien, une légère inquiétude s’était emparée de moi… Je me suis redressé de toute ma superbe, redressant mon col et resserrant ma ceinture, histoire
d’avoir fière allure.
Quand elle est entrée, tout de suite elle s’est dirigée vers moi avec un grand sourire. Elle a longtemps tourné autour de moi, semblant hésiter, faisant mine de
s’intéresser à tout autre chose.
Sans en avoir l’air, elle me frôlait, m’observait sous toutes les coutures. Elle s’éloignait, puis revenait dans mes parages et s’éloignait encore…elle devait être timide…
Elle faisait semblant de regarder une petite
nuisette de dentelle noire, puis un déshabillé de soie, mais je n’étais pas dupe ! Je sentais bien son regard posé sur moi quand elle ne se sentait pas observée. Vous savez, ce genre de
regard “par en-dessous-l’air-de-rien”, comme si je ne l’intéressais pas plus que ça. Tout en me coulant son regard, petit à petit, elle se rapprochait de moi…Tout à coup, ça a été plus fort
qu’elle, elle s’est avancée d’un pas décidé, s’est plantée en face de moi et m’a dévoré des yeux. Si vous aviez pu voir dans ses yeux tout l’amour qu’elle me portait ! J’en frémis
encore…
Elle a délicatement posé sa main sur moi et elle est soudain sortie de sa réserve. Elle s’est mise à me murmurer des choses que la pudeur m’empêche de vous révéler. Bref, pour résumer, elle m’a
avoué qu’elle avait eu le coup de foudre pour moi, qu’elle avait déjà flashé sur moi hier, et qu’elle n’en avait pas fermé l’œil de la nuit et…qu’elle me voulait moi, et pas un autre, pour
partager désormais sa vie !
C’est fou, la passion, ça vous fait faire et dire des choses que vous n’auriez même pas imaginé être capable de faire auparavant. Pourtant, ce n’était pas une fille facile, ça se voyait tout de suite…Elle avait au moins eu le cran, malgré sa timidité, de ne pas laisser filer sa chance ! Après tout, qui ne tente rien, n’a rien…
Alors, avant même que je n’aie compris ce qui
m’arrivait, elle m’a embarqué, et bien sûr je l’ai suivie, subjugué et fou d’amour pour elle.
Elle m’a installé chez elle, dans son charmant petit appartement douillet, me disant qu’elle n’imaginait même pas vivre sans moi une minute de plus. Et depuis ce jour, nous filons le parfait amour, que dis-je, une véritable passion !
La seule chose qui me chagrine, c’est de ne pas
profiter avec elle de chaque minute du temps qui passe. C’est une femme d’affaires avec toutes les responsabilités que cela implique, et elle travaille comme une dingue du matin jusqu’au soir.
Alors vous allez me dire que je suis difficile, mais je suis comme ça : possessif et exigeant ! Je me sens frustré de ses absences, bien que nous soyons très heureux quand
même.
Aussi, pendant qu’elle travaille à l’extérieur,
toute la journée, moi je l’attends chez elle sans rien faire, si ce n’est penser à elle.
J’ai tout abandonné pour elle, pour ne me consacrer qu’à elle, rien qu’à elle. Une chance comme ça il faut savoir en profiter et tout mon temps je le consacre à lui faire plaisir. L’amour n’a pas
de prix et on doit tout lui sacrifier !
Elle, elle ne pense pas comme ça. Bien qu’elle m’adore, elle est obligée de m’abandonner pour aller travailler, car comme elle le répète, elle a besoin de son boulot pour subvenir à ses besoins,
car elle ne veut dépendre de personne. C’est ce qu’on appelle une femme libérée. Alors, j’attends son retour, en comptant les heures puis les minutes qui nous
séparent…
Je suis étendu sur son lit, je respire son
odeur, j’épouse son empreinte laissée sur l’oreiller…je suis devenue une chiffe molle, incapable de faire autre chose que de penser à elle et à nos retrouvailles du soir, à la longue nuit
passionnée qui nous attend…
Quand elle arrive, généralement vers 20 heures, alors là, c’est la folie !
J’entends la porte d’entrée claquer, je
l’entends balancer un à un ses escarpins qu’elle envoie valdinguer dans le couloir. Elle est si pressée de me retrouver que pour gagner du temps, tout en se dirigeant vers notre chambre, elle
commence à se déshabiller, petit à petit. Quand elle apparaît sur le seuil, elle est déjà entièrement nue, à l’exception de ses bas…et là, d’un bond, elle se jette sur le lit où je l’attends,
frémissant…Elle me serre contre elle et m’embrasse passionnément.
Je l’enveloppe amoureusement de toute ma douceur, de toute ma chaleur. Je caresse tout son corps avec volupté. Nos deux corps ne font bientôt plus qu’un seul : je suis sa deuxième
peau. Elle est bien, elle soupire et gémit de plaisir et je suis le plus heureux de la terre !
Ensuite, je l’accompagne dans la salle de bains
où elle se fait couler un bain moussant. C’est un rituel dont elle a besoin pour se détendre d’une journée harassante. Je regarde son corps alangui dans l’eau chaude.
Je suis installé sur la chaise, près de la baignoire, tout à côté d’elle, et je l’écoute raconter sa journée, je la dévore des yeux.
Quand l’eau commence à refroidir, elle sort de son bain. La beauté de son corps nu me rend fou, j’ai encore envie d’elle et elle le sait ! Elle me prend dans
ses bras, me serre contre elle. Je l’enveloppe pour qu’elle ne prenne pas froid. Je lui frotte le dos, je lui caresse doucement le ventre, les cuisses, tout le corps ! Puis, nous retournons
dans la chambre et nous allongeons sur le lit. Nous sommes avides de câlins, de caresses dont nous ne pouvons plus nous passer !
Elle me dit que je suis doux, que je sens tellement bon…Elle aussi, elle sent bon !
Je ne vous raconterai pas la nuit que nous
passons ensuite ensemble ! Ça c’est notre vie privée et j’en ai assez dévoilé, mais je vous laisse
imaginer…
Si je suis aux petits soins pour elle, c’est
qu’elle le vaut bien, et je peux vous dire qu’elle aussi, elle me bichonne ! Elle sait que j’adore ça ! Alors, elle s’occupe de moi, elle me lave, me plonge dans des bains bourrés
d’adoucissants, elle me sèche soigneusement…On passe beaucoup de temps dans la salle de bains. Il s’y crée une certaine intimité, comme dans la cuisine, le matin avant qu’elle ne parte. Rien de
tel qu’un café chaud, serrés l’un contre l’autre, pour affronter la journée qui va nous séparer.
Et puis vient l’heure, où elle doit quitter la
maison et me laisser. Elle a du mal à m’abandonner…Elle traîne pour reculer l’échéance et elle m’a sur le dos jusqu’au bout, car moi non plus je n’aime pas ses départs.
J’ai autant besoin de sa chaleur qu’elle de la mienne…sans parler de la douceur de nos sentiments l’un pour l’autre.
Alors quand elle est partie, je n’ai plus rien d’autre à faire qu’à l’attendre…
Je reste étendu sur notre lit, là où elle m’a
laissé à regret, et je me languis de son retour. A peine la porte claquée, que déjà elle me manque.
J’envie ses collègues de bureau. Elle va passer tellement de temps avec eux… Je dirais même que j’éprouve un peu de jalousie à l’idée qu’elle parle à d’autres que moi. Que son centre d’intérêt ne soit plus moi, me contrarie. Tout ce temps de perdu pendant lequel on pourrait se dorloter, se tenir chaud…
Vous comprenez pourquoi je me sens si
frustré ?
Je rêverais tellement de l’accompagner, mais
elle n’y tient pas…Non pas qu’elle ait honte de moi, non, ce n’est pas ça…Au contraire, elle se sentirait bien avec moi, elle se sentirait à l’aise…mais il paraît que cela ne se fait pas de
sortir dans la rue et d’aller travailler avec son…peignoir !
Coucou les amis !!
Me voici revenue en Champagne, et ayant retrouvé une connection Internet, je ne résiste pas à la tentation de vous faire un ptit coucou!
J'ai délaissé ma Côte d'Opale (où j'ai eu plutôt un joli temps ensoleillé jusqu'au 16, puis...plus frais depuis :-) ça c'est une note pour Tabellarius qui, lui, a ressorti ses skis de neige en Suisse, hahaha!!!)...donc je disais que j'avais
regagné ma Champagne pour une bonne et heureuse raison: je veux être présente pour la naissance Vendredi prochain de mon petit-fils Oscar!!!! Impossible d'être absente un jour pareil !! Non
absolument inconcevable!! Et parce que sa petite soeur Capucine (17 mois) va avoir besoin de sa Manicky pour s'occuper d'elle !! ça fait 17 mois que je suis grand-mère et je compte bien
assumer mon rôle pleinement!!! Et je suis trop impatiente de découvrir le petit minois d'Oscar!!
Donc vous ne me lirez pas beaucoup plus, car je serai occupée, MAIS j'aurai peut-êre un peu de temps pour venir vous faire des petites visites sur vos blogs :-)) avant de repartir vers le 1er
Août et ce pour un long mois!!! Hé oui, vive l'été!!!
Oscar et Capucine, accompagnés de leurs parents viendront me rejoindre sur la Côte d'Opale pour "s'oxygéner" et...se remettre de leurs
émotions !
Pour accompagner mon retour provisoire, je vous ai ressorti ce texte publié à la création de mon blog sur les conseils de Quichottine :-)
En mon absence, Quichottine s'est souvent arrêtée dans ma caverne. Elle a fouiné dans mes bibliothèques, et particulièrement dans le coin des "nouvelles et histoires courtes" et elle a lu,
lu et lu. (Vous la connaissez Quichottine...elle ne peut s'empêcher de lire tout ce qui lui tombe sous la main, c'est plus fort qu'elle!) Et elle m'a laissé des coms où elle me disait qu'elle
avait aimé cette nouvelle-ci et cette nouvelle-là...et puis j'ai senti comme un reproche dans ses mots...et elle m'a dit quelque chose du genre "Mais qu'est-ce que t'attends pour re-publier ces
textes-là! Personne ne les a lus!"
Elle a raison, Quichottine, finalement...car ces nouvelles-là, vous ne les connaissez probablement pas...et puis n'ayant rien en ce moment à vous proposer de nouveau, j'ai trouvé qu'elle avait eu
une riche idée, la Quichottine!!
Alors j'espère que vous aurez apprécié "Tout doux"!
Je voulais aussi vous dire...MERCI d'être passés en mon absence...votre fidélité me touche beaucoup! Et vous savez quoi? Et bien...je pense tout le temps à vous, même quand je suis loin!!
Même quand je suis en pause estivale comme l'article en dessous!!
Hum...d'ailleurs...que fais-je ici? Je suis en pause estivale, non?
A bientôt et n'oubliez pas: profitez de l'été!!!
Il est venu le temps de l’été, enfin !
L’été que l’on attend avec tant d’impatience chaque année…
L’été dont on rêve quand l’hiver interminable nous sert ses jours glacés et sombres…
L’été, ma saison préférée !
L’été qui passe toujours trop vite…
Alors pas question de le laisser filer comme ça : j’ai bien l’intention d’en profiter à plein temps !
Il sera bien temps de rester coller le nez sur un écran quand les jours seront gris…
Profiter du soleil, du souffle chaud de l’air, des jardins en fleurs, de la mer qui scintille.
Profiter de la famille et des amis, des longues soirées d’été autour de grandes tablées.
Aller ici, partir là, au gré des envies…me rendre là où la vraie vie m’appelle !
Balades, lecture, écriture…un peu de jardinage, un peu de cuisine…
Prendre le temps de faire un bouquet.
Prendre le temps de flâner sur le marché.
Prendre le temps de faire une tarte…
Prendre le temps de pouponner…
Prendre le
temps !
Rien d’imposé, rien que du plaisir : se faire la vie facile et ralentir le temps, les doigts de pieds (et de mains ?) en éventail.
Changer de rythme, changer d’horizon !
C’est ça l’été, et je compte bien en profiter !
Bien sûr je ne vous oublierai pas !
Je fais juste une pause comme nombre d’entre vous.
Je me pose sur les ailes du temps, au ralenti…
Au gré de mes connections, sans doute aléatoires, je passerai chez vous
pour quelques coucous,
pour quelques bisous,
et pour m’assurer que vous allez bien !
Car vous allez me manquer, vous les fidèles…
Je ne vous laisse pas sans lecture : promenez-vous dans ma caverne ! Dehors, dedans, dans chaque recoin, vous y trouverez mes mots que je laisse là pour vous !
Furetez, chassez la poussière et les araignées…découvrez les histoires que je vous raconte et que vous n’avez peut-être encore jamais lues !
A tout bientôt les ami(e)s et n’oubliez
pas : « Profitez de l’été !!! »
* Image empruntée là.
Sur une mélodie pas finie
J’ai le sommeil qui fuit.
Quand elle saute dans les flaques d’eau de pluie
Et qu’elle danse dans le vide de la nuit
Sur des paroles infinies,
J’en oublie tous mes ennuis.
Refrain : Le temps d’une nuit
Le temps d’une envie
J’ai le blues qui s’enfuit
Quand elle danse pour moi la vie
Le temps d’une nuit
Le temps d’une envie
J’ai le cœur qui s’emplit
Des mille étoiles de sa vie
Quand elle jette sur moi son regard de pleine lune
Et qu’elle sème des étoiles sur la dune
Dans son grand sourire épanoui
J’enfouis mes rêves évanouis
Quand elle m’appelle d’un seul geste de la main
Pour que l’on danse jusqu'au lendemain
Sur le rythme fort d’un mambo
Mon cœur bat le tempo
Le temps d’une nuit
Le temps d’une envie,
J’ai le cœur qui s’emplit
Des mille étoiles de sa vie
Le temps d’une nuit
Le temps d’une envie
J’ai le blues qui s’enfuit
Quand elle danse pour moi la vie.
Le temps d’une nuit
Le temps d’une envie
Je sais qu’c’est pour la vie
Quand elle danse pour moi ainsi
Le temps d’une nuit
Le temps d’une envie
D’un amour infini
Quand elle danse pour moi la vie
Le temps d’une nuit
Le temps d’une envie
J’ai le blues qui s’enfuit.
Jolie image empruntée ici au fil de mes pérégrinations sur le net !
Théâtre:
Avant-scène
:
L'HOMME, costume-cravate,
derrière le rideau. Une voix excédée
– Putain de machine ! Bouton rouge ? Bouton vert ? Merde, ma monnaie…Merde, merde, merde !
SCENE
I
(Une
laverie automatique en fond de scène. 6 machines à laver avec hublot. Une dizaine de chaises en plastique blanc alignée le long des murs. Une table en plastique blanc avec quelques magazines.
Côté jardin, deux femmes tricotent en bavardant. La soixantaine avancée. Style vestimentaire : « les Vamps ».
Elles lèvent la tête quand le personnage jure et murmurent quelque chose en riant sous cape.
Côté cour entre une imposante africaine en pagne et boubou chatoyant, poussant la porte d'un grand coup de fesses. Bébé braillard accroché au dos. Elle adresse à la compagnie un sonore
bonjour.
Elle lâche sur le sol quatre grands cabas en plastique à rayures qui s'avachissent sous le poids du linge qui déborde. Elle déplace de l'air tant elle dépense d'énergie et s'approprie une machine
libre qu'elle commence à charger. Elle jette un coup d'œil à l'homme qui peste.)
L'AFRICAINE.
– Vous avez perdu quelque chose ? Ah non… vous savez pas comment ça marche. C'est normal ! Y'a qu' les femmes qui savent ces trucs là ! Les bonshommes, ils ont pas l'intelligence pour ça, la
!
Poussez-vous présentement; je vais vous montrer. C'est vot'dame qui devrait être là à votre place. C'est pas un endroit pour les hommes, vous savez pas faire.
Comme on dit chez nous à Douala, l'homme, il travaille pour rapporter à manger à sa famille et la femme, elle s'occupe de tout le reste parce que la femme, elle a de l'intelligence pour tout le
reste…
Et l'homme, il a une autre intelligence mais qui sert uniquement à rapporter à manger. Comme on dit chez nous, faut pas mélanger les torchons et les serviettes !
Vous voyez, eh ben moi, quand je suis arrivée de Douala, je savais pas grand-chose…J'avais juste un peu appris à compter à l'école de la rue et j'ai pas les diplômes que vous avez tous en France.
Eh bien malgré ça, j'ai su tout de suite me servir de ces machines là ! Et pourtant, des machines à laver, y en n'a pas dans ma brousse à moi !
Comme quoi faut pas avoir des diplômes plein la tête pour comprendre les choses les plus simples de la vie de tous les jours !
(Elle parle en faisant de grands gestes. L'autre s'impatiente et bout intérieurement. Poings sur les hanches, la matronne continue de plus belle et le tutoie à présent avec un fort
accent africain)
Tiens:
prends Sarkozy par exemple. L'homme supposé être le plus intelligent de tous les Français puisqu'il est le président de tous les Français, hé ben, tu le mets là devant ces machines…hé ben c'est
sûr qu'il est incapable de savoir comment ça marche. Et d'ailleurs, Sarkozy, on le voit jamais dans les lavomatics ! (Rire tonitruant)
L’enfant, toujours accroché au dos, et secoué par les gestes brusques de sa mère, hurle pour descendre.
Mamadou,
arrête de crier !
…Alors que, tu vois, regarde, c'est simple ! Il suffit de fermer le hublot là, de mettre les pièces dans la fente là, d'appuyer sur ce bouton et sur l'autre… et hop, c'est parti ! Ton linge
tourne et il sera propre dans une heure. L'eau aura emporté toute la saleté avec elle.
Tu sais ce qu'on dit chez nous, à Douala ? Et ben quand on lave son linge dans le grand fleuve, on dit que l'eau emporte la saleté mais aussi toutes les petites misères de la vie en même
temps.
Oh Mamadou, arrête de crier ou je te mets dans la machine avec le linge ! (Rire tonitruant)
L'HOMME, inquiet, se retournant vers les tricoteuses. – Han, faut une heure, tant que çà ?!!
LES TRICOTEUSES : – Ben oui, faut au moins une heure ! Vous croyez qu'on s'amuse à attendre, nous ? Vous ne venez pas souvent ici, vous ! C'est votre première fois ?
L'HOMME : - Heu oui, bien obligé !
TRICOTEUSE N°1 : – Zut ! J'ai lâché une maille avec tout çà !
(Le téléphone portable de l'homme sonne)
L'HOMME : – Allô…évidemment que je suis encore au bureau !… Non ça va, j'suis pas énervé. Ça baigne ! J’te rappelle…
L'AFRICAINE. – Mais qu'est-ce que tu racontes-là, dis-donc ? Toi, t’es encore au bureau ?!!
L'HOMME excédé : – Madame, je vous en prie.
L'AFRICAINE
: – C'que j'en dis hein ?…Encore un beau menteur ! Tsssss
L’Africaine a pris son enfant dans les bras
TRICOTEUSE
N°1 (devant l’enfant qui s’est endormi).
– Il a quel âge votre petit ?
TRICOTEUSE
N°2 : - Oh qu’il est mimi…
(Arrive
une lolita, genre apprentie coiffeuse, mini-jupe/blonde décolorée, juchée sur des talons-aiguilles. Elle ne salue personne)
LES TRICOTEUSES, en appuyant. – BON-JOUR Mademoiselle !
LA
LOLITA ne leur adresse pas un regard: – B'jour.
(Tous la
regardent pendant qu'elle charge ses dentelles)
L'AFRICAINE, en alerte.- Eh, Arrête ! Faut pas mélanger le blanc avec les couleurs, la !
L'HOMME : – Vous avez de l'humour, vous !
LA LOLITA : – Ça va, j'ai déjà ma mère sur le dos ! Alors vous, mêlez-vous de vos affaires !
L’AFRICAINE (vexée) - Oh, mais ma p’tite, moi je disais ça comme ça, pour rendre service ! Moi, je m’en fiche après tout si tes petits strings tout blancs, ils ressortent de la machine roses bonbons !
TRICOTEUSE N°1 : – Ah et puis ça prévient pas, ce genre de truc-là, et t’as l’air bête ! Moi, mon mari, il a une de ces collections de caleçons roses !!!
Faut dire que de nos jours, on fait tout à la va-vite, et on fait des bêtises ! C’est vrai ce qu’elle dit la dame : faut pas mélanger le blanc et les couleurs
!
(Regard
noir de la jeunette qui hausse les épaules et se plonge dans son livre de poche.)
TRICOTEUSE N°2 : – Eh ben, m’en parle pas ! On vit dans un monde de fous ! A force de courir après le temps, on va se retrouver plus tôt dans la
tombe ! C’est pourquoi, j’ai décidé de ralentir le rythme et de me mettre au tricot !
( Soupir . Elles continuent toutes deux à tricoter, une maille à l’endroit, une maille à l’envers… L’Africaine berce son bébé. L’homme pianote sur son portable, l’air énervé) Bruit des machines à laver.
SCENE 2
(Les
tricoteuses tricotent, une maille à l’endroit, une maille à l’envers…L’africaine trie du linge pendant que son bébé dort allongé sur deux chaises, la lolita lit. Le portable de l’homme se remet à
sonner)
L’HOMME
: – Oui, je suis toujours au bureau ! Non, je l’ai pas vu ! Non, j’ne sais pas où il est passé !
Mais…te mets pas dans des états pareils, c’est qu’un chien après tout !…et puis ce serait pas une grande perte ! Hein ?…et ben c’est ça, tu l’as dit : j’ai jamais pu le piffer ce cabot de malheur
! Oui, c’est ça, t’as raison ! Je te signale au passage qu’elle m’a mordu 3 fois, ta saucisse sur pattes et qu’elle a bouffé les sièges en cuir de ma voiture…à part ça, je l’adore ton sale clebs
! Oui, ben ce sont les plus petits qui sont les plus mauvais : t’as qu’à le laisser à demeure dans ton sac à main, tu le perdras plus ! C’est ça…continue ! Bon, je te répète que j’en sais rien !
…eh ben si sa laisse aussi a disparu, c’est qu’il l’a emportée pour aller se promener ! Mais non, j’me fous pas de toi, mais là, tu me déranges pour des peccadilles ; j’ai autre chose à faire de
plus important que de m’apitoyer sur le sort de ton clebs ! Allez, je te laisse car ma réunion va commencer. Oui, c’est ça, j’ai pas d’coeur !
(Tout le
monde louche sur l’homme qui se remet à pianoter sur son portable. Regards ironiques. L’homme se lève et sort dans la rue.)
TRICOTEUSE N°1 : – Ralala, moi je comprendrai jamais ça, qu’on étale sa vie privée devant tout le monde ! Ils causent au téléphone ces gens-là, comme si y’
avait personne autour d’eux pour les entendre ! Pffff ! Pourraient laver leur linge sale en famille ! Ça devait être sa pauvre femme… Leur chien a disparu et il a l’air de s’en foutre éperdument.
Pas un mot gentil pour la consoler ! Quel mufle !
(Un temps d’arrêt- l’air suspicieux- elle se penche et baisse la voix)
- Il a pas l’air net, ce type-là, pour mentir de la sorte ! Comme qui dirait, il a quelque chose à se reprocher !
L’AFRICAINE (fronçant les sourcils) : – Il a surtout l’air d ‘avoir fait une grosse bêtise, la ! Il cache quelque chose et il est pas à l’aise !
TRICOTEUSE N°2 : – Et s’il avait fait disparaître le chien ? Il y a des gens comme ça, que les animaux encombrent ! Lui, il n’a vraiment pas l’air d’aimer cette pauvre bête-là…
L’AFRICAINE (elle rit) : – Ça a l’air réciproque ! Faut dire que s’il se fait mordre à tout bout de champ et qu’il n’a plus de sièges de voiture…
TRICOTEUSE
N°1 : – Chut, il revient !
(Tout le
monde se replonge dans ses occupations comme si de rien n’était.. L’homme rentre de nouveau. Il parle au téléphone.)
L’HOMME
: - Oui, ben j’ai fait comme t’as dit, mais j’suis dans la mouise quand même ! Me suis jamais servi d’une machine à laver pour faire ce genre de truc, moi
!
(Tout le
monde relève la tête, cachant sa surprise, feignant de ne pas suivre la conversation. Les tricoteuses se parlent à l’oreille avec des mines consternées. L’homme continue sa conversation
téléphonique comme s’il était tout seul.)
Bernadette vient de me téléphoner ! Elle pique une crise de nerfs car le chien a disparu. T’imagine ce que j’ai pris dans les esgourdes !
Elle va être d’une humeur massacrante ce soir et la p’tite qui va pas arrêter de pleurer, ça va l’énerver encore plus ! J’ai intérêt à être rentré avant elle, comme si de rien n’était et
tout remettre en place ! Ben là, je tente le truc dans un lavomatic du côté de Belleville… et faut que j’attende au moins une heure que l’opération soit terminée ! Oui…Faut espérer qu’il
rétrécisse pas ! A mon avis après le passage à l’essorage, il est mort…
Ben y a du monde là…je ne peux pas entrer dans les détails… je t’expliquerai plus tard ! Euh…gaffe pas : je suis sensé être au bureau !
(Il
jette un regard autour de lui. Personne ne semble s’intéresser à ses problèmes. L’africaine chantonne en regardant le plafond, ça tricote, ça lit. Il fonce vers sa machine à laver, regarde par le
hublot. Soupire, se gratte la tête, regarde sa montre. Va pour sortir de nouveau, jette encore un coup d’œil au hublot, sort sur le trottoir.)
TRICOTEUSE N°2 (Mine apeurée) : – M’a l’air bien nerveux, cet homme-là ! De quoi il parle quand il dit qu’après l’essorage, il est mort ?...
LA LOLITA (qui a levé le nez de son bouquin et qui regarde le hublot de la machine depuis un petit moment, affalée sur sa chaise) :
– Ben de son chien Mamy, voyons, qui est en train de crever dans la machine à tambour !
TRICOTEUSE
N°1 (qui se lève de son siège comme si une aiguille l’avait piquée: – Noooooon, c’est pas possible !!! Quelle horreur !!
Elle se prend la tête entre les mains
TRICOTEUSE N°2 L’air courroucé, l’œil mauvais : - Vous la jeunesse, le problème avec vous c’est que vous sortez toujours des énormités pour vous rendre intéressants, tout ça pour faire de l’humour ! C’est gratuit et limite irrespectueux ! Vous nous prenez pur des débiles ou quoi ?! Janine rassis-toi ; la gamine elle raconte n’importe quoi !
L’AFRICAINE (Elle s’est levée faisant face à Tricoteuse N°2 et elle roule des yeux énormes. Elle gesticule) - Non, non, la gamine, elle dit peut-être juste, la ! Il a parlé de chien disparu, de mort après l’essorage ; il dit qu’il est au bureau… il parlait à un complice, là ! Moi je dis qu’il a fait disparaître son chien en le noyant dans la machine à laver !
LA
LOTITA (Elle fixe toujours le hublot de la machine à laver et déclare d’un ton calme, les bras croisés sur la poitrine, un petit sourire aux lèvres) : - Tiens regardez bien ! Je
viens de voir passer une tête de chien derrière le hublot ! Regardez ! J’avais pas raison, hein ! (Regard narquois du côté de Tricoteuse
N°2)
D’un
même mouvement, elles font toutes mine de s’approcher de la machine
L’AFRICAINE
(Les arrête dans leur élan. Elle prend l’air important de celle qui va diriger l’opération)
- Attention, faut qu’on est l’air de rien, faut pas attirer l’attention du type, la, il est sûrement dangereux ! Faut pas qu’il sache qu’on a découvert le pot aux roses,
sinon…
(Les
deux tricoteuses filent se rassoir comme si de rien. L’Africaine
s’approche de la machine à laver d’un air dégagé, se baisse discrètement vers le hublot.)
- Elle a raison, la p’tite-là ! Je viens de voir passer la tête d’un chien, au milieu du linge ! Il est tout petit et il a pas l’air bien ! Pas l’air bien du tout, même !
TRICOTEUSE N°1 : – Oh non, dites-moi que c’est pas vrai ! Il aurait pas fait ça… ! C’est monstrueux !
TRICOTEUSE N°2 : – Ça serait pas étonnant, faut s’attendre à tout : on vit dans un monde de dingues, j’vous dis ! On a là, un serial killer de chiens !…car il n’en est pas à son premier, c’est sûr ! Sûr que c’est à un complice qu’il parlait au téléphone ! On voit ça tous les jours dans les faits divers ! On en a un spécimen sous les yeux ! Après les chiens, il va s’en prendre aux humains : on sait comment ça commence, mais on sait pas comment ça finit ! S’il sait qu’on est au courant, il pourrait vouloir nous faire prendre le même chemin pour nous réduire au silence !
LA
LOLITA ironique : Oui mais en même temps il va avoir du mal à vous fourguer entières dans la machine à laver ! Va peut-être falloir qu’il vous découpe en morceaux avant !
Tricoteuse N°2 excédée, se précipite sur la Lolita le bras levé. L’Africaine tente de l’en empêcher.
- Arrêtons la palabre, la ! Réfléchissons au plan que nous allons adopter pour confondre ce criminel !
TRICOTEUSE N°1 : – Mais faut faire quelque chose ! Vous croyez qu’il est mort ??
LA LOLITA (levant les yeux au ciel) : – Non, non, il va redemander un ticket pour refaire un tour de manège !
TRICOTEUSE N°2 : – Espèce d’insolente ! Vous pourriez avoir pitié au moins, et trouver une solution pour sortir ce pauvre chien de là !
L’AFRICAINE : – De toutes les manières, on ne peut pas arrêter la machine présentement tant qu’elle n’a pas terminé son cycle. Va falloir attendre jusqu’au bout, et le type, il va être bien embêté quand il va falloir qu’il récupère son linge devant nous…
TRICOTEUSE N°1 : – Ah, quelle horreur ! C’est insupportable d’assister à ça ! Regarder sans rien faire cette pauvre bête en train de crever… Dans quel état, elle va sortir de là, cette bête-là ? !
LA LOLITA (narquoise) : – Morte et… un peu secouée !
TRICOTEUSE N°2 : – Oh, ça suffit, vous, avec vos réflexions stupides ! Vous avez une pierre à la place du cœur ou quoi ? Voilà où ça mène les jeunes, les films d’horreur qui les abrutissent à longueur de journée ! …font plus la différence entre la fiction et la réalité ! On est témoin d’un crime, ma p’tite, en ce moment même, un vrai ! Et on a l’assassin à portée de main ! Il va quand même pas s’en sortir comme ça ; ça serait trop facile ! Faut appeler la police !
TRICOTEUSE
N°1 : – Et la SPA ! Oooooh, je ne peux plus supporter de voir ça devant mes yeux…je viens de le voir repasser devant le hublot ! Ooooh faites quelque chose ou je vais me trouver
mal.
Tricoteuse N°1 se tord les mains de désespoir.
LA LOLITA
(à l’africaine qui réfléchit) : - Ça monte à quelle température, ces machines-là ? Il a mis sur 60° ou 40° ? Vous trouvez pas que ça commence à sentir le chien grillé
?
(Œil
noir des tricoteuses)
TRICOTEUSE N°2 : – Et bien sûr aucune de nous a un portable pour appeler la police ?? On va quand même pas lui emprunter le sien…Le mieux c’est d’aller chercher les policiers qui font la circulation au rond-point. J’y vais, et je reviens avec eux ! En attendant, gardez l’œil sur lui en faisant comme si vous ne vous doutiez de rien ! N’oubliez pas, il est dangereux ! Ne restez pas collées au hublot.
(S’adressant à l’africaine) : - Vous croyez qu’il reste combien de temps avant l’arrêt du cycle ?
L’AFRICAINE : – Encore dix minutes environ : on attaque l’essorage !
TRICOTEUSE N°1 : – Aaaaaaaaaah, l’essorage ! Mon Dieu !
LA LOLITA : – Là, il va plus s’agir d’un film au ralenti !
TRICOTEUSE N°1 (Ton geignard) : - Germaine, fais attention à toi et reviens vite !
SCENE 3
(La
tricoteuse n°2 sort et croise l’homme qui entre. Silence de mort. Tout le monde détourne le regard…)
L’HOMME (impatient) : – C’est interminable, le cycle d’une machine ! On en est qu’à l’essorage ?! C’est que je suis pressé, moi !
L’AFRICAINE (histoire de rompre le silence) : - Et… vous avez une femme et des enfants qui vous attendent peut-être ?…
L’HOMME
(amène) : - Oui, une famille comme tout le monde ! Une petite fille de deux ans, adorable, une femme et un chien ! Enfin, un chien…à priori, depuis aujourd’hui, on n’a plus de chien
!
(Tricoteuse N°1 met une main devant sa bouche pour retenir un cri)
L’AFRICAINE : – Ah bon, plus de chien…c’est triste, ça !
L’HOMME : – Oh, m’en parlez pas…si on ne le retrouve pas, ma femme va en faire une maladie ! Il a disparu on ne sait où…une porte ouverte et pffff, il a dû se sauver ! Cela dit, c’est pas une grosse perte ! Comme on dit, on n’avait pas d’atomes crochus entre nous ; c’est comme avec les gens, tiens ! C’est vrai quoi, il y a des gens qu’on supporte et d’autres qu’on voudrait bien voir disparaître de la surface de la terre !
TRICOTEUSE N°1 (timidement) : – Oui, les gens…mais les chiens, c’est si innocents…si gentils, si fidèles…
LA
LOLITA (provocatrice, haussant la voix) : - Si gentils qu’on s’en débarrasse allègrement en les fourguant avec son linge sale dans une machine à laver
!
(La
tricoteuse laisse échapper un cri d’épouvante. Regard appuyé de l’africaine pour faire taire l’écervelée)
L’AFRICAINE : – Mais tu es folle, ma p’tite, tu dis n’importe quoi, là ! Présentement, il ne s’agit pas de ça !
LA LOLITA (qui insiste d’un air narquois en direction de tricoteuse n°1) : - Si, si, on voit ça tous les jours : moi, qui regarde des films d’horreur toute la sainte journée, je peux vous dire que ça existe !
L’HOMME : –
Ben c’est facile, finalement de se débarrasser de son chien…Tiens à propos…il en est où, mon chien à moi ???
(Stupéfaction alentour. Il va vers la machine et se penche vers le hublot.)
??
-Après l’essorage, vous pensez que je peux le faire sécher au plus vite
(Dit-il en se tournant vers l’africaine, blanche comme un linge ! )
(Tricoteuse n°1 est prête de défaillir, la lolita n’en mène plus large.)
(Au même
moment, entre tricoteuse n°2, escortée de deux policiers, lesquels se dirigent illico vers la machine à laver que leur indique d’un doigt tremblant la tricoteuse. Observant attentivement le
hublot quelques minutes, ils se tournent vers l’homme.)
LES POLICIERS (en même temps) : - Monsieur, vous êtes en état d’arrestation !
L’HOMME
(ébahi) : – Pardon ? Mais… que me reproche-t-on ? Je n’ai rien fait de répréhensible ! Il doit y avoir une erreur !
LES
TRICOTEUSES, L’AFRICAINE, LA LOLITA (se jettent sur lui comme des harpies en hurlant) :
- Vous
êtes un assassin, un monstre, et ça, on l’a vu tout de suite à votre mine ! Vous avez voulu vous débarrasser de votre chien d’une façon ignoble, en le noyant dans cette machine à laver ! Vous
méritez de mourir à votre tour : la peine de mort, c’est pas fait pour les chiens ! Vous allez payer pour ça ! Si c’est pas odieux de faire une chose pareille ! Espèce de criminel
!
(Elles
le bourrent de coups de poings, déversant leur haine à tout va)
LES
POLICIERS : - Allons, mesdames, on se calme ! Laissez faire les forces de l’ordre !
(Les
policiers menottent l’homme qui crie son innocence, traitant les femmes de folles. Les policiers fracturent la porte de la machine dont le hublot s’ouvre en grand. Ils en retirent du linge,
encore du linge et …un chien… en peluche !
Visages effarés de l’assistance. Sous le coup de la surprise, les bouches en restent béantes)
L’HOMME
(furieux) : - Vous voyez que vous êtes folles à lier ! Mais qu’est-ce que vous êtes allées imaginer, là ?! On accuse pas les gens sans preuves ! C’est n’importe quoi
!
(Puis se
tournant vers les policiers, il tente de s’expliquer)
- C’est le chien en peluche de ma petite fille que j’ai voulu laver ! Un ami a renversé son café dessus, alors qu’il traînait sur la table de la cuisine. Je me suis empressé de le laver afin que ma fille ne s’en aperçoive pas, car elle ne s’en sépare jamais…à tel point qu’elle ne veut même pas qu’on lui enlève pour le laver de temps en temps ! Alors pour éviter un drame, et la colère de ma femme, pendant que mon copain faisait faire un tour de manège à ma fille, histoire d’éviter qu’elle s’aperçoive de l’absence de son “nanain” comme elle l’appelle, j’ai profité pour laver sa peluche ici avec le reste du linge de la semaine ! Vous parlez d’une histoire !
LA TRICOTEUSE N°1 (encore soupçonneuse) : - Et ce chien qu’a disparu en emportant sa laisse et que vous détestez, hein, il est où ?
L’HOMME : -
Vous écoutez les conversations des gens comme ça ?…et après, vous vous montez des films ! Vous en déduisez n’importe quoi, c’est grave !
Panache, lui, s’est échappé par une porte restée ouverte, mais un voisin l’a retrouvé et l’a ramené à la maison. Ma femme l’a récupéré. Elle vient de m’en avertir par téléphone
!
LA LOLITA (furieuse, s’adressant aux tricoteuses) : ben moi, si je regarde des films d’horreur, vous, vous les inventez ! C’est pas mieux ! On a l’air malin…tout ça pour se faire mousser !
LES
POLICIERS : - Mesdames, vous avez dérangé les forces de l’ordre pour rien ! Vous avez beaucoup de chance que Monsieur ne porte pas plainte. Dorénavant, assurez-vous de la véracité de vos
accusations ! Que cela ne se reproduise plus ! Lavez votre linge sans salir la réputation d’autrui ! En un mot, occupez-vous de vos affaires ! Pour cette fois, l’affaire est close
!
(Après
de plates excuses, chacune ramasse son linge, sans rien dire. Les visages sont fermés. La honte a terni même le linge qui sort des machines. Seul le linge de l’homme est sans taches. L’homme sort
sans saluer, la peluche à la main.)
L’AFRICAINE
(secouant la tête pensive) : - Tss tss , même le léopard ne se promène pas sans taches, comme on dit chez nous, à Douala !
(Mamadou crie, réveillé de sa sieste)
L’AFRICAINE : - Mamadou, arrête de crier !
RIDEAU.
Image empruntée ici
« Votre heure n’est pas la nôtre !
Nous ne sommes pas maître du temps et tout est écrit d’avance : le lieu, la date et l’heure !
Alors pas de précipitation, votre tour viendra bien assez tôt !
Passez votre chemin et revenez quand l’heure aura sonné ! »
Voilà ce qui est écrit sur la pancarte plantée en bordure de champ, là où les cerisiers sont encore en fleurs.
Les cons, ils m’ont fait peur avec des phrases pareilles…j’en ai laissé tomber mon panier !
Tant pis, je reviendrai plus tard puisque les
cerises ne sont pas mûres…
Image empruntée: Peinture de Alexandre Houllier.
Pommes d’amour, barbe à papa
Le sucre coule dans la gorge
Et dégouline le long des doigts
Airs de fêtes, flonflons des manèges
Foule bigarrée en liesse effrénée
Tête qui tourne, cœur en joie
Yeux qui brillent en guirlandes lumineuses
Hurlements de rires en montagnes russes
A douze ans, la vie a un goût de barbe à papa
et de fraises tagada.
Image empruntée sur le site de Elle-Déco
Ma balade se situait sur les plages de la côte d’Opale et plus précisément au Touquet !
Le Touquet…une jolie station balnéaire avec ses plages à perte de vue, ses dunes de sable ornées d’oyats, son architecture anglo-normande, ses vieilles maisons de familles aux balcons de bois imposants qui se cachent dans la forêt…
Les chevaux, les vélos, les rollers, les chars à voile se côtoient pour d’infinies balades en bord de mer ou
sur la digue.
Sa mairie imposante avec son beffroi, son marché avec ses arcades et sa foule, son casino, ses vieux palaces, sa célèbre rue Saint Jean…
Ses cabines de plage aux couleurs multicolores, ses tentes et ses pare-vent en toile rayée bleu et blanc, sa piscine-aqualud sur la plage…
Ses
glaces, ses moules-frites, ses étals de fruits de mer…
Ses expos de peintures, son Enduro, son salon du livre, son polo, ses championnats de voile…
Il y en a pour tous les goûts et il s’y passe toujours quelque chose au Touquet !
Un endroit à part…une bulle en dehors du monde où la nature reprend sa place…une ambiance qui n’appartient qu’à elle…
On aime ou on déteste d’emblée ! Moi, j’ai eu un véritable coup de foudre pour cet endroit, et je m’y suis installé un petit nid et j’y file choper mon bol d’air iodé dès que je le peux !
Oui, moi... la fille du soleil !
Qui aurait pensé qu’un jour je puisse m’attacher à cette petite station en bord de Manche aux eaux glacées et au soleil pas assuré ?!!
Le soleil rare sur ces côtes du nord ? Encore une légende !
Chaque fois que j’y vais, le Touquet rayonne de son soleil et par temps gris, les jours d’hiver, les couleurs sur la mer sont si douces, si belles…couleurs opalines qui ont donné son nom à cette côte si jolie.
Vous avez essayé de deviner de quelle station balnéaire il s’agissait et vous avez été perspicaces, ma
foi !
C’est Sarah-Frane qui a été la première à deviner que ça pouvait se situer « dans le nord…peut-être vers le
Touquet ! »
Plume ensuite est arrivée sur ses entrechats et a déclaré presqu’affirmativement « le Touquet ? » bien qu’un
petit point d’interrogation a fleuri dans sa phrase !
Quant à Quichottine, elle est allée fouiner dans mes anciens articles…elle a mené son enquête et relevé des indices judicieux qui
lui ont permis d’affirmer « La Côte d’Opale ! »
Lmvie, elle, a de suite été convaincue que c’était une plage du nord, mais elle a navigué trop loin, passant devant la plage du Touquet, puis devant les côtes de Boulogne sur
mer pour arriver au port et s’amarrer à Dunkerque !
Marail est venue pointer son nez, flairer l’air un peu trop frais à son goût, enfilé son ciré et un pull et a décrété forfait : elle ne connaît QUE son lagon
calédonien !!
Bravo, à tous d’avoir mis vos pas derrière les miens sur le sable mouillé de ma plage et d’être venus tâter l’eau du bout du pied avec moi…
Je suis passée des côtes landaises, à Noirmoutier…une belle balade en bateau, grâce à vous, et finalement, nous nous retrouvons tous au…Touquet !!!
Le soleil brille, c’est marée basse…vous voulez faire quoi ? Une ballade les pieds dans l’eau ? Un
tour à vélo, un galop à cheval ? Un ramassage de coques que nous pourrons déguster à l’apéro avec un ptit vin blanc bien frais ? Ou bien aller visiter l’expo de ce peintre touquettois
au Palais de l’Europe ?
Comme vous voulez, dites-moi…je vous accompagne !
Petite escapade au bord de la
mer.
Météo favorable, et hop, deux trois trucs balancés dans un sac et direction la
plage !
Deux heures trois quart de route.
Nous sommes arrivés sur la digue juste pour
voir le soleil qui tirait sa révérence : il illuminait le ciel de ses derniers rayons.
Le lendemain, grand ciel bleu ! Nous avons couru sur la plage...enfin
couru...disons que nous avons fait une grande balade, les pieds dans l'eau et le nez au vent!
Le ciel bleu et la plage à l'infini:
La mer se carapatait de plus en plus loin, laissant le sable mouillé qui faisait
de drôles de vagues :
Voici des sables
émouvants:
Et une jolie nature morte :
En se retirant, la mer faisait danser ses vaguelettes en tourbillons :
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"Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit." (M. Duras)
"Ecrire, c’est une façon de parler sans être
interrompu." (Jules Renard)
"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)
"Ce sont
les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)
"Comment se tue en nous
l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale."
(Sainte-Beuve)
"Créer c’est vivre deux fois." (Albert Camus)
"On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme." (Douglas
MacArthur)
"La vie ressemble à un conte ; ce qui importe ce
n’est pas sa longueur, mais sa valeur." (Sénèque)
"La vie est finie quand tu ne surprends plus personne."
(Coluche)
"L’indifférence est une paralysie de l’âme." (Anton Tchekhov)
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