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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 00:00






 

 

     ça y est, le défilé va commencer! Les grilles de notre cimetière viennent de s'ouvrir!

 

     Week-end de la Toussaint oblige ! On est sûr de les voir rappliquer les bras chargés de fleurs ! Pourvu que j'échappe cette année à l'éternel chrysanthème... Ils pourraient faire preuve d'originalité, pour une fois, c'est vrai, quoi !

 

     Plains-toi, Sidonie ! En général tu en rafles trois fois plus que moi!
Tu voudrais quoi ? Du muguet, des tulipes, pour changer ?? Difficile, à cette période de l'année !

 

     Non, de simples roses...des rouges, des jaunes, des blanches...même si elles seront fanées dans huit jours, tant pis! Avoue que ce serait quand même plus original, plus léger, plus féminin, non ?

 

     Ha! Ha! Le romantisme en pays d'outre-tombe !!!

 

     Chut, taisez-vous, on vient ! J'entends des pas dans l'allée transversale ... C'est peut-être pour moi...

 

      Perdu ! C'est encore pour la petite du bout là-bas...C'est fou, ça, on ne voit même plus la dalle de marbre, tant elle est couverte de fleurs…

 

     Normal, elle est morte depuis à peine trois semaines, la pauvre petite...Mourir à 18ans...si c'est pas malheureux ...

 

     Ouais, mais au moins, on lui apporte des fleurs fraîches à elle! Moi, ça fait 40 ans que je ne suis plus de leur monde et je me trimbale toujours la même horrible fleur artificielle! Une fleur en plastoc…Ça  c'est sûr, ils sont pas obligés de venir l’entretenir… C'est d'un mauvais goût ! Quelle bande de radins dans cette famille ! Je les vois rappliquer une année sur deux…avec un peu de chance, ils vont débouler aujourd’hui…

 

     Ho, toi, la vieille tante d'en face, tu nous as suffisamment pourri la vie de ton vivant, alors la famille, je les comprends, ils soufflent un peu ! Tu n'as que ce que tu mérites ! ça  fait 40 ans que tu ronchonnes ici! Tu peux pas la mettre en veilleuse un peu et nous laisser profiter, pour une fois qu'il y a un peu d'animation ?! C'est vrai, quoi, elle est pas belle la vie:le monde des vivants vient à nous aujourd'hui...ça va sentir la fleur pendant 15 jours ! 

 

     Rolala,  dites donc ! L'écrivain de l'allée 175...qu'est ce qu'il récolte lui aussi !! Finalement, on aurait dû choisir d'être célèbre dans notre autre vie ...on aurait même des inconnus qui viendraient fleurir notre tombe…

 

     Ouais, bof… Hé Arthur, t'es toujours là? On ne t'entend pas aujourd’hui ?

 

      J'assiste au spectacle, figure-toi ! J'écoute, j'observe, je hume...Moi, je n'attends rien ni personne...comme ça au moins je ne suis pas déçu ! Ils sont anti-cimetières chez moi...Pour eux, je n'habite pas ici, mais toujours à la maison! C'est vrai, ils ont un peu raison… j'y vais souvent m'y balader à la maison et voir ce qui s'y passe...et je peux vous dire qu'aujourd'hui, trône sur le guéridon du salon, un magnifique chrysanthème, tout en boule, jaune d'or...assorti au décor ! Au moins, tout le monde en profite, et on pense à moi en même temps !

 

     Psst, Sidonie, regarde ! Je crois que tu as de la visite! Toute la sainte famille qui va défiler !

 

     Ho, des roses !!!! Alors ça, c'est épatant !!! On croirait qu'ils m'ont entendue ! Que je suis mauvaise langue, parfois...Vous avez vu comme mon René s'est fait beau aujourd'hui?! Et la petite dernière, elle est pas mignonnette ? Elle est belle ma descendance, pas?!

 

     Ouais, Sidonie, t'as de la chance, toi ! Je vois arriver le Marcel...avec son cyclamen...Il s'est encore fait refiler le plus moche de la boutique! C'est-y pas vrai, ça!!… et regardez-moi comment il est attifé, encore ! J'vous'le dis, moi, depuis que je suis plus de leur monde, ça tourne plus rond du tout ! Il s'laisse aller le Marcel !

 

     Tu vas pas remettre ça, la tantine !! T'aurais peut-être préféré
le voir arriver tout pimpant, jovial, en sifflotant, une minette à son bras? Hein? Avoue que t'aurais pas apprécié de le voir reprendre goût à la vie sans toi ! Faut bien que tu aies une occasion de râler encore !

 

     Ho! toi, le Gérard, que le diable t'emporte ! Cette année, ta plante verte va te passer sous le nez, car je vois rien pour toi pour le moment

 

     Allons, allons, on se calme, là-bas, vous laverez votre linge sale en famille plus tard ! Taisez-vous car c'est mon tour !! Laissez-moi profiter de cette magnifique gerbe de glaïeuls! C'est un ancien admirateur qui approche…Je me souviens...il assistait à tous mes concerts...et un jour, il m’a déclaré sa flamme comme ça : "Aimée, les notes qui s'envolent de votre piano se mêlent d'une façon magique aux doux parfums de mes glaïeuls! Vous êtes une fleur parmi les fleurs !" C'était ti pas classe, ça ? Charmant, oui... Ha, j'avais un certain succès dans le temps! Les hommes étaient tous à mes pieds ...

 

      V'la qu'elle s'y croit encore ! ...Y en a pour trois siècles, là, si elle se met à nous raconter ses succès passés, la diva…

 

     Boudiou de boudiou !! Mais qui m'a foutu des bouquets pareils ?! Qu'est ce qu'ils déposent à mes pieds, là? C'est pas un bouquet, ça ! ça  été fagoté à la va-comme-j'tepousse !! Aucun soin, aucun art !...Le métier se perd décidément…

 

     Dis, le fleuriste, je pourrais en dire autant...Moi qui étais jardinier, je peux te dire que ces fleurs-là, elles vont pas durer deux jours ! Regarde-moi ces feuilles !!! Elles sont bouffées aux insectes ...même pas traitées...puis ils les ont forcées…Si c'est pas malheureux !

 

     Chut, écoutez! On dirait que l'on referme déjà les grilles du cimetière...Les allées se vident...ça y est, la fête est finie...

 

     Déjà ?

 

     Ho, déjà…On n’a pas vu le temps passer cette année…

 

     Ouf, bin c’est pas trop tôt, on va retrouver un peu de calme au moins ...Si on sortait ? Allons-nous promener dans les allées, allons respirer tous ces  parfums mêlés...

 

     Bonne idée, après tout c’est notre fête à nous! 


La pierre tombale de la petite Mamy était restée désespérément vide.

Aucune fleur ne s'y épanouissait...Et là, elle avait le cœur gros, car elle savait qu'il n'y avait plus aucun espoir de voir un jour sa tombe fleurie...

Elle était la dernière de la lignée, sans plus de descendance ...Mourir à 106 ans, vous pensez...

Elle qui aimait tant les bouquets et qui n'avait vécu rien que pour eux et au milieu d'eux ...

C'était trop triste à supporter ...non, elle n'avait vraiment pas envie d'aller danser avec les autres, au milieu des feux follets. Elle n'avait vraiment pas le cœur à ça ... Quelle triste fête que celle d'aujourd'hui ...

Elle haïssait les 1er Novembre, décidément !


Une bourrasque violente mais brève se leva soudain au-dessus du petit cimetière, emportant sur son passage des brassées de fleurs.

Par la force du vent, quelques roses aux couleurs vives, quelques fiers glaïeuls, s'envolèrent... pour atterrir doucement sur la tombe de la vieille mamy.

Souffle bienfaiteur, le vent s'en est allé comme il était venu...

Un sourire éclaira la petite âme...

Elle remercia le ciel d'avoir semé ces quelques fleurs sur le chemin de cette autre vie...
Ce n'était que justice divine pour cette ancienne petite marchande de fleurs...



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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 19:14

 

 

 

bibliothèque du couvent de Strahov à Pragues

 

 

 

J’ai fait un cauchemar la nuit dernière.

Je me rendais à la bibliothèque d’Alexandrie pour me perdre avec ravissement, des heures durant, dans ses rayonnages aux trésors inestimables, lorsque j’ai atterri, bien malgré moi, dans l’une des plus vastes bibliothèques du monde : la Googles books

Un endroit froid, aseptisé et au silence oppressant.

 

Partout, des livres dématérialisés et inodores, au toucher glacial…

 

 

  

E-book

 

 Un silence de mort règne en ces lieux de « savoir-fast-food ».

Point de murmures de lecteurs voisins ; point de froissement de pages que l’on tourne. Seuls des écrans aux pages glacées sans voix.

 

Impossible de corner les pages sur des phrases délicieuses.

Impossible au crayon mine d’ajouter des notes dans les marges.

 

 

 

livre ouvert

 

 

 

Des lecteurs fantômes, chercheurs pressés, tentent en quelques clics d’accéder au savoir universel, impérissable et immédiat, sans se déplacer de leur fauteuil, tout en parcourant le monde à la recherche de l’ouvrage désiré qu’ils trouvent instantanément.

 

 

Plus de quête interminable dans des rayonnages poussiéreux où craquent les reliures fatiguées des livres convoités ; plus de rencontres surprenantes, au détour d’une étagère…Plus d’odeurs d’encre et de papier ; la main rencontre une surface plane et uniformisée.

 

 

 

 

livres anciens 2

 

 

 

Ici, un enfant du Sahel, trouve en plein désert l’œuvre de Maupassant prescrite par le collège. Là, un ado télécharge Hugo après avoir téléchargé les Rolling Stone sur son iPod.

Dans le métro parisien, on sort son livre numérisé pour prendre connaissance de l’actualité ou terminer le dernier roman d’Amélie Nothomb.

 

Terrorisée devant ce tsunami culturel, je sors de cette immense bibliothèque virtuelle…ou plutôt je m’enfuis à toutes jambes !

 

Dehors, les devantures des librairies n’ont pas résisté à la vague déferlante et leurs portes sont closes, à l’exception d’une seule.

J’entre et à ma grande stupéfaction je ne trouve aucun livre en rayons.

 

Je m’adresse au libraire en lui disant que je cherche l’œuvre de Giono.

 

    Giono, vous le voulez sur carte SD ou clef USB ?

 

Je suis partie en courant avec le diable à mes trousses.

Sur un bout de trottoir, j’ai rencontré Amélie Nothomb qui mendiait quelque considération et pleurait sur ses droits d’auteurs disparus.

 

Je me suis réveillée en nage et le cœur battant. Sur la table de nuit, j’ai reposé le livre sur lequel je m’étais assoupie.

Son odeur de papier et le doux frémissement de ses pages m’ont rassurée. Je me suis retournée de l’autre côté et me suis rendormie.

 

 

Ce n’était qu’un cauchemar !

 

Dites…c’était bien un cauchemar ? Rassurez-moi…le livre papier ne peut pas disparaître ainsi, enterré par la folie de quelques uns ?

 

 

 

 

 

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 00:00




 

 

Ma vie, elle se passe là, dans ce bar-tabac moche à pleurer…

Une vie à mourir d’ennui…même que j’en suis toute flétrie !

Je suis ici, reléguée près de la fenêtre, si en retrait que vous ne me voyez même pas ! Je suis là, entre le flipper tintinnabulant et cette chaise de bistrot aussi poussiéreuse que moi, là, juste devant la fenêtre.
Je suis exposée aux courant d’air, face à la porte qui s’ouvre toutes les trente secondes
Je lève la tête péniblement à chaque tintement de la clochette, suspendue en haut de la porte et qui annonce l’arrivée d’un nouvel intoxiqué. Je prends à ce moment-là un nouveau coup de froid !
 

Notez bien qu’heureusement qu’ils sont là, les intoxiqués, au moins ça met un peu d’animation dans ce bistrot de village.
Il y a les intoxiqués du mégot, les intoxiqués du « jaja », les intoxiqués du foot.
Les intoxiqués du foot, c’est ceux que je préfère : il y en a toujours la moitié qui chantent à la fin d’un match ; c’est un peu la fête ces soirs-là et ça se termine inévitablement par des tournées jusqu’à plus soif et jusqu’à point d’heure, mais c’est joyeux, et ça finit toujours par réunir les deux camps.

Tous ces intoxiqués s’expriment beaucoup, alors je les écoute…et je pourrais en raconter des confidences étalées là, sous mon nez !
 

Ils parlent souvent d’une voix forte et c’est parfois fatigant. Celui-ci réclame à grands cris ses cigarettes préférées, celui-là, son Ricard à lui servir bien frais et bien dosé ; l’autre accoudé au comptoir gémit ses déboires et tente de noyer son chagrin dans quelques chopines. Ils boivent, ils boivent ces gens-là, pendant que moi je crève de soif…

Tous ceux-là, se sont les habitués. Ils sont là même le Dimanche et moi aussi.

Je vous passe tous ceux qui ne font qu’entrer et sortir avec à peine un « B’jour ! »

Les ennuis, les angoisses, les larmes, les insultes : j’ai droit à tout ! Ils déversent tout ça sur le zinc. Le zinc qui n’en peut plus que l’on choque des chopes avec violence sur son dos. Il en perd tout son éclat, déjà qu’il est vieux…

Ho, bien sûr, je suis témoin aussi des rires, des évènements heureux à fêter, des plaisanteries le plus souvent grivoises, mais vous savez, les gens ici ont plus souvent le vin triste que gai…


Ecouter les gens, ça va bien cinq minutes, c’est bien joli tout ça, mais moi on ne me le rend jamais ! Je reste plantée là, sur pied, sans jamais personne pour s’intéresser à moi.
On m’ignore totalement, on m’oublie dans mon coin, alors que je suis toujours à l’écoute des autres. On abreuve les clients, mais moi, personne ne pense à m’offrir un verre !

Et je reste là, à perdre ma jeunesse, ma vitalité, ma beauté, moi qui étais si belle auparavant, moi qui avais une santé de fer : « quelle belle plante ! » disait-on de moi jadis, quand j’étais encore jeune…

Pff, si encore on me témoignait un peu de respect, mais même pas ! Je suis bonne à récolter les vieux mégots que les alcoolos jettent à mes pieds ! Je vois la vie au travers d’un nuage de fumée, même que j’en ai le teint jaunâtre.

Vous croyez que c’est une vie que cette vie-là ?!
 

Ha, comme j’aimerais vivre chez la petite vieille d’en face qui a l’air si charmante. Elle semble avoir des bonheurs tout simples, comme s’occuper des fleurs qui s’épanouissent sur son balcon. Si je vivais chez elle, je serais une de ses raisons de vivre supplémentaires au moins. Je la rendrais heureuse et elle me le rendrait bien.
Elle passerait son temps à s’occuper de moi, à me doucher, me caresser, me lustrer, me servir à boire et à manger et elle me parlerait, car vous savez, il existe encore des gens qui nous parlent et qui nous aiment.
Ce qui n’est pas le cas ici dans ce bar-tabac…où je vis dans une parfaite indifférence et où l’on me maltraite. Je m’étiole de jour en jour…
 

Souriez, souriez…mais parlons de vous : je suis sûre que vous aussi m’ignoreriez si vous rentriez dans ce bistrot. Vous écraseriez vous aussi votre mégot sur mes pieds, sans même vous excuser… si, si ! Je suis même sûre, que certains soirs, vous me balanceriez votre verre à la figure, après avoir un peu trop exagéré sur la bouteille… Enfin si ce n’était pas sur moi, ce serait sur l’une de mes congénères…
Avouez que ça vous est déjà arrivé ! Vous voyez que je ne raconte pas d’histoires…

Alors croyez-vous vraiment que l’on puisse se développer normalement avec une vie pareille et être épanouie ?

Pensez-vous vraiment que l’univers d’un bar-tabac soit une vie saine pour une jeune plante verte ?

Les gens n’ont vraiment pas d’cœur…

J’étais si belle jadis, moi la petite plante verte du bar-tabac du coin…








Voilà encore un texte sorti de mes tiroirs...juste pour vous qui ne l'avez sûrement pas lu encore...juste pour vous faire patienter en attendant mon retour, car cette fois je pars m'expatrier jusqu'à la fin du mois d'Août!
Oui, je prends mes quartiers d'été là-bas sur ma Côte d'Opale! Je vais ouvrir la maison et la préparer pour recevoir les amis de passage, les enfants, les petits-enfants... (Ma Capucine, mon petit Oscar...mes doudous d'amour!)
Un moment suspendu à regarder le temps passer, à profiter du moment présent...et ce pour de longues semaines!
J'espère que les transats et parasols resteront toujours dehors sur la terrasse à crever de chaud...comme nous tous...car OUI le soleil sera de la partie, j'en suis sûre
! On va pouvoir profiter de la plage, balades et châteaux de sable...et touti quanti!
J'ai une connection internet toujours aussi aléatoire là-bas...mais le jour où ça fonctionne, vous pensez bien que je ferai un saut chez vous, histoire de prendre de vos nouvelles...car je ne peux pas me passer de vous...et ça vous le savez bien!
Merci de vos passages et de vos mots d'amitié à la naissance d'Oscar! ça fait chaud au coeur :-))
Je vous embrasse et vous souhaite à vous aussi un bel été! 
De jolies escapades entre ombres et soleil.
Des étapes délicieuses où le temps se suspend pour regarder la vie tout simplement...et engranger des images colorées pour le temps venu des jours gris!

PROFITEZ BIEN !




 

    

 
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 00:00


 

 

Je ne sais pas si vous aussi vous avez eu la chance de  ressentir, une seule fois dans votre vie, ce sentiment si profond, si charnel que l’on appelle la Passion.

Vous savez, ce truc qui vous prend aux tripes et au cœur et qui ne vous lâche plus, ne serait-ce qu’une seule minute, jusqu’à vous rendre littéralement fou.
Cette impression de manque permanent qui vous envahit dès lors que l’objet de votre passion n’est plus à vos côtés. Le cœur qui bat à cent à l’heure dès que vous apercevez son image.

Et bien moi, ce sentiment-là, il m’est tombé dessus un jour sans crier gare, au moment où je m’y attendais le moins !
 

C’est par un beau jour d’automne aux couleurs mordorées, qu’ELLE est entrée dans le magasin. Tout de suite, au premier coup d’œil, j’ai eu le coup de foudre !
 
Allez savoir pourquoi…Pourtant, à longueur de journée, j’en côtoie pas mal des femmes, mais jamais aucune d’elles ne m’a fait cet effet-là. C’était elle et pas une autre ! C’était évident, c’était elle la femme de ma vie !


D’abord, il faut que je vous dise qu’elle était très belle ; d’une beauté saine et naturelle qui sied si bien aux jeunes femmes sportives élevées au grand air. Elle avait du “chien”, oui c’est ça, une aisance, une présence et… un regard à tomber à la renverse! Un regard… les plus beaux yeux de la terre ! Oh, je m’en souviendrai toute ma vie de ces yeux qui m’ont laissé tout “moelleux” à l’intérieur…


Je ne saurai expliquer ce que j’ai ressenti, mais une chose est sûre, c’est que je venais brutalement de tomber amoureux, littéralement foudroyé sur place, là, comme ça, d’un coup d’un seul !

Elle a posé ses yeux sur moi, a ébauché un sourire poli, mais n’a pas semblé me remarquer plus que ça…Je me tenais pourtant à l’entrée du magasin, mais non, elle est passée devant moi, m’a frôlé, pour se diriger vers le fond du magasin d’un pas rapide. J’ai respiré son parfum au passage et l’ai suivi du regard.

Elle allait d’un portant à l’autre, décrochait un cintre, se le plaquait devant elle, en se regardant dans le miroir, puis recommençait avec un autre vêtement, en faisant la moue.

Elle déambulait dans les travées, lentement, s’arrêtait, souriait aux uns ou autres, jusqu’à ce qu’elle revienne vers l’entrée du magasin, ou la sortie si vous préférez, et là, enfin, oui enfin, elle m’a aperçu !
Elle m’a vraiment regardé avec ses yeux violets. Il faut vous dire que je la fixais avec tant d’intensité, qu’elle ne pouvait pas ne pas sentir mon regard comme un aimant. Elle a le rouge qui lui est monté aux joues et elle m’a souri, d’un sourire appuyé, cette fois-ci. Elle m’a frôlé d’une douce caresse, comme ça en passant, et après s’être retournée plusieurs fois sur moi, elle a hésité, puis elle est sortie vivement dans la rue. J’ai cru un moment qu’elle allait revenir, car j’ai perçu encore son regard à travers la vitrine, mais non…elle a traversé d’un pas rapide.

Je l’ai regardée partir avec un petit pincement au cœur.

Je m’en suis voulu de ne pas avoir été capable de la retenir, de lui déclarer mon amour tout de go, mais je l’aurais sans doute effrayée et j’aurais peut être essuyé une déconvenue. Elle m’avait remarqué et souri et c’était déjà pas si mal !

Peut-être reviendrait-elle ? Je ne l’avais jamais vu auparavant, sinon, je l’aurai repérée…Peut-être n’habitait-elle pas le quartier…ça fait longtemps que je suis ici, alors les clientes, je commence à les connaître.
 

Quelque chose en moi me soufflait que j’allais la revoir, aussi n’étais-je pas vraiment inquiet. Si cette femme m’était destinée comme je le croyais, nos vies se croiseraient de nouveau. De toute façon, le destin est toujours écrit d’avance. Il suffit d’être patient et d’y croire !

Je n’ai pas eu besoin d’attendre très longtemps. Dès le lendemain, elle faisait son apparition.

Là, je me suis senti regonflé, car, mine de rien, une légère inquiétude s’était emparée de moi… Je me suis redressé de toute ma superbe, redressant mon col et resserrant ma ceinture, histoire d’avoir fière allure.


Quand elle est entrée, tout de suite elle s’est dirigée vers moi avec un grand sourire. Elle a longtemps tourné autour de moi, semblant hésiter, faisant mine de s’intéresser à tout autre chose.

Sans en avoir l’air, elle me frôlait, m’observait sous toutes les coutures. Elle s’éloignait, puis revenait dans mes parages et s’éloignait encore…elle devait être timide…

Elle faisait semblant de regarder une petite nuisette de dentelle noire, puis un déshabillé de soie, mais je n’étais pas dupe ! Je sentais bien son regard posé sur moi quand elle ne se sentait pas observée. Vous savez, ce genre de regard “par en-dessous-l’air-de-rien”, comme si je ne l’intéressais pas plus que ça. Tout en me coulant son regard, petit à petit, elle se rapprochait de moi…Tout à coup, ça a été plus fort qu’elle, elle s’est avancée d’un pas décidé, s’est plantée en face de moi et m’a dévoré des yeux. Si vous aviez pu voir dans ses yeux tout l’amour qu’elle me portait ! J’en frémis encore…

Elle a délicatement posé sa main sur moi et elle est soudain sortie de sa réserve. Elle s’est mise à me murmurer des choses que la pudeur m’empêche de vous révéler. Bref, pour résumer, elle m’a avoué qu’elle avait eu le coup de foudre pour moi, qu’elle avait déjà flashé sur moi hier, et qu’elle n’en avait pas fermé l’œil de la nuit et…qu’elle me voulait moi, et pas un autre, pour partager désormais sa vie !

 C’est fou, la passion, ça vous fait faire et dire des choses que vous n’auriez même pas imaginé être capable de faire auparavant. Pourtant, ce n’était pas une fille facile, ça se voyait tout de suite…Elle avait au moins eu le cran, malgré sa timidité,  de ne pas laisser filer sa chance ! Après tout, qui ne tente rien, n’a rien… 

Alors, avant même que je n’aie compris ce qui m’arrivait, elle m’a embarqué, et bien sûr je l’ai suivie, subjugué et fou d’amour pour elle.
 

Elle m’a installé chez elle, dans son charmant petit appartement douillet, me disant qu’elle n’imaginait même pas vivre sans moi une minute de plus. Et depuis ce jour, nous filons le parfait amour, que dis-je, une véritable passion !

La seule chose qui me chagrine, c’est de ne pas profiter avec elle de chaque minute du temps qui passe. C’est une femme d’affaires avec toutes les responsabilités que cela implique, et elle travaille comme une dingue du matin jusqu’au soir. Alors vous allez me dire que je suis difficile, mais je suis comme ça : possessif et exigeant ! Je me sens frustré de ses absences, bien que nous soyons très heureux quand même.
 

Aussi, pendant qu’elle travaille à l’extérieur, toute la journée, moi je l’attends chez elle sans rien faire, si ce n’est penser à elle.
J’ai tout abandonné pour elle, pour ne me consacrer qu’à elle, rien qu’à elle. Une chance comme ça il faut savoir en profiter et tout mon temps je le consacre à lui faire plaisir. L’amour n’a pas de prix et on doit tout lui sacrifier !

Elle, elle ne pense pas comme ça. Bien qu’elle m’adore, elle est obligée de m’abandonner pour aller travailler, car comme elle le répète, elle a besoin de son boulot pour subvenir à ses besoins, car elle ne veut dépendre de personne. C’est ce qu’on appelle une femme libérée. Alors, j’attends son retour, en comptant les heures puis les minutes qui nous séparent…
 

Je suis étendu sur son lit, je respire son odeur, j’épouse son empreinte laissée sur l’oreiller…je suis devenue une chiffe molle, incapable de faire autre chose que de penser à elle et à nos retrouvailles du soir, à la longue nuit passionnée qui nous attend…
 

Quand elle arrive, généralement vers 20 heures, alors là, c’est la folie !

J’entends la porte d’entrée claquer, je l’entends balancer un à un ses escarpins qu’elle envoie valdinguer dans le couloir. Elle est si pressée de me retrouver que pour gagner du temps, tout en se dirigeant vers notre chambre, elle commence à se déshabiller, petit à petit. Quand elle apparaît sur le seuil, elle est déjà entièrement nue, à l’exception de ses bas…et là, d’un bond, elle se jette sur le lit où je l’attends, frémissant…Elle me serre contre elle et m’embrasse passionnément.

 Je l’enveloppe amoureusement de toute ma douceur, de toute ma chaleur. Je caresse tout son corps avec volupté. Nos deux corps ne font bientôt plus qu’un seul : je suis sa deuxième peau. Elle est bien, elle soupire et gémit de plaisir et je suis le plus heureux de la terre !

Ensuite, je l’accompagne dans la salle de bains où elle se fait couler un bain moussant. C’est un rituel dont elle a besoin pour se détendre d’une journée harassante. Je regarde son corps alangui dans l’eau chaude.
Je suis installé sur la chaise, près de la baignoire, tout à côté d’elle, et je l’écoute raconter sa journée, je la dévore des yeux.


Quand l’eau commence à refroidir, elle sort de son bain. La beauté de son corps nu me rend fou, j’ai encore envie d’elle et elle le sait ! Elle me prend dans ses bras, me serre contre elle. Je l’enveloppe pour qu’elle ne prenne pas froid. Je lui frotte le dos, je lui caresse doucement le ventre, les cuisses, tout le corps ! Puis, nous retournons dans la chambre et nous allongeons sur le lit. Nous sommes avides de câlins, de caresses dont nous ne pouvons plus nous passer !


Elle me dit que je suis doux, que je sens tellement bon…Elle aussi, elle sent bon !

Je ne vous raconterai pas la nuit que nous passons ensuite ensemble ! Ça  c’est notre vie privée et j’en ai assez dévoilé, mais je vous laisse imaginer…
 

Si je suis aux petits soins pour elle, c’est qu’elle le vaut bien, et je peux vous dire qu’elle aussi, elle me bichonne ! Elle sait que j’adore ça ! Alors, elle s’occupe de moi, elle me lave, me plonge dans des bains bourrés d’adoucissants, elle me sèche soigneusement…On passe beaucoup de temps dans la salle de bains. Il s’y crée une certaine intimité, comme dans la cuisine, le matin avant qu’elle ne parte. Rien de tel qu’un café chaud, serrés l’un contre l’autre, pour affronter la journée qui va nous séparer.
 

Et puis vient l’heure, où elle doit quitter la maison et me laisser. Elle a du mal à m’abandonner…Elle traîne pour reculer l’échéance et elle m’a sur le dos jusqu’au bout, car moi non plus je n’aime pas ses départs.
J’ai autant besoin de sa chaleur qu’elle de la mienne…sans parler de la douceur de nos sentiments l’un pour l’autre.

Alors quand elle est partie, je n’ai plus rien d’autre à faire qu’à l’attendre…

Je reste étendu sur notre lit, là où elle m’a laissé à regret, et je me languis de son retour. A peine la porte claquée, que déjà elle me manque.
 

J’envie ses collègues de bureau. Elle va passer tellement de temps avec eux… Je dirais même que j’éprouve un peu de jalousie à l’idée qu’elle parle à d’autres que moi. Que son centre d’intérêt ne soit plus moi, me contrarie. Tout ce temps de perdu pendant lequel on pourrait se dorloter, se tenir chaud…

Vous comprenez pourquoi je me sens si frustré ?
 

Je rêverais tellement de l’accompagner, mais elle n’y tient pas…Non pas qu’elle ait honte de moi, non, ce n’est pas ça…Au contraire, elle se sentirait bien avec moi, elle se sentirait à l’aise…mais il paraît que cela ne se fait pas de sortir dans la rue et d’aller travailler avec son…peignoir !





Coucou les amis !!

Me voici revenue en Champagne, et ayant retrouvé une connection Internet, je ne résiste pas à la tentation de vous faire un ptit coucou!
J'ai délaissé ma Côte d'Opale (où j'ai eu plutôt un joli temps ensoleillé jusqu'au 16, puis...plus frais depuis :-) ça c'est une note pour
Tabellarius qui, lui, a ressorti ses skis de neige en Suisse, hahaha!!!)...donc je disais que j'avais regagné ma Champagne pour une bonne et heureuse raison: je veux être présente pour la naissance Vendredi prochain de mon petit-fils Oscar!!!! Impossible d'être absente un jour pareil !! Non absolument inconcevable!! Et parce que sa petite soeur Capucine (17 mois) va avoir besoin de sa Manicky pour s'occuper d'elle !! ça fait 17 mois que je suis grand-mère et je compte bien assumer mon rôle pleinement!!! Et je suis trop impatiente de découvrir le petit minois d'Oscar!!
Donc vous ne me lirez pas beaucoup plus, car je serai occupée, MAIS j'aurai peut-êre un peu de temps pour venir vous faire des petites visites sur vos blogs :-)) avant de repartir vers le 1er Août et ce pour un long mois!!! Hé oui, vive l'été!!!
Oscar et Capucine, accompagnés de leurs parents viendront me rejoindre sur la Côte d'Opale pour  "s'oxygéner" et...se remettre de leurs émotions !

Pour accompagner mon retour provisoire, je vous ai ressorti ce texte publié à la création de mon blog sur les conseils de
Quichottine :-)
En mon absence, Quichottine s'est souvent arrêtée dans ma caverne. Elle a fouiné dans mes bibliothèques, et particulièrement dans le coin des "nouvelles et histoires courtes" et elle a lu, lu et lu. (Vous la connaissez Quichottine...elle ne peut s'empêcher de lire tout ce qui lui tombe sous la main, c'est plus fort qu'elle!) Et elle m'a laissé des coms où elle me disait qu'elle avait aimé cette nouvelle-ci et cette nouvelle-là...et puis j'ai senti comme un reproche dans ses mots...et elle m'a dit quelque chose du genre "Mais qu'est-ce que t'attends pour re-publier ces textes-là! Personne ne les a lus!"
Elle a raison, Quichottine, finalement...car ces nouvelles-là, vous ne les connaissez probablement pas...et puis n'ayant rien en ce moment à vous proposer de nouveau, j'ai trouvé qu'elle avait eu une riche idée, la Quichottine!!
Alors j'espère que vous aurez apprécié "Tout doux"!

Je voulais aussi vous dire...MERCI d'être passés en mon absence...votre fidélité me touche beaucoup! Et vous savez quoi? Et bien...je pense tout le temps à vous, même quand je suis loin!!
Même quand je suis en pause estivale comme l'article en dessous!!
Hum...d'ailleurs...que fais-je ici? Je suis en pause estivale, non?

A bientôt et n'oubliez pas: profitez de l'été!!!



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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 17:40






 

Dehors, la nuit était froide et blanche : la neige ne cessait de tomber.

Exténué, trempé, il entra dans son cabinet de travail et regarda sa montre : une heure du matin !

Il ressentait une énorme fatigue physique mais c’était surtout une profonde lassitude morale qui l’envahissait à ce moment-là.

Il aspirait à se retrouver seul, seul pour réfléchir, faire le point, remettre surtout de l’ordre dans ses idées.

Il jeta son manteau sur la première chaise venue et renvoya la gouvernante qui attendait son retour et qui avait allumé les bougies.

Les flammes vacillantes se reflétaient dans les vitres du bow-window et donnaient à la pièce une atmosphère chaleureuse.

Quelques bûches craquaient dans la cheminée et ajoutaient à l’ambiance ce petit quelque chose de réconfortant, propice au recueillement.

Il se laissa choir dans un vieux fauteuil club au cuir élimé qui se trouvait près de la cheminée et se prit la tête entre les mains en soupirant.

 

Clara…

Clara, petite chose percluse de douleurs dans sa petite chambre d’hôpital, devait tenter de trouver le sommeil, abandonnée aux affres de l’angoisse.

Comment prendrait-elle la nouvelle ?

Comment lui annoncer avec ménagement ?

Elle qui ne se doutait pas de l’échéance fatale et qui ne l’envisageait même pas une seconde.

Elle qu’il tentait de surprotéger et à qui il voulait éviter la moindre contrariété.

Elle était si fragile, si malade, que le plus petit souci pourrait compromettre sa guérison.

Les séances de chimiothérapie l’épuisaient mais elle s’accrochait contre vents et marées malgré les crises de vomissements qui la laissaient plus morte que vive.

Elle avait à peine le temps de reprendre quelques forces que déjà une nouvelle séance de chimio s’annonçait. Elle serrait les dents, et sans rien dire, elle se pliait à toutes les exigences des médecins, consciente que chaque séance faisait un peu plus reculer la maladie.

Son but : reprendre un peu de poids pour espérer sortir de l’hôpital et retrouver un semblant de vie. Rentrer à la maison, voilà qui lui permettrait de tenir le coup.

Les médecins avaient fermement insisté sur le fait qu’elle devait garder un moral d’acier si elle voulait combattre la maladie.


Aussi, avait-il monté entre elle et le monde extérieur une sorte de coussin d’air moelleux qui n’aspirait que des bulles de bonheur, rejetant au dehors, toutes les choses négatives qui auraient pu entraver son chemin vers cette guérison essentielle.


Clara avait une telle confiance en lui qu’elle s’en était entièrement remise à lui pour tout le quotidien, se laissant porter, s’agrippant à lui comme à une bouée qui l’empêchait de couler.


Et maintenant, par sa faute, il allait la décevoir, il allait la faire souffrir et ça, il ne pouvait le supporter. Il allait peut-être même mettre sa vie en danger.


Pourtant il ne pouvait plus reculer l’échéance : il était obligé de lui annoncer la terrible nouvelle.


Il ne pouvait continuer indéfiniment à taire la vérité, à mentir comme il le faisait pour lui épargner tout chagrin.


Il lui avait tellement répété qu’elle pouvait compter sur lui, qu’il prendrait tout en mains, même le bébé. Il la remplacerait auprès du bébé, le temps qu’elle guérisse. Elle n’avait aucun souci à se faire : il garderait le bébé, le protégerait ; il mettrait tout en œuvre pour qu’il grandisse le mieux possible. Il y mettrait tout son cœur et son savoir…après tout, un homme est tout aussi capable qu’une femme pour ces choses-là !

 

Elle avait donc confié à l’homme de sa vie, les yeux fermés, ce qui comptait le plus dans sa vie, certaine qu’il tiendrait parole et qu’il allait le choyer aussi bien qu’elle, ce bébé qu’elle avait mis au monde avec tant d’amour et d’abnégation !


C’était un déchirement car elle le savait si fragile encore, mais elle n’avait plus la force nécessaire pour s’en occuper alors qu’il nécessitait une attention de tous les instants…Elle n’avait plus le choix, mais elle savait qu’elle pouvait compter sur son mari !

Elle lui avait mis dans les bras en lui disant :

 

    Je te le confie, tu sauras l’aimer et t’en occuper aussi bien que moi…juste le temps de vaincre cette putain de maladie…hein, tu vas le dorloter mon bébé, me le garder en bonne santé ? Avait-elle dit en souriant à travers ses larmes.

 

Il l’avait serrée dans ses bras et lui avait promis :

 

    Tu peux compter sur moi, tu le sais bien ! Je l’aimerai aussi bien que toi et l’entourerai de tous mes soins. Le plus important, pour l’instant, c’est que tu ne penses qu’à une chose : te soigner et bientôt, tu pourras à nouveau t’en occuper et rattraper le temps perdu ! Guérir, Clara…tu ne dois penser qu’à une seule chose : guérir ! Fais-le pour nous ! 

 

Elle le regarda avec une pointe d’inquiétude dans les yeux :

 

    Je serais pleinement rassurée s’il n’était pas si fragile…Il n’arrive pas à reprendre le poids nécessaire et pourtant je l’ai nourri du mieux que j’ai pu. Tous ces hauts et ses bas…La courbe de croissance n’arrive pas à se stabiliser et ça m’inquiète…Elle  aurait plutôt tendance à baisser ; on est bien en-dessous de la moyenne ; il faut absolument remonter la barre ou alors …

 

Elle secoua ses boucles brunes tristement et se tordit les mains en signe d’impuissance :

 

    Il a tant besoin de moi et je ne suis même pas capable d’être là, à ce moment crucial…Il a besoin d’une vigilance constante ; à la moindre défaillance il faut pouvoir agir en urgence. Tu crois que tu sauras déceler les malaises ? Tu crois qu’il va aller bien un jour, mon bébé ?

 

    Mais oui bien sûr, il ira parfaitement bien ! Ne pense donc pas à tout ça ! Tout va finir par s’arranger. Il faut juste avoir un peu de patience ! On ne peut pas tous démarrer dans la vie avec le même potentiel. Ce sont souvent les plus fragiles au départ qui rattrapent le temps perdu et qui battent tous les records ! Il est entouré d’une équipe plus que compétente et moi je suis là ; je ne le lâcherai pas d’une semelle, ton bébé !

 

Il lui tapota l’épaule et d’un air taquin il rajouta :

 

    Ton bébé qui, je te le rappelle, est aussi un peu le mien ! Alors tu crois vraiment que je n’ai pas envie aussi qu’il se rétablisse et qu’il reprenne du poil de la bête ?! Un jour, moi je te le dis, il laissera tout le monde sur le tapis !

 

Après une telle promesse, il ne pouvait la décevoir !


 

 

 

 

 

 

Vous voulez la suite?...Alors lisez un peu plus bas!

 

 

 

 

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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 17:35







C’était une grosse responsabilité qu’elle lui avait donnée là, mais il l’aimait tellement qu’il n’avait pas pu refuser, malgré l’angoisse de ne pas savoir faire mieux qu’elle. Et puis avaient-ils le choix ? Il aurait été hors de question de céder la responsabilité à des étrangers ! Non, c’était à lui d’assumer et il n’était pas plus bête qu’un autre !

Avec l’amour, tout est possible même les barrières que l’on pense infranchissables. Voilà, ce qu’il se répétait en se levant le matin pour se rassurer.


Il n’aspirait qu’à une seule chose, c’est qu’elle se sente l’esprit libre, toutes ses forces tournées vers un seul but, celui de sauver sa peau ! Après, ce n’était qu’une question d’organisation.


Le bébé était très fragile car de santé précaire mais avec les soins appropriés, il allait s’en sortir lui aussi.

 

Cela faisait six mois déjà que Clara se battait contre ce cancer galopant avec la volonté qui l’avait toujours animée. Le verdict de la terrible maladie était tombé comme un couperet, les laissant tous les deux anéantis.


Cela arrivait quelques mois après qu’elle ait mis au monde « l’Œuvre de sa vie » avec un grand O, comme elle disait pour l’agacer car elle avait deviné le sentiment de jalousie qui le piquait parfois quand il s’apercevait qu’elle n’avait plus autant de temps à lui consacrer à lui -  petit travers masculin courant, sans bien grande importance, ça lui passera jugea-t-elle -. Il est vrai que les « Mon Bébé » dont elle avait plein la bouche, il avait commencé à les prendre mal, comme si plus rien n’existait aux yeux de sa femme. Pourtant LUI il existait un peu non ?


Avec la maladie,  elle ne semblait pas souffrir plus que ça de l’absence de son bébé, toute occupée du combat qu’elle menait vers sa guérison.

Bien sûr, elle s’inquiétait de sa santé, alors chaque jour, elle demandait de ses nouvelles.

Il lui répondait toujours d’un ton rassurant :

 

    Il va bien, ne t’inquiète donc pas ! Chaque jour il prend des forces et grandit !

 

Alors, elle souriait, réconfortée, sans jamais demander de comptes.

 

    Plus vite je guérirai, plus vite je pourrai m’en occuper ! Tu vois comme je vais mieux déjà ?! Ce n’est plus qu’une question de temps !  Affirmait-elle dans un pauvre sourire.


Et c’est vrai que l’on pouvait constater d’énormes progrès : même les médecins n’en revenaient pas ; les résultats des examens de contrôle dépassaient leurs espérances. Mais Clara devait encore continuer son traitement pour être sûre d’éradiquer le mal et ce n’était pas le moment de flancher !


Alors, il ne pouvait pas l’arrêter en plein vol…aussi décida-t-il de lui cacher la vérité et il mentait à Clara de plus en plus souvent…

 

Le bébé n’allait pas si bien. Il n’allait même pas bien du tout !

 

En l’espace de quelques mois, sa santé s’était aggravée un peu plus chaque jour.

Une équipe compétente et dévouée l’entourait pourtant de soins attentifs.

Lui, le premier, lui sacrifiait une partie de ses nuits, mais rien n’y faisait : aucune amélioration ne se faisait sentir au fil des jours…

Il le tenait à bout de bras, le veillait nuit et jour, tentant comme un fou de lui insuffler un filet de vie, gardant espoir chaque jour que le meilleur serait pour demain…

Il fallait tenir, le garder en vie, pour Clara, au moins jusqu’à sa guérison.

 

Il avait fait une promesse et il devait la tenir quoiqu’il arrive !

 

Parfois, au plus profond de son désespoir, il imaginait Clara, retrouvant son bébé, après tant de temps et de souffrances… et voir sa joie exploser, lui redonnait du courage !


Puis l’évidence lui sautait au visage…Cela ne servait à rien de garder espoir : il avait tout tenté et il n’y avait malheureusement plus rien à faire pour le sauver !


A quoi bon lui prendre le pouls chaque jour ? Sa courbe de croissance baissait de jour en jour…si seulement il avait pu au moins la maintenir en équilibre…

 

Non, le bébé de Clara n’allait pas bien du tout !…et il ne pouvait le dire à Clara car celle-ci se serait effondrée alors qu’elle commençait à sortir de sa maladie…


Aussi, il lui mentait tous les jours un peu plus, pour la préserver…et puis parce que jusqu’au bout, lui-même avait gardé espoir…

 

Mais ce soir, il fallait se rendre à l’évidence…







La suite...juste en dessous !


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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 17:23







 

Ce soir, tout s’était effondré…c’était la fin !

 

Le bébé était mort !

 

Il se passa la main sur les yeux en revivant la soirée. Les mâchoires serrées, il tentait de refouler ses larmes.

 

Quand la nouvelle était tombée, ils s’étaient tous regroupés, l’équipe au grand complet.

 

Un profond silence avait envahi la salle : tous étaient hébétés, n’osant y croire…


Puis, déchirés par la souffrance, au plus profond d’eux-mêmes, découragés d’avoir tout tenté, pour finalement baisser les bras, les hommes comme les femmes donnèrent libre cours aux larmes et à l’amertume, vaincus devant cette fin inéluctable…


Ils étaient tous effondrés.

 

Lui, malgré la douleur, avait dû se montrer fort, donner l’exemple, comme d’habitude, promettre des jours meilleurs, promettre qu’avec le temps, tout s’arrangerait…


Des promesses, encore des promesses comme celles qu’il n’avait pas su tenir à Clara…

 

Clara qui n’allait peut-être pas se relever de tant de chagrin…qui allait peut-être mourir par sa faute à lui.

Clara qui allait le haïr pour tous ses mensonges et qui ne lui ferait jamais plus confiance.

Clara qui allait hurler sa douleur…

Ça, il ne pourrait pas le supporter…il n’en avait pas la force…


Tout était de sa faute à lui. Il était un incapable et il ne méritait pas l’amour de Clara.

 

 

Il finit par laisser couler ses larmes, anéanti par ce qui l’attendait, impuissant devant un tel échec à avouer à la femme qu’il aimait par-dessus tout.

 

La ménager…choisir les mots qui feront le moins mal…

 

Comment lui annoncer la mort de ce qu’elle avait de plus précieux et de ce qui la faisait avancer dans la vie ?

 

Comment lui annoncer la mort de sa petite entreprise ?

La petite entreprise de services aux particuliers qui comptait une vingtaine d’employés motivés et qui  n’avait pas su survivre à la concurrence malgré tous les efforts déployés… 

 

Son entreprise qu’elle avait mise au monde avec tant de fierté et choyée comme un bébé, pendant des années, à défaut d’un vrai bébé que la nature lui avait refusé.

 

Cette petite lumière qu’elle apercevait au bout du long tunnel et qui la maintenait en vie…

Cette petite lumière qui la poussait à se battre et qui venait de s’éteindre…

 

Il n’était qu’un minable !

 

Il se servit un whisky, puis deux... et alluma la télé.
Anéanti, il s’endormit sur une chanson de Bashung.






                                                       FIN



Les dessins qui ont illustré cette nouvelle sont d'un jeune créateur plein de talent, découvert sur le net.

J'espère que ce récit vous aura plu...








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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 13:56






Le "duel 3 ", le jeu d'écriture organisé par Carambaolé s'est achevé!

C'est
Abeilles 50 qui s'est classé premier avec son dialogue Victor Hugo / Coluche : une petite perle d'humour entre deux grands hommes au verbe truculent!
Bravo à Abeilles/Clochette !
Bravo à tous les participants: le choix a été difficile tant les textes étaient tous originaux et drôles!
Quant à mon texte à moi, écrit sous le pseudo "Joyeux", je suis étonnée qu'il soit arrivé en 3ème place! Jolie surprise en découvrant les résultats de ce "concours" drôle et convivial!
Merci à Pierre-Carambaolé pour le travail énorme qu'a demandé l'organisation de ce Duel si attendu!

Je vous mets mon texte en ligne ci-dessous...un texte au dialogue improbable!



Ségolène Royal  VS  Jeanne d’Arc

 

 

     Allo, Jeanne, c’est toi ? Ha, enfin, c’est pas trop tôt ! J’ai besoin de tes lumières dans cette dernière ligne droite, car ça va plus du tout ; je ne sais plus quoi inventer comme idée pour gagner tous les suffrages ! François trouve le moyen de me plaquer, les dinosaures veulent m’anéantir et Nicolas remonte dans les sondages…je sens que je vais perdre ces élections, il faut que tu m’aides !


   
Allons, allons, Ségolène, ma douce colombe, calmez vous…C’est justement le moment de vous montrer brave et d’enfourcher votre cheval de bataille !


   
Un cheval, un cheval…mais j’en ai pas de cheval, Jeanne, je ne suis jamais montée là-dessus…et pff ma bravitude…elle en a pris un sérieux coup ces derniers temps…Faudrait déjà que j’élimine les dinosaures de mon champ d’action…Cent ans ou pas, ça sera la guerre, moi je te l’dis !


   
Par le manteau de Sainte Martine, mais ma blanche perle, vous déraisonnez ! Les dinosaures sont exterminés depuis la préhistoire…Non, reprenez vos esprits, douce amie, et faites le siège !


   
Mais Jeanne, tu te rends pas compte que ce sacré Nicolas est parti pour gagner les élections ?!! Qu’est-ce que je peux faire pour l’arrêter ? Lui aussi il a entendu des voix…celle de Sainte Carla lui a mis le feu au cul !


   
Ma mie, il vous faut empêcher le sacre de ce Nicolas…il n’est point encore sacré ! La bataille n’est point perdue ! Reprenez vos esprits et courez prestement à Reims pour votre sacre à vous, ma reine…avant que votre amie Martine, ne vous devance…Prenez les armes et « haro », battez vous, boutez l’ennemi hors de votre camp, et prenez toutes les voix !


   
Oui, mais les armes…on ne se bat plus avec des armes à mon époque…je n’ai que mes mots pour armes ! Alors, sortie de « bravitude » et de « gagnant-gagnant », je vais pas aller bien loin…Non, non, Jeanne…je sens en moi la flamme qui s’éteint et je suis sur des charbons ardents ! ça va être chaud !


   
Haaaaaa, doux Jésus, ne me parlez pas de flammes et de charbons ardents…vous réveillez en moi de cruels souvenirs…Vous me blessez !


   
Désolée, Jeanne, j’ai parlé sans réfléchir, une fois de plus…Loin de moi l’idée de t’échauffer l’esprit…mais je brûle d’impatience, tu comprends…Allo ? Allo ? Jeanne ? Zut, elle a raccroché, la pucelle…Allez, hop, encore une amie de moins !







 

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 02:34






 

 

Marc se pince pour être sûr de ne pas rêver ; il frissonne de peur ou de froid : il ne sait plus !

 A travers le rideau de pluie et le brouillard qui s’en mêle, il tente de scruter le visage de la femme. Une profonde tristesse semble noyer son regard quand elle se met à parler d’une voix rapide et grave :

 

— Empêchez-les de se noyer…les petites filles…demain, elles vont venir faire du canoë avec l’école…Marine…Emilie…elles vont se retourner avec leur canoë…elles vont être emportées par le courant…elles vont se noyer si vous n’intervenez pas !

Ô je vous en supplie…empêchez ça ! 

 

Elle se tord les mains en disant ces mots. Les pans de sa longue cape noire sont battus par le vent ; des mèches de cheveux mouillés collent à son visage.

 

    Mais qui êtes-vous ? Que v… 

 

Marc n’a pas le temps de terminer sa phrase que, sous ses yeux écarquillés de stupeur, la silhouette disparaît brusquement, comme aspirée par le vent de plus en plus violent.

 

— Bon sang ! Cette fois, je n’ai pas rêvé ! Elle était bien là, devant moi…elle m’a parlé…elle m’a dit des choses terrifiantes sur les filles…je n’ai pas inventé tout ça quand même…ou alors je suis en train de délirer ! 

 

Juliette entre dans la chambre dont les rideaux sont tirés.

Elle s’approche doucement du lit où son mari est étendu et lui passe la main sur le front.

 

— Tu as encore de la fièvre, mon chéri ! Repose-toi encore un peu, cette mauvaise grippe va bien finir par passer. 

 

Marc, affolé, se redresse sur ses oreillers, les yeux hagards.

 

    Les filles…Emilie et Marine…où sont-elles ?!! Elles sont en danger !!! Il faut faire quelque chose !! Appelle les secours !!!!! Elles sont en train de se noyer !!!

 

Il rejette les couvertures et s’apprête à sauter du lit comme un fou, quand Juliette l’en empêche.

 

— Les filles, mais elles vont bien les filles ! Elles sont attablées dans la cuisine, devant un bon chocolat chaud. Elles sont en train de se réchauffer après un bain forcé dans le canal ! Figure-toi que cet après-midi, elles avaient un cours de canoë avec l’école et elles ont chaviré. Heureusement, une jeune femme, qui passait par là, les a récupérées. Elle leur a lancé sa  cape dont elle s’est dévêtue ; les enfants se sont agrippées aux larges pans et elle les a tirées sur la berge. Tu te rends compte si cette femme n’avait pas été là…Nous avons frôlé le drame ! Depuis, Marine n’arrête pas de dire que cette femme ressemblait à sa maman. La pauvre petite…Elle a vraiment été marquée par la mort de sa mère…

Allez, repose-toi ! Tout va bien ! Il y a eu plus de peur que de mal !

 

Elle pose ses lèvres sur le front de son mari.

Marc ferme les yeux et replonge dans un sommeil profond.

 

Au loin, dans la vallée, la lune pleine fait son apparition et caresse de ses rayons pâles les eaux calmes du canal.


Happy end!


Joyeuses fêtes de Pâques à tous !!!



Je veux bien être une cloche...une fois l'an...et je prendrai mon rôle très au sérieux!!
Je promets de...ne pas me goinfrer,
Je promets d'en laisser aux petits enfants,
Je le juuuuuuure !









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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 15:43





 

 

Au volant de sa voiture, sur le chemin du retour, Marc repense à la photo. Il se rappelle avoir rencontré quelques fois la mère de Marine, à la sortie de l’école quelques années plus tôt. Cette femme, décidément, ressemblait étrangement à la silhouette entrevue près du canal…même chevelure bouclée, même cape noire…Il n’avait pu voir les traits de son visage, mais la jeune femme pouvait être la mère de Marine. Seulement la mère de Marine était morte…

 

Le lendemain, Marc fait une courte visite à son éditeur et ami, afin de lui remettre les quelques pages terminées de son nouveau roman.

 

     Toi qui es spécialiste en contes et légendes sur la région et qui t’intéresses aux apparitions surnaturelles…tu aurais été au courant d’une nouvelle « Dame blanche » qui se baladerait près du canal ? Bon, tu connais mes croyances sur la question : je ne crois pas du tout aux fantômes, mais cela dit, j’ai été néanmoins témoin d’un étrange phénomène, hier…

 

Il raconte sa rencontre troublante à son ami.

 

      Ah, tu l’as vu aussi… Figure-toi que tu n’es pas le seul à l’avoir entrevue, cette silhouette. Elle erre comme une âme en peine, comme toutes les âmes qui se sentent coupables de ne pas avoir rempli une mission sur cette terre. Elle restera prisonnière du monde des vivants tant qu’elle n’aura pas racheté sa faute. Cette âme-là, considère qu’elle est coupable de n’avoir pu éviter la mort d’autrui.

     La silhouette que tu as vue courir le long du canal et que l’on aperçoit

     depuis quelque temps serait bien la maman de Marine… Elle a tenté de

     sauver son enfant qui se noyait ; elle l’a payé de sa vie sans pour autant

     avoir pu retirer sa fille des griffes de la mort.

     Et depuis, elle erre sans but, le long des berges qui ont fait le tombeau de

     son enfant. De plus, elle sent les êtres aimés qu’elle a laissés sur cette

     terre, perdus dans leur souffrance, ce qui rajoute à sa peine et l’empêche

     de casser les chaînes qui la retiennent ici-bas…

 

— Mais cela fait longtemps qu’elle erre comme ça ? 

 

— Oui, ça fait quelques mois déjà…les premières apparitions remontent à quatre mois environ. Parfois aussi, les âmes reviennent parmi les vivants pour prévenir d’un danger qui risquerait de se reproduire au même endroit… Une façon de se racheter en sauvant d’autres vivants. 

 

Marc ne sait plus quoi penser de tout ceci. Son esprit cartésien l’empêche de croire en de telles niaiseries et il se met à douter d’avoir vu cette silhouette, deux soirs de suite.

 

    J’ai dû rêver tout simplement…je ne vais pas, à mon âge, commencer à croire aux fantômes…ridicule, tout ça !

 

Pourtant, il évite, pendant quelques jours, de promener le chien dans ce coin-là, puis, les jours passant, il ne pense plus à cette histoire stupide.

 

Quelques semaines plus tard, il décide d’aller courir un matin, le long de la rivière qui coule parallèle au canal. Le temps est maussade ; le ciel crache une pluie fine et glaciale. Le brouillard étend ses larges pans de voile blanc sur toute la vallée.

Comme de lourds nuages menaçants s’amoncellent dans le ciel, Marc décide d’écourter sa promenade et de prendre un raccourci en traversant le canal par le petit pont de pierre.

Le ciel est devenu très sombre, et le vent, qui s’est levé brusquement, agite les branches des arbres décharnés. La pluie s’abat maintenant avec force. Marc accélère sa course pour tenter de s’abriter sous les piliers du pont.

 

C’est à ce moment-là qu’il la voit ! Elle marche à sa rencontre, légère ; elle semble glisser sur un coussin d’air. Sa silhouette aux bords flous s’arrête à quelques mètres de lui.
Elle le fixe longuement sans bouger.



(A suivre...demain!)

Vous suivez toujours?
Bon, moi ce brouillard, ce vent et cette pluie...me donnent envie d'aller faire un tour au soleil puisqu'il sourit d'un air printanier aujourd'hui en Champagne!
Donc j'y vais de ce pas, vous laissant vous geler les os sur les berges du canal avec la silhouette aux bords flous!
Ne tardez pas trop à rentrer chez vous quand même...On peut parfois faire de mauvaises rencontres par les temps de brouillard...




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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
  • Je suis… Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

Bienvenue !


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Quelques citations...


"Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit." (M. Duras)

 

"Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu." (Jules Renard)

"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)


 "Ce sont les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)

"Comment se tue en nous l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale." (Sainte-Beuve)
 

 "Créer c’est vivre deux fois." (Albert Camus)

 "On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.

Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme." (Douglas MacArthur)


"La vie ressemble à un conte ; ce qui importe ce n’est pas sa longueur, mais sa valeur." (Sénèque)


"La vie est finie quand tu ne surprends plus personne." (Coluche)

"L’indifférence est une paralysie de l’âme." (Anton Tchekhov)








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