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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 02:51

 




cocotte-en-fonte

 




En Afrique, les enfants sont rois ! Ma sœur et moi profitions allégrement de cet état de fait.

Face aux punitions et fessées administrées par nos parents lorsque nous avions poussé le bouchon un peu trop loin, nous avions vite compris que nos cris et nos pleurs exagérés attireraient aussitôt les boys qui accourraient des cuisines pour nous soustraire à la colère parentale.
Ils s’interposaient pour nous prendre dans leurs bras et les enfants que nous étions savourions cette victoire : nous avions échappé aux foudres de Papa ou Maman qui, finalement, baissaient la garde, amusés par tant de bienveillance. Ils réprimaient un sourire, faisant promettre que « cela ne se reproduise plus car sinon… ! »…et nous nous échappions, soulagées d’avoir évité une fois de plus la punition.

Au service de mes parents depuis de nombreuses années, les boys nous avaient vues naître et en quelque sorte nous leur appartenions un peu. 
Ils ne supportaient pas de nous voir pleurer. Ils cachaient ou réparaient la moindre de nos bêtises de peur que nous ne nous fassions gronder, et comme nous étions loin d’être des anges, ils avaient fort à faire !
 
      Pour accueillir de nouveaux arrivants français sur le sol nigérian, mes parents avaient décidé d’organiser une petite fête et de réunir pour l’occasion quelques amis inconditionnels qui faisaient partie de la communauté des français résidant à Lagos.

Il fut décidé de mettre au menu un énorme poulet aux arachides, un « maffé » amélioré dont Maman avait tous les secrets.

La recette prenait des heures à réaliser ; il fallait couper en petits dés de nombreux légumes et fruits qui composaient les « gnamagnamas » servis dans de multiples petites coupelles et qui servaient d’accompagnement au poulet et à la sauce aux arachides. La sauce aux arachides étant pimentée, les gnamagnamas par leur mélange de « salé-sucré » apportaient un peu de douceur et beaucoup de couleurs.

Maman cuisinait toujours la veille afin que le poulet s’imprègne de toutes les saveurs car « C’est bien meilleur à déguster le lendemain, comme tous les plats mijotés ! » affirmait-elle d’un ton catégorique.

Dès le matin, c’était donc le branle bas de combat dans les cuisines où les boys, « petit boy cuisinier » et « grand boy chef cuisinier », emplis de la confiance que Maman leur témoignait en participant aux opérations, s’activaient avec sérieux, ouvrant grandes leurs oreilles pour mémoriser tous les conseils de préparation. 
C’est que faire un « maffé », ça, ils savaient faire, mais un « maffé amélioré » avec les secrets de « Ma’ame », c’était tout autre chose !

Des cagettes de légumes et de fruits envahissaient les plans de travail. Ma sœur et moi étions mises également à contribution : nous avions la responsabilité des bananes que nous devions couper en fines rondelles. Les boys passaient la chair des noix de coco au robot Moulinex, tranchaient les patates douces, découpaient les oranges en quartiers, les tomates en petits dés, bref, l’effervescence régnait alors que le poulet découpé dorait avec les oignons dans la grande cocotte et que la sauce mitonnée par Maman prenait une teinte orangée grâce à la pâte des arachides délicatement ajoutée.

 Nous étions excitées comme des puces sur le dos du chien au fur et à mesure que la cuisine s’emplissait de senteurs, d’odeurs, de fumets qui nous faisaient tourner raides-dingues tant l’envie de goûter à tout nous tenaillait le ventre. Mais Maman, après nous avoir fait goûté la sauce à plusieurs reprises, - nous en fermions les yeux de délice !- commençait à s’impatienter :

      « Vous goûterez demain ; vous aurez votre part ; ne touchez plus à rien ! On va laisser mijoter encore quelques heures…laisser dormir le poulet et tous les ingrédients toute la nuit dans la sauce et demain ce sera parfait : tendre et parfumé à souhait ! »

Le lendemain matin, après que les fumets nous aient accompagnées jusque dans nos rêves, nous profitions du départ de Maman pour son travail pour nous précipiter dans la cuisine afin de contrôler que le poulet baignait toujours bien dans sa sauce aux arachides. Nous avions bien l’intention de goûter à la sauce afin de vérifier que les saveurs ne s’étaient pas envolées pendant la nuit. Sous les regards bienveillants des boys qui nous soulevèrent le lourd couvercle, nous montâmes chacune sur un tabouret pour nous  pencher sur l’énorme cocotte en fonte, armées d’une cuillère à soupe.
 

Les fumets divins nous sautèrent au nez, à la bouche, et nous ne fîmes pas que de goûter : nous engloutissions des cuillerées et encore des cuillerées de sauce, nous disputant la place, tirant chacune à nous, d’un côté et puis de l’autre, l’imposante cocotte aux doux fumets, jusqu’au moment où … celle-ci, tiraillée et malmenée, glissa du grand fourneau et atterrit parterre, déversant son contenu si précieux.

Cris, stupeur, c’était le drame !
 

Qu’allait dire Maman en rentrant ce soir ? Elle serait hors d’elle et elle aurait raison ! Et surtout, qu’allait-elle servir à ses invités le soir même ?

Les mains sur la bouche, atterrées, nous n’osions même pas imaginer la suite des évènements !

Les boys, tout de suite, constatant l’ampleur des dégâts et le drame imminent, firent ni une ni deux et se mirent au boulot dare-dare, sans réfléchir plus avant ! Il fallait absolument que « Ma’ame » en rentrant ne s’aperçoive de rien !
 
Alors on appela du renfort, branle-bas de combat dans la concession : les femmes, les concubines, les enfants, chacun se vit attribué une tâche urgente ! Marché, -c’est ce qui prit le plus de temps-, épluchage, découpage, mijotage…pas une minute à perdre et surtout suivre à la lettre les ordres de « grand boy chef-cuisinier » qui lui-même n’omettait aucun des conseils de Maman qu’il avait, heureusement, bien enregistrés !

Maman, par chance, était absente toute la journée ce jour-là. Quand elle rentra,  l’ordre et la propreté régnaient dans la cuisine ; les lutins cuisiniers s’étaient envolés et le poulet dormait paisiblement dans sa grande cocotte en fonte, miraculeusement sauvée de la casse.

Le poulet nappé de sa sauce arachides avait eu le temps de mijoter quelques heures, mais quelques heures seulement… il n’avait pas eu le temps nécessaire pour mariner dans sa sauce comme il convenait…
 
Le poulet aux arachides allait-il avoir la saveur qu’en attendait Maman ? L’important était que les invités aient quelque chose à se mettre sous la dent et que Maman ne s’aperçoive pas du drame évité in extremis !
En attendant : motus et bouche cousue ! Nous étions ma sœur et moi très inquiètes du résultat, et nous tremblions en passant à table !


Poulet aux arachides et gnamagnamas



Les invités se régalèrent, félicitèrent Maman pour cette recette originale et délicieuse, et même en redemandèrent.
Après le départ des invités, Maman se tourna vers Papa, plutôt contente d’elle :

— Pas mauvais mon poulet aux arachides, hein ? Je le fais de mieux en mieux, je trouve ! La seule chose, c’est que tout ça manquait un peu de sel…moi qui croyais avoir trop forcé sur la dose…

— Tu es une cuisinière émérite, ma chérie, mais tout le monde le sait déjà ! Il n’y a que toi pour réussir un poulet aux arachides aussi savoureux. C’était succulent comme d’habitude !

Ma sœur et moi avons pouffé de rire en nous enfuyant prestement dans nos chambres.

Nous avions encore une fois échappé à la sentence maternelle, aux punitions et fessées que nous n’aurions pas manqué de recevoir si Maman avait découvert le pot aux roses.
Tout cela aurait pu tourner vinaigre si nos boys chéris n’avaient pas réparé les dégâts des petits diables que nous étions afin de nous protéger de la fureur maternelle.

Depuis, à chaque fois que Maman se mettait aux fourneaux pour cuisiner son fameux poulet aux arachides, nous ne manquions pas ma sœur et moi, d’un air malicieux, de lui rappeler de rajouter du sel, beaucoup de sel.


Rentrés définitivement en France depuis longtemps, nous mangeons encore aujourd’hui, lors des grandes réunions de famille, le poulet aux arachides que Maman assaisonne toujours à la perfection !

 Lorsque l’imposant plat arrive sur la table, c’est une immense bouffée de senteurs et de souvenirs qui nous monte au visage et au cœur.



 

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 15:30



 

Aujourd’hui, c’est l’effervescence au village ; aujourd’hui, c’est fête !

Babatoundé, le chef, va fêter son anniversaire.
Il a à peu près soixante dix années d’âge, ce qui fait de lui un grand ancêtre, et un ancêtre, ça se respecte et on se doit de lui rendre la vie douce jusqu’à sa mort.
On doit gâter ses ancêtres parce qu’ils ont longuement vécu.

Mamadou et Lassissi ont préparé une surprise pour la circonstance, mais ils n’ont rien voulu dire à personne, sinon, ce ne serait plus une surprise, qu’ils ont dit.
Ils ont rajouté qu’on n’en croirait pas nos yeux et nos oreilles et qu’on allait voir du jamais vu. Ils ont dit que même le grand fleuve Niger, il allait en avoir ses eaux toutes agitées, alors vous pensez bien qu’on a l’excitation qui ne nous fait plus tenir en place !

On court, on bondit partout, si bien que Mama Awa, elle nous a attrapés et elle nous a dit d’un air sévère que si l’on continuait comme ça à être aussi agités que les feuilles du grand fromager dans le vent violent de l’harmattan, et bien elle nous enfermerait dans la case et on n’aurait plus que nos yeux pour pleurer la belle surprise envolée.
Alors on a fait oui de la tête pour bien lui signifier qu’on avait compris et on est partis jouer un peu plus loin avec nos pneus qu’on a lancés sur la piste rouge de latérite.


Le pneu d’Amidou est bien plus rapide que le mien ; il dévale la pente sans jamais s’écarter de la piste.


« Tout est dans le lancer de pneu ; ça s’apprend, mon vieux ! » qu’il dit Amidou, d’un air de “je sais tout”  et le fait est que son pneu arrive non seulement toujours le premier en bas mais le plus loin. Il gagne toujours Amidou ; c’est le plus fortiche de nous deux, mais un jour je gagnerai, et ce jour-là, Amidou il deviendra plus blanc qu’un toubab tellement la colère va l’envahir !

Il faut vous dire que je m’entraîne en cachette pour la grande course annuelle qui a lieu à Ikot-Ekpene, et que j’améliore de jour en jour mon lancer : le pneu garde sa route, bien droit, sans prendre la poudre d’escampette dans le bush, enfin… ça dépend des jours…
C’est pas évident de s’entraîner en cachette : il faut que ce soit en dehors des heures d’école, il faut qu’Amidou se soit absenté et il faut que ce soit en dehors de la circulation des taxi-brousse, car sinon ce serait trop dangereux.
Un pneu lancé à toute vitesse, ça pourrait provoquer un accident si un piéton ou un vélo, ou même un taxi-brousse venaient à passer par là. Heureusement, la circulation est très rare sur cette piste-là, et même si ce jeu est interdit, Amidou et moi, on ne peut s’empêcher de jouer quand les adultes vaquent à leurs occupations et ne s’occupent pas de nous.


Cet après-midi-là, on n’a pas joué longtemps au jeu du pneu. Il se passait beaucoup trop de choses importantes au village et on ne voulait pas rater quelque chose. On ouvrait grandes nos oreilles, à l’affût de chaque information qui nous permettrait de découvrir quelle serait la surprise promise.

Comme le son des tam-tams qui enfle de village en village, la rumeur allait bon train. Les langues se déliaient. Chacun détenait sa vérité. Untel avait rencontré Untel qui, de source sûre, lui avait tout dit sur la surprise. Il suffisait, l’air de rien, de laisser traîner une oreille et puis de faire le tri des nouvelles que l’on glanerait.


C’est du côté des femmes que l’on décidait d’aller écouter ce qui se disait, car les femmes, elles parlent beaucoup et souvent pas pour rien dire...



 Aujourd'hui, j'ai choisi de vous faire partager l'une de mes histoires africaines!
Je l'ai découpée en plusieurs  "petites" tranches pour que la longueur de ma nouvelle ne décourage pas certains d'entre vous...Vous verrez, cette histoire se lit vite et j'espère qu'elle vous aura plu et ...que vous serez allés jusqu'au bout! :-)

En la publiant ici, bien sûr j'ai pensé à Lmvie, africaine dans l'âme...comme moi , et je lui adresse ce petit clin d'oeil!

Bon, vous voulez savoir ce qui va se passer dans ce petit village en liesse? Vous voulez participer à l'anniversaire de Babatoundé et à la surprise? Vous voulez suivre les bêtises des gamins du village?
Moi je ne suis pas sûre que la fête aura finalement lieu...mais qui sait, hein?!

Vous voulez vraiment savoir? Alors c'est par ici, là en dessous! Suivez les flèches et descendez toujours!

Bonne lecture :-)

 



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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 15:24




Alors on est allés se promener du côté de la case de la vieille Sokari. Celle-là, on raconte qu’elle a la langue du serpent qui siffle. Elle sait toujours tout sur tout et tout le monde.


A l’entrée de sa case, elles étaient une douzaine en train de se coiffer mutuellement, de se démêler les boules laineuses des cheveux, de se faire des petites tresses qu’elles plaquaient joliment sur leur crâne.

Elles parlaient toutes en même temps -patapata patapata – elles riaient aussi. Elles faisaient toujours beaucoup de bruit.


«  Tssss, le jour de la coiffure, c’est la basse-cour chez Sokari : les pintades caquètent » disait les hommes de la concession familiale en secouant la tête et en fuyant dare-dare ailleurs.
 

On s’est donc approchés sans bruit et on s’est cachés derrière le buisson où les mouches vrombissent comme des motos. On a écouté.


   
Du jamais vu, je vous dis ! Mamadou, il m’a dit que ça allait être comme à Paris, là ! Là-bas, à la capitale, c’est chose courante, mes chères !

    Et ça bouge comme en vrai ?

    Oui, oui ! Ce sont des images qui bougent ! ça raconte une histoire, il y a même du son. C’est comme je te vois, là ! C’est comme si tu marches là, et que tu te vois marcher sur la toile, c’est pareillement !

    Ha, tu parles d’un événement ! Et comment ça marche, ça ?

    Ils mettent l’histoire dans une boîte, ça s’appelle un projecteur qu’il m’a dit Mamadou, et après ça passe sur la toile blanche et on peut voir le film. On appelle ça le cinéma.

    Et ben dis don’, faut pas rater ça ! Babatoundé, notre chef, il va pas en revenir ! Faudrait pas qu’il en tombe à la renverse et qu’il casse sa pipe, le pov’ vieux !

Les rires ont fusé pendant un bon quart d’heure à cause de la bonne plaisanterie.

    Bon, il faut pas oublier d’apporter son banc ou sa chaise. ça se passe sous l’arbre à palabres.  Pour pas que notre chef soit au courant de la surprise et voit les préparatifs, ils vont l’envoyer pour une mission importante à Ikot-Ekpene. Il sera de retour juste pour le début du film.

    On va sortir les boubous de cérémonie, là ! Hééé, c’est qu’on est de sortie ce soir, faut se faire belles, mes chères, en l’honneur du chef et du cinéma !


Là, elles se sont mises à parler pagnes et chiffons. Ça devenait plus intéressant du tout, mais alors plus du tout, alors on s’est éloignés. On ne savait pas quoi dire tellement ce qu’on avait entendu nous a paru incroyable. Des images qui bougent…On avait bien vu des images, déjà, mais les images qu’on voit sur les livres… et ces images-là, elles ne bougent pas. On n’avait jamais entendu parler d’une chose pareille !


   
Comment ça s’appelle déjà, Amidou, les images qui vont bouger sur la toile blanche ?

    Le ci-né-ma ! a répondu Amidou d'un ton savant et en détachant bien les syllabes.



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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 15:04





On est repartis vers le centre du village, en traînant les pieds, perdus dans nos pensées et pas sûrs d’avoir tout bien compris.

Sur le chemin, on a croisé d’autres femmes, bébés au dos et calebasses sur la tête, qui n’en terminaient pas de se saluer.


   
Comment va ta famille, aujourd’hui, là ?

    Ma famille va bien ; je te remercie. Ta famille à toi se porte bien aussi, là ? Tes enfants ont la santé bonne, aujourd'hui?

Elles ont énuméré chacun des membres de leur famille, décrivant l’état de santé de chacun – ça n’en finissait pas- et puis, on a entendu :


   
Quand le couchant sera venu, il faudra se rendre sous le grand baobab. Il faudra que l’on s’assoie, en silence, et qu’on attende les images qui bougent sur la toile blanche. Mamadou fera des essais pour voir si ça marche bien, avant que le chef arrive.

    Oui, oui, faudra que tout soit prêt pour le cinéma en plein air ! On a égorgé la chèvre ce matin ; on va la mettre à griller pour la manger après la représentation. Babatoundé va être content !

    Allons, ma chère ! Il faut aller aider aux préparatifs !


Elles se quittèrent, faisant claquer nonchalamment leurs claquettes en caoutchouc qui faisaient clap-clap sous leurs pas.


On n’en a pas appris beaucoup plus, alors on a décidé d’aller parler avec Amoulaye, le maître de l’école. Amoulaye, il sait lire et écrire parfaitement ; il sait tout, même mieux qu’un ministre…normal puisque c’est lui qui nous apprend.
Tous les matins, on s’installe sur nos nattes, dehors devant sa case, sous l’arbre à pluie, et là, sur le grand tableau noir, il nous fait répéter les lettres de l’alphabet. Il nous a même fait répéter la chanson qu’on va chanter pour l’anniversaire du chef. Il sait répondre à toutes les questions avec toujours le sourire.
Le sourire, il ne l’a pas quand il voit que l’encre du stylo bic a bavé sur les cahiers. Là, il est très en colère et déchire les pages qui sont sales et il faut tout recommencer.


Quand on arrive, le maître est en train de palabrer avec Mamadou et Lassissi et d’autres hommes du village.
Ils sont sous le grand baobab et ils installent une grande toile blanche qu’ils essaient de tendre aux branches.

Mais ils ne sont pas d’accord. Le maître dit qu’il faut la fixer sur des grands piquets pour qu’elle soit bien tendue. Il a l’air énervé.

Quand on a voulu lui poser des questions, il nous a envoyés balader, en disant qu’il était trop occupé et il nous a chassés d’un air sévère :

— Faut pas traîner dans nos jambes ! Allez faire vos pages d’écriture : demain je vous interrogerai !


Alors on a filé sans demander notre reste, juste quand la toile est tombée parterre.

C’est qu’ils avaient l’air d’avoir bien du mal à la faire tenir en l’air.

On a traîné, traîné…tout le monde était trop occupé et on s’est fait chasser de partout.

Comme on n’en apprendrait pas plus sur la soirée, on a décidé d’attendre le soir et de faire comme tout le monde, d’arriver à la nuit tombée avec notre petit banc en bois.


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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:52





 

Le temps passait pas vite, même au lancer de pneu.
La chaleur était si accablante sur la piste que la poussière rouge nous collait à la peau. C’était oppressant et on avait la gorge sèche, les yeux rougis et le front brûlant.
Même les margouillats, avec leur corps noir et leur tête orange qui oscille, ne bougeaient plus et recherchaient l’ombre. Pourtant les gros lézards aiment la chaleur, mais là, c’était trop.


Alors on a abandonné nos pneus et on a décidé d’aller plonger dans la lagune, histoire d’aller se rafraîchir.
On a décidé qu’on reprendrait notre entraînement ce soir, juste entre les essais du film et l’arrivée de Babatoundé, le chef.
On aurait bien le temps avant le début de la projection, le temps que tout le monde s’installe… après tous les discours de bienvenue au chef et tout ça…


On a pris la pirogue de mon père. Elle dormait sur la berge. C’était la plus belle de toutes les pirogues du village. Elle ressemblait à une longue flèche de bois avec des dessins de toutes les couleurs qui décoraient ses flancs.


   
C’est mon outil de travail, il faut y faire attention ! Disait mon père qui était le meilleur pêcheur du coin. Il prenait son embarcation tous les matins, à l’aube, lui faisait descendre la lagune jusqu’à l’embouchure, et là il passait la barre, là où l’océan bât la côte de coups violents et incessants. Les vagues sont énormes, plus hautes que la crête du grand fromager de notre village. J’étais encore trop petit pour l’accompagner, alors il me racontait :


   
Au moment où le soleil noie ses rayons rouges dans la grande profondeur de la mer, nous guettons la lame redoutable. Dans un même hurlement, tous les piroguiers que nous sommes, nous couchons sur la pirogue pour la lancer d’un même élan, à la force des bras, afin de se tenir sur la crête de la vague. Nous accélérons la vitesse pour rester sur le dos de la vague et il ne nous reste plus qu’ensuite à se laisser porter et déposer doucement sur la grève…
 

Il avait des lumières qui s’allumaient dans ses yeux quand il racontait.

Quand je serai grand, je serai le plus grand pêcheur du coin, comme mon père !


En attendant, on s’est contentés de conduire la pirogue au milieu de la lagune, et là, on s’est bien amusés. On a plongé et re-plongé. D’autres enfants de notre âge nous ont rejoints, et là, on n’a pas vu passer le temps.


C’est quand le doré du couchant s’est mis à colorer les eaux de la lagune en orangé et que l’obscurité a commencé à envahir la cime des filaos et de tous les autres arbres alentour, qu’on s’est dit qu’il était grand temps de rentrer au village si on ne voulait pas manquer le début des festivités..

On s’est mis à courir, effrayant les poules et les cochons sur notre passage.


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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:46





Des odeurs de feu de bois, d’huile de palme et d’oignons frits nous ont conduits jusque sur la place.
Un énorme feu était allumé et léchait la chèvre qui rôtissait. Des lampe-tempête, posées un peu partout, éclairait tout l’espace autour du grand baobab en dessous duquel la foule se pressait.

La majorité des gens était déjà installée. Chacun avait apporté son banc, ou sa chaise, ou sa natte.
Ma mère me fit signe et me montra le petit banc de bois qu’elle m’avait apporté. Avec Amidou, on s’est assis et on a regardé vers la grande toile blanche qui était parfaitement tendue entre deux gros piquets.
 

    Ça s’appelle un écran de cinéma ! m’a renseigné ma mère, d’un air savant.


Derrière l’écran, -puisqu’il fallait appeler la grande toile comme ça- il semblait régner une grande effervescence. Un groupe d’homme s’activait..

Derrière nous, Mamadou et Lassissi s’affairaient pour les derniers réglages. Une espèce de grosse machine était posée sur un escabeau surélevé. Mamadou essayait d’ajuster à la machine de grosses bobines de rubans noirs.


Amoulaye, le maître d’école était assis juste derrière nous et nous expliqua, en pointant son doigt :

    Ceci est le projecteur. Les bobines avec le ruban noir, ce sont les bobines de film. Celles-ci vont être entraînées et se dérouler au fur et à mesure. Le projecteur renverra l’image sur l’écran et on pourra voir le film ! 

Nous regardions et écoutions, bouche bée.

Lassissi faisait les premiers essais.
L’écran était tout à coup éclairé d’une lumière forte, puis la minute d’après, tout s’éteignait. Ils s’y sont repris à plusieurs fois ; ça n’avait pas l’air d’être encore tout à fait au point. Quand ça s’éclairait sur l’écran, les gens poussaient des « HA ! » et quand ça s’éteignait, on entendait des « HOoooo ! »


On commençait à s’impatienter.


   
Ça va bientôt marcher, mais il faut encore un peu de temps ! De toute façon, il faut attendre que la nuit soit complètement tombée…mais quand le chef sera arrivé, tout sera au point !
 

Mamadou et Lassissi rassuraient la population.

L’écran s’est encore allumé d’une grande lumière, et puis s’est éteint une nouvelle fois…allumé, éteint…allumé et puis soudain on a vu des images en noir et blanc qui ont défilé à grande vitesse…tellement vite que l’on n’a rien eu le temps de voir…puis la fois d’après, les images sont apparues au ralenti.


Une chose était certaine, c’est qu’on avait bien vu des images qui bougeaient, mais on ne pouvait pas encore suivre d’histoire et le son était très mauvais.


Ça durait une éternité, ces essais. Avec Amidou, on s’impatientait de plus en plus. On commençait à ne plus pouvoir tenir tranquillement sur nos petits bancs de bois. On bondissait, on se retournait, on tombait du banc, on chahutait, bref, on ne tenait plus en place !


   
Allez jouer plus loin, les gosses ! Allez jouer, on vous appellera quand ça commencera ! Vous avez encore le temps ! nous dirent les adultes énervés.


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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:38



 

Alors avec Amidou, on s’est éloignés.
On a repris nos pneus pour aller s’entraîner sur la piste, puisque les adultes avaient dit qu’on avait encore le temps avant le début du film.
 

On a lancé nos pneus sur la pente douce. Ils prenaient de plus en plus de vitesse, tenaient bien la route avant de terminer leur course, soit dans les buissons, soit à plat sur le flanc. C’est le pneu qui arrivait le plus loin sans encombre qui faisait gagner son lanceur. Avec les nids de poules qui ornaient la piste, les pneus n’allaient jamais bien loin.
En bout de course, on faisait pied la route pour aller rechercher le pneu abandonné.


   
Un jour, nos pneus iront si loin, quand on aura vraiment la maîtrise du lancer de pneu, qu’il faudra marcher jusqu’à Ikot-Ekpene pour aller les récupérer ! Assura Amidou qui ne se décourageait jamais. Il faut dire que c’est toujours son pneu qui gagnait.


On a encore lancé nos pneus, de toutes nos forces, sur la piste de latérite, quand on a entendu une grande clameur venue du village.


   
Ça y est, le film doit fonctionner ! Vite, allons-y, nous allons manquer le début ! S’écria Amidou.

    Mais nos pneus…faut suivre leur course et aller les récupérer… !

    Pas le temps, faut se dépêcher ! On s'en occupera après le film !


J’ai eu un moment d’hésitation, pris entre l’envie de voir jusqu’où nos pneus étaient arrivés et l’envie de suivre Amidou qui était déjà parti en courant.

J’avais lancé mon pneu avec une telle force et une telle précision, que j’étais persuadé que cette fois-ci, il devait terminer sa course très loin devant celui d’Amidou.
Je jetai un coup d’œil qui me persuada de la justesse de mon jugement, car je ne voyais plus aucun des deux pneus dans mon champ de vision. Ils avaient dû terminer leur course très loin, là où ils n’avaient encore jamais été.


Tant pis, pas le temps d’aller vérifier…Amidou avait raison : on aurait bien le temps plus tard ! Et je me mis à courir comme un fou derrière lui, jusqu’à en perdre haleine.


Quand nous sommes arrivés, rouges et essoufflés, le film défilait sur l’écran. Des personnages s’agitaient et parlaient fort.
Ils ont dit quelque chose de drôle car toute l’assistance s’est mise à rire. On s’est assis et on a regardé, éberlués, les images bouger.

C’était à peine croyable : les images bougeaient ! De vrais personnages marchaient et parlaient, comme nous tous les jours ! Ça n’avait rien à voir avec les images d’un livre. C’était bien mieux ; on n’avait pas besoin de savoir lire pour suivre l’histoire. Il suffisait d’ouvrir grands nos yeux et nos oreilles. C’était comme de la magie !
Même le marabout du village n’en revenait pas et se grattait la barbe.
 

Au bout de quelques minutes à peine, tout s’est arrêté.

Tout le monde a fait : « Hooooooo ! »


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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:18



*

Mamadou a dit :

«  Bon, ça marche ! On va arrêter là  la projection car nous devons attendre notre chef bien-aimé. Dès qu’il sera arrivé, je remettrai le film au début et on pourra regarder tranquillement jusqu’à la fin ! Un peu de patience, il ne devrait plus tarder ! »

Les spectateurs hochèrent la tête en signe d’assentiment et un brouhaha de conversations emplit l’espace sous l’arbre à palabre. Chacun tentait de calmer l’impatience qui l’envahissait petit à petit.


Une demi-heure, puis une heure passèrent, la chaise du chef, installée comme un trône au milieu des autres, restait vide.

La nuit était maintenant tout à fait tombée.

Tout le monde commençait à se demander pourquoi le chef tardait tant à arriver.


Au bout d’une heure et demie d’inquiétude, un groupe d’hommes se décida à aller voir ce qui se passait.
Mon père, accompagné de quelques autres, se mit en route pour aller à la rencontre du vieil homme. Ils prirent les lampe-tempête.


Pendant ce temps-là, la mine inquiète, les gens du village échafaudaient les pires scénarii.

Mais qu’avait-t-il bien pu se passer pour que notre chef n’arrive pas ? Serait-il arrivé quelque chose de grave à notre grand chef, d’habitude si ponctuel ?
Qu’est ce qui avait bien pu l’empêcher d’être à l’heure, lui qui attendait de connaître avec tant d’impatience la surprise qu’on lui réservait ?
 

Au fil du temps qui passait, l’angoisse grandissait et même le silence se taisait. Même les criquets avaient fini de chanter dans le bush tout proche.
 

Soudain, des cris et des gémissements précédèrent quelques femmes qui arrivèrent en courant. Elles se tordaient les mains de désespoir.


   
Il est arrivé un drame, une catastrophe ! Notre chef bien-aimé a eu un accident grave ! Il a pris de plein fouet un pneu fou qui déboulait à grande vitesse sur la piste qu’il empruntait. Il doit avoir les deux jambes cassées et peut-être même la tête ! Quel malheur !


Dans l’obscure profondeur du soir, on vit notre chef arriver, gémissant, sur un brancard improvisé, fait de grossiers branchages.


Dans la nuit totale sans lune, le projecteur s’est éteint et l’écran faisait comme une tâche blanche sous le grand baobab…




* ça c'est Babatoundé, le chef du village, juste avant son accident...Voyez ces petites jambes fluettes...maintenant elles sont cassées en mille morceaux, quel grand malheur!...





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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 13:02


                                           Madame N'Birma


 

 

La boutique, au toit de feuilles de palmes tressées, sur quatre pilotis, avait fière allure à côté de toutes les autres bicoques, et les jours de marché, quand l’effervescence bruissait alentour, on ne voyait que son enseigne bariolée qui attirait tous les regards.

Enseigne qui se résumait à une planche de bois savamment fixée avec un fil de fer aux deux montants que formaient les pilotis de la baraque.

Ce n’était pas n’importe quelle enseigne qui offrait aux badauds ses lettres multicolores : c’était l’enseigne de Madame N’Birma, prospère commerçante du marché de Niamey !

Madame N’Birma était quelqu’un de respecté et de respectable, car c’était un modèle dans l’art du négoce. Sa stature imposante en faisait une matrone au verbe si haut que même les mouches arrêtaient leur Zzz zzz quand elle ouvrait la bouche.

Rien que le nom de sa boutique en disait long sur l’ingéniosité et le savoir-faire de la matrone. Les lettres criardes de l’enseigne annonçaient en grand : « Le rayon des bonheurs ». Alors rien que ça, ça attirait le client irrésistiblement. Et puis en dessous, il était marqué en plus petit : « Ici, tu trouves tout, même le paradis pour pas cher ! »

Comment voulez-vous que les clients n’entrent pas dans la boutique de Madame N’Birma avec une telle accroche ?!

Victor Saoulé, le marchand d’en face, faisait grise mine devant une telle affluence, surtout quand les passants accéléraient le pas devant chez lui sans même tourner le regard, et s’engouffraient, comme attirés par des aimants, chez Madame N’Birma.

Pourtant son enseigne à lui était encore plus voyante, plus grande que celle d’en face et elle était prometteuse : « Supermarché plus gros que celui de Paris » et en tout petit, en dessous : « Chez Victor, le roi du négoce ».

Eh bien, allez donc comprendre pourquoi les clients se bousculaient dans les rayons de Madame N’Birma et non pas dans les siens à lui ??

C’est Amina, sa petite vendeuse qui n’a pas l’air si bête que ça, qui avait trouvé un jour l’explication.

« C’est normal, Madame N’Birma elle ne vend que des bonheurs ; dans tous ses rayons, il y a des bonheurs à acheter et pas chers : c’est écrit là ! » fit-elle remarquer à Victor Saoulé, en pointant du doigt l’enseigne de l’autre côté de la rue.

Victor s’était gratté le menton en secouant la tête : il ne pouvait rien contre ça ; quand on vend du bonheur, c’est sûr que ça rapporte gros, puisque tout le monde est à la recherche du bonheur, alors quand, en plus, on le met à portée de tout le monde… 

Dans les rayons de Madame N’Birma, on trouvait toutes sortes de gris-gris sensés apporter la chance, la prospérité, la santé, la fécondité, le retour de l’être aimé et que sais-je encore…On trouvait aussi des onguents qui guérissent tout, des philtres d’amour, des pierres magiques, des cauris dans lesquels on ne pouvait lire l’avenir qu’en rose.

Tous ces produits étaient savamment mis en valeur par des néons de toutes les couleurs et par des pancartes fluo qui annonçaient les nouveautés et les promos, ce qui avait le mérite d’attirer une foule de clients, qui formait des queues interminables aux caisses, à toute heure du jour.

Victor avait bien essayé de piquer la clientèle de Madame N’Birma, en accrochant sur sa devanture une pancarte qui disait : «  Tous les bonheurs que vous ne trouverez pas en face, vous les trouverez ICI », mais cela n’avait pourtant rien changé…

D’abord parce que Madame N’Birma était la preuve vivante que le bonheur existait quand on l’avait à portée de la main tous les jours. Elle utilisait les produits de ses rayons, c’était évident : il n’y avait qu’à la regarder ! Elle respirait la santé. Elle avait tout : la richesse, la célébrité, l’amour d’un homme riche et bien fait, une bonne famille, une belle maison avec la climatisation dans les chambres…tout !

Alors tout ça bien sûr, ça mettait le client en confiance, il achetait les yeux fermés et le bouche à oreilles faisait le reste.

Madame N’Birma, c’était une assurance sur le bonheur.

Et plus Victor Saoulé se désespérait, plus Madame N’Birma rayonnait. Jamais le “Rayon des bonheurs” n’avait été aussi prospère !



Pour lire la suite des aventures de Madame N'BIrma et Victor Saoulé, rendez-vous sur le marché de Niamey, là, en foulant le sol de latérite, juste en-dessous! >>>>>>>>



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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 12:56



Mais un beau jour, la chance, elle finit toujours par s’envoler, laissant la place chaude à la catastrophe…c’est comme ça ! On dit que la chance tourne et tombe sur quelqu’un d’autre, et vice versa, la malchance s’abat à la place. Tout ça, Victor Saoulé le savait, mais il savait aussi que même si la chance abandonnait Madame N’Birma, rien ne disait qu’elle tomberait précisément sur le toit de sa bicoque à lui…

Dans le doute, il continuait à fréquenter Mamadou, le marabout du village, et à participer aux rites vaudous et un jour, qui sait, le mauvais sort rendrait visite à Madame N’Birma, alors il patientait en attendant son tour.

Mauvais sort ou pas, toujours est-il qu’un jour la patronne du “Rayon des bonheurs” perdit le sourire, et ce sont les larmes qui assombrirent ses yeux, des larmes qui n’arrêtaient pas de couler et qui n’échappèrent pas à Victor Saoulé.

Quelques jours plus tard, on enterrait la fille de Madame N’Birma, écrasée par un camion sur la piste qui reliait Niamey à Tahoua. Monsieur N’Birma, l’époux bien-aimé, fou de chagrin, se jeta sous un train quelques semaines plus tard, juste avant que ne s’écroulât, sous l’assaut d’une mauvaise tempête tropicale, le toit de la maison familiale. Epuisée par tant de malheurs survenus à la chaîne, Madame N’Birma tomba malade.

Comme les roulements du tam-tam, la rumeur enfla de village en village pour atteindre les fins fonds de la brousse. La terrible rumeur disait que s’il arrivait tant de malheurs soudains à Madame N’Birma, c’est que ses produits avaient perdu de leurs pouvoirs bénéfiques. Les produits stockés dans les rayons étaient non seulement périmés mais sûrement dangereux ! Ils donnaient désormais du malheur, il n’y avait qu’à regarder Madame N’Birma… donc il fallait surtout bien se garder de les acheter.

Les clients désertèrent la boutique du jour au lendemain, prenant même soin de faire un détour pour éviter que la malchance ne leur saute dessus par inadvertance, comme les puces sur un macaque.

Ce qui arrangea les affaires de Victor Saoulé qui sans se réjouir ouvertement des déboires de sa voisine, espérait néanmoins secrètement en récolter les fruits.

Les clients prirent l’habitude d’emprunter le trottoir d’en face, et par là même, passèrent devant le “ Supermarché plus gros que celui de Paris”.

Pour les attirer, le roi du négoce avait rajouté une pancarte qui indiquait désormais : « Les bonheurs d’en face sont arrivés ICI pour y rester toujours »

« Pour y rester toujours »… voilà qui était rassurant, et la foule investit la boutique !

Victor Saoulé, un large sourire aux lèvres,  respirait le bonheur …

 

 

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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
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  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

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