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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 11:52

 

 

 

 

    Au lieu-dit Noir-Etang

 

 

 

Une histoire superbe qui se déroule en 1926 et où se mêlent l’amour, la liberté et l’enfance. Dans les brumes de Chattam, petite ville côtière de Nouvelle Angleterre, l’arrivée d’une jeune professeur d’arts plastiques va troubler la vie tranquille des habitants et mettre à mal leur ultra moralisme.

Mlle Channing fascine Henry, le jeune fils du directeur de l'école de garçons.

Henry assiste à la naissance d'une passion entre la jeune femme et M. Reed, un professeur de lettres marié et père de famille, qui habite de l'autre côté de l'étang...

Une relation adultère qui va virer au tragique…

Une cinquantaine d’années plus tard, Henry se souvient et raconte.

Dès le début, on sent que l’on va assister à un drame. Mais où est donc la vérité ?

 

Amour dévasté, falaises battues par les vents et les vagues, brumes et eaux vertes de l’étang…tout nous amène doucement vers la tragédie.

Le mal, la morale, la folie,  le portrait d’une époque étouffante…l’ambiance oppressante fait penser à la littérature du XIXème siècle.

Ecriture élégante ; de jolies descriptions.

Roman policier, roman psychologique, l'auteur signe là un suspense envoûtant.

 

Lu dans le cadre du :grand prix des lectrices de ELLE

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 16:16

 

 

 

bébé singe

 

 

Ce qui est agaçant chez beaucoup de mes copines quinquas, c’est cette fâcheuse tendance à se plaindre de ces petites douleurs qui les font mourir toutes les cinq minutes.

 

Pire : pour peu qu’elles deviennent grands-mères, elles ne parlent plus que de leurs petits-enfants avec un parfait air abruti.

 

Brandissant la dernière photo de l’Iphone : « Non mais t’as vu comme il est mignon ! Si tu savais comme il est éveillé pour 6 mois…tu sais qu’il m’a dit areuh hier !!? »

Si elle savait…que vous avez le même à la maison en dix fois plus beau et plus éveillé.

 Comme si au milieu du pince-fesses, le minois du petit, au demeurant sûrement mignon, devait monopoliser tous les sujets de conversation…alors qu’un sujet d’actualité vous brûle la langue…Tsss

 

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 14:01

 

 

 

Belle famille

 

 

La disparition de la petite Maddie en 2007 et le soupçon qui pesait sur ses parents avait ému le monde entier et avait fait la une de tous les journaux et télés.

Arthur Dreyfus s’est emparé de ce fait divers pour le mettre « à sa sauce » à lui et imaginer ce qui avait bien pu se passer…

 

Sa version est tout aussi vraisemblable qu’ahurissante…

 

Maddie devient donc Madec, un garçon de 7 ans, un peu casse-cou, dont la famille se veut être « belle » mais qui ne l’est qu’en apparences.

La mère, femme forte et convaincue qu’un drame ne peut survenir au sein de sa famille modèle, traverse cet épisode sans verser une larme. Courageux soldat, elle s’embarque dans la spirale du mensonge et finit par se prendre à son propre jeu, tant elle zappe la réalité pour faire bonne figure. Elle en arrive à se convaincre elle-même que l’on va retrouver son fils un jour… Le retour à la réalité sera sans aucun doute très dur à vivre…

 

Les personnages sont campés avec brio par l’auteur.

Chacun d’eux est méticuleusement étudié. Les traits de caractère comme le physique…tout est scrupuleusement travaillé dans les moindres détails ce qui rend les personnages très vivants !

Le style est haletant. Quelques traits d’humour noir rompent la tension.

Chaque mot est à sa place. Tout est calculé pour qu’on ne puisse lâcher ce roman jusqu’à la fin.

 

 Comme vous pouvez vous en douter en lisant ma critique...j'ai attribué une très bonne note à cet ouvrage que j'ai beaucoup aimé car je trouve l'exercice très réussi ! Pas évident de s'emparer d'un fait divers qui a défrayé la chronique et d'y mettre ses propres mots en transformant la réalité...que l'on ne connaîtra sans doute jamais. J'avais quelques à priori en ouvrant ce livre et pas vraiment envie de le lire...du "déjà vu" pensais-je...mais Dreyfus m'a conquise !

 

Lu dans le cadre du Prix Littéraire du magazine ELLE

 

grand prix des lectrices de ELLE

 Bonne lecture à votre tour !

 

 

 

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 17:55

 

 

grand prix des lectrices de ELLE

 

 

Mission sérieuse…mais si enrichissante ! Vous ne choisissez pas vous-même vos lectures puisqu’elles vous sont imposées par une sélection faite au départ et c’est très bien comme ça pour faire des découvertes…ainsi, vous empruntez des chemins inconnus que vous n’auriez sûrement pas choisis pour certains, afin d’être, au final, ravis du voyage !

 

Fin Mai, je recevais la première sélection.

Un colis de 7 livres envoyé par le magazine ELLE :

 

Dans la catégorie « Romans » :

 

-         “Belle famille” d’Arthur Dreyfus (Editions Gallimard)

-         “Les règles du jeu » de Amor Towles (Editions Albin Michel)

-         « Les séparées » de Kethévane Davrichewy (Sabine Wespieser éditeur)

 

Dans la catégorie « Policiers » :

 

-         « Au lieu-dit Noir Etang » de Thomas H.Cook (Editions du Seuil)

-         « Arab jazz » de Karim Miské (Editions Viviane Hamy)

 

Dans la catégorie « Documents » :

 

-         « L’élimination » de Rithy Pahn (Editions Grasset)

-         « Ava, la femme qui aimait les hommes » d’Elisabeth Gouslan (Editions Robert Laffont)

 

J’ai lu, j’ai pris des notes, relu avec attention certains passages, établi des fiches de lecture.

 

Le 19 Juillet dernier, -date butoir donnée par le magazine ELLE-, j’ai retourné, pour chaque ouvrage, mes critiques accompagnées de mes notes.

 

Très difficile de donner des notes (sur 20)…comme à l’école…tout comme de « critiquer » en « sanctionnant » ou « félicitant » le travail de tel ou tel auteur…mais cela fait partie du jeu !

Je vais vous livrer, au fil de mes articles sur ce blog, mes critiques pour chaque livre…gardant secrètes, pour le moment et par discrétion, les notes que j’ai attribuées à chaque auteur.

Je vous avais promis de partager tout de cette expérience…alors je le fais, en espérant vous donner envie de lire certains de ces livres !

 

Ce matin, le facteur m’a apporté un nouveau colis envoyé par le magazine ELLE.

La sélection pour le mois de Septembre !

 Les 3 ouvrages arrivés en tête et choisis par les « collègues » d’un des 7 autres jurys participants à ce même prix littéraire.

 

Dans la catégorie « Romans » :

 

-         « Une seconde vie » de Dermot Bolger (Editions Losfeld)

 

Dans la catégorie « Policiers » :

 

-         « Des ombres dans la rue » de Susan Hill (Editions Laffont)

 

Dans la catégorie « Documents » :

 

-         « Fukushima, récit d’un désastre » de Mickaël Ferrier (Editions Gallimard)

 

Je vais donc m’atteler à la tache Ô combien alléchante de dévorer ces livres !

Ce sera ensuite à mon tour de donner mon avis sur ces 3 ouvrages.

 

Je fonce tête baissée dans…l’inconnu ! Les mots m’appellent !

Do not disturb, please ! J

 

 

 

 

 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 14:22

 

 

 

valise (2)

 

 

Que du bon, du « casse-pas-la-tête », du  « J’peux-pas-l’lâcher-foutez-moi-la-paix ».

 

Dussé-je m’asseoir sur la pile tout le long du trajet, jamais je ne partirai sans mes livres !

 Donc à vous qui ne concevez pas de passer un seul jour sans ouvrir un livre, je vous propose cette petite liste de bons bouquins. De la littérature sans prétention et à la portée de tous.

(Pour les autres qui n’emportent jamais de livres dans leurs bagages parce qu’ils peuvent très bien s’en passer et qu’ils se contentent du temps passé entre les apéros, la bouffe, Gala et Voici -les apéros, la bouffe, Gala et Voici -, un plongeon et Gala, l’apéro…ceux-là se laisseront peut-être tenter, histoire de s’aérer les méninges avec de la littérature pas trop difficile, - si, si vous verrez -, et toutefois plaisante, très plaisante même !)

Les livres qui suivent sont proposés dans le désordre ; ils font partie de la pile instable qui se dresse devant moi, et qui monte déjà à l’assaut de la bibliothèque.

 

 

Piochez dans la pile, feuilletez et emportez ! Enfin…seulement si ça vous dit !

 

 -         L’enfant aux cailloux de Sophie Loubière (Livre de poche)

Excellent thriller psychologique ! Cap-ti-vant ! On suivra Elsa, la vieille dame à la personnalité complexe, jusqu’au bout, jusqu’au dénouement imprévisible ! Le petit garçon d’en face, est-il réel ou fictif ? Vraiment un coup de cœur pour ce polar très, très bien ficelé ! S'il y en a un à ne pas louper, c'est bien ce roman-là !

 

-         La liste de mes envies de Grégoire Delacourt (Lattès)

Vous gagnez à l’Euromillion et en possession de cette grosse somme inattendue, vous établissez la liste de… vos envies (comme vous l’avez si souvent faite dans vos rêves délirants). Cette richesse soudaine est-elle une bénédiction ? Pas si sûr…Demandez à Jocelyne, la petite mercière d’Arras, ce qu’elle en pense !! Il y a dans la vie des épreuves dont on se passerait bien finalement !

 

-         Le chapeau de Mitterrand de Antoine Laurain (Flammarion)

Zut, François Mitterrand a oublié hier soir son chapeau dans la brasserie parisienne où il dînait avec Rolland Dumas. Son célèbre feutre noir avec les initiales F.M gravées en lettres dorées sur la doublure intérieure. Un voisin de table, comptable de son état, s’en empare et le chapeau lui porte chance ! A son tour, il égare le couvre-chef qui sera récupéré par trois autres personnes à qui il portera chance aussi dans des vies totalement différentes. Drôle, original, léger !

 

-         Un bon coup de jeune de Alix Girod de l’Ain (A.Carrère)

Cocasse !! Un roman de « bonnes femmes », un roman à offrir aux copines qui traquent la ride et le bourrelet sans merci ! Roman sur le temps qui passe et auquel il faut s’attaquer pour ne pas vieillir…cette peur génératrice d’angoisses et d’insomnies. Coachings, régime adaptés, sport, botox…(et j’en passe ! )…les sujets de conversation préférés des femmes obnubilées par «  l’âge ». A lire si vous faites une « vieillesse nerveuse » !!

« J’ai dépensé 700 € en injections de botox et personne n’a rien vu !! » Rires !

 

-         Belle Famille de Arthur Dreyfus (Gallimard)

 Fait partie de la 1ère sélection des 7 livres envoyés par la magazine ELLE pour son prix littéraire et je ne vous cache pas que je l’ai mis dans mes coups de cœur ! En 2 mots : L’auteur adapte un fait divers bien connu « à sa sauce à lui ». La disparition d’un enfant jamais retrouvé. Ici, Madec se tue accidentellement. Sa mère fait disparaître le corps et entre dans une spirale de mensonges alors que l’enquête commence pour retrouver l’enfant officiellement enlevé ou disparu. Drôle de réaction de la part d’une mère… ! Version tout aussi vraisemblable qu’ahurissante. Très bien écrit. Haletant !

 

Voilà, il ne vous reste plus qu’à faire tenir ces livres dans la valise et ensuite à …vous régaler ! Vous allez aimer !

Surtout, n’hésitez pas à me faire part de vos critiques à vous…car les goûts et les couleurs…vous savez…

 

BONNES VACANCES ! GOOD HOLLYDAYS ! BUEANAS VACACIONES ! GUTE FERIEN ! BUONE VACANZE !

 Bref : profitez pleinement de ces moments de loisirs tant attendus et à bientôt, très bientôt !

 

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 16:19

grand prix des lectrices de ELLE

 

Ça y est, mission accomplie !

Je fais partie du jury de Septembre et j’ai donc reçu, fin Mai, un colis de 7 livres (3 romans, 2 policiers, 2 documents) que j’ai lus et commentés afin de constituer mon top 3. Il s’agit de la première sélection du magazine ELLE.

Il fallait que je rende critiques et notes pour le 19 Juillet.

Ça y est, j’ai rendu mes devoirs ! Je peux partir en vacances l’esprit tranquille et…dévorer d’autres livres…de mon choix cette fois-ci !

Je suis l'une des 120 lectrices qui auront le privilège de recevoir 28 livres tout au long de l'année et la tâche de choisir les 3 meilleurs d’entre eux chaque mois.

Mes coups de cœur à moi.

De Septembre à Avril 2013, je recevrai chaque mois 3 livres qui ont été élus livres du mois par les 7 autres jurys. Je ferai à mon tour la critique de chacun de ces livres et leur attribuerai une note.

Réunions-débats avec les membres des 7 autres jurys, Salon du Livre pour rencontrer nos auteurs, remise du PRIX des LECTRICES DE ELLE au mois de Mai…autant d’expériences que j’ai très hâte de vivre !!

Quelle chance !

J’ai déjà hâte de recevoir fin Août un nouveau colis de livres !

A la rentrée, je tâcherai de trouver le temps de publier ici mes « critiques littéraires » de la fameuse sélection afin de partager avec vous mes coups de cœur. S'en suivront d'autres critiques tout au long de l'année, au fil de mes lectures pour le magazine ELLE.

 Bonnes vacances et...bonnes lectures !! Profitez dans tous les cas :-)

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 23:16

 

 

Joli roman que celui de Carole Martinez avec « Du domaine des Murmures » publié chez Gallimard, même si l’on se sent oppressé tout au long du livre.

 

 A la frontière du conte poétique, l’auteur nous entraîne au XIIème siècle à la suite d’Esclarmonde. Avec elle, on se laisse « emmurés » vivants dans une cellule minuscule attenante à la chapelle du château.

Vie de recluse entièrement vouée à Dieu, la jeune femme aspire à une extrême solitude pour fuir l’autorité d’un père puis celle d’un mari imposé.

Une petite fenêtre pourvue de barreaux, ménagée dans la muraille de son tombeau, est le seul lien qui la relie encore un peu au monde extérieur.

C’est fou se que l’on peut apercevoir depuis un tombeau ; c’est fou ce qui peut se passer à l’intérieur…

Seule au fond d’un tombeau sordide ? Non, pas aussi seule qu’elle l’eût cru…

Un noir secret se cache au plus profond des sépulcres…

 De son réduit, jamais elle n’aura autant fait entendre sa volonté : son souffle l’emportera jusqu’en Terre Sainte.

 

 «  Je suis l’ombre qui cause…je suis la vierge des Murmures. A toi qui peux entendre, dire mon siècle, dire mes rêves, dire l’espoir des emmurées. »

 

 La condition de la femme au Moyen-âge, brutale et humiliante, est décrite avec finesse par Martinez. Une société rigide et cruelle qui emmurait les femmes dans leur propre corps, les conduisant parfois, pour se défendre, à un enfermement absolu et définitif.

 Une lecture qui ne laisse pas indifférent…et qui a su séduire les lycéens qui ont décerné leur Goncourt 2011 à ce roman bouleversant.

 

Je vous conseille ardemment ce beau roman ! :-)

 

 

Du-domaine-des-murmures

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 15:39

 

 

 

 

corde à linge jolie

 

 

REFRAIN 

 

La corde à linge qui claque au vent

C’est chaque matin un pur moment

Ses strings, ses bas, ses balconnets

Se balancent juste sous mon nez.

 

Lingerie fine, dentelles fragiles

Satin doux qui glisse sur le fil

Soulevés par un vent malin

Attise mon œil et j’y peux rien.

 

De ma fenêtre, hypnotisé

Je regarde la lingerie danser

J’imagine sa propriétaire

Une jolie femme juste derrière.

 

REFRAIN

 

Elle met ses strings sur le fil

A l’aube quand je dors encore

Je n’ai jamais pu voir la fille

Elle rentre son linge quand j’suis dehors.

 

La lumière joue dans les dentelles

Mes yeux ne se lassent jamais d’elles

J’aimerais pourtant connaître la fée

A la pince à linge si futée.

 

REFRAIN

 

De mon balcon à son balcon

Un grand océan nous sépare

Ses slips comme des voiles de coton

Voguent sur mes rêves emplis d’espoirs

 

Dentelles rouges, dentelles noires

J’en vois de toutes les couleurs

Soleils couchants, tempêtes noires

Je navigue avec elle sans peur.

 

REFRAIN

 

Je ne connaîtrai pas la fée

De la corde à linge qui dansait

La lingerie a disparu

Un jour elle n’est plus apparue.

 

Petits bateaux au vent violent

Furent emportés vers l’horizon

En des terres lointaines inconnues

D’où ma fée n’est jamais revenue.

 

REFRAIN

 

Depuis ce temps sur le balcon

La corde à linge grince sous le vent

Sifflez les vents, criez haubans

Le spectacle n’est plus comme avant.

 

Vilaines gaines couleurs de chair

Chaussettes de laine, tricots de corps

Ne donnent pas envie de prendre l’air

Je préfère plus quitter le port.

 

REFRAIN :

 

La corde à linge qui claque au vent

C’est chaque matin le pire moment

Ses gaines, ses socques, ses tricots de corps

Ne me f’ront plus quitter le port.

 

 

 

Des paroles oubliées au fond d'un tiroir...et que je ressors, histoire de leur faire prendre l'air !

 

Une photo "piquée" chez Freepik, merci à eux !

 

 

 

 

 

 

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 00:03

 

 

 

Château-Perrier à Epernay

 

 

 

 

 

 

Balard entra comme un cyclone dans le bureau.

 

   Y a une fuite d’eau dans les sous-sols du Château Perrier ! Le musée prend l’eau ! C’est une catastrophe ! hurla-t-il.

 

   Toujours les grands mots, Balard ! fit Joffrin en levant les yeux au ciel

 

   Mais je vous assure…j’en viens ! Et même que les équipes de la société des eaux étaient déjà sur place pour limiter les dégâts, et les pompiers aussi ! Et quand je dis fuite d’eau, je n’exagère en rien ; ce sont de véritables geysers qui vomissent des litres et des litres d’eau !

 

   Ah ben voilà autre chose : l’Arlésienne prend l’eau ! Le vaisseau fantôme est en train de couler ! pouffa Amélie en levant la tête de son ordinateur.

 

Joffrin foudroya sa secrétaire d’un air mauvais, et tout en évaluant l’urgence de la situation, il ordonna :

 

   Prévenez le maire, Balard ! Vite ! Je me rends sur place tout de suite !

 

Le premier adjoint saisit sa veste et sortit précipitamment en claquant la porte à toute volée. Balard, la mine déconfite, lui emboîta le pas, se demandant comment présenter la chose au maire.

Céline se retourna, ironique, vers sa collègue de bureau.

 

   T’exagères, Amélie, avec tes réflexions ! Ça lui a pas plus à Joffrin ! Tu sais bien que le musée, c’est un sujet tabou ! Ils aiment pas être titillés là-dessus…

 

   Musée, musée…on n’en n’a pas de musée à Epernay ! T’as déjà vu une ville sans musée, toi ? Paraît qu’on a des richesses inestimables et on les garde cachées dans des caisses ! A chaque élection se repose la question du musée et ça fait au moins trente ans que ça dure… On en parle, on en parle mais on ne voit rien venir !

 

   C’est vrai qu’ils n’ont rien à se mettre sous la dent, les touristes, quand ils débarquent dans la capitale du champagne, mise à part les caves…

 

   Tu vas pas me dire qu’ils peuvent pas trouver un endroit où l’installer ce musée, en attendant de retaper le château ! Quand tu penses que toi et moi, comme de nombreux sparnaciens d’ailleurs, nous n’avons jamais eu l’occasion de découvrir les pièces qui relatent le passé de notre ville…le musée abriterait une rare collection d’archéologie..des objets qui dateraient du Paléolithique ! Tu te rends compte…et on nous prive de toutes ces richesses… incroyable, non ?

 

 

   Hum…bizarre, oui…la ville n’a paraît-il pas les moyens d’installer un musée, mais tu as raison, au lieu de bâtir des salles des fêtes grandioses, elle pourrait s’atteler à régler ce sacré problème et offrir un musée digne de ce nom à ses habitants…Tiens, tu me prêtes ta lime à ongles ? Ils sont pas prêts de revenir, j’ai le temps de me faire un petit raccord…Ce soir, ma mère garde les gosses ; on se fait un p’tit resto avec Arthur, histoire de fêter nos dix ans de mariage !

 

Je vous raconte là, ce que j’ai entendu alors que je passais dans ce bureau pour récupérer des photocopies pour le service communication.

J’étais une jeune stagiaire à l’époque. On avait l’habitude de me voir entrer et sortir ; j’étais discrète, me faisais toujours toute petite, convaincue que je dérangeais, excusant mes intrusions d’un sourire timide. Je ne cherchais pas à entrer dans les conversations intimes du bureau de Mr. Joffrin. Ma timidité maladive sans doute…

Aux coups d’œil appuyés des deux filles qui cherchaient mon approbation sur ce qui venait d’être dit, je me contentai d’acquiescer d’un hochement de tête. J’étais surtout bouleversée par ce qui était en train de se passer au Château Perrier. Je regroupai les feuilles de photocopies dans un dossier, après les avoir agrafées, et sortis, laissant ces dames occupées par leur séance de manucure.

 

 

 

(Vous voulez lire la suite ? Alors lisez, là, juste en dessous, l'article précédent )

 

 

La photo du "musée d'Epernay" a été empruntée et j'en remercie l'auteur.

 

 

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 23:52

 

 

 

...

La suite en fait, je la tiens d’un bon ami qui était sur les lieux, au moment où le maire est arrivé et qui ne l’a pas quitté tout au long de la “crise”. Cette personne fait partie de l’entourage rapproché de Monsieur le maire, aussi vous comprendrez pourquoi je ne divulgue pas son nom, ni sa fonction…c’est que je ne veux pas le mettre dans une situation délicate, vu la gravité des faits et le scandale qui aurait pu découler d’une simple fuite d’eau. Tout ce qui suit n’est que vérité : les faits se sont déroulés tels que je vous les confie.

 

Quand le maire est arrivé sur les lieux du sinistre, les journalistes de l’Union, déjà sur place, piétinant dans la cour du Château depuis un bon quart d’heure déjà, se ruèrent sur lui avec précipitation. Ils grimpèrent avec l’élu les marches du perron.

 

   Monsieur le maire, une déclaration ! Que comptez-vous faire pour mettre à l’abri les précieux trésors de notre musée ? Pensez-vous qu’il y ait des dommages considérables, vu l’importance du sinistre ?

 

Le maire pressa le pas, bien décidé à échapper aux questions incisives de ces journalistes toujours avides de se mettre quelque chose sous la dent et qui auraient tôt fait de transformer ses propos. Brefs et précis, tels devaient être les mots à employer pour rassurer avant tout. A tout prix, éviter les gros titres alarmistes de la une du lendemain. Avec ses journaleux, il fallait s’attendre à tout !

 

   Ecoutez, je ne ferai aucune déclaration pour le moment, n’ayant pas encore découvert l’ampleur des dégâts, si dégâts il y a ! Tout ce que je peux vous assurer pour le moment, c’est qu’il n’y a aucune crainte à avoir concernant les objets précieux qui sont conservés à l’abri dans des caisses étanches ! Pour le reste, nous déciderons des travaux de réfection en fonction des dégâts causés, si vous voulez bien me laisser aller constater ! Veuillez m’excuser, Messieurs, mais il y a urgence !

 

Il se fraya un passage, faisant signe qu’il n’en dirait pas plus et emprunta l’escalier en colimaçon qui descendait dans les sous-sols du Château Perrier.

En débouchant dans l’espèce de cave qui abritait les trésors de la ville, il chancela en découvrant la catastrophe, mais n’en laissa rien paraître.

Balard n’avait rien exagéré dans ses propos !

Les pompiers avaient réussi à arrêter les flots qui jaillissaient de plusieurs conduites d’eau éclatées, mais malheureusement n’avaient pu éviter à temps l’ampleur de l’inondation. L’eau montait jusqu’à presque un mètre de hauteur le long des murs.

Des caisses en bois étaient noyées sous la masse d’eau, d’autres encore, dans l’urgence, étaient en train d’être empilées les unes sur les autres, d’autres flottaient littéralement comme des coques de noix trop légères.

Le maire releva ses jambes de pantalon au-dessus du genou et avança dans l’eau aussi vite qu’il put. Le capitaine des pompiers lui serra la main.

 

   Ah, Monsieur le maire ! Je disais justement à vos adjoints que ce château a décidément besoin d’être rénové : plus aucune installation n’est aux normes ! Aujourd’hui c’est l’inondation due à des conduites d’eau hors d’usage, demain cela risque fort d’être l’incendie provoqué par un court-circuit inéluctable, vu l’installation vétuste de l’électricité ! Heureusement que cet établissement a été fermé au public ! Il va s’écrouler votre château !

 

Le maire se contenta de hocher la tête d’un air entendu et sourit poliment. Nerveusement, il chercha Joffrin du regard et l’aperçut en grande discussion avec Balard et le conservateur du musée.

 

   Je disais aussi à vos adjoints qu’il serait préférable de déménager toutes ces caisses afin de les mettre à l’abri des eaux. Je proposais nos services pour vous donner un coup de main. Des pièces inestimables risquent d’être endommagées, il faut faire vite !

 

Pour couper court aux propositions aimables du capitaine des pompiers, le maire s’empressa de répondre :

 

   oui, oui, bien sûr, c’est évident…Nous allons prendre rapidement des dispositions, vous pensez bien ! Merci de nous proposer votre aide, mais les services techniques de la ville mèneront fort bien l’opération.

 

Il se dirigea promptement vers le trio qui conversait à voix basse. Serrant la main du conservateur, il afficha un sourire de circonstance et souffla entre ses dents, discrètement :

 

   Pas un mot de trop, pas de fuite, sinon c’est le scandale assuré ! Nous devons rester maîtres de la situation en toutes circonstances ! Ne répondez pas aux questions ! Soyez évasifs et rassurants. Balard, débarrassez-nous des journalistes qui attendent à la sortie. Vous Joffrin, prenez congé des pompiers et des employés des eaux. Quant à vous, Boissière, inventez n’importe quoi, mais ne laissez personne toucher à ces caisses, dussiez-vous coucher à côté ! Vous en êtes le conservateur ! Je vais réunir le plus vite possible une cellule de crise. Joffrin, rassemblez le conseil municipal au complet pour 18 heures précises !

   Balard, cessez de faire cette mine catastrophique, bon sang ! Ras-   ssu-rant…vous devez avoir l’air rassurant ! Les pièces du musée n’ont pas été endommagées, tout va bien !

 

 

 

(Vous voulez continuer? Alors la suite, c'est juste en dessous... )

 

 

 

 

 

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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
  • Je suis… Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

Bienvenue !


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Au Grenier Encore Des Livres

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Mon recueil de nouvelles :

" Petites histoires et autres fariboles en terres de Champagne "

 à commander ici 

 

 

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Pages

Et les minutes défilent

Quelques citations...


"Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit." (M. Duras)

 

"Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu." (Jules Renard)

"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)


 "Ce sont les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)

"Comment se tue en nous l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale." (Sainte-Beuve)
 

 "Créer c’est vivre deux fois." (Albert Camus)

 "On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.

Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme." (Douglas MacArthur)


"La vie ressemble à un conte ; ce qui importe ce n’est pas sa longueur, mais sa valeur." (Sénèque)


"La vie est finie quand tu ne surprends plus personne." (Coluche)

"L’indifférence est une paralysie de l’âme." (Anton Tchekhov)








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