Bienvenue dans ma caverne où les mots sont rois! Entrez, asseyez-vous...Ici, poésies, nouvelles, petits billets de papier aigres ou doux, chansons...Un moment convivial à partager en échangeant nos mots!Café ou thé?

Mamadou a dit :
« Bon, ça marche ! On va arrêter là la projection car nous devons attendre notre chef bien-aimé. Dès qu’il sera arrivé, je remettrai le film au début et on pourra regarder tranquillement jusqu’à la fin ! Un peu de patience, il ne devrait plus tarder ! »
Les spectateurs hochèrent la tête en signe d’assentiment et un brouhaha de conversations emplit l’espace sous l’arbre à palabre. Chacun tentait de calmer l’impatience qui l’envahissait petit à petit.
Une demi-heure, puis une heure passèrent, la chaise du chef, installée comme un trône au milieu des autres, restait vide.
La nuit était maintenant tout à fait tombée.
Tout le monde commençait à se demander pourquoi le chef tardait tant à arriver.
Au bout d’une heure et demie d’inquiétude, un groupe d’hommes se décida à aller voir ce qui se passait.
Mon père, accompagné de quelques autres, se mit en route pour aller à la rencontre du vieil homme. Ils prirent les lampe-tempête.
Pendant ce temps-là, la mine inquiète, les gens du village échafaudaient les pires scénarii.
Mais qu’avait-t-il bien pu se passer pour que notre chef n’arrive pas ? Serait-il arrivé quelque chose de grave à notre grand chef, d’habitude si ponctuel ?
Qu’est ce qui avait bien pu l’empêcher d’être à l’heure, lui qui attendait de connaître avec tant d’impatience la surprise qu’on lui réservait ?
Au fil du temps qui passait, l’angoisse grandissait et même le silence se taisait. Même les criquets avaient fini de chanter dans le bush tout proche.
Soudain, des cris et des gémissements précédèrent quelques femmes qui arrivèrent en courant. Elles se tordaient les mains de désespoir.
— Il est arrivé un drame, une catastrophe ! Notre chef bien-aimé a eu un accident grave ! Il a pris de plein fouet un pneu fou qui déboulait à grande vitesse sur la piste qu’il empruntait. Il doit avoir les deux jambes cassées et peut-être même la tête ! Quel malheur !
Dans l’obscure profondeur du soir, on vit notre chef arriver, gémissant, sur un brancard improvisé, fait de grossiers branchages.
Dans la nuit totale sans lune, le projecteur s’est éteint et l’écran faisait comme une tâche blanche sous le grand baobab…