Bienvenue dans ma caverne où les mots sont rois! Entrez, asseyez-vous...Ici, poésies, nouvelles, petits billets de papier aigres ou doux, chansons...Un moment convivial à partager en échangeant nos mots!Café ou thé?

C’est seulement à l’instant de la quitter que l’on mesure son attachement à une maison…
Une maison, on en fait ce que l’on veut qu’elle soit : vide et inodore ou bien emplie de rires d’enfants et d’amis, de fumets échappés des cuisines et de joyeux désordres.
Il me semble que ce ne sont pas les pierres qui bâtissent une maison mais les souvenirs accumulés au fil du temps…
L’âme d’une maison n’appartient qu’à soi ; elle est faite des petits bouts des hôtes qui l’habitent.
Après avoir, un soir autour de la table, évoqué juste l’idée de peut-être quitter un jour la maison que j’habite depuis plus de vingt ans pour un autre ailleurs situé dans un joli coin de campagne, j’ai soulevé un tollé général !
Les amis de longue date conviés à ma table ce soir-là se sont écriés d’un commun accord :
« Si tu veux changer de coin, tu transportes alors ta maison là-bas, car une boîte à secrets et à souvenirs, ça ne s’abandonne pas comme ça ! Il y a quelques souvenirs ici qui nous appartiennent et que nous ne voulons pas voir effacés ! »
Et le mari, et les enfants d’acquiescer fermement.
Alors, je suis toujours là, au même endroit, car il m’est impossible de charrier ma demeure sur le dos… et ma maison continue de bruire de ces petits riens qui font une vie…
Elle bourdonne fort, souvent !
Et je me rappelle toujours ce proverbe malien que j’ai entendu tout au long de mon enfance africaine :
« La tortue est la plus sage, car elle transporte sa maison sur son dos ! »
Dans une autre vie, assurément je serai tortue !
* Très belle toile de l'artiste peintre ML Lascaux