Bienvenue dans ma caverne où les mots sont rois! Entrez, asseyez-vous...Ici, poésies, nouvelles, petits billets de papier aigres ou doux, chansons...Un moment convivial à partager en échangeant nos mots!Café ou thé?

Dans notre monde actuel qui prône le « jeunisme », tout nous rappelle que vieillir est une insulte à la société.
Vieillir est un gros mot et on ne doit pas dire de gros mots.
Comme on ne dit plus « crème antirides » mais « crème anti-âge », ni « personnes âgées » mais « séniors ».
A partir de 45 ans, on n’est plus « apte » sur le marché du travail et à partir de 50 ans n’en parlons même plus ! Les chaînes de télé font du jeunisme à tour de bras, reléguant les présentateurs vedettes au placard parce qu’ils sont trop vieux et ternissent l’image de la télé d’aujourd’hui.
Les chirurgiens esthétiques n’ont jamais autant eu de « viande » sur la planche : on ne compte plus les femmes siliconées, refaites de la tête aux pieds. A la première ride, on court se faire lifter et on se fait lifter et re-lifter, jusqu’à ce que la peau soit tirée au maximum, jusqu’à ne plus pouvoir sourire. Il est de bon ton de paraître vingt ans de moins, quitte à s’habiller en jeunettes de quinze ans et à adopter le langage « djeun’s » des adolescentes d’aujourd’hui.
La société nous propose de nouvelles technologies, ce serait dommage de ne pas en profiter et de ne pas vivre dans l’air du temps. Effacer les stigmates du temps qui passe, même si l’on a encore 15 ans dans sa tête, je dis oui-pourquoi-pas, mais il y a un juste milieu…
Quelques rides autour des yeux, c’est charmant, non ?
Il arrive un moment où l’âge nous dépassera ; n’entretenons pas l’illusion de croire que l’on ne vieillit pas : la vie nous le rappellera un jour…C’est reculer pour mieux sauter comme dirait l’autre !
Vieillir devrait redevenir un joli mot…au goût du jour.
Vieillir, c’est continuer à grandir.
C’est prendre le temps d’écouter les murmures de la vie, c’est jeter un regard sage sur les années passées pour raconter aux jeunes générations le fruit de l’expérience et transmettre la mémoire pour que l’histoire ne s’éteigne pas…
Je pense à mon arrière-grand-mère qui ne cherchait pas à cacher son âge et qui était une charmante petite vieille au joli chignon blanc et aux rides si expressives. Elle sentait la vanille et ses châles étaient aussi doux que sa joue. Elle était le pilier de la famille ; elle rassurait et racontait si bien les histoires…
J’espère lui ressembler quand…je serai vieille.
Quand je serai vieille…oui…mais le plus tard possible, car il faut que je grandisse encore beaucoup !
Lorsque mes cheveux blonds seront devenus blancs
Et que j’irai m’asseoir sur le banc de bois blond
Quand nombres d’années m’auront rendue très vieille
J’irai murmurer à l’ombre de la treille…