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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 03:43



Après six ans de détention, dans des conditions que l’on n’ose même pas imaginer, Ingrid est revenue de l’enfer.

Soulagement.

Emouvantes retrouvailles avec ses enfants que l’on a plaisir à voir enfin sourire et pleurer de joie : ça fait chaud au cœur après un si âpre et si long combat, après tant d’angoisses…

Enorme soulagement, oui !

Parce que l’on ne peut que se réjouir de la voir en meilleure santé que ce que les rumeurs nous avaient laissé entendre en la disant mourante.

Parce que l’on partage son bonheur de la voir enfin libre, et saine et sauve. Parce que c’est une victoire sur toutes les formes de terrorisme.

MAIS ne passons pas sous silence les 3000 otages encore détenus en Colombie, même s’ils ne sont pas français…ne faisons pas d’Ingrid une icône vivante !

Souhaitons que les médias ne relayent pas tout l’été l’évènement, au détriment d’autres causes et informations toutes aussi importantes.

Laissons Ingrid se retrouver et retrouver les siens.

Laissons la se préparer à se raconter dans un proche bouquin, en espérant que journalistes et éditeurs ne fassent pas déjà le pied de grue en bas de chez elle, profitant de cette manne providentielle…qui submergera les tables des librairies à la rentrée prochaine.

Qu’Ingrid profite d’un bel été, entourée de tous les êtres qui lui sont chers et souhaitons lui tous les bonheurs du monde.

Bienvenue, Ingrid, en notre si douce France !

 

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 03:57

Toile de Georges Laures


Aujourd'hui, j'avais envie de vous faire partager une citation que j'aime beaucoup:

                "Le rire est une poussière de joie
                      qui fait éternuer le coeur."

Savez-vous de qui est cette citation?

(N'attendez pas de réponse à ma question...car non, non, je ne sais pas...c'était un jeu...sans la réponse à la question, héhé!!)
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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 03:23
Photo de Thierry Weber

 

L’océan en colère

Mugit, tempête et vomit

Ses flots bouillonnants, furieux, insoumis.

Il écume de rage et dépose sa bile

Sur des plages de varech,

Là, où le sable sec

Éparpille ses grains

Au vent malin.

La crête en colère,

La vague accélère

Sa course vers l’enfer.

Elle roule, se creuse, se gonfle

Et éclabousse le ciel

Zébré d’éclairs.

Les éclairs qui lacèrent

L’horizon qui fait front.

Le vent violent se lève

En tourbillons-trublions.

Il va et vient et joue devant,

Dessous, dessus la vague ventrue.

Le voilier vogue sur l’océan déchaîné

Aux vagues qui s’enchaînent.

Coque de noix à la voile légère,

Ballottée par les flots

Aux rouleaux qui galopent.

Frêle esquisse qui file, glisse et coule.

Une corne de brume mugit

Dans le soir rugissant.

Le brouillard avale

Le halo pâle

Du phare là-bas.

Le marin gémit et avale son cri,

Son cri qui chavire et vire voilé,

Sans plus d’espoirs au rivage qui rit.

L’océan a avalé la vie.

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 03:36

Le Cubry, ruisseau qui traverse Epernay.



Il fait frisquet en cette fin d’après-midi. Nous sommes pourtant à la fin du mois d’Avril mais les pâles rayons du soleil qui s’étalent sur Epernay n’arrivent pas à réchauffer l’air, même en pleine journée. Dès l’aube naissante, les nappes de brouillard enveloppent les coteaux alentour. Le soleil tente de les chasser pour encourager le printemps à s’installer, mais le brouillard reprend sa place à la tombée du soir.

Ce sacré printemps qui tarde à arriver ne va pas encore arranger mes affaires cette année !

L’air trop frais et l’épais brouillard qui envahissent déjà la Place Carnot vont faire tomber la nuit plus vite encore, n’incitant pas les gens à se balader…Ils vont prendre leur voiture pour rentrer plus vite chez eux, et s’affaler, bien au chaud, devant leur sacro-sainte télé. Les rares piétons vont presser le pas, ne jetant même pas un bref regard en ma direction. Non, décidément, ce n’est pas encore aujourd’hui que l’on verra s’arrêter des jeunes filles aux épaules dénudées. Ce temps maussade ne donnera à personne l’envie de déambuler par ici…

 

Il est pourtant joli ce bout de Cubry à cet endroit-là. Une jolie balustrade orne son cours tout du long. La ville a même posé des jardinières de compositions florales pour le rendre encore plus attrayant ; les premières tulipes, jacinthes et narcisses penchent leurs têtes vers l’eau tourbillonnante. Charmant, surtout aux beaux jours ! C’est pourquoi j’ai élu domicile plutôt dans ce coin : j’ai une vue imprenable sur toute la Place Carnot, sur la rue Pasteur, un bout de la rue des Rocherets et de la rue de la Chaude-ruelle, la rue Léger-Bertin, le boulevard du Cubry (ah, ils l’ont quand même baptisé comme ça, ce boulevard !) bref, il y a du passage par ici !

Le Cubry, à ce carrefour, se prend pour un petit torrent et roule ses eaux en chantant continuellement, et la vieille maison délabrée, qui penche ses murs vétustes par-dessus, me sert d’abri quand les nuits sont trop blafardes. J’aime bien hanter ces vieux murs abandonnés… Malheureusement, la ville a décidé de rénover cette vieille bicoque de peur qu’elle ne finisse par s’écrouler. Elle en a exproprié son habitante qui a trouvé à se loger ailleurs, mais moi je reste là ! Cela va occasionner quelques désagréments pendant la durée des travaux, mais je continuerai à l’habiter dès qu’elle sera à nouveau disponible : avis aux nouveaux habitants, ils seront d’abord chez moi !

Elle est terrible cette époque ; on ne cesse de réhabiliter tout et n’importe quoi. On démolit, on reconstruit, on fait des trous, on comble les trous, on fait du neuf avec du vieux, on monte des tours, on bétonne. On enlève l’âme des choses ! Ça n’en finit jamais tous ces travaux grotesques ; il faut toujours qu’on transforme tout!

C’est comme ça qu’on a fini par faire disparaître le Cubry pour le recouvrir complètement de béton, tout ça pour laisser libre cours à la circulation de ces voitures puantes et bruyantes !

De mon temps, ce joli cours d’eau traversait la ville de part en part, à l’air libre, et on avait plaisir à s’y promener le long de ses berges… Il s’épanouissait là, au milieu de la Place Carnot, bordé d’arbres centenaires. On appelait ça “les promenades”. D’ailleurs, je vous signale en passant que je me suis noyée beaucoup plus haut, en amont : impossible aujourd’hui d’en hanter les lieux exacts puisque l’endroit est recouvert par un parking, au croisement de rues sans âmes, régies par des feux tricolores ! Là-bas, au bout du boulevard…vous voyez ?

 

Je vous parle, je vous parle, si bien que je n’ai pas vu arriver cette jeune personne qui a ralenti le pas et qui regarde dans notre direction. Elle semble ne pas avoir très chaud avec sa jupe trop courte (ils appellent ça “mini-jupe” au 21ème siècle ; ça ne recouvre rien du tout ! A mon époque, c’eût été de la plus grande indécence que de porter ce genre d’attifement qui laisse voir les jambes aussi nues…)

Regardez, elle s’arrête pour s’accouder à la balustrade ! Elle tire nerveusement sur les manches de son pull sans forme et se frotte les bras vigoureusement pour se réchauffer.

Vous distinguez ce regard hagard qu’elle plonge dans les flots ? On dirait qu’elle pleure… Oui, j’en suis sûre, elle pleure et lève les yeux au ciel comme dans une prière ; elle semble murmurer à l’oreille du vent.

Maintenant, elle se penche dangereusement par-dessus la balustrade…ah si seulement…si seulement elle voulait bien se précipiter dans les tourbillons (jadis, on appelait ça des fosses-tournisses !), elle me délivrerait enfin de mes tourments et prendrait ma place. J’en aurais enfin fini de hanter, l’âme en peine, les berges de ce maudit Cubry qui m’a pris ma vie à la fleur de l’âge. Je pourrais enfin songer à me reposer en trouvant une paix bien méritée. Je suis si lasse de hanter ces lieux depuis près de huit siècles.

Allez, petite, libère-moi de mon errance dans le pays désolé des esprits maudits ! Penche-toi un peu plus sur les flots…Penche-toi, le Cubry va te raconter l’histoire de la belle Alix…Penche-toi un tout petit peu plus…

Ah, si je suis encore là, c’est parce que trop de circonstances doivent être réunies pour me délivrer de mes tourments.

Tel est mon destin :une jeune fille de l’âge que j’avais à l’époque de ma noyade (c’est à dire vingt ans et pas un jour de plus…) doit se jeter dans le Cubry par désespoir d’amour, un jour du mois d’Avril. Elle doit habiter la ferme des Forges actuelle, qui se situe en lisière de Pierry, au sud-Ouest d’Epernay.

( dans le temps, j’habitais là, et la ferme actuelle s’appelait la Forte-Maison), elle doit se prénommer Alix (comme moi…) et être folle d’amour pour un jeune homme prénommé Thibault…La fin de leur belle histoire doit provoquer le drame. La jeune fille doit se précipiter dans les flots, et ce suicide doit la délivrer d’un désespoir trop lourd à porter, me libérant par la même occasion. Un peu de mon histoire à moi, quoi, bien que la légende l’a un peu transformée !

On a raconté tout et n’importe quoi sur ma noyade ! Certains ont fait courir la rumeur que c’est à cause de mon père, le seigneur de la Forte-Maison, si je me suis noyée dans les années 1240 et quelques…(pauvre homme…porter une telle accusation sur le dos et voir sa fille aspirée sous ses yeux par les fosses-tournisses sans rien pouvoir  faire pour la sauver…pas étonnant qu’il ait perdu la tête et se soit retiré dans la forêt d’Epernay pour y vivre en ermite le restant de ses jours !)

On a dit qu’il me poursuivait avec une hache pour me châtier d’avoir une liaison avec Thibault V, le comte de Champagne, mon grand amour, que c’est une sorcière qui nous aurait dénoncés (ça c’est vrai, une vieille chipie au nez crochu et aux petits yeux cruels !) et que mon père, pris de colère, aurait voulu me punir. Affolée par la peur du châtiment paternel, j’aurais, dans ma course effrénée, glissé sur les berges détrempées et que c’est ainsi que j’aurais disparu, engloutie par les flots. On a raconté n’importe quoi ! Et voilà comment se crée une légende… A partir de cancans vomis par des gens mal intentionnés ou simplement sots, les évènements sont déformés et ancrés ensuite dans les mémoires comme des faits réels ayant existé ! Quelle absurdité !

A vous, je puis bien dire la vérité puisque vous êtes le seul à pouvoir m’entendre, vous, le médium qui êtes sensé exorciser les lieux pour m’en chasser définitivement.

En fait, c’est l’abbé de Saint Martin qui détenait la vérité. En confession, je l’avais informé de mon intention de mettre fin à mes jours si Thibault venait à me laisser pour partir guerroyer. Certaine que je ne reverrais pas mon seul et unique amour vivant, et désespérée de cette absence insupportable, je me suis délibérément jetée dans le Cubry. Je me voyais dans l’impossibilité de vivre sans lui. Quand on a vingt ans, les choses prennent de telles proportions…C’est pourquoi l’abbé m’a refusé une sépulture chrétienne ; il savait pertinemment que je m’étais suicidée.

Mon père était en train de couper du bois (ce qui expliquerait la présence d’une hache dans ses mains…) quand la sorcière des Aulnoys a lâché son venin.

Cette vieille détestait notre bonheur à Thibault et moi, comme elle haïssait tout ce qui était beau et pur et qui ne l’avait jamais concerné ! Malade de jalousie, elle nous épiait sans cesse, jusqu’au jour où je l’ai agressée verbalement alors que, perchée dans un arbre, elle nous lançait des sorts en ricanant. C’était une mauvaise femme et je savais qu’un de ces quatre matins elle se vengerait. Mon père n’a pas pris cette dénonciation au sérieux ; il a juste compris que quelque chose avait bouleversé sa petite fille chérie… Il s’est alors précipité derrière moi, comme un fou, pour empêcher le geste irréfléchi et désespéré que je m’apprêtai à commettre. Malheureusement, mon père est arrivé trop tard et ne s’est jamais remis de ma disparition.

Et moi, j’erre depuis des siècles et des siècles comme une damnée, car la vieille m’a jeté un sort, juste avant de s’immoler par le feu. Quelle folie m’a prise, quand je lui ai lancé à la figure qu’elle ne nous séparerait jamais Thibault et moi, car notre amour était bien plus fort que tous ses sortilèges et que sa laideur alliée à sa méchanceté pourrissaient notre paysage…J’aurais mieux fait de me taire ce jour-là, car j’aurais rejoint Thibault depuis longtemps dans un autre de nos paradis…

Il avait bien raison, l’abbé : ils ne veulent pas de moi là-haut, après ce geste sacrilège…mais j’ai eu le temps d’expier ma faute, vous ne croyez pas ?

 

Ah, si seulement cette jeune personne pouvait me sauver en se noyant, là, maintenant…regardez comme elle a l’air désespéré…mais regardez donc, bon sang, au lieu de nous asperger, le Cubry et moi-même, d’eau bénite ! Je vous ai déjà dit que cela ne servait à rien ; il y en a eu des centaines d’exorciseurs qui sont venus tenter la même chose que vous et je suis toujours là ! Non, seule LA personne adéquate saura me délivrer, mais je n’y crois plus beaucoup… La dernière jeune fille à s’être noyée ici en Avril de l’an passé, s’appelait bien Alix, et elle s’est jetée dans l’eau, non pas par chagrin d’amour, (malheureusement pour moi !) mais parce qu’elle venait d’apprendre la disparition de ses  père et mère dans un accident de voiture. Rien à voir avec mon histoire à moi, et donc je suis encore et toujours là !

Aussi vous comprendrez aisément pourquoi je n’ai plus aucun espoir d’être délivrée un jour…Il y a tellement peu de chances que toutes ces circonstances soient réunies. Et pourtant, je sens que je ne passerai pas l’éternité ici. J’ai comme le pressentiment que là-haut, ils vont enfin me donner une chance de me rattraper, et que cela se pourrait bien que ce soit aujourd’hui !

Cette jeune fille-là, je pressens que c’est la bonne ! Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’intime conviction que c’est ELLE qui va me libérer de tous mes tourments ! C’est ELLE…il FAUT que ce soit elle…Il faut que cela se passe aujourd’hui car il ne reste plus que quelques jours avant la fin du mois d’Avril…sinon, c’est reparti pour un an !

 

Allez, jeune fille, mets vite fin à tous tes malheurs…je suis si pressée de partir enfin d’ici ! Allez, saute ! Tu verras, ce n’est qu’un moment difficile à passer…puis ensuite, on se sent si apaisée…saute ! Allez, saute ! Saute…

 

Le vent murmurait dans les branches, soufflait sa complainte comme une petite voix ensorcelante. Une forme blanche flottait au-dessus des eaux tourbillonnantes du cours d’eau : le brouillard venait de tomber nappant les arbres, les eaux et les heures.

Cela faisait un bon moment qu’elle était là, prostrée dans son malheur, avec l’envie tenace d’en finir pour toujours. Puisque l’amour était rompu entre eux deux, à quoi bon continuer de vivre ? La saveur des jours ne serait plus la même sans lui.

Le vent se faisait plus insistant encore. Elle semblait entendre dans son souffle comme une voix qui l’incitait à commettre l’irréparable. Il lui semblait entendre comme une petite voix qui chantait à son oreille : saute, allez, saute…

Elle se sentait attirée par les eaux du Cubry qui semblaient vouloir l’emporter avec elles dans des ténèbres inconnues…A travers ses larmes, elle fixait les profondeurs sombres. Elle était hypnotisée par les tourbillons qui se creusaient, se creusaient, se creusaient encore.

Si elle enjambait la balustrade et qu’elle sautait, là, maintenant, elle mettrait fin à ce désespoir qui étreignait son cœur à l’en faire crier. Ce serait un mauvais moment à passer, mais si court en comparaison de l’enfer qui l’attendait sans l’amour de sa vie.

En finir, c’était la seule solution !

Elle enjamba le parapet.

 

Le vrombissement d’une moto derrière elle,  la tira de ses pensées suicidaires et un cri déchira l’air :

 

  — Alix ! Alix, je t’en prie, arrête, ne fais pas ça ! Je t’aime ! Je t’aime, tu entends ?! Ce n’était qu’une dispute idiote ! Je ne pensais pas tout ce que je t’ai dit. Jamais je ne pourrais vivre sans toi : je t’aime trop pour ça ! Allez, viens, retournons à la Ferme des Forges, retournons chez nous ! 

    Oh Thibault, je croyais que tu ne m’aimais plus…j’avais si mal…J’ai cru en mourir…

 

Cette nuit-là, un violent orage éclata.

La tempête qui précéda arracha des branches d’arbres sur la place Carnot et jeta à terre les jardinières de fleurs que la ville d’Epernay avaient installées pour fêter l’arrivée du printemps. Le Cubry roula ses eaux mauvaises jusqu’au petit matin.

Plus que quelques jours avant le joli mois de Mai !

Le printemps allait bien finir par s’installer et chasser ces ombres blanches qui jouent parmi les flots du Cubry en folie !

 

 
Cette nouvelle m'a été inspirée par la légende d'Alix et de Thibaud V, comte de Champagne...

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 18:01


 

 

Dans notre monde actuel qui prône le « jeunisme », tout nous rappelle que vieillir est une insulte à la société.

Vieillir est un gros mot et on ne doit pas dire de gros mots.

Comme on ne dit plus « crème antirides » mais « crème anti-âge », ni « personnes âgées » mais « séniors ».

A partir de 45 ans, on n’est plus « apte » sur le marché du travail et à partir de 50 ans n’en parlons même plus ! Les chaînes de télé font du jeunisme à tour de bras, reléguant les présentateurs vedettes au placard parce qu’ils sont trop vieux et ternissent l’image de la télé d’aujourd’hui.

Les chirurgiens esthétiques n’ont jamais autant eu de « viande » sur la planche : on ne compte plus les femmes siliconées, refaites de la tête aux pieds. A la première ride, on court se faire lifter et on se fait lifter et re-lifter, jusqu’à ce que la peau soit tirée au maximum, jusqu’à ne plus pouvoir sourire. Il est de bon ton de paraître vingt ans de moins, quitte à s’habiller en jeunettes de quinze ans et à adopter le langage « djeun’s » des adolescentes d’aujourd’hui.

La société nous propose de nouvelles technologies, ce serait dommage de ne pas en profiter et de ne pas vivre dans l’air du temps. Effacer les stigmates du temps qui passe, même si l’on a encore 15 ans dans sa tête, je dis oui-pourquoi-pas, mais il y a un juste milieu…

Quelques rides autour des yeux, c’est charmant, non ?

Il arrive un moment où l’âge nous dépassera ; n’entretenons pas l’illusion de croire que l’on ne vieillit pas : la vie nous le rappellera un jour…C’est reculer pour mieux sauter comme dirait l’autre !

Vieillir devrait redevenir un joli mot…au goût du jour.

Vieillir, c’est continuer à grandir.

C’est prendre le temps d’écouter les murmures de la vie, c’est jeter un regard sage sur les années passées pour raconter aux jeunes générations le fruit de l’expérience et transmettre la mémoire pour que l’histoire ne s’éteigne pas…

Je pense à mon arrière-grand-mère qui ne cherchait pas à cacher son âge et qui était une charmante petite vieille au joli chignon blanc et aux rides si expressives. Elle sentait la vanille et ses châles étaient aussi doux que sa joue. Elle était le pilier de la famille ; elle rassurait et racontait si bien les histoires…

J’espère lui ressembler quand…je serai vieille.

Quand je serai vieille…oui…mais le plus tard possible, car il faut que je grandisse encore beaucoup !


 

Lorsque mes cheveux blonds seront devenus blancs

Et que j’irai m’asseoir sur le banc de bois blond


Quand nombres d’années m’auront rendue  très vieille

J’irai murmurer à l’ombre de la treille…

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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 04:14



Il faut savoir écouter les points de suspension…

Ils soufflent doucement à l’oreille quelque chose de secret, quelque chose de sous entendu…

Ils disent sans dire parce qu’ils n’osent pas… ils ouvrent la porte du non-dit qu’ils n’osent pas tout à fait franchir pour ne pas être indiscrets...

Ils hésitent aux confins des mots…

Ils sont soupirs, ils sont attente…

Ils sont généreux, les points de suspension, car ils laissent l’imagination libre de courir à sa guise selon son humeur…

Ils laissent donner le ton aux mots, et le temps de soupirer…

Ils sont mystérieux et laissent planer le doute…

Ils sont petits cailloux semés au gré des mots…pour ne jamais perdre le fil…

 

Quand on fait le premier de ces points-là, juste quand on fait le premier… ça laisse le temps à l’autre d’arriver…de se rajouter, de s’imposer tout compte fait, toujours en équilibre et en suspension entre les mots…

Toujours l’un après l’autre, ils prennent le temps de s’étirer paresseusement…

Ça permet aux mots de se poser doucement quand les idées se bousculent violemment pour emporter les phrases dans un tourbillon.

Plus doux que les virgules aux griffes acérées et rapides, plus discrets que les tonitruants points d’exclamation, plus courtois que les points, intransigeants et secs, les points de suspension soufflent sur la page une légère brise… et donnent des ailes

aux mots qui soupirent. POINT.

 

 

 

 

 

 

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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 04:14


Le soleil, comme une boule de feu incandescente descend doucement sur la mer.

De gros nuages gris et roses s ‘effilochent.

Le rouge, l’orangé, le mauve se fondent dans le bleu.

Le soleil reste en suspension, quelques instants, au-dessus de la ligne d’horizon.

Un silence profond prend possession des lieux, comme si la nature toute entière suspendait son souffle, pour rendre à l’astre qui meurt un dernier hommage…

Au loin, seul le ressac de la marée descendante émet un long chuintement.

Tout à coup, une détonation retentit dans les dunes, de l’autre côté de la petite baie protégée par l’estuaire de la Canche.

Un grand cri s’élève au-dessus des oyats, suivi d’une envolée brutale.

A contre-jour, il semble qu’un épais nuage sombre envahit le ciel, pour se déplacer à vive allure en direction du soleil couchant.

Des centaines de mouettes affolées, en masse compacte, crient et envahissent l’espace.

Elles forment un écran entre la plage et le soleil qui tombe, pour soudain, se disperser sur la toile de couleurs en une étoile géante.

Comme un large filet de pêcheurs déployé sur la mer, les mouettes quadrillent le ciel orangé et strient le soleil qui s’est fait boule de feu posée sur la mer.

Un incendie brutal met le feu au ciel.

Le soleil est maintenant à moitié englouti par les flots et le silence est retombé soudainement.

En spectatrices privilégiées, les mouettes, calmées, se sont posées sur l’eau, se laissant doucement bercer par les vaguelettes.

Résignées,elles semblent guetter les ultimes rayons plongeant à l’horizon.

Une petite fille, les yeux écarquillés devant tant de beauté, rompt le silence et d’une voix chantante, elle compte jusqu’à 60 : l’instant précis, où la mer aura entièrement englouti la boule écarlate.

Les couleurs sont avalées par les flots, et la voûte des cieux se referme peu à peu, enveloppant la plage d’une couverture laiteuse.

                                                                     

 

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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 03:45



Les nuages s’amoncellent

À l’horizon pastel,

Comme les mots que tu mêles

Qui resteront pêle-mêle,

Sans aucune étincelle

Pour allumer le ciel.

 

Des mots si essentiels

Qui n’auront pas d’appels

Et qui resteront tels

Des mots confidentiels,

Ignorés des modèles

D’un monde artificiel.

 

Tes mots comme des mirages !

 

Tes mots sont des images

À l’ombre des ormeaux,

Qui rêvent à des ailleurs

Où chanterait l’écho.

Ils se meurent sur la page

Sans atteindre de lecteurs.

 

Tes mots comme des mirages !

 

Tu jettes l’encre sur la page

Pour dessiner les mots

Qui mourront sur la plage

Le temps d’un long sanglot,

Sans faire aucun tapage,

Et dans l’incognito.

 

Tes mots comme des mirages !

 

Tu jettes l’ancre en mon cœur

Par tes mots plein d’ardeur.

Tes mots sont des images

Qui enluminent les pages.

Tu te livres, je te lis

Je m’embarque et te suis.

 

Au pays des voyages,

Toi et moi sur la page,

Tes mots comme des images !

Peu importent les mirages…

 

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 22:31




 

 Une à une, les lumières s’éteignirent. Des pas pressés glissaient vers le hall de sortie. Des exclamations fusèrent :

    Salut, bonne soirée !

    Oui, bonne soirée à vous tous !

    Hou lala, j’ai dix personnes à dîner ce soir !…encore plein de courses à faire…à demain les filles !

    Oui, n’oubliez pas : demain se termine la semaine de l’expo sculpture ! Il faut que tout le monde soit à l’heure ; il va y avoir du monde !

    Au fait, quelqu’un a vérifié que l’espace “Sculpteur” soit bien fermé et les lumières éteintes ?

    Oui, moi je l’ai fait ! J’ai même planqué son sac car il a téléphoné pour prévenir qu’il l’avait oublié !

    Le sculpteur a oublié son sac ? Quel artiste !…

    Et il a quoi dans ce sac ??

    Plus d’un tour, ça c’est sûr !!

    Bon allez, ciao tout le monde, je file !

 

Eclats de rires, bruits de clés qui s’entrechoquent, portes qui claquent, puis un immense silence qui s’installe…Seules quelques voix parviennent du dehors, lointaines.

La  médiathèque d'Epernay est livrée au silence de la nuit. Gardienne des mots, elle va veiller sur l’imposant patrimoine culturel.

Les milliers de livres, sagement rangés sur leurs étagères, vont comme chaque nuit mener grande vie !

Quelques rais de lumières filtrent par les larges baies vitrées qui bordent la rue Henri-IV, éclairant faiblement l’espace. Suffisamment, cependant, pour permettre de se promener entre les rayonnages sans être vu.

Elle n’ose pas encore sortir de sa cachette.

Les rares passants qui traînent encore dans la rue pourraient l’apercevoir…Il faut qu’elle patiente quelques minutes avant de pouvoir circuler librement, attendre que les gens rentrent chez eux, ce qui ne devrait plus tarder car le soir est glacial.

Elle trépigne, se trémousse dans l’étroit résidu, risque quelques rapides coups d’œil vers l’extérieur. Elle a hâte de se dégourdir les jambes ; elle a faim aussi et grignoterait bien quelque chose.

Cela fait quelque temps déjà qu’elle vit ses nuits ici ; en fait, depuis le jour où elle a décidé de s’y laisser enfermer volontairement. Personne ne s’est jamais aperçu de sa présence.

Pendant la journée non plus, car elle va et vient entre les rayons, se promène d’un livre à l’autre ; les adhérents de la Médiathèque vont et viennent aussi… il y a tellement de passage et les bibliothécaires sont si occupés qu’elle passe totalement inaperçue : personne ne prête jamais attention à elle. Il faut bien dire qu’elle fait tout pour rester discrète : elle ne voudrait pas déranger…

 Elle risque un oeil...

et alors? Et alors??...pour lire la suite, héhé, et bien c'est dans l'article du dessous :-)

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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 22:20



Ça y est, elle peut sortir de sa cachette : les livres avaient donné le signal de la fête ! Ils s’étaient tous envolés de leurs étagères et menaient une joyeuse sarabande ! Ils s’animaient, les livres la nuit, quand personne ne les voyait ; ils faisaient la java ! Ils se déplaçaient d’un coin à un autre, ils dansaient, échangeaient leurs mots.

Souvent trop vite surpris par le jour, tant ils s’amusaient, certains n’avaient pas le temps de regagner leur place.

C’est ainsi qu’au matin, les bibliothécaires  les retrouvaient souvent mélangés dans les rayonnages, voire étalés à même le sol…c’est qu’ils n’avaient pas eu le temps de regagner leur place attitrée !

Elle observe Balzac accoudé au comptoir en train de s’entretenir de manière véhémente avec Zola qui fait de grands gestes. George Sand tire sur son cigare et fait de l’œil à Colette. Marguerite Duras flirte avec Maupassant, là-bas sur la banquette. Le marquis de Sade tente de s’immiscer dans les pages d’Emilie Brontë, tandis que Verlaine rimaille avec Baudelaire. Un peu plus loin, Prévert clame ses bonnes paroles à un Pagnol qui tente de conter fleurette à une Virginia Woolf déprimée. Madame de La Fayette tient salon et discute littérature avec un certain Voltaire très candide. Dans le hall, Radiguet tire la couverture à lui et laisse Stendhal sans mots, pendant qu’Anaïs Nin défroisse ses pages cornées par un Crébillon un peu trop fougueux.

Elle va de l’un à l’autre, tentant de participer à l’ambiance détendue, mais est-ce dû à sa petitesse, à sa robe grise, personne ne semble s’apercevoir de sa présence ? Personne ne lui adresse la parole. Elle se sent de trop soudain.

Du coup, elle s’ennuie et soupire.

Finalement, les nuits ici sont toujours les mêmes…Elle en a fait le tour depuis qu’elle hante ces lieux.

Elle se sent lasse de tout ça.

Elle pense tout à coup qu’il est temps pour elle de changer d’horizon. Une autre bibliothèque, un autre cadre de vie lui serait plus agréable, sans aucun doute…

Désœuvrée, déçue, elle décide d’aller faire un tour au sous-sol.

Elle trottine d’allégresse : c’est ça, allons faire un tour du côté de l’expo du sculpteur ! Ses statues, au moins, ne se sentiront pas obligées de lui parler : elles sont inanimées, elles, pas comme ces sacrés livres !

Elle regarde sans conviction les yeux vides des statues, les corps plantureux qui s’alanguissent sur une table froide. Elle furète un peu partout pour tromper son ennui. Si, au moins, elle avait quelque chose à se mettre sous la dent : rien à grignoter ici, c’est pas comme là-haut ! C’était toujours ainsi, quand elle s’ennuyait, elle avait faim !

Elle a si sommeil tout à coup et si froid qu’elle s’endort…Elle est bien là, bien au chaud !

Vivement le matin pour que demain soit un autre jour !

 

    Allo, Brigitte ?? Je tenais à vous remercier de votre accueil et de m’avoir permis de faire connaissance avec le public sparnacien !

    Tout le plaisir était pour nous, à la médiathèque d’Epernay, d’accueillir un sculpteur de talent ! Comment se passe votre expo à Reims, bien j’espère ?

    Oui, très bien ! La médiathèque Cathédrale est également un lieu idéal pour exposer ses œuvres…Oh, pendant que j’y pense, - rire -, savez-vous la surprise que j’ai eue ce matin en ouvrant mon sac ?? Une souris grise m’a littéralement sauté au visage et s’est enfuie derrière les rayonnages ! Désolé, Brigitte, d’avoir emporter avec moi votre souris de bibliothèque ! A la Médiathèque Cathédrale, ils ont déjà un rat de bibliothèque…espérons que ces deux-là feront bon ménage !

 

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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
  • Je suis… Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

Bienvenue !


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"Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit." (M. Duras)

 

"Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu." (Jules Renard)

"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)


 "Ce sont les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)

"Comment se tue en nous l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale." (Sainte-Beuve)
 

 "Créer c’est vivre deux fois." (Albert Camus)

 "On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.

Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme." (Douglas MacArthur)


"La vie ressemble à un conte ; ce qui importe ce n’est pas sa longueur, mais sa valeur." (Sénèque)


"La vie est finie quand tu ne surprends plus personne." (Coluche)

"L’indifférence est une paralysie de l’âme." (Anton Tchekhov)








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