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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 18:17





Une légère brise court sur les prés

Et murmure à l’herbe trop verte

La dernière chanson de l’été

Le vent méchant attend son heure

Pour décoiffer les feuilles qui rient

Sur l’arbre fier de nos forêts

La mer enlace les galets

Avale le sable encore trop chaud

Effaçant le pas des baigneurs

Qui tardent trop sur la grande plage

Le ciel drapé de sa robe bleue

Prépare son manteau des jours gris

Alors que la terre assoiffée

N’attend que la pluie salvatrice

Les roses tendent leurs têtes gracieuses

Aux derniers rayons du soleil

Avant de perdre leur beauté

Aux premiers frimas de l’hiver

Les enfants,  le cartable au dos

Ont repris le chemin de l’école

Adieu sandales et robes légères

L’été nous tire sa révérence

Dansant la ronde des saisons

Jouant à chat avec l’automne.

 





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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 13:02


                                           Madame N'Birma


 

 

La boutique, au toit de feuilles de palmes tressées, sur quatre pilotis, avait fière allure à côté de toutes les autres bicoques, et les jours de marché, quand l’effervescence bruissait alentour, on ne voyait que son enseigne bariolée qui attirait tous les regards.

Enseigne qui se résumait à une planche de bois savamment fixée avec un fil de fer aux deux montants que formaient les pilotis de la baraque.

Ce n’était pas n’importe quelle enseigne qui offrait aux badauds ses lettres multicolores : c’était l’enseigne de Madame N’Birma, prospère commerçante du marché de Niamey !

Madame N’Birma était quelqu’un de respecté et de respectable, car c’était un modèle dans l’art du négoce. Sa stature imposante en faisait une matrone au verbe si haut que même les mouches arrêtaient leur Zzz zzz quand elle ouvrait la bouche.

Rien que le nom de sa boutique en disait long sur l’ingéniosité et le savoir-faire de la matrone. Les lettres criardes de l’enseigne annonçaient en grand : « Le rayon des bonheurs ». Alors rien que ça, ça attirait le client irrésistiblement. Et puis en dessous, il était marqué en plus petit : « Ici, tu trouves tout, même le paradis pour pas cher ! »

Comment voulez-vous que les clients n’entrent pas dans la boutique de Madame N’Birma avec une telle accroche ?!

Victor Saoulé, le marchand d’en face, faisait grise mine devant une telle affluence, surtout quand les passants accéléraient le pas devant chez lui sans même tourner le regard, et s’engouffraient, comme attirés par des aimants, chez Madame N’Birma.

Pourtant son enseigne à lui était encore plus voyante, plus grande que celle d’en face et elle était prometteuse : « Supermarché plus gros que celui de Paris » et en tout petit, en dessous : « Chez Victor, le roi du négoce ».

Eh bien, allez donc comprendre pourquoi les clients se bousculaient dans les rayons de Madame N’Birma et non pas dans les siens à lui ??

C’est Amina, sa petite vendeuse qui n’a pas l’air si bête que ça, qui avait trouvé un jour l’explication.

« C’est normal, Madame N’Birma elle ne vend que des bonheurs ; dans tous ses rayons, il y a des bonheurs à acheter et pas chers : c’est écrit là ! » fit-elle remarquer à Victor Saoulé, en pointant du doigt l’enseigne de l’autre côté de la rue.

Victor s’était gratté le menton en secouant la tête : il ne pouvait rien contre ça ; quand on vend du bonheur, c’est sûr que ça rapporte gros, puisque tout le monde est à la recherche du bonheur, alors quand, en plus, on le met à portée de tout le monde… 

Dans les rayons de Madame N’Birma, on trouvait toutes sortes de gris-gris sensés apporter la chance, la prospérité, la santé, la fécondité, le retour de l’être aimé et que sais-je encore…On trouvait aussi des onguents qui guérissent tout, des philtres d’amour, des pierres magiques, des cauris dans lesquels on ne pouvait lire l’avenir qu’en rose.

Tous ces produits étaient savamment mis en valeur par des néons de toutes les couleurs et par des pancartes fluo qui annonçaient les nouveautés et les promos, ce qui avait le mérite d’attirer une foule de clients, qui formait des queues interminables aux caisses, à toute heure du jour.

Victor avait bien essayé de piquer la clientèle de Madame N’Birma, en accrochant sur sa devanture une pancarte qui disait : «  Tous les bonheurs que vous ne trouverez pas en face, vous les trouverez ICI », mais cela n’avait pourtant rien changé…

D’abord parce que Madame N’Birma était la preuve vivante que le bonheur existait quand on l’avait à portée de la main tous les jours. Elle utilisait les produits de ses rayons, c’était évident : il n’y avait qu’à la regarder ! Elle respirait la santé. Elle avait tout : la richesse, la célébrité, l’amour d’un homme riche et bien fait, une bonne famille, une belle maison avec la climatisation dans les chambres…tout !

Alors tout ça bien sûr, ça mettait le client en confiance, il achetait les yeux fermés et le bouche à oreilles faisait le reste.

Madame N’Birma, c’était une assurance sur le bonheur.

Et plus Victor Saoulé se désespérait, plus Madame N’Birma rayonnait. Jamais le “Rayon des bonheurs” n’avait été aussi prospère !



Pour lire la suite des aventures de Madame N'BIrma et Victor Saoulé, rendez-vous sur le marché de Niamey, là, en foulant le sol de latérite, juste en-dessous! >>>>>>>>



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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 12:56



Mais un beau jour, la chance, elle finit toujours par s’envoler, laissant la place chaude à la catastrophe…c’est comme ça ! On dit que la chance tourne et tombe sur quelqu’un d’autre, et vice versa, la malchance s’abat à la place. Tout ça, Victor Saoulé le savait, mais il savait aussi que même si la chance abandonnait Madame N’Birma, rien ne disait qu’elle tomberait précisément sur le toit de sa bicoque à lui…

Dans le doute, il continuait à fréquenter Mamadou, le marabout du village, et à participer aux rites vaudous et un jour, qui sait, le mauvais sort rendrait visite à Madame N’Birma, alors il patientait en attendant son tour.

Mauvais sort ou pas, toujours est-il qu’un jour la patronne du “Rayon des bonheurs” perdit le sourire, et ce sont les larmes qui assombrirent ses yeux, des larmes qui n’arrêtaient pas de couler et qui n’échappèrent pas à Victor Saoulé.

Quelques jours plus tard, on enterrait la fille de Madame N’Birma, écrasée par un camion sur la piste qui reliait Niamey à Tahoua. Monsieur N’Birma, l’époux bien-aimé, fou de chagrin, se jeta sous un train quelques semaines plus tard, juste avant que ne s’écroulât, sous l’assaut d’une mauvaise tempête tropicale, le toit de la maison familiale. Epuisée par tant de malheurs survenus à la chaîne, Madame N’Birma tomba malade.

Comme les roulements du tam-tam, la rumeur enfla de village en village pour atteindre les fins fonds de la brousse. La terrible rumeur disait que s’il arrivait tant de malheurs soudains à Madame N’Birma, c’est que ses produits avaient perdu de leurs pouvoirs bénéfiques. Les produits stockés dans les rayons étaient non seulement périmés mais sûrement dangereux ! Ils donnaient désormais du malheur, il n’y avait qu’à regarder Madame N’Birma… donc il fallait surtout bien se garder de les acheter.

Les clients désertèrent la boutique du jour au lendemain, prenant même soin de faire un détour pour éviter que la malchance ne leur saute dessus par inadvertance, comme les puces sur un macaque.

Ce qui arrangea les affaires de Victor Saoulé qui sans se réjouir ouvertement des déboires de sa voisine, espérait néanmoins secrètement en récolter les fruits.

Les clients prirent l’habitude d’emprunter le trottoir d’en face, et par là même, passèrent devant le “ Supermarché plus gros que celui de Paris”.

Pour les attirer, le roi du négoce avait rajouté une pancarte qui indiquait désormais : « Les bonheurs d’en face sont arrivés ICI pour y rester toujours »

« Pour y rester toujours »… voilà qui était rassurant, et la foule investit la boutique !

Victor Saoulé, un large sourire aux lèvres,  respirait le bonheur …

 

 

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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 11:12
Fièvre, toux, asthénie, je crois que j'ai transmis à mon ordi mes maux! D'habitude ce sont mes mots qu'il est sensé retranscrire et non mes maux...et bien, non, il n'en fait qu'à sa tête! Il tousse et refuse de travailler: déconnections intempestives; il se chamaille avec la F...-box qui le prive d'adsl ! Grrrrrrrrr.....! Bref, j'espère que les traitements que je lui administre viendront à bout de sa mauvaise volonté!
J'ai pu néanmoins venir vous lire, entre deux déconnections et deux mouchoirs, et constater que deux bonnes élèves avaient rendu leur copie en planchant sur les acrostiches de Musset et Sand. Je les en remercie et leur décerne le "Prix de l'acrostiche réussi" !!
Il s'agit de
Nettoue qui a laissé son acrostiche dans les commentaires, un acrostiche style  "argot de Paname", très drôle!!
Violette-la-Dame- en-mauve
a également fait un acrostiche sur l'amitié qu'elle a mis sur son blog en relayant mon petit jeu! Un joli acrostiche dédié à ses lecteurs!
Pour les autres, sachez que vous pouvez encore participer si le coeur vous en dit: oui, oui,
Malou , Musset et Sand attendront ton retour, comme nous tous avec impatience!

Bonne journée à vous tous :-)







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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 00:51




  Jean-Marie Gustave Le Clézio, l'écrivain voyageur, le magicien des mots à la sensibilité à fleur de coeur est couronné par le Prix Nobel de Littérature!!
L'académie suédoise a décerné le prix à un  "
écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante".

Auteur prolifique, voilà quelqu'un qui peut se vanter d'avoir vendu beaucoup de livres en maintenant un haut niveau de littérature! Le Clézio, best-seller de la qualité !

L'écriture a depuis l'âge de sept ans toujours fait partie de sa vie, l'écriture comme un long voyage, une fuite derrière laquelle se cache sa liberté. Ecrivain de la solitude, du silence...

"Désert", "Le livre des fuites", "Le chercheur d'or", "La quarantaine", "Celui qui n'avait jamais vu la mer"...les livres qui m'ont le plus "touchée"...mais surtout "Onitcha", village en pleine brousse africaine que personne ne connaîssait sauf MOI pour en avoir foulé le sol rouge de latérite...comme lui! Mes pas dans les siens...

J'ai relevé dans divers entretiens ce que JMG Le Clézio pensait de l'écriture:

« C’est un peu contradictoire, mais c’est ça : écrire sans savoir où l’on va, en laissant les choses se faire d’elles-mêmes, sans aucun plan - même pour un essai ; écrire en jetant des phrases, en les regardant s’ajouter les unes aux autres et, ensuite, regarder la page, avec tous les blancs que l’écriture a laissé un peu partout - parce qu’une page écrite, c’est plein de blancs, c’est très curieux. Ça, c’est bien ; c’est laisser dériver le fil. »

"En fait, quand j’écris, je n’entends pas les bruits. Je peux écrire au milieu du vacarme, ça ne me gêne pas »

«L'écriture est la seule forme parfaite du temps.
»

«Ce qui me tue, dans l'écriture, c'est qu'elle est trop courte. Quand la phrase s'achève, que de choses sont restées au-dehors !
»

«Je n'ai jamais cherché que cela en écrivant : communiquer avec les autres.»

Et cette phrase-là que je trouve très, très encourageante!! :

«C'est en faisant semblant d'être écrivain qu'on le devient vraiment.»

Ouf, on peut continuer à faire semblant alors...le Prix Nobel est à notre portée !!!!



Joli week end à vous!


Et...n'oubliez pas mon petit jeu de l'article du dessous: essayez de "pasticher" Musset et Sand en créant votre acrostiche, à votre sauce à vous! ...enfin si vous avez un peu de temps pour jouer... :-)















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Published by Nickyza - dans Des livres et moi
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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 01:40



Petit jeu !

Alfred en pinçait pour George! Oui, vous savez Alfred de Musset...et George Sand, la note et la plume!...
Pour obtenir un rendez-vous galant, Alfred envoya un jour à George un poème codé, sous la forme de cet acrostiche-là! Plutôt osé pour l'époque, non?


Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,

Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?

Vous avez capturé les sentiments d’un cœur

Que pour vous adorer forma le Créateur.

Je vous chéris, amour, et ma plume en délire

Couche sur le papier ce que je n’ose dire.

Avec soin de mes vers lisez les premiers mots :

Vous aurez quel remède apporter à mes maux


Et bien George ne s'est pas démontée et voilà la réponse qu'elle lui renvoya:

Cette insigne faveur que votre cœur réclame

Nuit à ma renommée et répugne à mon âme 

(Mon Dieu, quelle sainte-nitouche!!)

Cette insigne faveur que votre cœur réclame
Nuit
peut être à l'honneur mais répond à ma flamme

  ( Bin dis donc, l'avait pas froid au...aux yeux, la dame, hein!)

Lors d'un atelier d'écriture hebdomadaire où l'on s'amusait beaucoup, on nous donna la consigne de faire un pastiche en "langage contemporain" de ce même acrostiche, un peu le langage de nos cités quoi!
Voilà quelle fut ma contribution:


Quand
je te balance que je te kiffe

Veux-tu en plus cent balles et un mars ?

Tu m’rends relou depuis le mois de Mars

Que même t’es bien mieux que la sniff !

Je te kiffe ma meuf, et mieux que ça.

Couche pas avec un autre mec ou

Avec mes cops on descendra :

Toi, surtout, sois jamais chelou !


Réponse de la belle:

Cette invite, ça me fait partir en slam

Minute, tu m’causes plus calme !


Voilà! Alors on aurait pu "pasticher" Musset et Sand dans un autre style...(argot par exemple...) 


Si vous avez le coeur à jouer, en cette période plutôt morose, n'hésitez pas à adapter votre style préféré! Je mettrai en ligne sur cette même page, à la suite,  vos acrostiches sûrement drôles et originaux!

Je rappelle la définition du mot ACROSTICHE donné par notre ami Wiki:

"L'acrostiche est un poème dans lequel les initiales de chaque vers, lues verticalement de haut en bas, composent un mot.


Pour finir en beauté et vous faire sourir un peu, en cette période de crise financière, voici le proverbe du jour:

"Mieux vaut mettre ses bourses en action que mettre ses actions en
bourse" !!

Messieurs, cogitez bien !!








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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 01:42



Un reflet dans le miroir

                Un souffle dans le couloir

                                      Un parfum très odorant

                                                          Silhouette s’enfuyant...


                                                          Ombre floue, ombre blanche

                                      Sous la lune qui se penche

                          Image évanescente

           D’un rêve éveillé

Petite flamme vacillante


Le vent t’a soufflée

                                        La nuit descend l’escalier




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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 02:12


*

 

 

L’absence nourrit les jours, les mois et les années
Elle vacille telle la flamme d’une bougie allumée
L’absence se fait toujours présence
Au bord de nos mémoires étanches
Elle tisse des regrets au lit de nos blessures
Et vrille nos cœurs au bord de la fêlure
Elle se veut murmure chuintant et lancinant
Qui accompagne nos pas dans la ronde du temps
Telle une petite voix qui résonne dans la tête
Elle se fait présence et joue les troubles fêtes
C’est un léger parfum qui s’impose et entête
Aux détours des pensées pour que l’oubli s‘arrête
L’absence est toujours là en présence évanouie
Veillant farouchement aux souvenirs qui fuient
Même si le temps a englouti
Les flots de larmes de l’âme meurtrie
Même s’il a su cicatriser
Les plaies d’un cœur trop malmené
Le temps n’a pu combler le vide
Laissé par une absence perfide
L’absence est toujours là campée à nos côtés
Même si elle se fait douce au fil des années
Tressant des habitudes sans plus nous tourmenter
Elle accroche des sourires à nos pensées fanées
Mais l’absence toujours persiste
Comme l’air de cette chanson triste
Qui telle une rengaine résiste
Et ressurgit à l’improviste
L’absence que l’on garde intacte
Parmi les souvenirs en vrac
Flotte légère comme un esprit
Bien à l’abri loin de l’oubli
L’absence que l’on n’efface pas
L’absence qui tente de combler
Le vide d’une présence là-bas
Qui rit sous le ciel étoilé.


* Toile de Van Gogh

 

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 02:17
 




Un “A” bien mis et bien chapeauté,

déambule parmi ses semblables

qui ne le voient pas,

le “A” n’étant que le reflet des autres qui l’entourent,

le “A” n’étant que le miroir

du monde alentour

 

Le “B”, dodu, bedonnant,

trimballe son bide en se bidonnant.

Il plonge son œil rond dans le “A”

qui reflète un “B” bien balourd,
qui en reste bouche bée.
Le B s'en va bégayant.
 

Le “O”, fermé et très réservé,

roule sa vie, toujours étonné.

Quand il vit “B” dans “A” reflété,

il ne put s’empêcher

de proférer des “Oh”

qui s’en vinrent en échos.

Ils s'en vont, rigolos,
Le A dans le B dans l'O
pour former mille mots
BOA, BAOBAB, BOBO



Petite comptine pour enfants pas sages...

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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 19:52





*

 

 

Un havre de paix où le calme règne en maître.

Sous un ciel bleu-marine, le Mont Aimé s’élève à 240 mètres, noyé sous la végétation. Une colline perdue au milieu d’une vaste plaine qui s’étend à perte de vue.

Un endroit qui fut stratégique aux temps moyenâgeux.

C’est là, que Blanche de Navarre, mère du comte de Champagne Thibaut IV, fit ériger un puissant château fort en 1210. De ce château ne restent que quelques vestiges, dont ceux du donjon, imposante et unique tour de six étages, qui s’élevait à 52 mètres de hauteur, surplombant les vignes et les plaines alentour en offrant une vision panoramique sur 40 kilomètres à la ronde.

 

Le Mont Aimé est un haut-lieu de l’histoire : en 1239, 183 cathares, pourchassés et jugés par les inquisiteurs, y ont péri sur le bûcher. Leurs cris de douleur résonnent encore sur les coteaux des environs…

Les légendes racontent qu’une cité souterraine cathare existerait, cachée dans les flancs du mont.

Plusieurs entrées de souterrains et de grottes, comblés par des éboulis et par la végétation, laisseraient à penser que les entrailles du mont seraient truffées de passages secrets…

L’on raconte que le Mont Aimé aurait été depuis des siècles un repaire d’hérétiques, un lieu saint d’où les « bougres » diffusaient leur doctrine dans tout le nord du pays, voire le berceau du catharisme d’Occident…

 

D’autres légendes parlent de trésor caché dans une ville souterraine qui se trouverait dans le ventre de la colline. Il est aussi question de sorcières aux forces maléfiques, de disparitions de promeneurs engloutis dans les souterrains qui de toute la région convergeaient vers le château, de diable qui chevauchait une jument, de la régente, Blanche de Castille, qui se rendait en cachette au Mont Aimé pour des rendez-vous galants avec Thibaut IV, le chansonnier…

 

Sans nul doute, le Mont Aimé est un lieu de mystères et de secrets mais personne n’a encore trouvé l’entrée de la cité souterraine…

Mais un lieu qui fait l’objet de tant de légendes, est un lieu où il s’est forcément passé quelque chose…Il n’y a pas de fumée sans feu !

 

 En 1815, le tsar de Russie, Alexandre 1er, a fait des pieds et des mains pour venir au Mont Aimé afin de fêter la déroute de Napoléon. Il arriva avec une armée de 350 000 hommes et 85 000 chevaux qui paradèrent dans la plaine qui s’étend au pied du mont. Ce fut une fête grandiose et…solennelle, à laquelle avaient été conviés empereurs, rois et princes, et qui ne pouvait se passer qu’au Mont Aimé car le tsar de toutes les Russies avait reçu une « inspiration » venue « d’en haut ». Encore une énigme…Comment le tsar de Russie avait-il eu connaissance de cette colline perdue ? Personnage mystique, - il se prenait pour l’élu de Dieu -, Alexandre 1er venait-il en pèlerinage, sachant que le Mont Aimé avait été durant plusieurs siècles un haut-lieu cathare ?

 

Quelques fouilles ont été entreprises sur le Mont Aimé, dans les années 1970, par une équipe de bénévoles, mais jamais par un organisme officiel, donc elles ont été arrêtées, faute de moyens suffisants…

Elles ont permis de découvrir quelques vestiges de l’ancien château des comtes de Champagne, et quelques galeries que l’on n’a pas pu creuser bien loin. Toute la partie méridionale du mont n’a jamais été étudiée ni fouillée…Peut-être se trouve là l’antique ville, la fameuse cité cathare ?...

Le Mont Aimé n’est que classé comme site protégé au titre de l’environnement… Devrons-nous attendre longtemps encore que d’autres fouilles plus importantes soient consenties ? Sûrement…à moins qu’un jour le mont soit enfin classé en site historique ! Malheureusement, le ministère de la culture n’a jamais jugé bon de donner suite à cette demande, prétextant l’inconsistance des témoignages historiques et le peu de vestiges du Mont Aimé…

Le peu de vestiges…bien sûr qu’il y a peu de vestiges, puisque l’on n’a pas de moyens pour continuer les fouilles…La cité souterraine restera donc un mystère !

 

Toujours est-il qu’il règne sur ce mont une atmosphère mystérieuse…Lorsque l’on s’aventure au gré des chemins envahis par la végétation, on s’attend toujours, à chaque pas, à tomber dans quelque chausse-trappe…qui mènerait tout droit à l’entrée de la cité antique !

Et quand la bise légère frémit dans les arbres, on croit entendre les fantômes du Mont Aimé qui ont tant à raconter !

Je m’y suis encore baladé sur le Mont Aimé, pas plus tard que Dimanche dernier, et j’en ai rapporté quelques photos pour vous les faire partager !




Le Mont Aimé vu de la plaine.




Une des entrées de l'ancien château...


 Une partie du fossé qui faisait à l'époque 18 mètres de large et qui entourait le château.


 

 

Un passage...qui ne mène pas bien loin...




Les vestiges du donjon, tour de 52 mètres de hauteur et de six étages.




Le trou de l'ancien donjon et une ouverture...fermée par des éboulis...Où pouvait-elle mener?



Apparemment, la place du château...




La vue sur les plaines alentour depuis la place du château: imaginons cette vue depuis le 6ème étage du donjon!



La ballade se termine : vue prise au milieu des vignes, en redescendant du Mont Aimé!

Une bien jolie balade, sous un temps très ensoleillé!


* Le château fort des comtes de Champagne en 1412, sur le Mont Aimé : dessin de Claude Chastillon exécuté en 1590

 

Pour en savoir plus sur le Mont-Aimé, il vous faut lire (malheureusement, il me semble que ces livres sont épuisés...) "la Champagne mystérieuse" d'Alexandra Schreyer ainsi que l'incontournable ouvrage d'Odile François 'Le Mont-Aimé"

 

 

 

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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
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  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

Bienvenue !


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"Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu." (Jules Renard)

"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)


 "Ce sont les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)

"Comment se tue en nous l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale." (Sainte-Beuve)
 

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Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme." (Douglas MacArthur)


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