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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 17:30







Je ne suis pas un emmerdeur. J’ai juste un caractère ! De la personnalité, quoi !

On me nomme « Chamallow », mais il ne faut pas trop vous y fier, je ne suis pas de la guimauve, même si je suis plutôt doux, je ne me laisse pas toujours faire et j’ai souvent le dernier mot !

Néanmoins, je passe plutôt pour un animal de compagnie sans histoires.

J’ai l’habitude que l’on me procure des caresses, quand je l’ai décidé et que j’en ai envie, et que l’on s’extasie sur mes beaux yeux verts.

Lorsque je vais vers les gens, on m’accueille toujours avec plaisir. Mes maîtres ne peuvent se passer de moi et j’ai une place de choix à la maison. Il faut bien dire que j’ai une conduite irréprochable, mise à part un peu d’irritabilité parfois.

Je passe mes journées à me promener dans les jardins environnants et j’apprécie tous les voisins qui me le rendent bien.

 

Sauf un seul, qui me reçoit à coups de balai et qui me voue une haine indescriptible.
Le voisin du jardin de droite.

 

Ma première intrusion timide, alors que j’étais très jeune encore, me valut des réflexions désobligeantes, voire insultantes.

« Ne touchez pas à « ça » les enfants, c’est sale et méchant et ça chaparde ! Si vous le caressez juste une fois, on ne pourra plus s’en débarrasser et il envahira la maison et nous apportera ses puces et ses microbes ! »

« ça », c’était moi…le sale méchant plein de puces ! Vexant comme accueil, non ? Surtout que les paroles furent accompagnées de courses- poursuites et de hurlements de guerre propres à effrayer même un lion.

Or je n’étais pas un lion agressif, juste un joli chaton noir qui rentra à la maison en tremblant de tous ses membres.

Même ma maîtresse qui avait tout entendu de l’algarade fut surprise, voire outrée par un tel comportement.

 

Je suis buté et lorsque j’ai un truc ancré dans la tête, rien ne me fera changer d’avis. Je suis donc retourné dans le jardin du mauvais coucheur.

On l’appelle comme ça à la maison ; c’est son nom.

Je voulais juste leur montrer que je n’étais pas la bête sauvage qu’ils croyaient, je voulais juste que l’on m’accepte comme un charmant compagnon de jeux.

Bravant l’interdiction formelle de son père, la petite fille m’a cajolé. Ce fut plus fort qu’elle devant mes travaux d’approche : je l’ai séduite !

Quand le mauvais coucheur a vu ça, il s’est mis à hurler, il s’est emparé de moi avec brutalité et il m’a jeté de toutes ses forces pardessus le mur mitoyen comme un vulgaire projectile. J’ai atterri dans mon jardin à moitié assommé.

 

Mes autres incartades se sont soldées par des coups de balai à en faire craquer mon pauvre dos. Le mauvais coucheur m’a même cassé une côte qui depuis pointe et effraye mes maîtres à chaque caresse. Ils se demandent comment cela a pu m’arriver…mais n’ayant pas la parole, je n’ai jamais pu leur expliquer…Cela dit, je sais que ma maîtresse n’est pas dupe…

 

J’ai attendu tout l’hiver pour me venger.


Aux premiers jours chauds du printemps, j’ai guetté les fenêtres ouvertes sur l’air doux.

Je me suis assuré que le mauvais coucheur et sa famille étaient sortis pour quelques courses et j’ai sauté sur le toit de leur véranda.

Puis je me suis introduit dans la maison par la fenêtre de l’une des chambres.

 

Sur le joli dessus de lit aux couleurs claires, j’ai déposé un loir à moitié dépecé que j’avais pris soin d’emporter juste pour eux après une chasse mémorable.

J’ai déterré la jolie plante verte du salon en prenant soin d’éparpiller la terre sur toute la moquette blanche.

J’ai emporté le poulet prêt à cuire, qui reposait dégoulinant de graisse dans un plat près du four, dans la baignoire où je l’ai dégusté en en suçant chaque os, laissant la charpie en décoration.

J’ai déroulé un rouleau de papier WC dans tous les escaliers : quelle franche rigolade !

Jai donné des coups de pattes bien griffues sur le canapé en cuir noir et sur les rideaux de soie blanche sur lesquels je me suis accroché pour faire un peu d’escalade.

J’ai joué avec la collection de petits verres en cristal que j’ai fait rebondir sur le carrelage de la cuisine.

J’ai éparpillé toutes les feuilles des dossiers bien rangés sur le bureau de Monsieur et renversé l’encrier d’un coup de queue.

Avant de partir,  j’ai fait caca sur le paillasson de l’entrée et secoué toutes mes puces.

 

Le mauvais coucheur pourra clamer dorénavant que je ne suis pas fréquentable !



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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 03:33



                                                    *


Le soleil est chaud en cette fin d’après-midi de printemps. Le petit parc ombragé renaît et bruit au sortir de l’hiver.
Les allées retentissent de cris d’enfants qui courent et jouent.
Les canards s’ébattent dans leur mare et attirent les bambins qui tentent d’échapper à la surveillance de leurs mères.
Celles-ci, tout en gardant un œil vigilant sur leur progéniture, bavardent entre elles, discutant de la  varicelle du petit dernier, du prix du beurre qui a encore augmenté.
Elles sortent les goûters soigneusement emballés dans le papier d’alu, elles grondent, elles appellent, elles soufflent sur les bobos, elles essuient les becs dégoulinants de chocolat, elles s’esclaffent…

Le petit parc frémit d’animation joyeuse !

Au milieu des arbres, près de la fontaine, une vieille dame est assise sur le vieux banc de bois tout moussu.
Elle a pris soin de déplier un grand mouchoir blanc qu’elle a consciencieusement étalé sur le banc pour ne point salir sa jupe claire, puis elle s’est assise.
Les vieilles dames sont toujours méticuleuses et toujours prévoyantes. Elles ont horreur des tâches, et inspectent toujours l’endroit où elles vont s’asseoir, surtout lorsqu’il s’agit de bancs publics.
Les gens ne respectent rien. Ils posent leurs chaussures crottées sur les sièges et en salissent le bois. Ils se fichent du promeneur qui viendra s’asseoir là.
 
La vieille dame est donc installée depuis un petit moment déjà.
Elle regarde à droite, à gauche…Elle scrute les enfants qui sont en train de jouer, elle écoute les observations de leurs mères.
Sur ses lèvres, flotte un sourire vague.
De temps en temps, elle marmonne entre ses dents, secoue la tête d’un air distrait.

Machinalement, toutes les secondes, elle arrange une mèche de ses cheveux qu’elle coince dans son petit chignon strict. Elle caresse le camée qu’elle porte en broche sur le col de sa veste et dénoue un peu son foulard.
Elle lève la tête et regarde le soleil qui joue dans les branches. Elle est bien, là… Elle respire à pleins poumons l’air si doux, elle profite de l’animation…ça la change des mornes journées d’hiver qui la forcent à rester enfermée chez elle …
Dans quelques minutes, elle se poussera sur le banc, là un peu vers la gauche, car elle jugera qu’elle est trop au soleil…c’est pas bon le soleil pour la peau…

Elle observe deux enfants en train de se chamailler. Elle regarde sa montre, jette un regard alentour, et lève la tête vers le ciel.
Elle semble attendre quelqu’un ou quelque chose…Elle s’impatiente.

A ses pieds, un sac Monoprix est avachi. Par moment, elle s’assure de sa présence en le touchant du bout des doigts…puis elle reprend son observation, à droite, à gauche.

Elle regarde à nouveau sa montre, puis se penche sur le sac en plastique qu’elle a gardé à ses pieds. Elle le saisit et le pose sur ses genoux .Elle l’ouvre et en sort quelques quignons de pains qu’elle effrite doucement entre ses doigts et qu’elle disperse autour d’elle.

Aussitôt et en un temps plus court qu’il ne faut pour le dire, une nuée de pigeons s’est abattue sur la vieille dame.
Les volatiles se goinfrent du pain offert.
La vieille dame veille à ce que chacun ait sa part, repoussant les trop gourmands, donnant la béquée aux plus timorés, appelant l’un ou l’autre par son petit nom…c’est qu’elle les connaît bien ses petits protégés !
Tous les jours, à la même heure, elle a rendez-vous avec eux.
La distribution faite, elle les regarde avec un sourire de satisfaction sur les lèvres.
Tous les enfants du parc se sont précipités près de la fontaine pour assister au spectacle.
Leurs cris n’effraient nullement les oiseaux qui continuent leur festin.
Autour d’elle, la vieille dame a une nuée d’enfants et une nuée de pigeons. Elle est au centre de l’événement…Tournez, manèges ! Elle en a le tournis, mais elle est heureuse de tant d’agitation.
Elle répond aux questions, hoche la tête, et sourit aux rires des enfants.

Dans quelques instants, tout ce beau petit monde se sera envolé, enfants et pigeons car le temps va commencer à fraîchir, il faudra songer à rentrer…aussi profite-t-elle du moment… C’est le meilleur instant de sa journée, celui qu’elle attend chaque jour.
Demain, et tous les jours jusqu’aux premiers frimas de l’hiver, elle sera là, au même endroit et à la même heure.

Ce matin, en prenant son chicorée-café, elle lit les gros titres du journal local. L’un d’eux attire son attention.

« La prolifération des pigeons dans la ville de X a entraîné une série d'actions menées par les services municipaux et des intervenants extérieurs afin de limiter les nuisances causées par ce volatile. Parmi ces actions visant à éliminer les oiseaux, la capture par pièges a été retenue et débutera dès aujourd’hui. »

La vieille dame tourne son regard vers la fenêtre et soupire. Dehors, il pleut.

Elle brandit son parapluie, la meilleure des armes de défense aujourd’hui, et se dirige à grands pas décidés vers le petit jardin public!



* Toile de Jean-Louis Frivel



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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 15:30








Le premier jour, elle a emballé ses effets personnels dans des boîtes, des malles et des valises... Le deuxième jour, les déménageurs sont venus pour les emporter...
 
     Le troisième jour, elle s'est assise pour la dernière fois dans leur salle à manger, et à la lueur des chandeliers, bercée par une douce musique de fond, elle s'est fait un festin de crevettes, de caviar et de champagne.
 
     Lorsqu'elle a terminé son repas, elle est allée dans chacune des pièces de la maison et a déposé, dans le creux des tringles à rideaux, quelques crevettes qu'elle n'avait pas mangées. Elle a ensuite bien nettoyé la cuisine, et quitté la maison.
 
     Lorsque son mari et sa nouvelle petite amie sont revenus s'installer à la maison, ils ont filé le parfait amour durant les premiers jours.
Puis, lentement, la maison a commencé à sentir mauvais. Ils ont tout essayé : nettoyer, récurer, frotter, cirer, aérer... En vain.
 
     Ils ont alors fait vérifier les conduits d'aération, afin de s'assurer qu'il ne s'y trouvait pas de cadavres de rongeurs en putréfaction. Tous les tapis, moquettes et tissus muraux ont été nettoyés à la vapeur, et des purificateurs d'air installés aux quatre coins de la maison.
 
     Comme l'odeur persistait, le mari et sa petite amie sont partis quelques jours à l'hôtel, le temps qu'une entreprise d'extermination vaporise des produits anti-bestioles dans toute la maison.
Lorsqu'ils sont revenus l'odeur était toujours là.  Ils ont alors décidé de faire remplacer les tapis et moquettes, pour une somme faramineuse.
Et l'odeur a persisté.
 Leurs amis ont cessé de venir leur rendre visite, le facteur faisait un détour et oubliait de leur distribuer le courrier, la femme de ménage a donné sa démission... Finalement, incapables d'endurer la pestilence, ils ont décidé de déménager dès que la maison serait vendue.
 
     Un mois plus tard, et bien qu'ils aient réduit leur prix de vente de moitié, ils ne trouvaient toujours pas d'acheteur pour leur maison puante. Le mot était passé, et même les agents immobiliers ne répondaient plus à leurs appels.
En dernier recours, ils ont emprunté une importante somme d'argent pour pouvoir acheter une autre maison.
 
     L'ex-épouse de l'homme lui a téléphoné, histoire de prendre de ses nouvelles.
Il lui a raconté la saga de la maison puante. Elle l'a écouté poliment, puis lui a dit qu'elle s'ennuyait terriblement de cette maison, et qu'elle serait prête à accepter de réduire ses demandes dans leurs négociations de divorce si elle pouvait récupérer la maison...
 
     Sachant que son ex-épouse ne pouvait s'imaginer à quel point les odeurs de la maison étaient pestilentielles et insupportables, le mari voulut bien lui céder la maison pour le dixième de sa valeur réelle, à la condition qu'elle signe les papiers le jour même.
Elle accepta et, dans l'heure, les avocats de l'ex-mari lui envoyèrent les papiers.
 
     Une semaine plus tard, l'homme et sa nouvelle petite amie affichaient un sourire narquois en regardant les déménageurs emballer toutes leurs affaires et les déménager dans leur nouvelle maison. Tout, absolument tout.
 
Y compris les tringles à rideaux...!!!!



Amusante cette histoire-là, non ?! Vous l’avez peut-être déjà lue car elle tourne sur le net…
C’est une amie qui me l’a envoyée, et j’ai voulu la partager avec vous, au cas où vous ne la connaîtriez pas…

J’ai adoré la…chute !!

Vengeance typiquement féminine… !
Il fallait y penser :-)
Astucieux et…terriblement drôle ! Enfin…ça dépend pour qui !




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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 15:24





L igne d’horizon

A u crépuscule des mots

 

C averne aux trésors

A ntre bien étrange

V irtuelle expression

E léxir de passion

R onde des mots en

N uits blanches étoilées

E n farandoles endiablées

 

D ivin partage

E nsorcellement

S ucrés breuvages et

 

M ixtures de mots

O nde de l’encre

T oujours sympathique

S onnez amis et entrez bien vite !




Cet acrostiche a été écrit pour un petit jeu sympathique qui tourne en ce moment dans la blogosphère...un tag...mais ceci n'est pas à proprement parler un tag...c'est un jeu d'écriture tout simplement... ça fait travailler les méninges et ça pousse à créer des trucs qu'on n'aurait pas forcément imaginés, sans y avoir été poussés...Ce petit jeu m'a vivement intéressé, c'est pourquoi j'ai répondu volontiers à l'invitation de Lmvie.:-)
Il s'agissait, comme vous l'aurez compris, d'imaginer un acrostiche avec le titre de son blog...
Alors si ça vous dit de participer aussi, vous y êtes chaleureusement conviés!


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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 02:39




                      *


 Il restait là, prostré, dans la pénombre de la pièce, seul, abandonné de tous, avec pour seule compagnie les couleurs de ses toiles et son chat efflanqué qui miaulait.

Un rictus amer s’affichait sur son visage émacié.

 

Il regardait ses toiles étalées à même le sol, ses toiles qui recouvraient les quatre murs de sa chambre de bonne, vestiges d’une vie…enchevêtrement au creux de ses vides…seules véritables preuves de son passage ici-bas.

Des tubes de peinture, percés, jonchaient le sol au milieu d’un fatras de paperasse abandonnée.

Des vêtements sales et déchirés s’amoncelaient sur une vieille paillasse maculée de tâches. Des sacs poubelles, éventrés aux quatre coins de la pièce, vomissaient leurs ordures aux relents pestilentiels.

 

Il détourna son regard du capharnaüm, et s’approcha de la fenêtre entrouverte. Les volets, à moitié fermés pour garder un peu de fraîcheur, laissaient entrevoir la rue en contrebas.

Dehors, l’air irrespirable semblait avoir plaqué au sol toute vie existante ; les passants avaient déserté le macadam surchauffé et la rue, à cette heure habituellement si bruyante, renvoyait un silence étouffant.

La canicule exceptionnelle qui régnait ce jour-là, le faisait suffoquer. Il s’affala dans un fauteuil au cuir éclaté, son chat sur les genoux.

 

Il était si las… trop las pour lutter encore ; il n’était plus qu’un vieil homme fatigué de la vie qui l’avait tant malmené.

Il avait tout sacrifié pour son art, pour arriver à se faire un nom, persuadé que son don allait révolutionner le marché.

Il avait abandonné femme et enfants qui l’empêchaient de gravir les marches de la gloire. Pas de boulet au pied qui aurait risqué de ralentir son ascension vers la réussite imminente !

Il n’avait qu’un seul but : tout piétiner sur son passage, sans égard pour autrui ; il ne voulait aucune entrave sur le chemin qu’il s’était tracé. Pas de sentiment, aller de l’avant, coûte que coûte, pour un jour être connu et reconnu ; telle était ce qu’il croyait être la recette de la réussite !


Mais c’est une lente descente aux enfers qui, en fait, l’attendait au virage…

Il s’est mis à jouer les rôles de salopards, de putes et de magouilleurs, influencé par des relations peu recommandables. Il trempait dans des situations peu reluisantes, espérant toujours arriver à ses fins.


Il prenait la nuit pour le jour, rentrant au petit matin, éreinté de ces heures de beuverie, de luxure.

Il cuvait la journée le vin amer de ses nuits, incapable, la plupart du temps, de peindre la moindre toile.


Dans le giron de la nuit, il sut se faire quelques relations intéressantes parmi des artistes et des galeristes qui lui donnèrent sa chance en lui permettant d’exposer les quelques œuvres qu’il avait réussi à créer, certains jours de lucidité ; opportunités qu’il n’avait jamais su saisir au bon moment.

Jamais son talent, si talent il y avait, ne déclencha, parmi l’intelligentsia,  l’once d’admiration tant espérée …pas même le plus petit intérêt ! Les rares toiles qu’ils vendaient, après d’âpres négociations, lui rapportaient peu, juste de quoi manger son pain quotidien, juste de quoi vivre au jour le jour, avec quatre murs autour de sa misère.


Mais l’homme restait fier malgré sa profonde solitude. Il n’aimait personne et ne voulait n’avoir aucun compte à rendre à quiconque. Pas d’amis véritables à qui confier ses peines, une vie de mascarade, de grand carnaval où quand les flonflons du bal se taisent au petit matin, il ne reste que les larmes pour pleurer des regrets…il ne reste que l’amertume qui laisse aigri.

A l’aube du grand âge, il n’était plus qu’une pauvre marionnette blessée, abandonnée et oubliée de tous.
Pire, il était frustré par ce don que personne n’avait jamais su reconnaître en lui. Peut-être qu’après sa mort, on reconnaîtrait son génie…

Il ferma les yeux, pour oublier tout le mal que lui faisaient ces souvenirs qui remontaient soudain à la surface.

 

                                                  ********

 

C’est par une journée étouffante, un été de canicule, que l’on trouva un

vieillard, mort dans un taudis. Son chat miaulait à rendre l’âme, ameutant les voisins de palier.


On enroula le corps dans une vieille couverture et on le déposa à la morgue. On attendit en vain que la famille se manifeste. Seule la canicule restait au rendez-vous.

Personne ne réclama jamais le corps abandonné : l’homme semblait seul au monde…

Alors, on l’enterra avec d’autres inconnus, ignorés, anonymes.

Le président de la République assista en personne aux funérailles et l’on rendit un hommage national à ces victimes délaissées jusque dans la mort.

 

« Si c’est pas malheureux d’abandonner ses vieux…de les laisser mourir tout seuls, sans assistance ! Quel scandale de nos jours ! » S’écria un témoin.

 

La presse enfonça le clou, titrant en gros et en large, pointant la plume sur ce monde sans pitié, sur l’indifférence du genre humain quant à son prochain.

 

Quelques mois plus tard, devant un bataillon de tombes nues et froides, une femme, la cinquantaine, pleure doucement, agenouillée sur l’une d’entre elles.

 

« Papa, pourquoi ?
Pourquoi n’as-tu jamais voulu prendre la main que nous t’avons toujours tendue ? Nous avions tant besoin de toi… Pourquoi nous as-tu abandonnés ?
Pourquoi nous as-tu toujours rejetés ?… »





* Acrylic "Barbu-chapeau" de Val



 

 

 

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 04:01



   *



Lorsque la lune d’or soupire là-haut,

Il joue ses accords sur la clé de mon dos

Il joue contre ma joue des mots forts et doux

Dont même les oiseaux dans les nids sont jaloux

Sur son violon il joue des notes d’amour

Ses doigts légers volent jusqu’au point du jour

Il joue sur la corde de mes émotions

Des rimes jusqu’aux rives de la passion

Ses mains qui effleurent le clavier de mon corps

Font frémir de plaisir mes sens en accord

Les touches du piano chantent des soupirs

Qui frisent l’alto aux franges du désir

Les sons mélodieux de sa mandoline

Soufflent des pépites sur mes nuits câlines

Puis mon Valentin se met à jouer du cor

Je danse avec lui et le rejoins au port

Je suis Valentine sur Valentin qui dort

La lune, le soleil, mêlés à l’aurore.



* acrylique sur toile de Pierre Marcel


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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 00:35






Recette de l'amitié:

Un peu de disponibilité
Un zeste de tendresse
Une pincée d'écoute
Et beaucoup de sincérité.





Voilà ce que je viens de recevoir: c'est joli non?
Pour moi, ce n'est pas un tag (vous savez ces trucs que je n'aime pas en général!!!), non, non, c'est un vrai cadeau que je prends comme tel et qui me touche beaucoup venant d'une personne aussi sensible et sincère qu' Oxygène...Aussi je ne peux refuser un tel geste qui vient du coeur et ce mot "Amitié" qui résonne dans le mien!

Merci fidèle Oxygène :-)
L'ennui dans ces jeux-tags ( meuh nan, c'est pas un tag!!), c'est qu'il ne faut pas rompre la chaîne...et choisir 7 personnes, à son tour, pour renvoyer l'image et pour
faire que le mot AMITIE se propage dans les couloirs de la blogosphère...Et 7 personnes...mais ce n'est pas assez!!! C'est un jeu cruel, finalement...comment choisir?
Haaaaa que je n'aime pas ça...
Moi, j'aimerais envoyer ce joli signe d'amitié à tous les blogopotes qui sont dans ma liste de favoris que vous voyez dans la colonne de droite...
En y réfléchissant bien...avec mes neurones de blonde...je me dis que si la chaîne d'amitié n'est pas interrompue...et bien finalement, grâce un peu à ma petite contribution, ceux que je n'aurai pas cités aujourd'hui...et bien finiront par recevoir ce signe d'amitié quand même!! Voilà!
Ouf, je culpabilise moins ainsi, héhé! Et puis...le meilleur signe d'amitié n'est-il pas les visites sincères que l'on fait par plaisir aux amis que l'on aime lire?
Et ne mesure-t-on pas l'attachement de ces amis-mots aux coms que ceux-ci laissent régulièrement à chaque édition de nouvel article? Ces visites fidèles sont de vrais témoignages d'amitié et font tellement plaisir, merci!

Alors...le moment délicat est arrivé...(oui, oui Nicky...faut que tu te jettes à l'eau...)
Je vais nommer 7 amis parmi...tous mes autres amis...
Et je nomme:

Quichottine, Nettoue, Lmvie, Hirondelle, Marail, Urga, Angel... ... .......................

( les points de suspension...vous les voyez?...ce sont tous les autres noms que je cite dans ma tête!)





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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 15:11






J’ai les mots du Dimanche

Qui jaillissent et s’épanchent

J’ai les mots-rires

Qui étouffent puis fusent en gerbes d’artifice

J’ai les mots-soupirs

Qui soufflent au vent mauvais

J’ai les mots-canon

Qui se cognent à d’autres comme des nions

J’ai les mots-bidons

Qui se coulent sans façons

J’ai les mots-gamelles

Qui se ramassent à la pelle

Bouts de ficelle qui s’emmêlent

Pêle-mêle

J’ai les mots-confettis

Des mots graffiti

Sertis de couleurs qui volent vêtir

Les mots-ballons

Qui s’éclatent à l’horizon

J’ai les mots-douceur

Qui voltigent en plein cœur

J’ai les mots-cascades

Qui cavalent sur des vagues

J’ai les mots qui se font

Colliers de perles précieuses

Farandoles frivoles

Qui dansent en transes

Des mots, des mots, des mots

Qui franchissent les lignes

Pour fleurir des cases

En dehors des marges

Pour rejoindre le large

Des mots qui parfument la page

Des lendemains sans âge

Des mots calqués d’images

Pour d’interminables voyages.







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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 02:48




                                                Haïku :






La pluie coule des larmes


                         Chagrin de l’âme


                                        S’éteint la flamme




 

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Published by Nickyza - dans Haïkus
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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 16:20



                                   
                                         L'îlôt Bayi et le Mont Dore.

 

 


Je ne suis pas vahiné

Juste une femme en métropole

Qui survole le lagon vert

Juste en rêves colorés

Qui survole, qui survole

La Calédonie si fière.

 

Si fière de m’avoir piqué

Mon fils combien adoré

Qui vit là-bas loin de moi

Une vie pas compliquée

Loin des neiges et frimas froids

Sur son lagon tant aimé.

 

Je rêve de ces beaux rivages

Au sable blanc de ces plages

Aux poissons multicolores

Qui me narguent et qui honorent

Le Caillou tant convoité

Par un fils qui l’a gagné.

 

Cette île paradisiaque

A pris le cœur de mon fils

Et provoque des ressacs

Dans le mien comme précipice

Si cette île était plus proche

Si cette île était très moche…

 

Je plonge mes yeux chagrins

Dans ce lagon enchanté

Pour supplier les poissons

De m’emmener là-bas loin

Dans les coraux colorés

Dans les bras de mon fiston.

 

Au cœur des plantes tropicales

Dans les jardins de coraux

Je vais apprendre à l’aimer

Cette île de vie idéale

Je prendrai tout c’qui est beau

Pour la nuit encore rêver…

 

Et me rapprocher de lui

En l’imaginant réjoui !

Oui, sur le dos des poissons

Je nagerai à l’unisson

Avec le grand requin bleu

Dans ses lagons merveilleux.




Ce texte, que vous avez déjà été nombreux à lire, a été écrit tout spécialement pour les "Parchemins de Bigornette".
L'image que Bogornette avait publiée sur son blog et qui en était le thème, m'a inspiré les lagons lointains de Calédonie où...un peu de mon âme est restée là-bas... 

Au-dessus, une photo que j'ai prise moi-même d'une journée passée sur l'îlôt Bayi, en face du Mont Dore, lors de mon séjour en 2006...

La voile rouge que vous voyez partir est celle du kite-surf de mon fils :-)) 
Ce fut une bien jolie journée qui s'est terminée par... un violent orage, peu après un des plus magnifiques couchers de soleil que j'ai jamais vus ailleurs!!





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Présentation

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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
  • Je suis… Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

Bienvenue !


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Au Grenier Encore Des Livres

Mes textes sont protégés

 

 

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Mon recueil de nouvelles :

" Petites histoires et autres fariboles en terres de Champagne "

 à commander ici 

 

 

        Pub Fariboles1

Pages

Et les minutes défilent

Quelques citations...


"Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit." (M. Duras)

 

"Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu." (Jules Renard)

"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)


 "Ce sont les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)

"Comment se tue en nous l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale." (Sainte-Beuve)
 

 "Créer c’est vivre deux fois." (Albert Camus)

 "On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.

Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme." (Douglas MacArthur)


"La vie ressemble à un conte ; ce qui importe ce n’est pas sa longueur, mais sa valeur." (Sénèque)


"La vie est finie quand tu ne surprends plus personne." (Coluche)

"L’indifférence est une paralysie de l’âme." (Anton Tchekhov)








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