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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 18:34




Avion






Bref arrachement du sol.

Le dos se plaque contre le dossier.

Le cœur se soulève.

La carlingue tremble de tous ses fers.

L’oiseau de métal s’élève dans le ciel.

 


Les yeux suivent éperdus les dernières couleurs du lagon au travers d’un hublot à la vitre crasseuse.

Les camaïeux de bleus se fixent au fond de la rétine puis noient le regard de vagues salées.

L’océan avale le lagon.

J’avale mes larmes.


L’île n’est bientôt plus qu’un petit caillou, perdu au milieu du Pacifique.

Un tout petit caillou qu’un épais rideau de nuages finit par engloutir.

 

L’avion entame sa course pour suivre le soleil de l’hémisphère sud à l’hémisphère nord.

Trente longues heures de vol, prisonnière à  l’intérieur du ventre de l’oiseau qui m’éloigne chaque seconde de plus en plus du Caillou.

J’ai bien songé sauter par le hublot…mais je suis une fille raisonnable…


Je ferme les yeux et laisse défiler les images du paradis.

Je reste à l’heure calédonienne alors que nous filons vers Paris, perdant une heure à chaque fuseau horaire traversé…histoire de vivre encore au rythme de la vie kanak et de suivre minute par minute ceux que j’ai laissés là-bas.

Etre là et ne plus y être…Exister entre deux mondes, ballottée en plein ciel.

 

Roissy Charles de Gaulle. 5 heures du matin. Nuit noire. Pluie glacée.


L’air sent mauvais : ça pue. Les gens font la gueule et courent vers leur vie insensée.
 

Le rêve est terminé.


Moi aussi, je suis revenue dans la réalité. Moi aussi j’ai fait la gueule. J’ai sauté dans mon corps de citadine. J’ai réintégré le quotidien à vive allure ; balancé les claquettes et les paréos et sauté dans mes bottes et mon manteau.

Noël est bientôt là ! Les rendez-vous suspendus pendant cinq longues et trop courtes semaines m’ont engloutie sous les paperasses et autres plaisirs quotidiens.

 

 Plus question de planer entre deux mondes : je vis de nouveau à cent à l’heure…notre lot à nous Z’aut, les Zoreilles de Métropole…comme ils disent sur le Caillou !

 

Mais vous savez quoi ? Même en décorant le sapin, j’étais encore là-bas.
Ce n’était pas un sapin que j’enguirlandais, mais un cocotier…celui qui m’abritait de ses palmes, là-bas sur les plages de sable blanc de mon îlot désert. Et ce n’est pas des guirlandes dorées que je déposais sur les branches, mais des branches de palétuviers…




Mon cocotier 




Car la Zoreille Nicky, elle continue à plonger dans sa bulle, même au milieu du tumulte environnant, et à faire défiler les images-souvenirs qu’elle vous fera bientôt partager quand elle sera descendue de son cocotier !


Je ne vous oublie pas, ho non…juste besoin de reprendre mes marques, de trier mes photos, de jouer les mères Noël.


Merci d’avoir été là, au creux de vos messages…vous voyez, je suis revenue…même si je foule encore le sable du Caillou magique !

Juste le temps…le temps de reprendre un certain rythme et de ne plus confondre neige et sable blanc…

 







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commentaires

l'hirondelle 02/01/2010 17:48


Voyage inverse pour moi. Mon coeur est resté en france. Bisous Nicky.


Nickyza 04/01/2010 01:32


Je sais ce que tu peux ressentir, Armelle...Ne sois pas trop triste...Le quotidien va vite te remettre dans le bain...et le mois de marathon que tu viens de passer, te
laisser sur le carreau!! Bon courage, Hirondelle de Kanaky, je pense à toi :-)


Quichottine 22/12/2009 21:29


Juste un merci, aussi, pour cela, c'est déjà fait, mais pour m'avoir accompagnée samedi soir...

C'était si bien de pouvoir échanger avec toi après le spectacle...

Tu imagines, si c'était vrai ?

Je t'embrasse et te souhaite... tout plein de choses.
Passe un beau Noël, Nickyza.


Nickyza 23/12/2009 13:23


Oui j'imagine très bien notre "after-spectacle", Quichottine! On serait allées dîner dans un ptit bistrot. On se serait attablées, en silence et en sourires, juste le
temps que la magie s'envole peu à peu pour doucement nous laisser attérir, puis nous aurions parlé, parlé, parlé...des mots et encore des mots jusque tard dans la soirée!
Oui, oui j'imagine très bien
Mais qui sait un jour...une soirée dîner-spectacle réunira peut-être quelques aminautes sensibles...qui sait?

Je te souhaite aussi un excellent Noël, ma Quichottine, doux, doux, doux!


Iris 20/12/2009 22:17


Et voilà, tu es de retour en métropole mais ta tête est toujours tournée vers cet ailleurs... et tu dois avoir l'étrange impression que ce voyage n'était qu'un rêve... un rêve qu'il serait si doux
de revivre... surtout en ce temps hivernal où le givre s'infiltre insidieusement dans les vêtements...

Bon retour parmi nous... je vois que toi aussi, la nouvelle calédonie t'a emboucanée... cet enchantement est persistant, méfies toi !!! ^^
 


Nickyza 21/12/2009 00:43


Coucou Iris!
Ce n'était pas mon premier voyage, mais c'est vrai qu'à chaque fois je suis ensorcelée par le Caillou...Quelle qualité de vie...et quelles merveilles pour les yeux! Difficile d'attérrir en
effet!
Gros bisous


Tabellarius 19/12/2009 10:01


T'chao Nicky,

Heureux de ton retour mais je comprends que tu aurais préféré rester la bas sur ton caillou....
Tu n'as pas choisi le bon moment m'enfin je t'envois des bisous pour te rechauffer.
Bon wk


Nickyza 19/12/2009 16:51


Bon, ici on a le Champagne pour se réchauffer!!ET puis la neige à Noël, c'est féérique...C'est autre chose que Noël sur le lagon, c'est sûr!!!! Le Père Noël là-bas
arrive en kitesurf et en maillot de bain !!!
Plein de bisous le Tab'


fanfan 18/12/2009 20:42


le retour est dur  quand on quitte ces lieux paradisiaques et ceux qu'on aime! bon courage  pour  reprendre la vie quotidienne; bisous


Nickyza 18/12/2009 22:58


Disons que l'on plane pendant plusieurs jours et que l'on a du mal à attérrir...mais on se remet vite dans le bain, bouffés par le quotidien!
Bisous aussi


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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
  • Je suis… Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

Bienvenue !


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