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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 17:40






 

Dehors, la nuit était froide et blanche : la neige ne cessait de tomber.

Exténué, trempé, il entra dans son cabinet de travail et regarda sa montre : une heure du matin !

Il ressentait une énorme fatigue physique mais c’était surtout une profonde lassitude morale qui l’envahissait à ce moment-là.

Il aspirait à se retrouver seul, seul pour réfléchir, faire le point, remettre surtout de l’ordre dans ses idées.

Il jeta son manteau sur la première chaise venue et renvoya la gouvernante qui attendait son retour et qui avait allumé les bougies.

Les flammes vacillantes se reflétaient dans les vitres du bow-window et donnaient à la pièce une atmosphère chaleureuse.

Quelques bûches craquaient dans la cheminée et ajoutaient à l’ambiance ce petit quelque chose de réconfortant, propice au recueillement.

Il se laissa choir dans un vieux fauteuil club au cuir élimé qui se trouvait près de la cheminée et se prit la tête entre les mains en soupirant.

 

Clara…

Clara, petite chose percluse de douleurs dans sa petite chambre d’hôpital, devait tenter de trouver le sommeil, abandonnée aux affres de l’angoisse.

Comment prendrait-elle la nouvelle ?

Comment lui annoncer avec ménagement ?

Elle qui ne se doutait pas de l’échéance fatale et qui ne l’envisageait même pas une seconde.

Elle qu’il tentait de surprotéger et à qui il voulait éviter la moindre contrariété.

Elle était si fragile, si malade, que le plus petit souci pourrait compromettre sa guérison.

Les séances de chimiothérapie l’épuisaient mais elle s’accrochait contre vents et marées malgré les crises de vomissements qui la laissaient plus morte que vive.

Elle avait à peine le temps de reprendre quelques forces que déjà une nouvelle séance de chimio s’annonçait. Elle serrait les dents, et sans rien dire, elle se pliait à toutes les exigences des médecins, consciente que chaque séance faisait un peu plus reculer la maladie.

Son but : reprendre un peu de poids pour espérer sortir de l’hôpital et retrouver un semblant de vie. Rentrer à la maison, voilà qui lui permettrait de tenir le coup.

Les médecins avaient fermement insisté sur le fait qu’elle devait garder un moral d’acier si elle voulait combattre la maladie.


Aussi, avait-il monté entre elle et le monde extérieur une sorte de coussin d’air moelleux qui n’aspirait que des bulles de bonheur, rejetant au dehors, toutes les choses négatives qui auraient pu entraver son chemin vers cette guérison essentielle.


Clara avait une telle confiance en lui qu’elle s’en était entièrement remise à lui pour tout le quotidien, se laissant porter, s’agrippant à lui comme à une bouée qui l’empêchait de couler.


Et maintenant, par sa faute, il allait la décevoir, il allait la faire souffrir et ça, il ne pouvait le supporter. Il allait peut-être même mettre sa vie en danger.


Pourtant il ne pouvait plus reculer l’échéance : il était obligé de lui annoncer la terrible nouvelle.


Il ne pouvait continuer indéfiniment à taire la vérité, à mentir comme il le faisait pour lui épargner tout chagrin.


Il lui avait tellement répété qu’elle pouvait compter sur lui, qu’il prendrait tout en mains, même le bébé. Il la remplacerait auprès du bébé, le temps qu’elle guérisse. Elle n’avait aucun souci à se faire : il garderait le bébé, le protégerait ; il mettrait tout en œuvre pour qu’il grandisse le mieux possible. Il y mettrait tout son cœur et son savoir…après tout, un homme est tout aussi capable qu’une femme pour ces choses-là !

 

Elle avait donc confié à l’homme de sa vie, les yeux fermés, ce qui comptait le plus dans sa vie, certaine qu’il tiendrait parole et qu’il allait le choyer aussi bien qu’elle, ce bébé qu’elle avait mis au monde avec tant d’amour et d’abnégation !


C’était un déchirement car elle le savait si fragile encore, mais elle n’avait plus la force nécessaire pour s’en occuper alors qu’il nécessitait une attention de tous les instants…Elle n’avait plus le choix, mais elle savait qu’elle pouvait compter sur son mari !

Elle lui avait mis dans les bras en lui disant :

 

    Je te le confie, tu sauras l’aimer et t’en occuper aussi bien que moi…juste le temps de vaincre cette putain de maladie…hein, tu vas le dorloter mon bébé, me le garder en bonne santé ? Avait-elle dit en souriant à travers ses larmes.

 

Il l’avait serrée dans ses bras et lui avait promis :

 

    Tu peux compter sur moi, tu le sais bien ! Je l’aimerai aussi bien que toi et l’entourerai de tous mes soins. Le plus important, pour l’instant, c’est que tu ne penses qu’à une chose : te soigner et bientôt, tu pourras à nouveau t’en occuper et rattraper le temps perdu ! Guérir, Clara…tu ne dois penser qu’à une seule chose : guérir ! Fais-le pour nous ! 

 

Elle le regarda avec une pointe d’inquiétude dans les yeux :

 

    Je serais pleinement rassurée s’il n’était pas si fragile…Il n’arrive pas à reprendre le poids nécessaire et pourtant je l’ai nourri du mieux que j’ai pu. Tous ces hauts et ses bas…La courbe de croissance n’arrive pas à se stabiliser et ça m’inquiète…Elle  aurait plutôt tendance à baisser ; on est bien en-dessous de la moyenne ; il faut absolument remonter la barre ou alors …

 

Elle secoua ses boucles brunes tristement et se tordit les mains en signe d’impuissance :

 

    Il a tant besoin de moi et je ne suis même pas capable d’être là, à ce moment crucial…Il a besoin d’une vigilance constante ; à la moindre défaillance il faut pouvoir agir en urgence. Tu crois que tu sauras déceler les malaises ? Tu crois qu’il va aller bien un jour, mon bébé ?

 

    Mais oui bien sûr, il ira parfaitement bien ! Ne pense donc pas à tout ça ! Tout va finir par s’arranger. Il faut juste avoir un peu de patience ! On ne peut pas tous démarrer dans la vie avec le même potentiel. Ce sont souvent les plus fragiles au départ qui rattrapent le temps perdu et qui battent tous les records ! Il est entouré d’une équipe plus que compétente et moi je suis là ; je ne le lâcherai pas d’une semelle, ton bébé !

 

Il lui tapota l’épaule et d’un air taquin il rajouta :

 

    Ton bébé qui, je te le rappelle, est aussi un peu le mien ! Alors tu crois vraiment que je n’ai pas envie aussi qu’il se rétablisse et qu’il reprenne du poil de la bête ?! Un jour, moi je te le dis, il laissera tout le monde sur le tapis !

 

Après une telle promesse, il ne pouvait la décevoir !


 

 

 

 

 

 

Vous voulez la suite?...Alors lisez un peu plus bas!

 

 

 

 

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commentaires

Tabellarius 12/06/2009 20:15

T'chao Nicky....Je passais pour te souhaiter un bon wk et que vois-je un super texte que je ne peux lire de suite... Donc pas de langue de bois je reviendrais plus tard.Bisous

Nickyza 17/06/2009 00:42


Et tu as tenu parole, tu es revenu me lire :-))) Merci !
Bisous à toi aussi


Cristal 11/06/2009 22:00

Oups, ma Nicky pas drôle cet écrit...je vais continuer et puis si j'vais pas bien,tu sais où j'suis...bisous à tout à l'heure

Nickyza 12/06/2009 18:01


Bon...ça va?....aspire une grande goulée de champagne...oups, d'air, je voulais dire, arf!!!!


sarah+frane 11/06/2009 17:31

je t'ai gardée en dernier, car j'ai vu que c'était un texte long en plusieurs épisodes, et j'aime bien m'imprégner, être à fond dans l'histoire et dans l'écriture de l'auteurlà, je suis troublée, très, très, je suis passée par la case cancer,et ça remue là-dedansj'espère que je vais pouvoir continuerplein de bises

Nickyza 12/06/2009 17:50


Mais tu as continué quand même, Sarah...bien que chamboulée...merci!


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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
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  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

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