C’était une grosse responsabilité qu’elle lui avait donnée là, mais il l’aimait tellement qu’il n’avait pas pu refuser, malgré l’angoisse de ne pas savoir faire mieux qu’elle. Et puis avaient-ils le choix ? Il aurait été hors de question de céder la responsabilité à des étrangers ! Non, c’était à lui d’assumer et il n’était pas plus bête qu’un autre !
Avec l’amour, tout est possible même les barrières que l’on pense infranchissables. Voilà, ce qu’il se répétait en se levant le matin pour se rassurer.
Il n’aspirait qu’à une seule chose, c’est qu’elle se sente l’esprit libre, toutes ses forces tournées vers un seul but, celui de sauver sa peau ! Après, ce n’était qu’une question
d’organisation.
Le bébé était très fragile car de santé précaire mais avec les soins appropriés, il allait s’en sortir lui aussi.
Cela faisait six mois déjà que Clara se battait contre ce cancer galopant avec la volonté qui l’avait toujours animée. Le verdict de la terrible maladie était tombé comme un couperet, les laissant tous les deux anéantis.
Cela arrivait quelques mois après qu’elle ait mis au monde « l’Œuvre de sa vie » avec un grand O, comme elle disait pour l’agacer car elle avait deviné le sentiment de jalousie qui le
piquait parfois quand il s’apercevait qu’elle n’avait plus autant de temps à lui consacrer à lui - petit travers masculin courant, sans bien grande
importance, ça lui passera jugea-t-elle -. Il est vrai que les « Mon Bébé » dont elle avait plein la bouche, il avait commencé à les prendre mal, comme si plus rien n’existait aux yeux
de sa femme. Pourtant LUI il existait un peu non ?
Avec la maladie, elle ne semblait pas souffrir plus que ça de l’absence de son bébé, toute occupée du combat qu’elle menait vers sa
guérison.
Bien sûr, elle s’inquiétait de sa santé, alors chaque jour, elle demandait de ses nouvelles.
Il lui répondait toujours d’un ton rassurant :
— Il va bien, ne t’inquiète donc pas ! Chaque jour il prend des forces et grandit !
Alors, elle souriait, réconfortée, sans jamais demander de comptes.
— Plus vite je guérirai, plus vite je pourrai m’en occuper ! Tu vois comme je vais mieux déjà ?! Ce n’est plus qu’une question de temps ! Affirmait-elle dans un pauvre sourire.
Et c’est vrai que l’on pouvait constater d’énormes progrès : même les médecins n’en revenaient pas ; les résultats des examens de contrôle dépassaient leurs espérances. Mais Clara
devait encore continuer son traitement pour être sûre d’éradiquer le mal et ce n’était pas le moment de flancher !
Alors, il ne pouvait pas l’arrêter en plein vol…aussi décida-t-il de lui cacher la vérité et il mentait à Clara de plus en plus souvent…
Le bébé n’allait pas si bien. Il n’allait même pas bien du tout !
En l’espace de quelques mois, sa santé s’était aggravée un peu plus chaque jour.
Une équipe compétente et dévouée l’entourait pourtant de soins attentifs.
Lui, le premier, lui sacrifiait une partie de ses nuits, mais rien n’y faisait : aucune amélioration ne se faisait sentir au fil des jours…
Il le tenait à bout de bras, le veillait nuit et jour, tentant comme un fou de lui insuffler un filet de vie, gardant espoir chaque jour que le meilleur serait pour demain…
Il fallait tenir, le garder en vie, pour Clara, au moins jusqu’à sa guérison.
Il avait fait une promesse et il devait la tenir quoiqu’il arrive !
Parfois, au plus profond de son désespoir, il imaginait Clara, retrouvant son bébé, après tant de temps et de souffrances… et voir sa joie exploser, lui redonnait du courage !
Puis l’évidence lui sautait au visage…Cela ne servait à rien de garder espoir : il avait tout tenté et il n’y avait malheureusement plus rien à faire pour le sauver !
A quoi bon lui prendre le pouls chaque jour ? Sa courbe de croissance baissait de jour en jour…si seulement il avait pu au moins la maintenir en équilibre…
Non, le bébé de Clara n’allait pas bien du tout !…et il ne pouvait le dire à Clara car celle-ci se serait effondrée alors qu’elle commençait à sortir de sa maladie…
Aussi, il lui mentait tous les jours un peu plus, pour la préserver…et puis parce que jusqu’au bout, lui-même avait gardé espoir…
Mais ce soir, il fallait se rendre à l’évidence…
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"Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit." (M. Duras)
"Ecrire, c’est une façon de parler sans être
interrompu." (Jules Renard)
"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)
"Ce sont
les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)
"Comment se tue en nous
l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale."
(Sainte-Beuve)
"Créer c’est vivre deux fois." (Albert Camus)
"On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme." (Douglas
MacArthur)
"La vie ressemble à un conte ; ce qui importe ce
n’est pas sa longueur, mais sa valeur." (Sénèque)
"La vie est finie quand tu ne surprends plus personne."
(Coluche)
"L’indifférence est une paralysie de l’âme." (Anton Tchekhov)
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