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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 15:43





 

 

Au volant de sa voiture, sur le chemin du retour, Marc repense à la photo. Il se rappelle avoir rencontré quelques fois la mère de Marine, à la sortie de l’école quelques années plus tôt. Cette femme, décidément, ressemblait étrangement à la silhouette entrevue près du canal…même chevelure bouclée, même cape noire…Il n’avait pu voir les traits de son visage, mais la jeune femme pouvait être la mère de Marine. Seulement la mère de Marine était morte…

 

Le lendemain, Marc fait une courte visite à son éditeur et ami, afin de lui remettre les quelques pages terminées de son nouveau roman.

 

     Toi qui es spécialiste en contes et légendes sur la région et qui t’intéresses aux apparitions surnaturelles…tu aurais été au courant d’une nouvelle « Dame blanche » qui se baladerait près du canal ? Bon, tu connais mes croyances sur la question : je ne crois pas du tout aux fantômes, mais cela dit, j’ai été néanmoins témoin d’un étrange phénomène, hier…

 

Il raconte sa rencontre troublante à son ami.

 

      Ah, tu l’as vu aussi… Figure-toi que tu n’es pas le seul à l’avoir entrevue, cette silhouette. Elle erre comme une âme en peine, comme toutes les âmes qui se sentent coupables de ne pas avoir rempli une mission sur cette terre. Elle restera prisonnière du monde des vivants tant qu’elle n’aura pas racheté sa faute. Cette âme-là, considère qu’elle est coupable de n’avoir pu éviter la mort d’autrui.

     La silhouette que tu as vue courir le long du canal et que l’on aperçoit

     depuis quelque temps serait bien la maman de Marine… Elle a tenté de

     sauver son enfant qui se noyait ; elle l’a payé de sa vie sans pour autant

     avoir pu retirer sa fille des griffes de la mort.

     Et depuis, elle erre sans but, le long des berges qui ont fait le tombeau de

     son enfant. De plus, elle sent les êtres aimés qu’elle a laissés sur cette

     terre, perdus dans leur souffrance, ce qui rajoute à sa peine et l’empêche

     de casser les chaînes qui la retiennent ici-bas…

 

— Mais cela fait longtemps qu’elle erre comme ça ? 

 

— Oui, ça fait quelques mois déjà…les premières apparitions remontent à quatre mois environ. Parfois aussi, les âmes reviennent parmi les vivants pour prévenir d’un danger qui risquerait de se reproduire au même endroit… Une façon de se racheter en sauvant d’autres vivants. 

 

Marc ne sait plus quoi penser de tout ceci. Son esprit cartésien l’empêche de croire en de telles niaiseries et il se met à douter d’avoir vu cette silhouette, deux soirs de suite.

 

    J’ai dû rêver tout simplement…je ne vais pas, à mon âge, commencer à croire aux fantômes…ridicule, tout ça !

 

Pourtant, il évite, pendant quelques jours, de promener le chien dans ce coin-là, puis, les jours passant, il ne pense plus à cette histoire stupide.

 

Quelques semaines plus tard, il décide d’aller courir un matin, le long de la rivière qui coule parallèle au canal. Le temps est maussade ; le ciel crache une pluie fine et glaciale. Le brouillard étend ses larges pans de voile blanc sur toute la vallée.

Comme de lourds nuages menaçants s’amoncellent dans le ciel, Marc décide d’écourter sa promenade et de prendre un raccourci en traversant le canal par le petit pont de pierre.

Le ciel est devenu très sombre, et le vent, qui s’est levé brusquement, agite les branches des arbres décharnés. La pluie s’abat maintenant avec force. Marc accélère sa course pour tenter de s’abriter sous les piliers du pont.

 

C’est à ce moment-là qu’il la voit ! Elle marche à sa rencontre, légère ; elle semble glisser sur un coussin d’air. Sa silhouette aux bords flous s’arrête à quelques mètres de lui.
Elle le fixe longuement sans bouger.



(A suivre...demain!)

Vous suivez toujours?
Bon, moi ce brouillard, ce vent et cette pluie...me donnent envie d'aller faire un tour au soleil puisqu'il sourit d'un air printanier aujourd'hui en Champagne!
Donc j'y vais de ce pas, vous laissant vous geler les os sur les berges du canal avec la silhouette aux bords flous!
Ne tardez pas trop à rentrer chez vous quand même...On peut parfois faire de mauvaises rencontres par les temps de brouillard...




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commentaires

Azalaïs 16/04/2009 09:19

moi aussi je vais filer dehors, il fait soleil mais d'abord je finis

Oxygène 11/04/2009 18:35

Coquine Nickyza qui s'amuse à nous faire frissonner sous ce brouillard qui enveloppe le canal. Mais j'arrête mon com ici. J'ai la suite à lire.... Vite, vite !
Bisous !

Nickyza 13/04/2009 14:09


Fais gaffe, Oxygène, le brouillard est pénétrant...et le long du canal, on fait de drôles de rencontres!!! Hihi :-))


Marc de Metz 10/04/2009 16:31

Ho que oui que j’ai remarqué que nous avions ici en Lorraine et dans tout l’Est un temps exceptionnel ! Nous nous sommes ce Vendredi Saint, férié ici en Moselle comme en Alsace, dans une vraie journée d’été, c’est du bonheur. Merci à toi d’être venu dans mes couleurs. Je t’embrasse, @mitié, et joyeuses Pâques à toi et à ceux que tu aimes. Marc de Metz.

Nickyza 13/04/2009 14:48


Pour une fois que nous sommes privilégiés par rapport au Sud!!!! Profitons: ce qui est pris est pris!!
Bon Lundi de Pâques, Marc :-))


Quichottine :0010: 10/04/2009 11:23

Bon, moi, là, j'ai peur...

Elle veut le prévenir d'un danger.
Lui, il ne l'écoute pas.

.... J'ai froid soudain. Tu crois qu'elle veut aussi me prévenir ?????

Brrrrrrrrrrrrrrrrrrr...

Nickyza 13/04/2009 14:46


N'aie pas peur Quichottine :-))


Dominique 10/04/2009 09:26

Dis ...A quand la suite ?
Je t'assure c'est super! moi qui suis passionnée de surnaturel, je ne pouvais être en un meilleur élément.

Bises et merci pour ce roman

Dominique

Nickyza 13/04/2009 14:44


Patience, Dominique...la suite est là!! Sourires :-))


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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
  • Je suis… Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

Bienvenue !


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