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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 15:24




Alors on est allés se promener du côté de la case de la vieille Sokari. Celle-là, on raconte qu’elle a la langue du serpent qui siffle. Elle sait toujours tout sur tout et tout le monde.


A l’entrée de sa case, elles étaient une douzaine en train de se coiffer mutuellement, de se démêler les boules laineuses des cheveux, de se faire des petites tresses qu’elles plaquaient joliment sur leur crâne.

Elles parlaient toutes en même temps -patapata patapata – elles riaient aussi. Elles faisaient toujours beaucoup de bruit.


«  Tssss, le jour de la coiffure, c’est la basse-cour chez Sokari : les pintades caquètent » disait les hommes de la concession familiale en secouant la tête et en fuyant dare-dare ailleurs.
 

On s’est donc approchés sans bruit et on s’est cachés derrière le buisson où les mouches vrombissent comme des motos. On a écouté.


   
Du jamais vu, je vous dis ! Mamadou, il m’a dit que ça allait être comme à Paris, là ! Là-bas, à la capitale, c’est chose courante, mes chères !

    Et ça bouge comme en vrai ?

    Oui, oui ! Ce sont des images qui bougent ! ça raconte une histoire, il y a même du son. C’est comme je te vois, là ! C’est comme si tu marches là, et que tu te vois marcher sur la toile, c’est pareillement !

    Ha, tu parles d’un événement ! Et comment ça marche, ça ?

    Ils mettent l’histoire dans une boîte, ça s’appelle un projecteur qu’il m’a dit Mamadou, et après ça passe sur la toile blanche et on peut voir le film. On appelle ça le cinéma.

    Et ben dis don’, faut pas rater ça ! Babatoundé, notre chef, il va pas en revenir ! Faudrait pas qu’il en tombe à la renverse et qu’il casse sa pipe, le pov’ vieux !

Les rires ont fusé pendant un bon quart d’heure à cause de la bonne plaisanterie.

    Bon, il faut pas oublier d’apporter son banc ou sa chaise. ça se passe sous l’arbre à palabres.  Pour pas que notre chef soit au courant de la surprise et voit les préparatifs, ils vont l’envoyer pour une mission importante à Ikot-Ekpene. Il sera de retour juste pour le début du film.

    On va sortir les boubous de cérémonie, là ! Hééé, c’est qu’on est de sortie ce soir, faut se faire belles, mes chères, en l’honneur du chef et du cinéma !


Là, elles se sont mises à parler pagnes et chiffons. Ça devenait plus intéressant du tout, mais alors plus du tout, alors on s’est éloignés. On ne savait pas quoi dire tellement ce qu’on avait entendu nous a paru incroyable. Des images qui bougent…On avait bien vu des images, déjà, mais les images qu’on voit sur les livres… et ces images-là, elles ne bougent pas. On n’avait jamais entendu parler d’une chose pareille !


   
Comment ça s’appelle déjà, Amidou, les images qui vont bouger sur la toile blanche ?

    Le ci-né-ma ! a répondu Amidou d'un ton savant et en détachant bien les syllabes.



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commentaires

loic-emmanuel 29/10/2008 18:02

Voilà la surprise... Je continue de suivre. A+. Loic

Nickyza 29/10/2008 19:01


Oui Loïc...va ton petit bonhomme de chemin...Prends ton pied la route, comme on dit là-bas, et reste dans les pas de ces sales gamins curieux!!!


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  • : Bienvenue dans ma caverne où les mots sont rois! Entrez, asseyez-vous...Ici, poésies, nouvelles, petits billets de papier aigres ou doux, chansons...Un moment convivial à partager en échangeant nos mots!Café ou thé?
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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
  • Je suis… Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

Bienvenue !


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"Comment se tue en nous l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale." (Sainte-Beuve)
 

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