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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 15:04





On est repartis vers le centre du village, en traînant les pieds, perdus dans nos pensées et pas sûrs d’avoir tout bien compris.

Sur le chemin, on a croisé d’autres femmes, bébés au dos et calebasses sur la tête, qui n’en terminaient pas de se saluer.


   
Comment va ta famille, aujourd’hui, là ?

    Ma famille va bien ; je te remercie. Ta famille à toi se porte bien aussi, là ? Tes enfants ont la santé bonne, aujourd'hui?

Elles ont énuméré chacun des membres de leur famille, décrivant l’état de santé de chacun – ça n’en finissait pas- et puis, on a entendu :


   
Quand le couchant sera venu, il faudra se rendre sous le grand baobab. Il faudra que l’on s’assoie, en silence, et qu’on attende les images qui bougent sur la toile blanche. Mamadou fera des essais pour voir si ça marche bien, avant que le chef arrive.

    Oui, oui, faudra que tout soit prêt pour le cinéma en plein air ! On a égorgé la chèvre ce matin ; on va la mettre à griller pour la manger après la représentation. Babatoundé va être content !

    Allons, ma chère ! Il faut aller aider aux préparatifs !


Elles se quittèrent, faisant claquer nonchalamment leurs claquettes en caoutchouc qui faisaient clap-clap sous leurs pas.


On n’en a pas appris beaucoup plus, alors on a décidé d’aller parler avec Amoulaye, le maître de l’école. Amoulaye, il sait lire et écrire parfaitement ; il sait tout, même mieux qu’un ministre…normal puisque c’est lui qui nous apprend.
Tous les matins, on s’installe sur nos nattes, dehors devant sa case, sous l’arbre à pluie, et là, sur le grand tableau noir, il nous fait répéter les lettres de l’alphabet. Il nous a même fait répéter la chanson qu’on va chanter pour l’anniversaire du chef. Il sait répondre à toutes les questions avec toujours le sourire.
Le sourire, il ne l’a pas quand il voit que l’encre du stylo bic a bavé sur les cahiers. Là, il est très en colère et déchire les pages qui sont sales et il faut tout recommencer.


Quand on arrive, le maître est en train de palabrer avec Mamadou et Lassissi et d’autres hommes du village.
Ils sont sous le grand baobab et ils installent une grande toile blanche qu’ils essaient de tendre aux branches.

Mais ils ne sont pas d’accord. Le maître dit qu’il faut la fixer sur des grands piquets pour qu’elle soit bien tendue. Il a l’air énervé.

Quand on a voulu lui poser des questions, il nous a envoyés balader, en disant qu’il était trop occupé et il nous a chassés d’un air sévère :

— Faut pas traîner dans nos jambes ! Allez faire vos pages d’écriture : demain je vous interrogerai !


Alors on a filé sans demander notre reste, juste quand la toile est tombée parterre.

C’est qu’ils avaient l’air d’avoir bien du mal à la faire tenir en l’air.

On a traîné, traîné…tout le monde était trop occupé et on s’est fait chasser de partout.

Comme on n’en apprendrait pas plus sur la soirée, on a décidé d’attendre le soir et de faire comme tout le monde, d’arriver à la nuit tombée avec notre petit banc en bois.


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commentaires

loic-emmanuel 29/10/2008 18:06

Suspens... Je poursuis. Loic

Nickyza 29/10/2008 19:02



Super d'avoir un lecteur aussi assidu !!! Je te suis Loïc dans ta lecture!!



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  • : Bienvenue dans ma caverne où les mots sont rois! Entrez, asseyez-vous...Ici, poésies, nouvelles, petits billets de papier aigres ou doux, chansons...Un moment convivial à partager en échangeant nos mots!Café ou thé?
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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
  • Je suis… Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

Bienvenue !


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"Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu." (Jules Renard)

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