Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:52





 

Le temps passait pas vite, même au lancer de pneu.
La chaleur était si accablante sur la piste que la poussière rouge nous collait à la peau. C’était oppressant et on avait la gorge sèche, les yeux rougis et le front brûlant.
Même les margouillats, avec leur corps noir et leur tête orange qui oscille, ne bougeaient plus et recherchaient l’ombre. Pourtant les gros lézards aiment la chaleur, mais là, c’était trop.


Alors on a abandonné nos pneus et on a décidé d’aller plonger dans la lagune, histoire d’aller se rafraîchir.
On a décidé qu’on reprendrait notre entraînement ce soir, juste entre les essais du film et l’arrivée de Babatoundé, le chef.
On aurait bien le temps avant le début de la projection, le temps que tout le monde s’installe… après tous les discours de bienvenue au chef et tout ça…


On a pris la pirogue de mon père. Elle dormait sur la berge. C’était la plus belle de toutes les pirogues du village. Elle ressemblait à une longue flèche de bois avec des dessins de toutes les couleurs qui décoraient ses flancs.


   
C’est mon outil de travail, il faut y faire attention ! Disait mon père qui était le meilleur pêcheur du coin. Il prenait son embarcation tous les matins, à l’aube, lui faisait descendre la lagune jusqu’à l’embouchure, et là il passait la barre, là où l’océan bât la côte de coups violents et incessants. Les vagues sont énormes, plus hautes que la crête du grand fromager de notre village. J’étais encore trop petit pour l’accompagner, alors il me racontait :


   
Au moment où le soleil noie ses rayons rouges dans la grande profondeur de la mer, nous guettons la lame redoutable. Dans un même hurlement, tous les piroguiers que nous sommes, nous couchons sur la pirogue pour la lancer d’un même élan, à la force des bras, afin de se tenir sur la crête de la vague. Nous accélérons la vitesse pour rester sur le dos de la vague et il ne nous reste plus qu’ensuite à se laisser porter et déposer doucement sur la grève…
 

Il avait des lumières qui s’allumaient dans ses yeux quand il racontait.

Quand je serai grand, je serai le plus grand pêcheur du coin, comme mon père !


En attendant, on s’est contentés de conduire la pirogue au milieu de la lagune, et là, on s’est bien amusés. On a plongé et re-plongé. D’autres enfants de notre âge nous ont rejoints, et là, on n’a pas vu passer le temps.


C’est quand le doré du couchant s’est mis à colorer les eaux de la lagune en orangé et que l’obscurité a commencé à envahir la cime des filaos et de tous les autres arbres alentour, qu’on s’est dit qu’il était grand temps de rentrer au village si on ne voulait pas manquer le début des festivités..

On s’est mis à courir, effrayant les poules et les cochons sur notre passage.


Partager cet article

Repost 0

commentaires

loic-emmanuel 29/10/2008 18:08

Oui, l'heure approche ! Alors... Loic

Nickyza 29/10/2008 19:03


Alors...Alors...héhé, tu crois être sur une piste là, hein :-)))
Et bien OUI Monsieur Loïc vous êtres sur la piste de latérite rouge du village du chef Babatoundé!!!!


Présentation

  • : La caverne des mots
  • La caverne des mots
  • : Bienvenue dans ma caverne où les mots sont rois! Entrez, asseyez-vous...Ici, poésies, nouvelles, petits billets de papier aigres ou doux, chansons...Un moment convivial à partager en échangeant nos mots!Café ou thé?
  • Contact

A Livre Ouvert Ou... Fermé

  • Nickyza
  • Je suis…
 
 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
  • Je suis… Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

Bienvenue !


Retour à la page d'accueil


Pour ne rien rater des parutions de mes articles, inscrivez-vous à ma newsletter (dans la colonne de droite ! ) ainsi vous serez tenus informés dès publication !





Au Grenier Encore Des Livres

Mes textes sont protégés

 

 

    5JWU185-1-Logo-Copyright-France.gif

 

 

 

 

Mon recueil de nouvelles :

" Petites histoires et autres fariboles en terres de Champagne "

 à commander ici 

 

 

        Pub Fariboles1

Pages

Et les minutes défilent

Quelques citations...


"Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit." (M. Duras)

 

"Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu." (Jules Renard)

"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)


 "Ce sont les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)

"Comment se tue en nous l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale." (Sainte-Beuve)
 

 "Créer c’est vivre deux fois." (Albert Camus)

 "On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.

Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme." (Douglas MacArthur)


"La vie ressemble à un conte ; ce qui importe ce n’est pas sa longueur, mais sa valeur." (Sénèque)


"La vie est finie quand tu ne surprends plus personne." (Coluche)

"L’indifférence est une paralysie de l’âme." (Anton Tchekhov)








Paperblog

Texte Libre