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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:46





Des odeurs de feu de bois, d’huile de palme et d’oignons frits nous ont conduits jusque sur la place.
Un énorme feu était allumé et léchait la chèvre qui rôtissait. Des lampe-tempête, posées un peu partout, éclairait tout l’espace autour du grand baobab en dessous duquel la foule se pressait.

La majorité des gens était déjà installée. Chacun avait apporté son banc, ou sa chaise, ou sa natte.
Ma mère me fit signe et me montra le petit banc de bois qu’elle m’avait apporté. Avec Amidou, on s’est assis et on a regardé vers la grande toile blanche qui était parfaitement tendue entre deux gros piquets.
 

    Ça s’appelle un écran de cinéma ! m’a renseigné ma mère, d’un air savant.


Derrière l’écran, -puisqu’il fallait appeler la grande toile comme ça- il semblait régner une grande effervescence. Un groupe d’homme s’activait..

Derrière nous, Mamadou et Lassissi s’affairaient pour les derniers réglages. Une espèce de grosse machine était posée sur un escabeau surélevé. Mamadou essayait d’ajuster à la machine de grosses bobines de rubans noirs.


Amoulaye, le maître d’école était assis juste derrière nous et nous expliqua, en pointant son doigt :

    Ceci est le projecteur. Les bobines avec le ruban noir, ce sont les bobines de film. Celles-ci vont être entraînées et se dérouler au fur et à mesure. Le projecteur renverra l’image sur l’écran et on pourra voir le film ! 

Nous regardions et écoutions, bouche bée.

Lassissi faisait les premiers essais.
L’écran était tout à coup éclairé d’une lumière forte, puis la minute d’après, tout s’éteignait. Ils s’y sont repris à plusieurs fois ; ça n’avait pas l’air d’être encore tout à fait au point. Quand ça s’éclairait sur l’écran, les gens poussaient des « HA ! » et quand ça s’éteignait, on entendait des « HOoooo ! »


On commençait à s’impatienter.


   
Ça va bientôt marcher, mais il faut encore un peu de temps ! De toute façon, il faut attendre que la nuit soit complètement tombée…mais quand le chef sera arrivé, tout sera au point !
 

Mamadou et Lassissi rassuraient la population.

L’écran s’est encore allumé d’une grande lumière, et puis s’est éteint une nouvelle fois…allumé, éteint…allumé et puis soudain on a vu des images en noir et blanc qui ont défilé à grande vitesse…tellement vite que l’on n’a rien eu le temps de voir…puis la fois d’après, les images sont apparues au ralenti.


Une chose était certaine, c’est qu’on avait bien vu des images qui bougeaient, mais on ne pouvait pas encore suivre d’histoire et le son était très mauvais.


Ça durait une éternité, ces essais. Avec Amidou, on s’impatientait de plus en plus. On commençait à ne plus pouvoir tenir tranquillement sur nos petits bancs de bois. On bondissait, on se retournait, on tombait du banc, on chahutait, bref, on ne tenait plus en place !


   
Allez jouer plus loin, les gosses ! Allez jouer, on vous appellera quand ça commencera ! Vous avez encore le temps ! nous dirent les adultes énervés.


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commentaires

loic-emmanuel 29/10/2008 18:12

Décidément, longs ajustements. Péril pour la séance ? A+. Loic

Nickyza 29/10/2008 19:05


Hihi, mais c'est qu'on prépare pas comme ça une séance de cinéma avec les moyens du bords!!!


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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
  • Je suis… Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

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