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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:18



*

Mamadou a dit :

«  Bon, ça marche ! On va arrêter là  la projection car nous devons attendre notre chef bien-aimé. Dès qu’il sera arrivé, je remettrai le film au début et on pourra regarder tranquillement jusqu’à la fin ! Un peu de patience, il ne devrait plus tarder ! »

Les spectateurs hochèrent la tête en signe d’assentiment et un brouhaha de conversations emplit l’espace sous l’arbre à palabre. Chacun tentait de calmer l’impatience qui l’envahissait petit à petit.


Une demi-heure, puis une heure passèrent, la chaise du chef, installée comme un trône au milieu des autres, restait vide.

La nuit était maintenant tout à fait tombée.

Tout le monde commençait à se demander pourquoi le chef tardait tant à arriver.


Au bout d’une heure et demie d’inquiétude, un groupe d’hommes se décida à aller voir ce qui se passait.
Mon père, accompagné de quelques autres, se mit en route pour aller à la rencontre du vieil homme. Ils prirent les lampe-tempête.


Pendant ce temps-là, la mine inquiète, les gens du village échafaudaient les pires scénarii.

Mais qu’avait-t-il bien pu se passer pour que notre chef n’arrive pas ? Serait-il arrivé quelque chose de grave à notre grand chef, d’habitude si ponctuel ?
Qu’est ce qui avait bien pu l’empêcher d’être à l’heure, lui qui attendait de connaître avec tant d’impatience la surprise qu’on lui réservait ?
 

Au fil du temps qui passait, l’angoisse grandissait et même le silence se taisait. Même les criquets avaient fini de chanter dans le bush tout proche.
 

Soudain, des cris et des gémissements précédèrent quelques femmes qui arrivèrent en courant. Elles se tordaient les mains de désespoir.


   
Il est arrivé un drame, une catastrophe ! Notre chef bien-aimé a eu un accident grave ! Il a pris de plein fouet un pneu fou qui déboulait à grande vitesse sur la piste qu’il empruntait. Il doit avoir les deux jambes cassées et peut-être même la tête ! Quel malheur !


Dans l’obscure profondeur du soir, on vit notre chef arriver, gémissant, sur un brancard improvisé, fait de grossiers branchages.


Dans la nuit totale sans lune, le projecteur s’est éteint et l’écran faisait comme une tâche blanche sous le grand baobab…




* ça c'est Babatoundé, le chef du village, juste avant son accident...Voyez ces petites jambes fluettes...maintenant elles sont cassées en mille morceaux, quel grand malheur!...





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commentaires

Decrypto 30/10/2008 12:11

Dans mon petit village, une telle affaire aurait fait la une du journal local, le maire aurait porté plainte et je crois que mon père m'aurait tué..... Nous n'avons pas la sagesse africaine. Une belle histoire.

Nickyza 30/10/2008 17:00


Roooooo oui, inimaginable une histoire pareille ici en France!! Nous n'avons certes pas la sagesse africaine...
Il n'y a qu'à lire mon article d'aujourd'hui sur le scandale de la frite de Reims!!! Tout ce barouf pour une malheureuse frite tombée parterre...On marche vraiment sur la tête!!


loic-emmanuel 29/10/2008 18:20

Eh bien ! Surprise ! Ce n'est pas la conclusion que je prévoyais ! Garnements, leurs pneus n'ont pas été, cette fois-ci, inoffensifs ! Pauvre chef. Il devra prendre un grand repos. Et les deux joueurs, je pense qu'ils recevront leur part de réprimande ? Amicalement. Loic

Nickyza 29/10/2008 19:15


Youpiiiiiiiiiiiiiiiiii , chute réussie alors!! Rires! Ravie que tu n'aies pas prévu cette fin-là...c'est que j'ai pas trop mal amené tout ça...je pensais qu'on aurait
pu deviner la chute de l'histoire avant...tant mieux!!
Ha oui, tu peux me croire: ces sacrés garnements en ont entendu parler de leurs bêtises...ils ont été punis...mais ils vont recommencer, ho oui ils vont recommencer à lancer leurs pneus...et
finalement...Babatoundé, le chef, il s'est bien remis et la fête a quand même eu lieu!! Il n'a eu en définitive que quelques contusions, mais à cet âge-là!! (Euh...ça c'est  pour les âmes
sensibles, hihi)
Merciiiiiiii Loïc de ta lecture assidue, c'était super de te suivre :-))))


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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
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  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…

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