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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 13:30

Ce texte a été écrit pour le cinquième défi lancé par  les parchemins de Bigorphéa link
dont le sujet est: "Vous êtes un animal...Racontez-nous une journée ou un moment, drôle ou pas, en vers ou en prose..."

J'aime bien les défis, alors pour participer, voilà ce que j'ai imaginé...
Une histoire vraie...en quelque sorte...


Brutus à l'heure de la sieste!


Ils m’ont appelé Brutus…quel nom bizarre pour un chat…Inutile de vous dire que toute la communauté des chats du quartier se fichaient de moi avec un nom pareil, lorsque croyant voir arriver un énorme molosse, ils découvraient une petite boule de poils noirs !

Mes maîtres ne juraient que par moi : j’étais un prince à la maison, beau et intelligent, et on me passait tout grâce à mon charme ! Faut dire que je les faisais rire ; ils disaient de moi que j’étais un clown et que je faisais des trucs que les autres chats ne font pas. Entre autres, je me couchais dans tout ce qui pouvait me contenir : la corbeille à pain, les saladiers, les pots de fleurs, les lavabos, les sacs à main…et lorsque mes maîtres me retrouvaient lové dans ces endroits insolites, ils riaient pendant une demi-heure. Bon, si ça pouvait les amuser…  

Ils m’aimaient tellement qu’ils m’emmenaient même en weekend dans leur maison secondaire au bord de la mer. C’est eux qui m’ont donné le goût des voyages, la première fois qu’ils m’ont emmené en voiture… La voiture j’ai trouvé ça génial ! J’étais encore un chaton et j’ai adoré ça ! Être transporté à des kilomètres de chez soi, en un rien de temps et voir défiler les paysages par la fenêtre, ça m’a donné des envies de découvrir autre chose que le périmètre de leur petit jardin.

La voiture était donc devenue une de mes lubies ! Mais ça, ça faisait moins rire mes maîtres car dès qu’ils prenaient la leur, je me précipitais dans l’espoir qu’ils m’emmènent avec eux et profitant d’une porte ouverte, je sautais dans l’habitacle et m’installais sur la lunette arrière, bien avant qu’ils ne s’en aperçoivent ! Ils ont souvent été obligés de faire demi-tour pour me ramener à la maison, suivant les endroits où ils allaient. Je faisais ça avec toutes les voitures, à tel point que ma maîtresse, paniquée à l’idée de me perdre, recommandait toujours « de bien regarder si on n’embarquait pas le chat » Même qu’un jour, profitant de l’ouverture des portes d’un gros camion qui venait livrer un meuble à ma maîtresse, et pendant qu’on ne faisait pas attention à moi, j’ai sauté dans le camion, ni vu ni connu ! Malheureusement, le chauffeur s’en est aperçu au bas de la rue…le voyage fut court ! Il m’a ramené à la maison en disant à ma maîtresse qu’un peu plus, il m’embarquait jusqu’à Marseille ! Ma maîtresse a secoué tristement la tête en disant qu’un jour elle me perdrait pour de bon car j’étais un fugueur… Je n’étais pas un fugueur, j’étais juste voyageur !

Marseille…ça m’a fait rêver…Le gros matou bien vieux du voisin de gauche m’a raconté Marseille ; il y a vécu quand il était jeune. Paraît que c’est LA ville de tous les départs…avec son port immense dont les bateaux vous conduisent dans tous les pays de la Méditerranée… Je décidais donc de monter à la première occasion dans n’importe quelle voiture qui se présenterait avec une porte ouverte, me faisant tout petit afin de n’être pas repéré et voir mon voyage tourner court, et de croiser les papattes en priant pour que l’on me conduise à Marseille.

C’est ainsi qu’un jour j’ai grimpé dans la voiture du « mauvais coucheur », le voisin de droite que ma maîtresse n’aimait pas. Ma maîtresse répétait toujours « qu’un homme qui n’aimait pas les bêtes, n’était pas un homme bon et qu’il fallait s’en méfier ! »

C’est vrai que ce voisin-là ne m’aimait pas du tout. Alors que je venais gentiment quémander quelques caresses, lui me chassait à coups de balai et allait se plaindre à mes maîtres…Pff, comme si mes maîtres pouvaient me tenir en laisse… Il faisait fuir aussi les oiseaux qu’il jugeait sales et bruyants.

Une fois grimpé dans sa voiture, je me suis tapi sur le sol, derrière le siège du conducteur, caché entre deux sacs de voyage et je me suis endormi en rêvant à ma destination surprise ; si ce n’était pas Marseille, je m’en moquais finalement ; n’importe quelle autre destination ferait l’affaire pourvu que je découvre d’autres horizons. La voiture filait à vive allure, berçant mes rêves, quand je fus réveillé par une envie soudaine de faire pipi. Pas question de faire sur le tapis, j’étais un chat propre et bien élevé. Je me suis donc mis à miauler malgré moi, manifestant mon impatience. Inutile de vous décrire la surprise des occupants de la voiture : en découvrant ma présence, le voisin-mauvais-coucheur s’est mis en colère. Il a crié que ce sale chat lui pourrissait la vie, même sur le chemin des vacances et que par conséquent, il me débarquerait sur la prochaine aire d’autoroute! Sa femme non plus n’était pas contente mais, un peu plus charitable, elle lui a répondu que cela ne se faisait pas d’abandonner un animal quel qu’il soit sur l’autoroute, qu’il n’avait pas de cœur et que ça ne servait à rien qu’il continue à aller à la messe le Dimanche après un acte aussi infâme.

Mais le voisin-mauvais-coucheur ne l’a pas écoutée et il s’est débarrassé de moi à quelques kilomètres d’Avignon. Il m’a pris par la peau du cou en disant qu’au moins là, je ne viendrai plus l’emm……. car je n’étais pas prêt de retrouver mon chemin et qu’au moins c’était une aubaine car il se débarrassait de moi à tout jamais, et que c’était mieux que de me faire avaler des boulettes de cyanure qu’il s’apprêtait à me lancer à la prochaine intrusion dans son jardin.

Je me suis dit que finalement je l’avais échappé belle car j’étais destiné à une mort certaine avec un type pareil et j’ai regardé la voiture s’éloigner. Cet homme-là était vraiment mauvais et si j’avais écouté ma maîtresse, j’aurais été un peu moins naïf, et j’aurais choisi une autre voiture pour m’emmener en voyage…

Que c’est laid une aire d’autoroute et que c’est terrifiant… Je suis resté là plusieurs jours, rasant l’herbe alentour, paniqué par le bruit des bolides qui nuit et jour vrombissaient. J’étais paralysé de peur et ne trouvais rien à manger, ni aucun endroit où m’abriter de la pluie qui tombait nuit et jour. Mon sixième sens me poussait à ne pas bouger et me soufflait que je risquais tous les dangers.

Pourtant un jour, attiré par un camion dont la porte était restée ouverte, je me suis approché timidement, les pattes tremblantes.

C’est un routier sympa qui m’a recueilli mort de terreur et affamé. Il m’a embarqué dans son gros camion et m’a offert en cadeau à sa petite fille qui a hurlé sa joie. Depuis, elle ne me lâche plus et je me soumets à ses jeux ridicules et souvent cruels. Elle me déguise comme une poupée, me tire les moustaches, bref, je vis un calvaire mais j’ai chaud et je suis convenablement nourri.

Je vis des jours tristes, privé de toute liberté, entre les quatre murs d’un minuscule appartement, quelque part près de Nîmes. Et chaque jour, je regrette mon escapade. Je me languis de mes maîtres précédents et maintenant que j’ai pris un peu de plomb dans la tête, je m’aperçois que j’étais le plus heureux des chats auparavant, et que le petit jardin mis à ma disposition jadis me semble un luxe maintenant que je suis relégué entre une commode et la télé. J’ai bien pensé sauter du balcon, mais je ne suis pas certain que du 4ème étage un chat retombe sur ses pattes… Et puis je suis trop vieux pour risquer à nouveau l’aventure…je suis devenu trop peureux aussi, alors je me suis fait une raison : je voyage dans mes rêves maintenant, en dormant toute la journée, quand la petite me laisse un peu de répit pendant ses heures d’école, et dans mon sommeil, je rends visite à mes anciens maîtres. Ils me manquent tant et ils doivent être si tristes de ne pas savoir ce que je suis devenu…Ha, si je pouvais revenir en arrière…

Voilà ce que j’ai expliqué à la petite chatte grise du balcon d’à côté qui rêve d’évasion. Je lui ai tout raconté de ma sale expérience et je l’ai mise en garde… « On sait ce que l'on perd on ne sait pas ce que l'on gagne... » C’est ce que disent les humains… Si j’avais su…

 


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commentaires

krenouille 11/06/2008 00:18

Brutus aurait pu prévenir la chèvre de Monsieur Seguin !
Bon enfin méfie toi que ton homme ne saute pas dans la décapotable d'une blonde hein!
Me suis bien divertie à lire ce texte
Bises

Nickyza 11/06/2008 17:52


Rires !!!!!! Merci petite Krenouille d'être passée !!!


le bigorneau 10/06/2008 18:07

Une jolie histoire qui m'a rappelé un morceau d'un conte que j'ai écrit où ce sont des souris qui embarquent à Marseille et se retrouvent en Afrique...Amusant cette idée commune...Merci pour ta participation c'est Orphéa qui a du te mettre en ligne je n'avais pas lu ce texte...merci...Une belle leçon de morale en plus...bisous...

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 Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.
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