Une joyeuse tablée de copains. Un homme hilare, au premier plan, aux yeux malicieux, lève son verre.
Une photo en noir et blanc, une photo noire sur blanc.
C’est toi.
Toi, qui semble ravi de ta dernière farce, toi qui a encore mis de l’ambiance au cours de la soirée en racontant tes histoires drôles, tes dernières frasques…et tout le monde rit à gorge déployée, et tout le monde attend de rire et rire encore en t’écoutant.
Toi, si vivant à l’instant T, toi, le joyeux drille que l’on invitait pour animer les soirées les plus mornes, car avec toi, il se passait toujours quelque chose d’imprévisible et drôle !
Au fond du regard malicieux, une ombre…que je suis seule à voir, moi qui te connais si bien.
La peur, l’angoisse…venues d’on ne sait où, ni pour quelle raison, et qui taraudent le cœur et l’esprit jusqu’à en rendre fou l’homme le plus fort.
Cette ombre qui se cache derrière le paraître, derrière les rires de cet homme extraverti, cette ombre qui est là et bien là, malgré tous les remèdes, et qui gâche la vie.
Cette ombre dans le regard…annonciatrice de tous les malheurs.
Cette ombre cachée derrière le rire et que l’on voudrait oublier…
C’est toi sur la photo, là, si vivant.
C’est toi qui cachais bien ton jeu, en noyant tes angoisses dans le rire, refusant de reconnaître ce mal-être qui te bouffait et que tu voulais absolument combattre par la dérision.
J’entends encore ta voix, ton rire trop explosif.
C’est toi, si vivant sur cette photo-là, juste avant que… tu ne claques la porte de ta vie…
C’est toi, oui…si vivant et maintenant absent…
La photo a des
ombres noires, cette photo en noir et blanc.
Ce texte a été écrit pour "la petite fabrique d'écriture" dont le thème en était "la photo".
Te dire tous ces mots
Faire ces quelques gestes
Pour qu’il nous en reste
Juste quelque chose,
Quelque chose de beau…
Quelque chose de beau
Là, que l’on dépose
Comme ces quelques mots
Empreints de tendresse
Emplis de promesses
Comme la rose éclose.
Quelque chose de beau
Pour qu’on se souvienne
Quand le cœur est gros,
Quand l’âme est morose,
Que quoiqu’il advienne
Il reste quelque chose.
Quelque chose de beau,
Quelque chose de nous,
Oh très peu de choses
Juste un geste, un mot,
Un ruban qu’on noue
Aux cheveux d’Eros.
C’est à peine si j’ose
Penser à demain
On est si peu de choses
Face à ce destin
Où tout soudain explose
Te dire tous ces mots
Faire ces quelques gestes
Pour qu’il nous en reste
Quelque chose de beau
Si demain s’arrête…
Quelque chose de beau
Un simple cadeau
La trace d’une empreinte
Le ô d’un écho
Un mot doux qui tinte
Au fond du cerveau.
Si j’étais l’eau, je t’entraînerais en des contrées profondes peuplées de jardins de coraux et de poissons multicolores.
Si j’étais l’eau, je noierais tes pensées les plus noires et je te montrerais les couleurs flamboyantes des terres lointaines.
Car si j’étais l’eau, j’enlacerais ton corps tout entier, je le caresserais pour en laver les douleurs et te montrer le monde plus beau.
Si j’étais l’eau, je t’emmènerais sur mes flots pour un tour du monde qui n’en finirait jamais.
Nous irions saluer les skippers du Vendée-Globe, nous irions danser avec les baleines et jouer à saute-mouton dans les vagues avec mes amis les dauphins dans le grand lagon de Nouvelle-Calédonie.
Puis d’îles en îlots, nous nous frotterions le dos aux côtes africaines pour remonter ensuite le grand fleuve Niger.
Si j’étais l’eau, je t’en montrerais de toutes les couleurs, je te bercerais et tu n’aurais plus qu’à te laisser flotter et balloter doucement, englouti dans de grands flots d’amour.
Comme dans un rêve, avec moi, tu te ressourcerais…
Ce texte a été écrit pour « Les parchemins de Bigornette ».
A la manière du portrait chinois, il fallait choisir entre les quatre éléments : la terre, le feu, l’air, l’eau.
« Si j’étais la terre… Si j’étais le feu… »
Pour ceux qui me connaissent un peu…l’évidence voulait que je choisisse…l’eau !
Anne-France, toute de rouge manucurée et vêtue de sa petite robe noire passe-partout mais toujours chic, reçoit ce soir quelques amis à dîner en toute simplicité.
Le traiteur a livré quelques petites choses succulentes qu’elle n’aura plus qu’à réchauffer à la dernière minute.
La table est dressée, magnifique : nappe blanche brodée en organdi, cristaux éclatants qui brilleront de mille feux sous la lueur des candélabres, argenterie rutilante.
Jean-Edouard une fois de plus sera content et fier de sa femme.
Anne-France n’a plus qu’à s’occuper du hors-d’œuvre. Une entrée facile et rapide mais tellement originale : des rouleaux de saumon fumé garnis d’asperges vertes avec une petite sauce dont on lui donnera des nouvelles !
La boîte de conserve où se nichent les asperges se montre récalcitrante. Anne-France tire sur l’anneau en aluminium réputé d’ouverture facile…qui casse en plein milieu de l’opération.
Le couvercle à demi ouvert ne laissera jamais passer les fragiles petites asperges…
Anne-France, verte, s’énerve - ses invités arrivent dans moins d’une demi-heure – et malmène le couvercle avec le couteau de cuisine.
Dérapage incontrôlé, le couvercle mord le doigt manucuré et vomit des asperges blessées.
Les joues rouges, Anne-France pressée par le temps sort le saumon fumé du frigo. Le saumon est rose et frais dans son emballage.
Elle le pose sur la grande table de cuisine et tire sur la languette réputée d’ouverture facile.
Le bout de plastique, dans le coin en bas à gauche, refuse de se soulever sous l’ongle tranchant et impatient.
Après plusieurs tentatives, Anne-France empoigne le couteau de cuisine et lacère le plastique de l’emballage et…le saumon rose et frais.
Exaspérée, elle tire d’un coup sec la feuille transparente et collante.
Dans un geste inconsidéré, sa main rencontre inopinément la bouteille d’un très grand vin rouge qui s’aérait tranquillement sur le coin de la table.
Le vin inonde le saumon qui du rose passe au rouge alors que les asperges vertes blessées gisent dans la passoire et que Anne-France se lamente.
Ne croyez pas tout ce que l’on vous fait avaler : l’ouverture facile n’existe pas, surtout lorsque vous êtes pressée, et plus c’est réputé facile plus c’est difficile et…énervant ! Et surtout, ça peut vous gâcher un dîner tout simple !
Du reste, Anne-France l’a bien compris : elle a mis sur sa liste de Noël un ouvre-boîte et des ciseaux de cuisine « gniak-gniak »...
Bon week end à vous et surtout restez zen et...ouverts!! Vous verrez c'est facile!
Elle existe partout
De Paris jusqu’ à Ouagadougou.
La différence,
Elle existe partout
De L.A jusqu’au pays mandchou.
Tout est différence que l’on se balance
Avec plus ou moins de tolérance.
Tout est différence et c’est une chance
D’avoir cette palette de tant de nuances.
Le noir et le blanc,
Le chaud et le froid,
Le p’tit et le grand,
Les larmes et la joie.
Le bien et le mal,
Le pauvre et le riche,
Le carré, l’ovale,
Le loup, le caniche.
Différence de tons,
Différence de langues,
Mi-laine, mi-coton,
Le Ying et le Yang.
Qu’est-ce que j’m’en balance
De cette différence,
Puisque je vis avec
Et que je la respecte.
Qu’est-ce que j’m’en balance
De cette différence
Qui m’est attirance
En dépit du bon sens.
Qu’est-ce que j’m’en balance
De cette différence
Pourvu que la terre
Enfin y adhère.
Quand les armes se lèvent et brisent le cœur des hommes
Il y a toujours une plume, un pinceau qui s’élèvent
Une voix pour offrir des espoirs et des rêves
Pour crier haut et fort la violence que l’on nomme.
***
Quand le rire des enfants se transforme en sanglots
Et que le cœur des mères se brise en mille morceaux
Il y a toujours des mots, des chansons pour calmer
Les chagrins, les malheurs que l’homme a pu semer.
Dans le ciel de tes nuits quand les étoiles se meurent
Quand l’océan vomit des vagues noires de mazout
Il y a toujours un peintre pour remettre des couleurs
Sur le sombre des jours en effaçant les doutes.
***
Refrain.
***
Au grand creux de la vague quand les espoirs ont chu
Et quand même les clowns laissent perler des larmes
Il y a toujours une flûte, un saxo, des percus
D’où s’envolent des notes qui font danser les femmes
Pour crever le silence et percer les non-dits
Montrer l’indifférence et le mal qui sévit
Il y a toujours une plume acérée pour écrire
Les mots pour informer et dénoncer le pire.
***
Refrain :
Quand les armes se lèvent et brisent le cœur des hommes
Il y a toujours une plume, un pinceau qui s’élèvent
Une voix pour offrir des espoirs et des rêves
Pour crier haut et fort la violence que l’on nomme.
* Tableau de
Dom Garcia
L’arbre se lamente
Giflé par les vents.
La maison sur la dune
Gémit et puis chavire
Au fond des heures creuses.
Au loin la mer rugit.
Sous la lune qui luit
Ce ne sont qu’étincelles
Sur le dos des vagues.
L’œil hagard,
L’homme contemple l’âtre
Où les braises se meurent
Au fin fond de la nuit.
Au petit matin fumant,
Quand les brouillards accrocheront
Aux tiges des oyats
Des nappes d’écume grise,
Ce sont des cendres
Que l’homme balayera.
Le monde est en poussière
Que le vent tente de chasser après la tempête…
(…) Soudain, il
leva sa main pour saluer la nuit. Un grondement coula des harpes éoliennes. Les flûtes sourdes jouèrent comme des sources.
« Les mondes, dit l’homme, étaient dans le filet du Dieu comme des thons dans la
madrague… »
On devait l’entendre jusque sur les autres bords de la terre et du ciel. (…)
Jean Giono. « Le serpent d’étoiles ». Page 122/123. Les cahiers rouges. Editions Grasset.
Je n’aime pas les tags, non je n’aime pas vraiment ça…
Comme la dernière de la classe, je me planque près du radiateur, en regardant ailleurs quand l’œil de la maîtresse fait le tour de la classe pour choisir l’élève qu’elle va interroger…
Mais c’est tombé sur moi il y a quelques jours ! Iris m’a taguée…
Alors, exceptionnellement, je me prête au jeu !
C’est le tag 1-2-3 :
Il s’agit de prendre un livre à la page 123, de livrer les cinq phrases qui succèdent les cinq premières phrases de cette même page.
Je suis en train de relire « Le serpent d’étoiles » de Giono, un livre que je trouve très beau, entre drame épique et récit d’initiation.
La Provence des bergers et les mots métaphoriques de ce grand auteur…alors évidemment j’ai choisi ce livre-là qui faisait plus de 123 pages (ouf !)
Le hic que j’ai rencontré : la page 123 ne comportait que…4 phrases, celles que j’ai retranscrites…Aussi, je vous le dis franc et net : j’ai un peu triché et me suis servie de la page 122 – juste un petit peu- (Ce n’est pas vraiment tricher ça, si ? et bien je-fais-ce-que-je-veux, na !)
Ensuite, il faut taguer quatre autres personnes (les pauvres…) … refiler le bébé quoi ! Et ça, j'aime encore moins… Aussi, je mets mes règles à moi (euh, c’est pas du jeu ?? ha, siii…bon !) et je choisis de taguer, contrainte et forcée :
Decrypto, Limpide, José-Carlos, Loïc-Emmanuel.
MAIS je leur dis : « Vous n’êtes pas obligés de participer si ce n'est pas un plaisir pour vous !!!! »
Héhé, m’en suis pas trop mal sortie, hein ?!
Héhé!
Jour en suspension, en hésitation presqu’immobile.
Jour flemmard entre gris et beige
Entre rien et rien.
Un vieux vinyle grésille sur la platine.
Un vieil air de jazz…
La voix de Louis Amstrong emplit l’espace
Et attise les flammes de l’âtre.
Je m’enroule dans un châle
Porte mes sentiments en écharpe.
Ce jour me va très bien,
Ce jour entre rien et rien !
Bon week end à vous, entre beige et gris ou bleu et or?
Qu'importe, sentez-vous bien :-))
* Illustration de Toninonino.
Lâchés sur une mer démontée, les beaux oiseaux ailés ont franchi la ligne pour de longues semaines de glisse solitaire.
Trois longs, très longs mois pour un tour du globe, seuls au monde…
Minuscules points perdus au milieu de l’immensité…
La Vendée Globe, course mythique !
Seuls sur leurs monocoques livrés aux éléments, sans escale ni assistance, les marins courageux vont livrer bataille et dompter cette mer, maîtresse imprévisible mais si attirante…
Ils vont avaler les miles, les semaines et les mois, parcourir le globe, essuyer les tempêtes, fondre les glaces, éviter les écueils, les cargos, les baleines, avec pour seuls paysages : l’eau et le ciel, changeant de couleurs au gré des jours qui passent.
Ne les rattachent à la terre que les messages emportés, les dessins et poèmes de ceux qu’ils ont laissés sur le rivage, pour de longues semaines de doutes, de stress et de peurs…
Les voiles colorées, sous le soleil pâle de Vendée, ont filé vers le sud, emportant les regards émus de tous ceux qui sont restés, là, sur la digue.
Voiles multicolores, gonflées par le vent, qui se précipitent à l’assaut des éléments, fendant la lame, sans vague à l’âme, jouant à saute-moutons sur les vagues qui divaguent.
Voile et coque fushia fluo, ce monocoque-là, en particulier, flottera sur la vague de mes sentiments à moi…à nous…
Heure par heure, ici, nous accompagnerons les marins par la pensée, surferons sur notre vague à nous, celle d’Internet, pour glaner les dernières infos, les dernières positions… tout en restant confortablement installés, au chaud, loin des paquets de mer salée, loin de tous les dangers.
Suivre le sillage de blanche écume qui nous ramènera le marin fatigué, mais aux yeux ô combien chargés d’étoiles !
Avel mat !
Kenavo
Ti’Jean !
CHANSON :
Refrain :
Arrêtez, arrêtez !
Laissez nous vivre en paix
Laissez nous décider :
Mourir ou s’éclater
Notre vie nous appartient
Pas besoin d’anges gardiens
Arrêtez, arrêtez
La folie des dangers !
Il ne faut plus manger, il ne faut plus baiser
Sinon c’est le cancer, le sida assurés
Et le cholestérol et puis l’obésité
Demain tu vas mourir et tu l’auras cherché
Puisque t’es inconscient, on va te protéger
Te faire vivre dans un monde pur et aseptisé
T’interdire les alcools, t’interdire de fumer
Te punir, te mater et bien sûr te taxer
Refrain
Les téléphones portables te rongent le cerveau
Le four à micro-ondes est un autre fléau
Les rayons du soleil c’est pas bon pour ta peau
C’qui était bon hier, aujourd’hui c’est zéro
Tu ne dois plus conduire, la route est un danger
Les radars, la flicaille, ça te fait bien flipper
Un bon moyen aussi pour te faire racketter
A pied ou à vélo, demain tu vas te tuer
Refrain
Tu crois être à l’abri chez toi dans ta maison
Que nenni si tu as de la peinture au plomb
L’amiante utilisée jadis comme protection
Est un danger certain pour tes petits poumons
Nos grands-parents au moins savaient en profiter
Ils n’étaient pas pourtant en plus mauvaise santé
Nous on vivra plus vieux, c’est à n’en pas douter
Mais dans quelles conditions, mieux vaut pas y penser
Refrain
Bon, mieux vaut sourire de tout ça, hein!
On va pas s'empêcher de vivre non plus, car de toutes façons nous mourrons tous un jour de quelque chose!
Et ce qui était bon hier pour notre santé, ne l'est plus aujourd'hui...
Vivons tout simplement, en évitant les extrêmes, vivons sans se poser trop de questions, mais VIVONS, merde
alors!
Sourire
Rire
Rire quoiqu’il advienne
Rire à en perdre haleine
Sourire
Rire
Cacher ses sentiments
Faire taire les grincements
D’une vie rarement clémente
Trop souvent accablante
Sourire
Rire
Lorsque la vie meurtrit
Dévore le cœur, l’esprit
Lorsque des bleus au cœur
Assombrissent les heures
Sourire
Rire
Pour faire un pied de nez
Aux oiseaux de malheur
Et franchir le gué
Par le pont du bonheur
Sourire
Rire
Pour fuir tous les désastres
Noyer l’onde néfaste
Qui coule et se prélasse
Sur des rivages de glace
Sourire
Rire
Pour qu’au ciel tous les astres
Puissent toujours éblouir
Pour accrocher quelques strass
Petites perles de désir
Des gouttes claires de plaisir
Aux demains qui grimacent
Sourire
Rire
En grands éclats de rire
Qui éclatent en plein ciel
Des cascades de sourires
Qui glissent sur les ailes
De la vie
Qui
frémit
Le monde entier est suspendu au destin des Etats-Unis qui se joue dans quelques heures…
Ce Mardi est un jour historique et là, il est minuit passé, donc nous sommes Mercredi déjà et nous, ici, en France, on attend les résultats avec impatience…
Avec le décalage horaire, il va falloir veiller, se tenir informer coûte que coûte, en zappant sur les chaînes de télé, en surfant sur Internet…C’est le stress !
Alors pensez, là-bas, de l’autre côté de l’Atlantique : le stress qui doit régner !
Les américains se sont levés à cinq heures du matin pour être sûrs de pouvoir voter !
Longues files d’attente qui font reculer les électeurs, difficultés techniques dans certains bureaux de vote… L’inquiétude, sur ce qui peut se passer est à son paroxysme…
Obama est largement donné vainqueur de ces élections, avec sept points d’avance…MAIS le passé nous a démontré que l’on ne peut pas vraiment se fier aux sondages aux Etats-Unis…
Le pire des scénarii serait qu’Obama soit majoritaire en nombre de voix, mais minoritaire en nombre de délégués…Tout reste possible…peu probable, mais encore possible…
Obama aura-t-il réussi à faire basculer les indécis ?
Les gens n’auront-ils pas retourné leurs vestes au dernier moment ?
Les scrutins ne seront-ils pas truqués ?
Les électeurs qui ont fui devant la mauvaise organisation des bureaux de vote et les heures d’attente, seront-ils revenus pour voter comme promis ?...quand on sait qu’une participation massive est importante pour Obama !
« Cross fingers »…L’heure n’est plus aux pronostics…Attendons !
Et souhaitons que nous
découvrions, demain au petit déjeuner, le visage de celui, qui peut redorer l’image des Etats-Unis et redonner un petit peu d’espoir au monde
entier…OBAMA !
5H du mat : je suis toujours devant mon poste de télé et je suis la nuit des élections américaines sur BFM télé, tout en surfant sur le web !
VICTOIRE pour OBAMA !!!
Il a dépassé toutes les espérances : 297 grands électeurs (il lui en fallait 270 pour gagner !) en sa faveur contre 135 pour Mc Cain. ET tous les résultats ne sont pas encore arrivés !...
Une grande majorité des états sont tombés dans l’escarcelle d’Obama, petit à petit, les uns après les autres, même les moins probables !
Une superbe victoire, plus encore : une dégelée pour les Républicains !
La liesse, indescriptible, sur Grand Park à Chicago fait chaud au cœur !!!
Des milliers d’américains fous de joie et pleins d’espoir !
OBAMA PRESIDENT !!
Le premier président noir aux Etats-Unis !
Un grand moment historique ! Une énorme bourrasque d’espoir pour le monde entier !
Et la bourse remonte aux Etats-Unis !
Mac Cain félicite Obama d’une façon très fair-play et très amicale : bravo à lui !
Suivre ces élections américaines tout au long de la nuit, a été passionnant…Même s’il ne me reste plus beaucoup d’heures à dormir, je ne le regrette pas J
Et je vais de ce pas…dormir sur mes deux oreilles, tranquille !
CAR c’est officiel : Obama est le 44ème président des Etats-Unis !
Demain à dîner je compte sur vous Pauline
Vous dégusterez un canard en terrine
Venez accompagnée de votre cher ami Jean
Je sais qu’il aimera mes filets de flétan
Sera présente aussi ma cousine Marie
A qui j’ai promis un bon poulet au curry
Vous rencontrerez aussi mon ami Martin
Qui ne résiste pas à ma tarte Tatin
Et cerise sur le gâteau, mon amie Anne
Nous arrosera du
meilleur des champagnes !
Si vous avez un peu de temps et si vous aimez jouer, essayez vous aussi !
— ça y est, le défilé va commencer! Les grilles de notre cimetière viennent de s'ouvrir!
— Week-end de la Toussaint oblige ! On est sûr de les voir rappliquer les bras chargés de fleurs ! Pourvu que j'échappe cette année à l'éternel chrysanthème... Ils pourraient faire preuve d'originalité, pour une fois, c'est vrai, quoi !
—
Plains-toi, Sidonie ! En
général tu en rafles trois fois plus que moi!
Tu voudrais quoi ? Du muguet, des tulipes, pour changer ?? Difficile, à cette période de l'année !
— Non, de simples roses...des rouges, des jaunes, des blanches...même si elles seront fanées dans huit jours, tant pis! Avoue que ce serait quand même plus original, plus léger, plus féminin, non ?
— Ha! Ha! Le romantisme en pays d'outre-tombe !!!
— Chut, taisez-vous, on vient ! J'entends des pas dans l'allée transversale ... C'est peut-être pour moi...
— Perdu ! C'est encore pour la petite du bout là-bas...C'est fou, ça, on ne voit même plus la dalle de marbre, tant elle est couverte de fleurs…
— Normal, elle est morte depuis à peine trois semaines, la pauvre petite...Mourir à 18ans...si c'est pas malheureux ...
— Ouais, mais au moins, on lui apporte des fleurs fraîches à elle! Moi, ça fait 40 ans que je ne suis plus de leur monde et je me trimbale toujours la même horrible fleur artificielle! Une fleur en plastoc…Ça c'est sûr, ils sont pas obligés de venir l’entretenir… C'est d'un mauvais goût ! Quelle bande de radins dans cette famille ! Je les vois rappliquer une année sur deux…avec un peu de chance, ils vont débouler aujourd’hui…
— Ho, toi, la vieille tante d'en face, tu nous as suffisamment pourri la vie de ton vivant, alors la famille, je les comprends, ils soufflent un peu ! Tu n'as que ce que tu mérites ! ça fait 40 ans que tu ronchonnes ici! Tu peux pas la mettre en veilleuse un peu et nous laisser profiter, pour une fois qu'il y a un peu d'animation ?! C'est vrai, quoi, elle est pas belle la vie:le monde des vivants vient à nous aujourd'hui...ça va sentir la fleur pendant 15 jours !
— Rolala, dites donc ! L'écrivain de l'allée 175...qu'est ce qu'il récolte lui aussi !! Finalement, on aurait dû choisir d'être célèbre dans notre autre vie ...on aurait même des inconnus qui viendraient fleurir notre tombe…
— Ouais, bof… Hé Arthur, t'es toujours là? On ne t'entend pas aujourd’hui ?
— J'assiste au spectacle, figure-toi ! J'écoute, j'observe, je hume...Moi, je n'attends rien ni personne...comme ça au moins je ne suis pas déçu ! Ils sont anti-cimetières chez moi...Pour eux, je n'habite pas ici, mais toujours à la maison! C'est vrai, ils ont un peu raison… j'y vais souvent m'y balader à la maison et voir ce qui s'y passe...et je peux vous dire qu'aujourd'hui, trône sur le guéridon du salon, un magnifique chrysanthème, tout en boule, jaune d'or...assorti au décor ! Au moins, tout le monde en profite, et on pense à moi en même temps !
— Psst, Sidonie, regarde ! Je crois que tu as de la visite! Toute la sainte famille qui va défiler !
— Ho, des roses !!!! Alors ça, c'est épatant !!! On croirait qu'ils m'ont entendue ! Que je suis mauvaise langue, parfois...Vous avez vu comme mon René s'est fait beau aujourd'hui?! Et la petite dernière, elle est pas mignonnette ? Elle est belle ma descendance, pas?!
— Ouais, Sidonie, t'as de la chance, toi ! Je vois arriver le Marcel...avec son cyclamen...Il s'est encore fait refiler le plus moche de la boutique! C'est-y pas vrai, ça!!… et regardez-moi comment il est attifé, encore ! J'vous'le dis, moi, depuis que je suis plus de leur monde, ça tourne plus rond du tout ! Il s'laisse aller le Marcel !
—
Tu vas pas remettre ça, la
tantine !! T'aurais peut-être préféré
le voir arriver tout pimpant, jovial, en sifflotant, une minette à son bras? Hein? Avoue que t'aurais pas apprécié de le voir reprendre goût à la vie sans toi ! Faut bien que tu aies une occasion
de râler encore !
— Ho! toi, le Gérard, que le diable t'emporte ! Cette année, ta plante verte va te passer sous le nez, car je vois rien pour toi pour le moment
— Allons, allons, on se calme, là-bas, vous laverez votre linge sale en famille plus tard ! Taisez-vous car c'est mon tour !! Laissez-moi profiter de cette magnifique gerbe de glaïeuls! C'est un ancien admirateur qui approche…Je me souviens...il assistait à tous mes concerts...et un jour, il m’a déclaré sa flamme comme ça : "Aimée, les notes qui s'envolent de votre piano se mêlent d'une façon magique aux doux parfums de mes glaïeuls! Vous êtes une fleur parmi les fleurs !" C'était ti pas classe, ça ? Charmant, oui... Ha, j'avais un certain succès dans le temps! Les hommes étaient tous à mes pieds ...
— V'la qu'elle s'y croit encore ! ...Y en a pour trois siècles, là, si elle se met à nous raconter ses succès passés, la diva…
— Boudiou de boudiou !! Mais qui m'a foutu des bouquets pareils ?! Qu'est ce qu'ils déposent à mes pieds, là? C'est pas un bouquet, ça ! ça été fagoté à la va-comme-j'tepousse !! Aucun soin, aucun art !...Le métier se perd décidément…
— Dis, le fleuriste, je pourrais en dire autant...Moi qui étais jardinier, je peux te dire que ces fleurs-là, elles vont pas durer deux jours ! Regarde-moi ces feuilles !!! Elles sont bouffées aux insectes ...même pas traitées...puis ils les ont forcées…Si c'est pas malheureux !
— Chut, écoutez! On dirait que l'on referme déjà les grilles du cimetière...Les allées se vident...ça y est, la fête est finie...
— Déjà ?
— Ho, déjà…On n’a pas vu le temps passer cette année…
— Ouf, bin c’est pas trop tôt, on va retrouver un peu de calme au moins ...Si on sortait ? Allons-nous promener dans les allées, allons respirer tous ces parfums mêlés...
— Bonne idée, après tout c’est notre fête à nous!
La pierre tombale de la petite Mamy était restée désespérément
vide.
Aucune fleur ne s'y épanouissait...Et là, elle avait le cœur gros, car elle savait qu'il n'y avait plus aucun espoir de voir un jour sa tombe fleurie...
Elle était la dernière de la lignée, sans plus de descendance ...Mourir à 106 ans, vous pensez...
Elle qui aimait tant les bouquets et qui n'avait vécu rien que pour eux et au milieu d'eux ...
C'était trop triste à supporter ...non, elle n'avait vraiment pas envie d'aller danser avec les autres, au milieu des feux follets. Elle n'avait vraiment pas le cœur à ça ... Quelle triste fête que celle d'aujourd'hui ...
Elle haïssait les 1er Novembre, décidément !
Une bourrasque violente mais brève se leva soudain au-dessus du petit cimetière, emportant
sur son passage des brassées de fleurs.
Par la force du vent, quelques roses aux couleurs vives, quelques fiers glaïeuls, s'envolèrent... pour atterrir doucement sur la tombe de la vieille mamy.
Souffle bienfaiteur, le vent s'en est allé comme il était venu...
Un sourire éclaira la petite âme...
Elle
remercia le ciel d'avoir semé ces quelques fleurs sur le chemin de cette autre vie...
Ce n'était que justice divine pour cette ancienne petite marchande de fleurs...
*
Notre bonne ville de Reims à la une de toutes les gazettes de France et de Navarre, pour une histoire de frite qui a malencontreusement chu sur le sol d’un fast-food bien connu…
Une dame chut sur ladite frite qui n’aurait pas du, ho non pas du du tout, se trouver là sous son pas.
Multiples fractures, handicap…la dame a mal et demande réparation dans tous les sens du terme.
100 000 euros de dédommagement pour une frite indisciplinée !
Mais qui donc a fait tomber sa frite sur le sol et ne l'a pas ramassée ?!
Il faut bien un coupable en ces temps de misère…
Quelques milliers d’euros sont toujours bons à prendre en ces temps de récession…
A trop manger de hamburgers, on attrape le virus des Ricains et l’on devient procéduriers à tout va…
Qui ne risque rien, n’a rien, me direz-vous !
De quoi, ma foi, donner des idées à plus d’un…surtout que la dame a de fortes chances de gagner son procès.
Moi, je vous le dis
franc et net : il ne fait pas bon être commerçants en ce monde où les gens marchent sur la tête !
* Vous la voyez la fameuse frite incriminée? C'est celle-là, entourée d'un coup de feutre
noir...enfin...c'est elle, AVANT d'être écrabouillée par le talon de la dame... Maintenant, elle est collée au talon de la chaussure et elle moisit sur le bureau du juge,
comme "pièce à conviction"...
C'est pas une fin de vie pour une pauvre frite, vous en conviendrez!
Moi je dis que personne ne la défend cette petite frite-là et qu'elle n'a pas droit à la parole, alors je propose de monter une association pour sauver la frite de Reims!
...Et on l'appellerait "Le comité de soutien de la frite qui pue" ou bien tout simplement "La frite qui crie" ou bien... bon, si vous avez d'autres idées, hein,
elles seront les bienvenues, mais FAISONS quelque chose pour sauver la petite frite de Reims!!
Aujourd’hui, c’est l’effervescence au village ; aujourd’hui, c’est fête !
Babatoundé, le chef, va
fêter son anniversaire.
Il a à peu près soixante dix années d’âge, ce qui fait de lui un grand ancêtre, et un ancêtre, ça se respecte et on se doit de lui rendre la vie douce jusqu’à sa mort.
On doit gâter ses ancêtres parce qu’ils ont longuement vécu.
Mamadou et Lassissi ont
préparé une surprise pour la circonstance, mais ils n’ont rien voulu dire à personne, sinon, ce ne serait plus une surprise, qu’ils ont dit.
Ils ont rajouté qu’on n’en croirait pas nos yeux et nos oreilles et qu’on allait voir du jamais vu. Ils ont dit que même le grand fleuve Niger, il allait en avoir ses eaux toutes agitées, alors
vous pensez bien qu’on a l’excitation qui ne nous fait plus tenir en place !
On court, on bondit partout, si bien que Mama Awa, elle nous a attrapés et elle nous a dit d’un air sévère que si l’on continuait comme ça à être aussi agités que les feuilles du grand fromager
dans le vent violent de l’harmattan, et bien elle nous enfermerait dans la case et on n’aurait plus que nos yeux pour pleurer la belle surprise envolée.
Alors on a fait oui de la tête pour bien lui signifier qu’on avait compris et on est partis jouer un peu plus loin avec nos pneus qu’on a lancés sur la piste rouge de
latérite.
Le pneu d’Amidou est bien plus rapide que le mien ; il dévale la pente sans jamais s’écarter de la piste.
« Tout est dans le lancer de pneu ; ça s’apprend, mon vieux ! » qu’il dit Amidou, d’un air de “je sais tout” et le fait est que son pneu arrive non seulement toujours le
premier en bas mais le plus loin. Il gagne toujours Amidou ; c’est le plus fortiche de nous deux, mais un jour je gagnerai, et ce jour-là, Amidou il deviendra plus blanc qu’un toubab
tellement la colère va l’envahir !
Il faut vous dire que je m’entraîne en cachette pour la grande course annuelle qui a lieu à Ikot-Ekpene, et que j’améliore de jour en jour mon lancer : le pneu garde sa route, bien
droit, sans prendre la poudre d’escampette dans le bush, enfin… ça dépend des jours…
C’est pas évident de s’entraîner en cachette : il faut que ce soit en dehors des heures d’école, il faut qu’Amidou se soit absenté et il faut que ce soit en dehors de la circulation des
taxi-brousse, car sinon ce serait trop dangereux.
Un pneu lancé à toute vitesse, ça pourrait provoquer un accident si un piéton ou un vélo, ou même un taxi-brousse venaient à passer par là. Heureusement, la circulation est très rare sur cette
piste-là, et même si ce jeu est interdit, Amidou et moi, on ne peut s’empêcher de jouer quand les adultes vaquent à leurs occupations et ne s’occupent pas de
nous.
Cet après-midi-là, on n’a pas joué longtemps au jeu du pneu. Il se passait beaucoup trop de choses importantes au village et on ne voulait pas rater quelque chose. On ouvrait grandes nos
oreilles, à l’affût de chaque information qui nous permettrait de découvrir quelle serait la surprise promise.
Comme le son des tam-tams qui enfle de village en village, la rumeur allait bon train. Les langues se déliaient. Chacun détenait sa vérité. Untel avait rencontré Untel qui, de source sûre, lui
avait tout dit sur la surprise. Il suffisait, l’air de rien, de laisser traîner une oreille et puis de faire le tri des nouvelles que l’on glanerait.
C’est du côté des femmes que l’on décidait d’aller écouter ce qui se disait, car les femmes, elles parlent beaucoup et souvent pas pour rien dire...
Aujourd'hui, j'ai choisi de vous faire partager l'une de mes histoires africaines!
Je l'ai découpée en plusieurs "petites" tranches pour que la longueur de ma nouvelle ne décourage pas certains d'entre vous...Vous verrez, cette histoire se lit vite et j'espère qu'elle
vous aura plu et ...que vous serez allés jusqu'au bout! :-)
En la publiant ici, bien sûr j'ai pensé à Lmvie, africaine dans l'âme...comme moi , et je lui adresse ce petit clin
d'oeil!
Bon, vous voulez savoir ce qui va se passer dans ce petit village en liesse? Vous voulez participer à l'anniversaire de Babatoundé et à la surprise? Vous voulez suivre les bêtises des gamins du
village?
Moi je ne suis pas sûre que la fête aura finalement lieu...mais qui sait, hein?!
Vous voulez vraiment savoir? Alors c'est par ici, là en dessous! Suivez les flèches et descendez toujours!
Bonne lecture :-)
Alors on est allés se
promener du côté de la case de la vieille Sokari. Celle-là, on raconte qu’elle a la langue du serpent qui siffle. Elle sait toujours tout sur tout et tout le
monde.
A l’entrée de sa case, elles étaient une douzaine en train de se coiffer mutuellement, de se démêler les boules laineuses des cheveux, de se faire des petites tresses qu’elles plaquaient joliment
sur leur crâne.
Elles parlaient toutes
en même temps -patapata patapata – elles riaient aussi. Elles faisaient toujours beaucoup de bruit.
« Tssss, le jour de la coiffure, c’est la basse-cour chez Sokari : les pintades caquètent » disait les hommes de la concession familiale en secouant la tête et en fuyant dare-dare
ailleurs.
On s’est donc approchés
sans bruit et on s’est cachés derrière le buisson où les mouches vrombissent comme des motos. On a écouté.
— Du jamais vu, je vous dis ! Mamadou, il m’a dit que ça
allait être comme à Paris, là ! Là-bas, à la capitale, c’est chose courante, mes chères !
— Et ça bouge comme en vrai ?
— Oui, oui ! Ce sont des images qui bougent ! ça raconte une histoire, il y a même du son. C’est comme je te vois, là ! C’est comme si tu marches là, et que tu te vois marcher sur la toile, c’est pareillement !
— Ha, tu parles d’un événement ! Et comment ça marche, ça ?
— Ils mettent l’histoire dans une boîte, ça s’appelle un projecteur qu’il m’a dit Mamadou, et après ça passe sur la toile blanche et on peut voir le film. On appelle ça le cinéma.
— Et ben dis don’, faut pas rater ça ! Babatoundé, notre chef, il va pas en revenir ! Faudrait pas qu’il en tombe à la renverse et qu’il casse sa pipe, le pov’ vieux !
Les rires ont fusé pendant un bon quart d’heure à cause de la bonne plaisanterie.
— Bon, il faut pas oublier d’apporter son banc ou sa chaise. ça se passe sous l’arbre à palabres. Pour pas que notre chef soit au courant de la surprise et voit les préparatifs, ils vont l’envoyer pour une mission importante à Ikot-Ekpene. Il sera de retour juste pour le début du film.
— On va sortir les boubous de cérémonie, là ! Hééé, c’est qu’on est de
sortie ce soir, faut se faire belles, mes chères, en l’honneur du chef et du cinéma !
Là, elles se sont mises à parler pagnes et chiffons. Ça devenait plus intéressant du tout, mais alors plus du tout, alors on s’est éloignés. On ne savait pas quoi dire tellement ce qu’on avait
entendu nous a paru incroyable. Des images qui bougent…On avait bien vu des images, déjà, mais les images qu’on voit sur les livres… et ces images-là, elles ne bougent pas. On n’avait jamais
entendu parler d’une chose pareille !
— Comment ça s’appelle déjà, Amidou, les images qui vont bouger
sur la toile blanche ?
— Le ci-né-ma ! a répondu Amidou d'un ton savant et en détachant
bien les syllabes.
On est repartis vers le centre du village, en traînant les pieds, perdus dans nos pensées et pas sûrs d’avoir tout bien compris.
Sur le chemin, on a
croisé d’autres femmes, bébés au dos et calebasses sur la tête, qui n’en terminaient pas de se saluer.
— Comment va ta famille, aujourd’hui,
là ?
— Ma famille va bien ; je te remercie. Ta famille à toi se porte bien
aussi, là ? Tes enfants ont la santé bonne,
aujourd'hui?
Elles ont énuméré chacun
des membres de leur famille, décrivant l’état de santé de chacun – ça n’en finissait pas- et puis, on a entendu :
— Quand le couchant sera venu, il faudra se rendre sous le grand
baobab. Il faudra que l’on s’assoie, en silence, et qu’on attende les images qui bougent sur la toile blanche. Mamadou fera des essais pour voir si ça marche bien, avant que le chef
arrive.
— Oui, oui, faudra que tout soit prêt pour le cinéma en plein air ! On a égorgé la chèvre ce matin ; on va la mettre à griller pour la manger après la représentation. Babatoundé va être content !
— Allons, ma chère ! Il faut aller aider aux
préparatifs !
Elles se quittèrent, faisant claquer nonchalamment leurs claquettes en caoutchouc qui faisaient clap-clap sous leurs pas.
On n’en a pas appris beaucoup plus, alors on a décidé d’aller parler avec Amoulaye, le maître de l’école. Amoulaye, il sait lire et écrire parfaitement ; il sait tout, même mieux qu’un
ministre…normal puisque c’est lui qui nous apprend.
Tous les matins, on s’installe sur nos nattes, dehors devant sa case, sous l’arbre à pluie, et là, sur le grand tableau noir, il nous fait répéter les lettres de l’alphabet. Il nous a même fait
répéter la chanson qu’on va chanter pour l’anniversaire du chef. Il sait répondre à toutes les questions avec toujours le sourire.
Le sourire, il ne l’a pas quand il voit que l’encre du stylo bic a bavé sur les cahiers. Là, il est très en colère et déchire les pages qui sont sales et il faut tout
recommencer.
Quand on arrive, le maître est en train de palabrer avec Mamadou et Lassissi et d’autres hommes du village.
Ils sont sous le grand baobab et ils installent une grande toile blanche qu’ils essaient de tendre aux branches.
Mais ils ne sont pas
d’accord. Le maître dit qu’il faut la fixer sur des grands piquets pour qu’elle soit bien tendue. Il a l’air énervé.
Quand on a voulu lui poser des questions, il nous a envoyés balader, en disant qu’il était trop occupé et il nous a chassés d’un air sévère :
— Faut pas traîner dans
nos jambes ! Allez faire vos pages d’écriture : demain je vous interrogerai !
Alors on a filé sans demander notre reste, juste quand la toile est tombée parterre.
C’est qu’ils avaient l’air d’avoir bien du mal à la faire tenir en l’air.
On a traîné, traîné…tout le monde était trop occupé et on s’est fait chasser de partout.
Comme on n’en
apprendrait pas plus sur la soirée, on a décidé d’attendre le soir et de faire comme tout le monde, d’arriver à la nuit tombée avec notre petit banc en bois.
Le temps passait pas
vite, même au lancer de pneu.
La chaleur était si accablante sur la piste que la poussière rouge nous collait à la peau. C’était oppressant et on avait la gorge sèche, les yeux rougis et le front brûlant.
Même les margouillats, avec leur corps noir et leur tête orange qui oscille, ne bougeaient plus et recherchaient l’ombre. Pourtant les gros lézards aiment la chaleur, mais là, c’était
trop.
Alors on a abandonné nos pneus et on a décidé d’aller plonger dans la lagune, histoire d’aller se rafraîchir.
On a décidé qu’on reprendrait notre entraînement ce soir, juste entre les essais du film et l’arrivée de Babatoundé, le chef.
On aurait bien le temps avant le début de la projection, le temps que tout le monde s’installe… après tous les discours de bienvenue au chef et tout ça…
On a pris la pirogue de mon père. Elle dormait sur la berge. C’était la plus belle de toutes les pirogues du village. Elle ressemblait à une longue flèche de bois avec des dessins de toutes les
couleurs qui décoraient ses flancs.
— C’est mon outil de travail, il faut y faire attention !
Disait mon père qui était le meilleur pêcheur du coin. Il prenait son embarcation tous les matins, à l’aube, lui faisait descendre la lagune jusqu’à l’embouchure, et là il passait la barre, là où
l’océan bât la côte de coups violents et incessants. Les vagues sont énormes, plus hautes que la crête du grand fromager de notre village. J’étais encore trop petit pour l’accompagner, alors il
me racontait :
— Au moment où le soleil noie ses rayons rouges dans la grande
profondeur de la mer, nous guettons la lame redoutable. Dans un même hurlement, tous les piroguiers que nous sommes, nous couchons sur la pirogue pour la lancer d’un même élan, à la force des
bras, afin de se tenir sur la crête de la vague. Nous accélérons la vitesse pour rester sur le dos de la vague et il ne nous reste plus qu’ensuite à se laisser porter et déposer doucement sur la
grève…
Il avait des lumières qui s’allumaient dans ses yeux quand il racontait.
Quand je serai grand, je
serai le plus grand pêcheur du coin, comme mon père !
En attendant, on s’est contentés de conduire la pirogue au milieu de la lagune, et là, on s’est bien amusés. On a plongé et re-plongé. D’autres enfants de notre âge nous ont rejoints, et là, on
n’a pas vu passer le temps.
C’est quand le doré du couchant s’est mis à colorer les eaux de la lagune en orangé et que l’obscurité a commencé à envahir la cime des filaos et de tous les autres arbres alentour, qu’on s’est
dit qu’il était grand temps de rentrer au village si on ne voulait pas manquer le début des festivités..
On s’est mis à courir, effrayant les poules et les cochons sur notre passage.
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"Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit." (M. Duras)
"Ecrire, c’est une façon de parler sans être
interrompu." (Jules Renard)
"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)
"Ce sont
les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)
"Comment se tue en nous
l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale."
(Sainte-Beuve)
"Créer c’est vivre deux fois." (Albert Camus)
"On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme." (Douglas
MacArthur)
"La vie ressemble à un conte ; ce qui importe ce
n’est pas sa longueur, mais sa valeur." (Sénèque)
"La vie est finie quand tu ne surprends plus personne."
(Coluche)
"L’indifférence est une paralysie de l’âme." (Anton Tchekhov)
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