En degrés et par paliers,
Je m’envole hors de ma cage,
Déjouant la surveillance de mon garde corps.
En spirales, à la volée,
Je m’élève en marches dansantes
Ou bien plonge, vertigineux,
Dans un vide sur tapis rouge.
Qui
suis-je ?
Devinette Ô combien facile, je vous l'accorde, mais mes mots avaient envie de
prendre un peu d'altitude aujourd'hui! Et comme je n'ai pu les réfréner...je les ai laissés s'amuser en cavalcades bruyantes jusqu'à l'essoufflement!
Les nouvelles plaques d’immatriculation ont au moins l’avantage de mobiliser toute la pensée des Français, tout occupés qu’ils sont à polémiquer sur la réelle utilité d’un tel changement, sur la couleur, le département…
Pendant ce temps-là, le bon Français ne pense plus à la crise, au chômage, à la baisse du pouvoir d’achat… et Sarko et son gouvernement sont tranquilles ! Tranquilles, je vous dis, pour nous concocter d’autres projets sûrement tout aussi alléchants !
Non, c’est vrai, c’est important un évènement pareil pour une fois que l’on va avoir un truc « à vie » et qui plus est gratuit ! Vous en connaissez beaucoup des cadeaux garantis jusqu’à votre mort ?
Et puis là, on va se sentir tout de suite beaucoup plus européens avec tous le même petit drapeau…
Plus de paperasserie inutile : on vous apportera votre carte grise directement à domicile…peut-être que c’est Sarko lui-même qui se déplacera avec un joli petit plateau d’argent…avec des plaques de casino en sus, car il n’est plus à un cadeau près !
Non, non, ils font vraiment tout pour nous enjoliver la vie, au gouvernement…
Le seul bémol…je dirais…c’est notre identité nationale…
Ha, l’identité nationale du bon Français, c’est important ! A l’étranger, c’est le plus chauvin…et en France…aussi ! Il n’y a que son département à lui qui vaille le coup. Hors de son département, tout est nul et laid…
En ce qui me concerne, je dois dire qu’au début, je m’en fichais un peu…Le 51 m’allait bien au teint, mais le perdre pour un autre ne me faisait pas pâlir d’angoisse.
Jusqu’au moment où Georges et moi on a commencé à
parler du choix du département éventuel…
Lui, comme vous le savez, il est américain et toutes ses voitures là-bas portent les lettres des pays où il réside…La Maserati, KY Kentucky, la Ferrari, FL Floride, la Rolls, NY Etat de New York, la Bentley, CA Californie…je ne vous donne pas la liste car ce serait trop long…
Mais vous savez aussi qu’il réside très souvent chez moi, en France, plaque tournante de rencontres incontournables pour le showbiz…
Sa Porsche Cayenne, à Saint Trop’ est immatriculée 83, la Jaguar à Meugèveu, 74, bref, là aussi je ne vais pas vous faire la liste des voitures de ma star…
Il doit bientôt changer la voiture que nous utilisons ici en Champagne, une Lamborghini, et racheter un 4X4 Hummer.
Et là, vous savez ce qu’il me dit, d’un ton dégagé ?
— Pour le Hummer, je vais demander le 75, car Parissss c’est too much !
Je l’ai regardé, sidérée. Là, son accent charming ne m’a plus du tout séduite et son sourire ravageur a révélé une vilaine plaque dentaire.
— Mais…amour à moi…nous vivons ici en Champagne…le 51…c’est bien, non ? C’est associé au mot « Champagne », les gens aiment cette boisson Ô combien too much…et d’ailleurs, as-tu remarqué que nous ne nous faisons jamais klaxonner comme les parigots…au contraire, les gens nous sourient tout le temps ! Moi, j’aime bien le 51…du reste lorsque je vais changer ma Titine, je garderai le 51 !
— Ta Titine…cette poubelle qui te sert de pédalo ? Yes, elle vaut bien le 51, mais mon new Hummer il méritera le 75, darling !
Quel air supérieur, il a pris mon Georges…Non mais, il se prend pour qui pour
juger qu’en dehors de Paris, il n’y a que des péquenauds ?!
Il s’imagine qu’à Paris on va lui poser une plaque commémorative partout où il pose ses pas ?
Alors, on a continué à polémiquer sur les départements jusque tard dans la nuit, même qu’à défaut de plaques d’immatriculation, ce sont des plaques de boutons que j’ai collectionnées…et j’étais aussi électrique qu’une plaque chauffante, tant j’étais furieuse.
Au point du jour, après s’être balancé nos plaques d’immatriculation dans les dents toute la nuit, j’ai regardé le melon qui lui servait de tête et j’ai pensé qu’il était vraiment à côté de la plaque, le Georges, aussi je lui ai dit comme ça d’un air excédé :
— Dis tu sais pas, Georges…si tu prends pas le 51 comme numéro, je te plaque !
Les stars, il ne faut pas céder à tous leurs
caprices, sinon, on s’en sort plus…et parti comme c’était parti, mon Georges ce sont des plaques en plaqué or qu’il aurait exigées
ensuite !
Ou il acceptait ma plaque de rue sans chichis ou bien alors il crècherait désormais sur
les Champs Elysées.
Ou il acceptait d’apposer le 51 sur sa nouvelle plaque, ou bien il prenait ses cliques et ses plaques et basta !
Il a bombé ses plaques de chocolat,
ouvert la bouche…mais n’a rien répondu devant mon ton intransigeant.
Finalement, je pense qu’il tient sérieusement à moi, Georges !
Toujours est-il, que tout ça, c’est arrivé à cause des nouvelles plaques d’immatriculation…C’est la première fois qu’on se disputait Georges et moi !
Le gouvernement ne fait vraiment rien pour respecter la paix des ménages…
Faut pas jouer comme ça sur la plaque sensible des citoyens…
La tectonique des plaques, faut pas rigoler avec ça…car ça peut dériver et provoquer des tremblements de terre…et vous savez quoi ?
Sarko, il aurait mieux fait de glisser sur une
plaque de verglas, le jour où il a décidé de changer nos plaques d’immatriculation !
Finalement, je pense que ce n’est vraiment pas une bonne idée !
Quelle heure est-il au bord de tes paupières ?
Huit heures, minuit
Demain ou aujourd’hui
Quelle heure est-il
Quand chez moi c’est midi ?
Aube du matin
Crépuscule du soir
Nos étoiles se croisent
Au firmament du temps
La terre est trop ronde
Trop grosse pour l’enlacer
Mes bras dessinent un rond
Un vide empli de ton éclipse
Tu t’éveilles quand je m’endors
Ton soleil éclaire mes nuits
La lune de mon ciel blêmit
Sur tous ces mois d’absence
Bien au-delà des mers
Le temps impalpable
Impose sa distance
Nous séparant les heures
Quelle heure est-il aux frontières de ton cœur ?
Quelle heure est-il au bord de tes paupières ?
Huit heures, minuit
Il fait nuit sur les vignes
Il fait jour sur le lagon
Et les étoiles clignent
Au rythme de mon cœur
* Peinture de Odile Maffone
Jolie image, non?
Avec son côté « décalé », son regard de pré-ado attardée qu’elle porte sur les choses qui l’entourent, son accent english qu’elle entretient pour mon plus grand plaisir, elle me fait rire !
Elle a gardé en elle une grande naïveté qui me ravit.
Tout Birkin qu’elle est, elle vit et réagit selon son mode de vie bien à elle et sa façon de penser rien qu’à elle, et se fiche du jugement des gens !
Elle est « nature » quoi !
L’autre jour, lors d’une interview télé, elle
évoquait sa maman décédée et confiait qu’elle gardait ses cendres chez elle.
Jusque là…rien de bien excentrique…
Sauf lorsqu’elle a rajouté qu’elle avait conservé les cendres dans un pot de confiture à la fraise sur l’étagère, au milieu de ses boîtes de thé et pris soin d’y coller une étiquette « Maman » !
Imaginez si elle avait inscrit sur l’étiquette « Bonne Maman »…
Je n’ai rien contre les confitures « Bonne Maman »…mais là…oula, son truc à Jane, ça pourrait porter à confusion !
Le jour où j’irai prendre le thé chez Jane…je
crois que je la laisserai elle-même choisir ses pots…quoique !
Marc se pince pour être sûr de ne pas rêver ; il frissonne de peur ou de froid : il ne sait plus !
A travers le rideau de pluie et le brouillard qui s’en mêle, il tente de scruter le visage de la femme. Une profonde tristesse semble noyer son regard quand elle se met à parler d’une voix rapide et grave :
— Empêchez-les de se noyer…les petites filles…demain, elles vont venir faire du canoë avec l’école…Marine…Emilie…elles vont se retourner avec leur canoë…elles vont être emportées par le courant…elles vont se noyer si vous n’intervenez pas !
Ô je vous en supplie…empêchez ça !
Elle se tord les mains en disant ces mots. Les pans de sa longue cape noire sont battus par le vent ; des mèches de cheveux mouillés collent à son visage.
— Mais qui êtes-vous ? Que v…
Marc n’a pas le temps de terminer sa phrase que, sous ses yeux écarquillés de stupeur, la silhouette disparaît brusquement, comme aspirée par le vent de plus en plus violent.
— Bon sang ! Cette fois, je n’ai pas rêvé ! Elle était bien là, devant moi…elle m’a parlé…elle m’a dit des choses terrifiantes sur les filles…je n’ai pas inventé tout ça quand même…ou alors je suis en train de délirer !
Juliette entre dans la chambre dont les rideaux sont tirés.
Elle s’approche doucement du lit où son mari est étendu et lui passe la main sur le front.
— Tu as encore de la fièvre, mon chéri ! Repose-toi encore un peu, cette mauvaise grippe va bien finir par passer.
Marc, affolé, se redresse sur ses oreillers, les yeux hagards.
— Les filles…Emilie et Marine…où sont-elles ?!! Elles sont en danger !!! Il faut faire quelque chose !! Appelle les secours !!!!! Elles sont en train de se noyer !!!
Il rejette les couvertures et s’apprête à sauter du lit comme un fou, quand Juliette l’en empêche.
— Les filles, mais elles vont bien les filles ! Elles sont attablées dans la cuisine, devant un bon chocolat chaud. Elles sont en train de se réchauffer après un bain forcé dans le canal ! Figure-toi que cet après-midi, elles avaient un cours de canoë avec l’école et elles ont chaviré. Heureusement, une jeune femme, qui passait par là, les a récupérées. Elle leur a lancé sa cape dont elle s’est dévêtue ; les enfants se sont agrippées aux larges pans et elle les a tirées sur la berge. Tu te rends compte si cette femme n’avait pas été là…Nous avons frôlé le drame ! Depuis, Marine n’arrête pas de dire que cette femme ressemblait à sa maman. La pauvre petite…Elle a vraiment été marquée par la mort de sa mère…
Allez, repose-toi ! Tout va bien ! Il y a eu plus de peur que de mal !
Elle pose ses lèvres sur le front de son mari.
Marc ferme les yeux et replonge dans un sommeil profond.
Au loin, dans la vallée, la lune pleine fait son apparition et caresse de ses
rayons pâles les eaux calmes du canal.
Happy end!
Joyeuses fêtes de Pâques à tous !!!
Je veux bien être une cloche...une fois l'an...et je prendrai mon rôle très au sérieux!!
Je promets de...ne pas me goinfrer,
Je promets d'en laisser aux petits enfants,
Je le juuuuuuure !
Au volant de sa voiture, sur le chemin du retour, Marc repense à la photo. Il se rappelle avoir rencontré quelques fois la mère de Marine, à la sortie de l’école quelques années plus tôt. Cette femme, décidément, ressemblait étrangement à la silhouette entrevue près du canal…même chevelure bouclée, même cape noire…Il n’avait pu voir les traits de son visage, mais la jeune femme pouvait être la mère de Marine. Seulement la mère de Marine était morte…
Le lendemain, Marc fait une courte visite à son éditeur et ami, afin de lui remettre les quelques pages terminées de son nouveau roman.
— Toi qui es spécialiste en contes et légendes sur la région et qui t’intéresses aux apparitions surnaturelles…tu aurais été au courant d’une nouvelle « Dame blanche » qui se baladerait près du canal ? Bon, tu connais mes croyances sur la question : je ne crois pas du tout aux fantômes, mais cela dit, j’ai été néanmoins témoin d’un étrange phénomène, hier…
Il raconte sa rencontre troublante à son ami.
— Ah, tu l’as vu aussi… Figure-toi que tu n’es pas le seul à l’avoir entrevue, cette silhouette. Elle erre comme une âme en peine, comme toutes les âmes qui se sentent coupables de ne pas avoir rempli une mission sur cette terre. Elle restera prisonnière du monde des vivants tant qu’elle n’aura pas racheté sa faute. Cette âme-là, considère qu’elle est coupable de n’avoir pu éviter la mort d’autrui.
La silhouette que tu as vue courir le long du canal et que l’on aperçoit
depuis quelque temps serait bien la maman de Marine… Elle a tenté de
sauver son enfant qui se noyait ; elle l’a payé de sa vie sans pour autant
avoir pu retirer sa fille des griffes de la mort.
Et depuis, elle erre sans but, le long des berges qui ont fait le tombeau de
son enfant. De plus, elle sent les êtres aimés qu’elle a laissés sur cette
terre, perdus dans leur souffrance, ce qui rajoute à sa peine et l’empêche
de casser les chaînes qui la retiennent ici-bas…
— Mais cela fait longtemps qu’elle erre comme ça ?
— Oui, ça fait quelques mois déjà…les premières apparitions remontent à quatre mois environ. Parfois aussi, les âmes reviennent parmi les vivants pour prévenir d’un danger qui risquerait de se reproduire au même endroit… Une façon de se racheter en sauvant d’autres vivants.
Marc ne sait plus quoi penser de tout ceci. Son esprit cartésien l’empêche de croire en de telles niaiseries et il se met à douter d’avoir vu cette silhouette, deux soirs de suite.
— J’ai dû rêver tout simplement…je ne vais pas, à mon âge, commencer à croire aux fantômes…ridicule, tout ça !
Pourtant, il évite, pendant quelques jours, de promener le chien dans ce coin-là, puis, les jours passant, il ne pense plus à cette histoire stupide.
Quelques semaines plus tard, il décide d’aller courir un matin, le long de la rivière qui coule parallèle au canal. Le temps est maussade ; le ciel crache une pluie fine et glaciale. Le brouillard étend ses larges pans de voile blanc sur toute la vallée.
Comme de lourds nuages menaçants s’amoncellent dans le ciel, Marc décide d’écourter sa promenade et de prendre un raccourci en traversant le canal par le petit pont de pierre.
Le ciel est devenu très sombre, et le vent, qui s’est levé brusquement, agite les branches des arbres décharnés. La pluie s’abat maintenant avec force. Marc accélère sa course pour tenter de s’abriter sous les piliers du pont.
C’est à ce moment-là qu’il la voit ! Elle marche à sa rencontre,
légère ; elle semble glisser sur un coussin d’air. Sa silhouette aux bords flous s’arrête à quelques mètres de lui.
Elle le fixe longuement sans bouger.
(A suivre...demain!)
Vous suivez toujours?
Bon, moi ce brouillard, ce vent et cette pluie...me donnent envie d'aller faire un tour au soleil puisqu'il sourit d'un air printanier aujourd'hui en Champagne!
Donc j'y vais de ce pas, vous laissant vous geler les os sur les berges du canal avec la silhouette aux bords flous!
Ne tardez pas trop à rentrer chez vous quand même...On peut parfois faire de mauvaises rencontres par les temps de brouillard...
La petite fille avait perdu sa mère et sa sœur aînée, un an plus tôt dans un dramatique accident et elle restait seule avec un père qui se remettait difficilement de cette tragédie. Bien qu’entourant sa fille de beaucoup d’amour, il avait du mal à l’élever seul : il se sentait perdu et se laissait sombrer dans un état dépressif qui s’accentuait de jour en jour. Sa fille adorée ne suffisait pas à le sortir de son chagrin…A chaque instant, les terribles images de la tragédie hantaient son esprit jour et nuit.
Il s’était un peu confié à Marc, un jour où ils observaient les deux petites filles qui jouaient dans le jardin.
— C’est une chance pour Marine d’avoir une amie comme Emilie qui lui fait oublier sa tristesse…et puis vous êtes si gentils vous et votre femme de vous occuper si souvent d’elle…ça la sort un peu de l’atmosphère lourde de cette maison vide. Je ne suis pas d’une agréable compagnie pour cette enfant, vous savez…mais je n’y peux rien…je n’arrive pas à me sortir de la tête ces images insoutenables de ma fille et ma femme se noyant pratiquement sous mes yeux…Margot a glissé sur la berge et est tombée à l’eau ; voyant qu’elle ne pouvait pas regagner le bord, Louise a plongé au secours de notre enfant. Je n’ai rien pu faire…j’étais trop loin…le courant les a emportées sans que j’aie eu le temps de les sauver…ça, je ne pourrai jamais me le pardonner ! Jamais non plus je ne pourrai oublier ces images terribles…Parfois, je ne me sens plus le courage de vivre. Si je suis encore là, c’est pour Marine…
Marc lui avait prodigué quelques mots de réconfort, lui avait dit qu’il devait vivre pour Marine, se battre pour elle, qu’elle avait besoin de lui… que le temps finissait toujours par cicatriser les plaies…mais les mots, dans ces cas-là, ont tellement peu d’importance.
Aussi Marc et sa femme Juliette prenaient-ils souvent la gamine chez eux à la sortie de l’école. Marine restait parfois coucher chez eux. Emilie, fille unique, était ravie d’avoir une compagne de jeux et Marine semblait un temps oublier son chagrin.
— Ça y est, les filles, on est arrivés ! Tout le monde descend !
Marc, après avoir sonné, fait entrer les enfants dans le grand hall d’entrée.
Les petites se poursuivent en riant.
Marine retire son manteau d’un geste vif et renverse, par inadvertance, un cadre qui se trouvait sur la console de l’entrée.
Marc se précipite pour ramasser les morceaux qui ont volé en éclats.
Son regard se pose sur la photo qu’il a entre les mains et il sent un frisson lui parcourir le dos. La photo représente une femme menue, à la chevelure blonde et vaporeuse ; elle est vêtue d’une longue cape noire !
Son sang ne fait qu’un tour en reconnaissant la silhouette qu’il avait aperçue le long du canal quelques heures plus tôt !
— Marine…qu’as-tu fais ?! La photo de Maman … S’exclame le père en entrant au même moment dans la pièce.
L’enfant se met soudain à pleurer. Son père la prend dans ses bras.
— Allez, c’est rien, ma toute petite ! Tu ne l’as pas fait exprès…Demain nous irons
acheter un cadre bien plus joli et nous replacerons la photo de Maman !
( A suivre...demain!)
Bonne lecture :-)))
Cette silhouette qui court sur le chemin de halage, pas de doute, il l’a déjà vue quelque part…Il ne sait plus qui elle est, ni où il l’a déjà rencontrée, mais une chose est sûre, cette silhouette lui est familière !
C’est celle d’une femme qui vole plus qu’elle ne court. Ses pieds semblent ne pas toucher le sol humide et boueux.
Une toison de boucles blondes tombe en cascades sur des épaules frêles que recouvre entièrement une longue cape noire.
Marc la suit du regard dans sa course légère. Le brouillard est tombé, épais, sur le canal aux eaux sombres qui les sépare.
La silhouette s’arrête soudain, se retourne et le fixe longuement, avant de reprendre sa course et de s’enfoncer dans la forêt.
Marc était trop loin pour avoir pu discerner les traits du visage, mais la
silhouette floue qui se profilait était la même qui s’était déjà promenée la veille le long du canal.
Il est troublé par cette apparition qui tient plus du surnaturel que d’une rencontre réelle et comme il ne croit pas aux fantômes, il secoue la tête, remonte le col
de son anorak et siffle son chien.
Il est tard déjà ; la nuit commence à tomber. Au détour du chemin, il aperçoit la maison qui se détache sur le ciel sombre. Les lampes sont allumées dans le salon : on l’attend.
Sa fille Emilie, petit bout de femme de 10 ans, chahute avec Marine, sa copine de toujours. Les deux gamines se lancent à la tête les coussins du canapé sur lequel elles se sont vautrées devant la télé.
— Hé, les filles, c’est fini ce chahut ?! Vous avez fini vos devoirs ?
Il est 18 heures ! Il est temps que je te raccompagne chez toi, Marine ! Réunis tes affaires pendant que je sors la voiture du garage.
— Papa, je peux venir aussi ? Maman veut bien que je raccompagne Marine avec toi. Je sais ma récitation par cœur !
Marc interroge sa femme du regard et opine du chef.
— Ok, mais dépêchez-vous, toutes les deux, sinon ton père va s’inquiéter, Marine !
Les filles sont encore excitées et chantent à tue-tête à l’arrière de la voiture, surtout Emilie.
Marine, par moments se tait.
Marc aperçoit dans le rétroviseur comme une ombre qui passe dans son regard ; elle porte ses yeux loin sur le paysage qui défile par la fenêtre. Elle semble à mille lieux de là, dans son
monde à elle et à ce moment-là, plus rien ni personne ne semble exister autour d’elle.
Puis soudain, elle semble se réveiller d’un lourd cauchemar. Elle se frotte les yeux comme pour en décoller les images noires qui se sont fixées sur sa rétine. Puis, elle reprend ses jeux comme
si de rien n’était, là où elle les avait laissés. Comme une enfant insouciante, elle se remet à rire.
Pourtant la vie lui avait volé son innocence, et à l’âge où toutes les petites filles débordent d’insouciance et de joies futiles, Marine, elle, jetait
souvent sur les choses un regard sérieux et empreint de tristesse souvent mal contenue.
— Pauvre petite…Elle aborde la vie avec un terrible handicap… pense Marc en l’observant
discrètement.
(A suivre...demain!)
Coucou, les ami(es)!
Toujours pas beaucoup plus présente sur mon blog, ni sur les vôtres...mais cela ne m'empêche pas de penser à vous!
En plus du quotidien "sur les chapeaux de roues", j'avoue que j'utilise mes rares moments de loisirs à écrire la suite de mon roman... J'ai décidé d'avancer...une bonne fois pour toutes! Je
n'aime pas les choses qui traînent...et j'aimerais bien finir par y mettre un point final! Alors, je suis dans un autre monde, plongée dans le Moyen âge...
Cette semaine, j'ai choisi
de vous offrir à lire l'une de mes nouvelles! Pour qu'elle ne vous semble pas trop longue, je l'ai "découpée" en quatre épisodes. Je publierai un épisode par jour. Il faudra donc
attendre le lendemain pour lire la suite, héhé!
J'espère que l'histoire va vous plaire :-)
Je vous embrasse!
Elle chante sur les quais, dans les gares de Paris
Elle chante près du guichet mais personne lui sourit
Le saxophone gémit et les notes s’envolent
Sans sembler émouvoir tous les gens qui la frôlent
Refrain :
Elle chante dans la rue
Elle chante dans les gares
La gloire elle n’y croit plus
C’est là dans son regard
Elle chante dans la rue
Elle chante dans les gares
Pour pas être une exclue
Pour manger et puis boire
Sur les quais de la gare, elle chante pour des gens
Qui ne pensent qu’à courir, pressés et l’œil hagard
Lorsqu’elle tend son chapeau pour un p’tit peu d’argent
On lui jette quelques pièces sans le moindre regard
Refrain.
Malgré tous ses diplômes, la société la jette
Lui propose le chômage, lui défend le travail
Plutôt que d’accepter sa vie comme une défaite
Pour remplir son assiette, elle chante sur les rails
Refrain.
Elle chante dans les gares des fados langoureux
C’est toute sa vie qui passe dans son regard si triste
La misère à vingt ans, ça reste scandaleux
Elle chante, la p’tite Marie, pour nous dire
qu’elle existe.
Chanson écrite pour le groupe "Les Torchons" (le groupe de musique de mes rejetons!)
ça m'émeut toujours d'entendre mes mots mis en musique...surtout lorsqu'ils sont chantés sur scène, devant un public qui danse dessus...oui, ça fait bizarre...comme si je n'avais pas écrit
moi-même ces mots-là!
Quelques uns d'entre vous m'ont signalé que le lien des "Torchons" semblait inactif... ça y est c'est réparé! Si vous avez des soucis pour accéder au site, vous trouverez le chemin dans ma
colonne de droite! Vous voyez là...juste au dessus du compteur? Voilà...info pour ceux qui voulaient aller écouter le groupe, et qui se sont perdus en chemin... mais...je ne pense pas
qu'il y ait d'extrait de CETTE chanson-là...?
En revanche, vous pourrez écouter en live (vidéo) une autre de mes "créations" >>> "Sur le quai". C'est sur "Myspace" juste en dessous des photos de chacun
des musiciens :-))) Malheureusement le son des extraits n'est pas top...
Vidéo de la chanson " Sur le quai"
(Refrain) :
Ma vie est un théorème :
Carpe Diem, Carpe Diem
Mes jours ne sont jamais blêmes
Carpe Diem, Carpe Diem
Des petits bonheurs parsèment
Mon chemin comme un poème
Carpe Diem, Carpe Diem
Carpe Diem, Carpe Diem.
On sait bien que la vie passe et casse comme un rien
Le temps file les jours et avalent nos nuits
Pour ne pas se laisser avoir par le destin
Profitons de la moindre seconde qui fuit.
Attrapons vite au vol tous les plaisirs qui passent
Un sourire, une parole, un regard que l’on croise
Cueillons les p’tits bonheurs comme des fleurs qu’on ramasse
Faisons traîner le temps à la première occase
Ma vie est un théorème :
Carpe Diem, Carpe Diem
Mes jours ne sont jamais blêmes
Carpe Diem, Carpe Diem
Des petits bonheurs parsèment
Mon chemin comme un poème
Carpe Diem, Carpe Diem.
Carpe Diem, Carpe Diem.
Au milieu des chagrins, des soucis qu’on traverse
Il se cache des joies à qui sait les trouver
Comme le vent qui souffle fort pour chasser les averses
Balayons la tristesse pour mieux se relever.
Un café au soleil, un fou-rire entre amis,
Un coucher de soleil, un repas partagé,
Le rire d’un enfant, une douce symphonie
Sont autant de belles choses que l’on peut engranger
Refrain
Cueillons dès aujourd’hui les roses de la vie
Profitons du présent sans peur du lendemain
Comme nos jours sont comptés, relevons le défi :
Un pied d’nez à la mort et la vie à pleines mains.
Le sourire d’un passant, un oiseau qui s’envole,
Le soleil qui scintille sur la mer qui rugit,
Et les ors de l’automne et les filles qui rigolent
Et les mots, les je t’aime que l’on lance à l’envi.
Refrain.
Le Pape met le préservatif à l’index…
A l’index ???
Mon Dieu…sans doute devrions-nous expliquer à Benoît l’utilisation conforme d’un préservatif…
Sans en passer par des travaux pratiques, ne pourrions-nous pas lui faire un dessin ?
Peut-être comprendra-t-il ainsi qu’un préservatif, placé là où il doit l’être, est forcément utile pour lutter contre le sida…
Mon Dieu, ne pourriez-vous pas lui expliquer, à Benoît, qu’il se trompe ?
Certes, le Pape est un humain, presque comme les autres, enclin à faire des
erreurs…mais là,
il pousse le bouchon un peu trop loin, Benoît…
Je tente de fourguer un caddie entier dans des sacs trop petits…les gens derrière ont l’air très, très pressés…je m’emmêle, m’emberlificote, m’énerve, fais tomber le pack de yaourts qui manque d’exploser sur le sol.
— Les jours rallongent, hein !
Sourire commercial de la caissière à qui le patron a dû recommander, en cette période de morosité ambiante, de glisser un p’tit mot gentil au client.
— Ah, oui, oui, oui ! Tant mieux, on en a besoin !
(Mais où ai-je donc foutu la carte bleue ? Bon, mes clefs de voiture sont dans ma poche…pas faire comme la dernière fois… pas les enfouir dans les sacs en plastique entre le beurre et les kleenex…Georges Clooney ne sera peut-être pas sur le parking pour m’aider cette fois…
Vous remarquerez, pour la blonde que je suis...que je suis capable, à la fois, de remplir des sacs de façon organisée, d'écouter, de répondre poliment et de réfléchir…tout ça en même temps !)
— Vous savez, on gagne quand même trois minutes de jour par heure !!
— (...)
La caissière est blonde aussi.
Je relève la tête, surprise…sourire…
— Non, vous voulez dire trois minutes de jour par jour ?
Je souffle sur la mèche de cheveux qui barre mon front et finis de caser une boîte de petits pois dans un sac qui dégueule.
— (…)
Je la regarde, elle est dubitative…
Et j’entre dans des explications simples.
— Ben oui… parce que par heure et par jour, ça ferait…que l’on gagnerait…à peu près… 1 heure 12 de jour par jour…et donc au final…ça ferait…euh… environ 7 heures de jour par semaine…ça me semble beaucoup…
— …7 heures de jour par semaine… Mmmmmm…vous devez avoir raison…ça fait beaucoup…
— Eh oui…imaginez…il y a quatre semaines dans un mois…donc ça ferait qu’on gagnerait environ 28 heures de jour par mois…et vu que les jours rallongent jusqu’au mois de Juin…nous aurions des nuits blanches et plus que ça…
— Des nuits au lieu de jours…en fait ! …pfiou…trop compliqué pour moi…l’important c’est que chaque semaine, on a du jour en plus…
— Voui…C’est exactement ça !
— S’il vous plaît, mesdames…
Derrière moi, le monsieur-caddie-plein s’impatiente et me pousse aux fesses.
Il invective la caissière.
— Je ne sais pas Mademoiselle, mais tout ce que je sais c’est qu’au final, ça ne nous donnera pas des jours en plus et notre temps sera toujours autant compté ! Bon…je suis pressé, moi !
Tâchez donc de ne pas me rajouter des euros comme vous rajoutez des
heures aux jours !
C’est fou parfois, l’air supérieur que peuvent prendre certaines personnes…
Un lit de grande dimension, de très grande dimension.
Quatre personnes dedans…tous sexes mélangés, (c'est-à-dire hommes ET femmes en égale répartition ! Hum, je vous vois venir !)
Deux en diagonales,
L’une en verticale,
L’autre en perpendiculaire à l’horizontale…
La géométrie dans l’espace ou l’étude de figures mises en situation…
Drôle de situation…
« Le confort dans tous les sens. »
Ha… ....
« Pour un sommeil sain. »
Ha, mais fallait le dire plus tôt !
Dormir à quatre dans un lit, c’est l’assurance
d’un sommeil sain et confortable.
CQFD, bien sûr !
Les mecs dans la pub ont une imagination à dormir
debout !
Je ne suis pas un emmerdeur. J’ai juste un caractère ! De la personnalité, quoi !
On me nomme « Chamallow », mais il ne faut pas trop vous y fier, je ne suis pas de la guimauve, même si je suis plutôt doux, je ne me laisse pas toujours faire et j’ai souvent le dernier mot !
Néanmoins, je passe plutôt pour un animal de compagnie sans histoires.
J’ai l’habitude que l’on me procure des caresses, quand je l’ai décidé et que j’en ai envie, et que l’on s’extasie sur mes beaux yeux verts.
Lorsque je vais vers les gens, on m’accueille toujours avec plaisir. Mes maîtres ne peuvent se passer de moi et j’ai une place de choix à la maison. Il faut bien dire que j’ai une conduite irréprochable, mise à part un peu d’irritabilité parfois.
Je passe mes journées à me promener dans les jardins environnants et j’apprécie tous les voisins qui me le rendent bien.
Sauf un seul, qui me reçoit à coups de balai et qui me voue une haine indescriptible.
Le voisin du jardin de droite.
Ma première intrusion timide, alors que j’étais très jeune encore, me valut des réflexions désobligeantes, voire insultantes.
« Ne touchez pas à « ça » les enfants, c’est sale et méchant et ça chaparde ! Si vous le caressez juste une fois, on ne pourra plus s’en débarrasser et il envahira la maison et nous apportera ses puces et ses microbes ! »
« ça », c’était moi…le sale méchant plein de puces ! Vexant comme accueil, non ? Surtout que les paroles furent accompagnées de courses- poursuites et de hurlements de guerre propres à effrayer même un lion.
Or je n’étais pas un lion agressif, juste un joli chaton noir qui rentra à la maison en tremblant de tous ses membres.
Même ma maîtresse qui avait tout entendu de l’algarade fut surprise, voire outrée par un tel comportement.
Je suis buté et lorsque j’ai un truc ancré dans la tête, rien ne me fera changer d’avis. Je suis donc retourné dans le jardin du mauvais coucheur.
On l’appelle comme ça à la maison ; c’est son nom.
Je voulais juste leur montrer que je n’étais pas la bête sauvage qu’ils croyaient, je voulais juste que l’on m’accepte comme un charmant compagnon de jeux.
Bravant l’interdiction formelle de son père, la petite fille m’a cajolé. Ce fut plus fort qu’elle devant mes travaux d’approche : je l’ai séduite !
Quand le mauvais coucheur a vu ça, il s’est mis à hurler, il s’est emparé de moi avec brutalité et il m’a jeté de toutes ses forces pardessus le mur mitoyen comme un vulgaire projectile. J’ai atterri dans mon jardin à moitié assommé.
Mes autres incartades se sont soldées par des coups de balai à en faire craquer mon pauvre dos. Le mauvais coucheur m’a même cassé une côte qui depuis pointe et effraye mes maîtres à chaque caresse. Ils se demandent comment cela a pu m’arriver…mais n’ayant pas la parole, je n’ai jamais pu leur expliquer…Cela dit, je sais que ma maîtresse n’est pas dupe…
J’ai attendu tout l’hiver pour me venger.
Aux premiers jours chauds du printemps, j’ai guetté les fenêtres ouvertes sur l’air doux.
Je me suis assuré que le mauvais coucheur et sa famille étaient sortis pour quelques courses et j’ai sauté sur le toit de leur véranda.
Puis je me suis introduit dans la maison par la fenêtre de l’une des chambres.
Sur le joli dessus de lit aux couleurs claires, j’ai déposé un loir à moitié dépecé que j’avais pris soin d’emporter juste pour eux après une chasse mémorable.
J’ai déterré la jolie plante verte du salon en prenant soin d’éparpiller la terre sur toute la moquette blanche.
J’ai emporté le poulet prêt à cuire, qui reposait dégoulinant de graisse dans un plat près du four, dans la baignoire où je l’ai dégusté en en suçant chaque os, laissant la charpie en décoration.
J’ai déroulé un rouleau de papier WC dans tous les escaliers : quelle franche rigolade !
Jai donné des coups de pattes bien griffues sur le canapé en cuir noir et sur les rideaux de soie blanche sur lesquels je me suis accroché pour faire un peu d’escalade.
J’ai joué avec la collection de petits verres en cristal que j’ai fait rebondir sur le carrelage de la cuisine.
J’ai éparpillé toutes les feuilles des dossiers bien rangés sur le bureau de Monsieur et renversé l’encrier d’un coup de queue.
Avant de partir, j’ai fait caca sur le paillasson de l’entrée et secoué toutes mes puces.
Le mauvais coucheur pourra clamer dorénavant que je ne suis pas fréquentable !
*
Le soleil est chaud en cette fin d’après-midi de printemps. Le petit parc ombragé
renaît et bruit au sortir de l’hiver.
Les allées retentissent de cris d’enfants qui courent et jouent.
Les canards s’ébattent dans leur mare et attirent les bambins qui tentent d’échapper à la surveillance de leurs mères.
Celles-ci, tout en gardant un œil vigilant sur leur progéniture, bavardent entre elles, discutant de la varicelle du petit dernier, du prix du beurre qui a encore augmenté.
Elles sortent les goûters soigneusement emballés dans le papier d’alu, elles grondent, elles appellent, elles soufflent sur les bobos, elles essuient les becs dégoulinants de chocolat, elles
s’esclaffent…
Le petit parc frémit d’animation joyeuse !
Au milieu des
arbres, près de la fontaine, une vieille dame est assise sur le vieux banc de bois tout moussu.
Elle a pris soin de déplier un grand mouchoir blanc qu’elle a consciencieusement étalé sur le banc pour ne point salir sa jupe claire, puis elle s’est assise.
Les vieilles dames sont toujours méticuleuses et toujours prévoyantes. Elles ont horreur des tâches, et inspectent toujours l’endroit où elles vont s’asseoir, surtout lorsqu’il s’agit de bancs
publics.
Les gens ne respectent rien. Ils posent leurs chaussures crottées sur les sièges et en salissent le bois. Ils se fichent du promeneur qui viendra s’asseoir là.
La vieille dame est donc installée depuis un petit moment déjà.
Elle regarde à droite, à gauche…Elle scrute les enfants qui sont en train de jouer, elle écoute les observations de leurs mères.
Sur ses lèvres, flotte un sourire vague.
De temps en temps, elle marmonne entre ses dents, secoue la tête d’un air distrait.
Machinalement, toutes les secondes, elle arrange une mèche de ses cheveux qu’elle coince dans son petit chignon strict. Elle caresse le camée qu’elle porte en broche sur le col de sa veste et
dénoue un peu son foulard.
Elle lève la tête et regarde le soleil qui joue dans les branches. Elle est bien, là… Elle respire à pleins poumons l’air si doux, elle profite de l’animation…ça la change des mornes journées
d’hiver qui la forcent à rester enfermée chez elle …
Dans quelques minutes, elle se poussera sur le banc, là un peu vers la gauche, car elle jugera qu’elle est trop au soleil…c’est pas bon le soleil pour la peau…
Elle observe deux enfants en train de se chamailler. Elle regarde sa montre, jette un regard alentour, et lève la tête vers le ciel.
Elle semble attendre quelqu’un ou quelque chose…Elle s’impatiente.
A ses pieds, un sac Monoprix est avachi. Par moment, elle s’assure de sa présence en le touchant du bout des doigts…puis elle reprend son observation, à droite, à
gauche.
Elle regarde à
nouveau sa montre, puis se penche sur le sac en plastique qu’elle a gardé à ses pieds. Elle le saisit et le pose sur ses genoux .Elle l’ouvre et en sort quelques quignons de pains qu’elle effrite
doucement entre ses doigts et qu’elle disperse autour d’elle.
Aussitôt et en un temps plus court qu’il ne faut pour le dire, une nuée de pigeons s’est abattue sur la vieille dame.
Les volatiles se goinfrent du pain offert.
La vieille dame veille à ce que chacun ait sa part, repoussant les trop gourmands, donnant la béquée aux plus timorés, appelant l’un ou l’autre par son petit nom…c’est qu’elle les connaît bien
ses petits protégés !
Tous les jours, à la même heure, elle a rendez-vous avec eux.
La distribution faite, elle les regarde avec un sourire de satisfaction sur les lèvres.
Tous les enfants du parc se sont précipités près de la fontaine pour assister au spectacle.
Leurs cris n’effraient nullement les oiseaux qui continuent leur festin.
Autour d’elle, la vieille dame a une nuée d’enfants et une nuée de pigeons. Elle est au centre de l’événement…Tournez, manèges ! Elle en a le tournis, mais elle est heureuse de tant
d’agitation.
Elle répond aux questions, hoche la tête, et sourit aux rires des enfants.
Dans quelques instants, tout ce beau petit monde se sera envolé, enfants et pigeons car le temps va commencer à fraîchir, il faudra songer à rentrer…aussi profite-t-elle du moment… C’est le
meilleur instant de sa journée, celui qu’elle attend chaque jour.
Demain, et tous les jours jusqu’aux premiers frimas de l’hiver, elle sera là, au même endroit et à la même heure.
Ce matin, en prenant
son chicorée-café, elle lit les gros titres du journal local. L’un d’eux attire son attention.
« La prolifération des pigeons dans la ville de X a entraîné une série d'actions menées par les services municipaux et des intervenants extérieurs afin de limiter les nuisances causées par ce
volatile. Parmi ces actions visant à éliminer les oiseaux, la capture par pièges a été retenue et débutera dès aujourd’hui. »
La vieille dame tourne son regard vers la fenêtre et soupire. Dehors, il pleut.
Elle brandit son parapluie, la meilleure des armes de défense aujourd’hui, et se dirige à grands pas décidés vers le petit jardin public!
* Toile de Jean-Louis Frivel
Le premier jour, elle a emballé ses effets personnels dans des boîtes,
des malles et des valises... Le deuxième jour, les déménageurs sont venus pour les emporter...
Le troisième jour, elle s'est assise pour la dernière fois dans leur salle à manger, et à la lueur des chandeliers, bercée par une douce musique de fond, elle s'est fait
un festin de crevettes, de caviar et de champagne.
Lorsqu'elle a terminé son repas, elle est allée dans chacune des pièces de la maison et a déposé, dans le creux des tringles à rideaux, quelques crevettes qu'elle n'avait
pas mangées. Elle a ensuite bien nettoyé la cuisine, et quitté la maison.
Lorsque son mari et sa nouvelle petite amie sont revenus s'installer à la maison, ils ont filé le parfait amour durant les premiers jours.
Puis, lentement, la maison a commencé à sentir mauvais. Ils ont tout essayé : nettoyer, récurer, frotter, cirer, aérer... En vain.
Ils ont alors fait vérifier les conduits d'aération, afin de s'assurer qu'il ne s'y trouvait pas de cadavres de rongeurs en putréfaction. Tous les tapis, moquettes et
tissus muraux ont été nettoyés à la vapeur, et des purificateurs d'air installés aux quatre coins de la maison.
Comme l'odeur persistait, le mari et sa petite amie sont partis quelques jours à l'hôtel, le temps qu'une entreprise d'extermination vaporise des produits anti-bestioles
dans toute la maison.
Lorsqu'ils sont revenus l'odeur était toujours là. Ils ont alors décidé de faire remplacer les tapis et moquettes, pour une somme faramineuse.
Et l'odeur a persisté.
Leurs amis ont cessé de venir leur rendre visite, le facteur faisait un détour et oubliait de leur distribuer le courrier, la femme de ménage a donné sa démission... Finalement, incapables
d'endurer la pestilence, ils ont décidé de déménager dès que la maison serait vendue.
Un mois plus tard, et bien qu'ils aient réduit leur prix de vente de moitié, ils ne trouvaient toujours pas d'acheteur pour leur maison puante. Le mot était passé, et
même les agents immobiliers ne répondaient plus à leurs appels.
En dernier recours, ils ont emprunté une importante somme d'argent pour pouvoir acheter une autre maison.
L'ex-épouse de l'homme lui a téléphoné, histoire de prendre de ses nouvelles.
Il lui a raconté la saga de la maison puante. Elle l'a écouté poliment, puis lui a dit qu'elle s'ennuyait terriblement de cette maison, et qu'elle serait prête à accepter de réduire ses demandes
dans leurs négociations de divorce si elle pouvait récupérer la maison...
Sachant que son ex-épouse ne pouvait s'imaginer à quel point les odeurs de la maison étaient pestilentielles et insupportables, le mari voulut bien lui céder la maison
pour le dixième de sa valeur réelle, à la condition qu'elle signe les papiers le jour même.
Elle accepta et, dans l'heure, les avocats de l'ex-mari lui envoyèrent les papiers.
Une semaine plus tard, l'homme et sa nouvelle petite amie affichaient un sourire narquois en regardant les déménageurs emballer toutes leurs affaires et les déménager
dans leur nouvelle maison. Tout, absolument tout.
Y compris les tringles à rideaux...!!!!
Amusante cette histoire-là, non ?! Vous l’avez peut-être déjà lue car elle tourne
sur le net…
C’est une amie qui me l’a envoyée, et j’ai voulu la partager avec vous, au cas où vous ne la connaîtriez pas…
J’ai adoré la…chute !!
Vengeance typiquement féminine… !
Il fallait y penser :-)
Astucieux et…terriblement drôle ! Enfin…ça dépend pour qui !
L igne d’horizon
A u crépuscule des mots
C averne aux trésors
A ntre bien étrange
V irtuelle expression
E léxir de passion
R onde des mots en
N uits blanches étoilées
E n farandoles endiablées
D ivin partage
E nsorcellement
S ucrés breuvages et
M ixtures de mots
O nde de l’encre
T oujours sympathique
S onnez amis et entrez bien vite !
Cet acrostiche a été écrit pour un petit jeu sympathique qui tourne en ce moment dans la blogosphère...un tag...mais ceci n'est pas à
proprement parler un tag...c'est un jeu d'écriture tout simplement... ça fait travailler les méninges et ça pousse à créer des trucs qu'on n'aurait pas forcément imaginés, sans y avoir été
poussés...Ce petit jeu m'a vivement intéressé, c'est pourquoi j'ai répondu volontiers à l'invitation de Lmvie.:-)
Il s'agissait, comme vous l'aurez compris, d'imaginer un acrostiche avec le titre de son blog...
Alors si ça vous dit de participer aussi, vous y êtes chaleureusement conviés!
Il restait là, prostré, dans la pénombre de la pièce, seul, abandonné de tous, avec pour seule compagnie les couleurs de ses toiles et son chat efflanqué qui miaulait.
Un rictus amer s’affichait sur son visage émacié.
Il regardait ses toiles étalées à même le sol, ses toiles qui recouvraient les quatre murs de sa chambre de bonne, vestiges d’une vie…enchevêtrement au creux de ses vides…seules véritables preuves de son passage ici-bas.
Des tubes de peinture, percés, jonchaient le sol au milieu d’un fatras de paperasse abandonnée.
Des vêtements sales et déchirés s’amoncelaient sur une vieille paillasse maculée de tâches. Des sacs poubelles, éventrés aux quatre coins de la pièce, vomissaient leurs ordures aux relents pestilentiels.
Il détourna son regard du capharnaüm, et s’approcha de la fenêtre entrouverte. Les volets, à moitié fermés pour garder un peu de fraîcheur, laissaient entrevoir la rue en contrebas.
Dehors, l’air irrespirable semblait avoir plaqué au sol toute vie existante ; les passants avaient déserté le macadam surchauffé et la rue, à cette heure habituellement si bruyante, renvoyait un silence étouffant.
La canicule exceptionnelle qui régnait ce jour-là, le faisait suffoquer. Il s’affala dans un fauteuil au cuir éclaté, son chat sur les genoux.
Il était si las… trop las pour lutter encore ; il n’était plus qu’un vieil homme fatigué de la vie qui l’avait tant malmené.
Il avait tout sacrifié pour son art, pour arriver à se faire un nom, persuadé que son don
allait révolutionner le marché.
Il avait abandonné femme et enfants qui l’empêchaient de gravir les marches de la gloire. Pas de boulet au pied qui aurait risqué de ralentir son ascension vers la réussite imminente !
Il n’avait qu’un seul but : tout piétiner sur son passage, sans égard pour autrui ;
il ne voulait aucune entrave sur le chemin qu’il s’était tracé. Pas de sentiment, aller de l’avant, coûte que coûte, pour un jour être connu et reconnu ; telle était ce qu’il croyait être la
recette de la réussite !
Mais c’est une lente descente aux enfers qui, en fait, l’attendait au virage…
Il s’est mis à jouer les rôles de salopards, de putes et de magouilleurs, influencé par des
relations peu recommandables. Il trempait dans des situations peu reluisantes, espérant toujours arriver à ses fins.
Il prenait la nuit pour le jour, rentrant au petit matin, éreinté de ces heures de beuverie, de luxure.
Il cuvait la journée le vin amer de ses nuits, incapable, la plupart du temps, de peindre la
moindre toile.
Dans le giron de la nuit, il sut se faire quelques relations intéressantes parmi des artistes et des galeristes qui lui donnèrent sa chance en lui permettant d’exposer les quelques œuvres qu’il
avait réussi à créer, certains jours de lucidité ; opportunités qu’il n’avait jamais su saisir au bon moment.
Jamais son talent, si talent il y avait, ne déclencha, parmi l’intelligentsia, l’once d’admiration tant espérée …pas même le plus petit intérêt ! Les rares toiles qu’ils vendaient, après d’âpres négociations, lui rapportaient peu,
juste de quoi manger son pain quotidien, juste de quoi vivre au jour le jour, avec quatre murs autour de sa misère.
Mais l’homme restait fier malgré sa profonde solitude. Il n’aimait personne et ne voulait n’avoir aucun compte à rendre à quiconque. Pas d’amis véritables à qui confier ses peines, une vie de
mascarade, de grand carnaval où quand les flonflons du bal se taisent au petit matin, il ne reste que les larmes pour pleurer des regrets…il ne reste que l’amertume qui laisse
aigri.
A l’aube du grand âge, il n’était plus qu’une pauvre marionnette blessée, abandonnée et
oubliée de tous.
Pire, il était frustré par ce don que personne n’avait jamais su reconnaître en lui. Peut-être qu’après sa mort, on reconnaîtrait son génie…
Il ferma les yeux, pour oublier tout le mal que lui faisaient ces souvenirs qui remontaient soudain à la surface.
********
C’est par une journée étouffante, un été de canicule, que l’on trouva un
vieillard, mort dans un taudis. Son chat miaulait à rendre l’âme, ameutant les voisins de
palier.
On enroula le corps dans une vieille couverture et on le déposa à la morgue. On attendit en vain que la famille se manifeste. Seule la canicule restait au
rendez-vous.
Personne ne réclama jamais le corps abandonné : l’homme semblait seul au monde…
Alors, on l’enterra avec d’autres inconnus, ignorés, anonymes.
Le président de la République assista en personne aux funérailles et l’on rendit un hommage national à ces victimes délaissées jusque dans la mort.
« Si c’est pas malheureux d’abandonner ses vieux…de les laisser mourir tout seuls, sans assistance ! Quel scandale de nos jours ! » S’écria un témoin.
La presse enfonça le clou, titrant en gros et en large, pointant la plume sur ce monde sans pitié, sur l’indifférence du genre humain quant à son prochain.
Quelques mois plus tard, devant un bataillon de tombes nues et froides, une femme, la cinquantaine, pleure doucement, agenouillée sur l’une d’entre elles.
« Papa, pourquoi ?
Pourquoi n’as-tu jamais voulu prendre la main que nous t’avons toujours tendue ? Nous avions tant besoin de toi… Pourquoi nous as-tu abandonnés ?
Pourquoi nous as-tu toujours rejetés ?… »
* Acrylic "Barbu-chapeau" de Val
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
"Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit." (M. Duras)
"Ecrire, c’est une façon de parler sans être
interrompu." (Jules Renard)
"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)
"Ce sont
les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)
"Comment se tue en nous
l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale."
(Sainte-Beuve)
"Créer c’est vivre deux fois." (Albert Camus)
"On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme." (Douglas
MacArthur)
"La vie ressemble à un conte ; ce qui importe ce
n’est pas sa longueur, mais sa valeur." (Sénèque)
"La vie est finie quand tu ne surprends plus personne."
(Coluche)
"L’indifférence est une paralysie de l’âme." (Anton Tchekhov)
Vos mots cachés dans mes pages