LA CAVERNE DES MOTS

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…
Dimanche 25 mai 2008

 

Quelle est donc cette peur qui s’inscrit dans le mot “Partir” chaque fois que je dois plier bagages ?

Partir rime pourtant avec revenir…Ce pourrait-il que l’on puisse partir sans jamais revenir ?

Partir et tout laisser, partir et se séparer des êtres aimés, quitter mes repères, même pour un bref laps de temps, me terrorise comme si je ne devais plus rentrer.

Je jette derrière moi un regard d’effroi, imprimant sur ma rétine les objets, les lieux et les visages aimés comme si je ne devais jamais plus les revoir, alors que dans un même temps une partie de moi-même se réjouit de changer d’horizon.

Partir et perdre ses repères…

Partir et rencontrer l’inconnu qui va tordre le cou aux habitudes, au train-train quotidien…

Quelle est donc cette peur qui entrave mon désir de partir ?

Partir pour découvrir d’autres ailleurs, partir pour l’aventure, pour découvrir le monde, je l’ai pourtant décidé et rêvé longtemps, j’en ai préparé l’itinéraire, relevant avec soin toutes les bonnes adresses, échafaudant mille plans sur la comète… mais, plus le jour J approche et plus je ressens un pincement au cœur, insidieuse angoisse venue de je ne sais où… comme un frein, un je ne sais quoi qui m’empêche de me réjouir pleinement et qui ternit l’envie de partir qui m’avait « survoltée » de joie quelques semaines auparavant.

Une fois arrivée à destination, pfouitttt l’angoisse s’envole comme ça d’un coup ! J’écarquille les yeux sur l’inconnu, impatiente de dévorer des kilomètres à la découverte du nouveau monde qui s’offre déjà à mes yeux.

Je me trouve bien là-bas, et ne souhaite plus rentrer, mais plus rentrer du tout !

La peur alors me tenaille de nouveau : après avoir pris mes nouveaux repères, après avoir empli mes yeux de mille merveilles, il me faut repartir et rentrer au bercail et là, NON je ne veux plus re- partir ! Même pour retrouver ce que je n’avais pas envie de quitter…Je ne veux pas quitter l’endroit où je suis bien. 

Toujours cette peur de partir ! Dans un sens comme dans l’autre.

Pourtant, j’ai parcouru le monde, insouciante et joyeuse, toujours prête à lever le pied, mais « l’avant de partir » m’a de tous temps tenaillé le ventre, toujours et sans faiblir…

Petites ou longues distances, la peur de partir, de ne plus revenir, me gâche le plaisir du voyage.

Je pars à reculons, je freine des quatre fers, et pourtant, je pars ! Et je suis heureuse d’arriver !

Quelle est donc étrange et paradoxale, cette peur qui m’envahit alors que je ne demande qu’à partir…

Je vais encore partir, au bout du bout du monde, MAIS… vais-je revenir ?…

Ha, tenace angoisse qui assombrit le joli mot “Partir” qui est pourtant si coloré et promesse de tant de plaisirs !

Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Lundi 28 avril 2008

Photo de Georges Dudognon.

 

 

 

En ce froid petit matin d’automne, accoudé au zinc d’un petit bar-tabac aux relents de tabac froid et de vieille vinasse, il buvait un verre, juste un verre de vin blanc sec, histoire de se réchauffer le cœur, le cœur qu’il avait vide comme ses yeux, ses yeux emplis de brumes comme sa vie de brouillard.

Ensuite, il enchaînerait avec un alcool sec, de ces alcools qui vous brûlent l’intérieur et dont les flammes vous lèchent le cerveau en moins d’une seconde. Rien de tel pour vous faire avancer dans ce monde brutal.

Les habitués dévisageaient l’homme aux allures de gitan, cet inconnu, assis sur un tabouret de bar aussi bancal que sa vie.

Sa vie, c’était le néant profond : personne à aimer, personne pour l’aimer. Seul au monde.

Rien ne l’attachait, il ne s’attachait à rien, même pas à un toit pour s’abriter…pour abriter quoi ? Il n’avait rien et ne voulait surtout pas se mettre un fil à la patte.

Seul au monde il était, seul au monde il resterait, vivant l’instant présent, au gré de ses humeurs, sans peur du lendemain.

Il guettait l’onde de chance qui un jour passerait sans doute, mais s’il la ratait, il poursuivrait son chemin sans but et sans regrets.

C’était un zombie, un zombie de la vie.

Un jour ici, demain ailleurs. Rouler, toujours rouler, pour aller de ville en ville, comme pour fuir de vieux démons.

Tout ce qui le rattachait à la vie, se résumait à une vieille Mercedes grise, piquée un jour au bord d’un chemin, et à sa guitare dont il tirait quelques fados tristes, les lendemains de gueule de bois.

Sa Mercedes, rafistolée, maquillée, lui servait de gîte les nuits de grand froid et lui faisait découvrir du pays, pendant que sa guitare lui tenait compagnie sur le siège du passager.

Sur la carrosserie grise s’étalaient les ailes d’un grand oiseau noir, image de sa liberté.

C’était les deux seuls biens auxquels il tenait comme à la prunelle de ses yeux et dont il avait fait le serment de ne jamais se séparer. Les seuls biens qui le rattachaient à la vie. Enfin…si on peut appeler ça une vie, car elle n’avait rien de bien réel, sa vie…Elle était plutôt vide, et il la conduisait au radar, les lendemains effaçant les hier !

L’alcool aidant, il ne se souvenait jamais de ce qu’il avait fait la veille et n’avait aucun projet pour le lendemain.

Une lancinante migraine qui battait derrière l’œil, lui signifiait toujours qu’il avait encore trop bu la veille.

Les lendemains de beuverie, une violente lueur lui vrillait le regard qu’il avait hagard, et pour effacer la douleur, il buvait encore et encore.

De nature peu curieuse, il ne cherchait pas à savoir quelle pourrait être sa vie s’il changeait de chemin un jour. L’important était de ne pas entrer dans les rangs comme tous ces « bœufs » que la société de consommation forçait à avancer pour assouvir toujours plus de besoins. Cette vie-là, il la fuyait et il ne devait rien à personne. Il ne savait jamais ce qu’il ferait dans la minute qui suit.

Il savait juste qu’hier il était à Agen, et qu’aujourd’hui il était du côté de Bordeaux : il ne savait pas comment il était parti, ni comment il était arrivé, ni où il serait demain.

Il restait là, un verre d’alcool entre les mains, le regard perdu dans les fumées de la salle. Lorsque quelqu’un lui adressait la parole, il ne répondait pas, se contentant juste de hocher la tête.

Un vieux poste de télé envoyait le jingle du journal du matin.

Les images diffusées arrêtèrent son regard, un instant. Ho, juste un instant.

 

    Le ministre des transports vient d’arriver sur les lieux du terrible accident qui s’est produit à l’entrée de l’autoroute d’Agen en direction de Montauban, cette nuit vers deux heures du matin.

Le carambolage a fait 4 morts et 14 blessés dont trois grièvement.

    Un chauffard serait à l’origine du carambolage.

    Selon divers témoignages, une Mercedes grise d’un ancien

    modèle, aurait pris l’autoroute à contresens et à vive allure.

    La voiture semble avoir évité l’accident, en prenant la fuite. Un

    indice cependant permettrait de retrouver le chauffard :

    plusieurs témoins présents sur les lieux de l’accident affirment

    que sur le capot de la voiture serait peint un aigle noir.

    Un appel à témoins est lancé par la gendarmerie d’Agen.

    Ce matin, le conseil des ministres… 

 

L’homme détourna son regard vide qui se perdit de nouveau dans les volutes de fumées grises.

Il vida le fond de son verre et fit signe au barman de lui en remplir un nouveau.

Son regard se perdit loin, loin, dans son monde à lui… Très loin.

Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles & Histoires courtes
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Mercredi 23 avril 2008
 
 
 
Photo de Fieret.

 

 

J’aime pas du tout les quais de gare,

Ça sent l’ départ précipité

Avec le regard pleurnichard

Des gens qui vont se séparer.

Et là, les scènes qui se déroulent

Valent tous les films de Lelouch :

Y’a de la matière dans la foule

Pour m’faire voyager sans qu’je bouge.

 

J’imagine des vies peu banales

Qui se croisent et puis s’entrecroisent

Entre deux trains y’a une escale,

Des vies en nombre d’ombres chinoises.

D’horribles drames conjugaux,

Des rendez-vous incognito,

Des coups de foudre sentimentaux,

Chassé-croisés et quiproquo…

 

Refrain :

Moi ça me fout trop le cafard

Les trains et les quais d’une gare…

Alors pour faire passer le temps,

Pour fuir la tristesse des départs,

J’me colle au zinc du bar d’la gare

Pour regarder passer les gens.

 

Au milieu des gens qui se pressent,

Il y’a des drames qui se trament,

Il y’a des histoires de tendresse

Qui naissent dans l’indifférence

Ceux-là se trouvent ou bien se quittent,

Se retrouvent pour se déchirer.

D’autres vivent d’amours interdites

Que dans la foule ils croient cacher.

 

Celui-là trouve un abri chaud,

La gare accueille bien les clodos.

Tous les commerces illicites

Trouvent acheteurs sous le manteau.

Celle-là trimballe son désespoir

Dans la grande salle des pas perdus,

Celui-là erre, l’regard hagard

Entre deux mondes suspendus.

 

Refrain :

Moi ça me fout trop le cafard

Les trains et les quais d’une gare…

Alors pour faire passer le temps,

Pour fuir la tristesse des départs,

J’me colle au zinc du bar d’la gare

Pour regarder passer les gens.

 

Une gare cache des milliers d’secrets,

Il suffit juste d’observer.

Les pas qui s’impriment sur le quai

Auraient des choses à raconter.

Moi ça me fout trop le cafard

Les trains et les quais d’une gare…

Alors pour faire passer le temps,

Pour fuir la tristesse des départs,

J’me colle au zinc du bar d’la gare

Pour regarder passer les gens.

J’me colle au zinc du bar d’la gare

Pour regarder passer les gens.

Cette chanson a été choisie pour entrer dans le répertoire du groupe de rock
 "LesTorchons": www.myspace.com/lestorchons
...pour mon plus grand plaisir! Cliquez sur l'une des vidéos de leur espace pour en écouter la musique de "Sur le quai de la gare" :-))

Par Nickyza - Publié dans : Chansons
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Mercredi 23 avril 2008


A l’abri des persiennes,

Gardiennes des secrets,

La sieste s’éternise

Pour les corps alanguis

Jaloux sont les volets

Des regards indiscrets

Qui s’immiscent et se fondent

Dans la pénombre profonde

Des instants de repli.

Jalousies, remparts des regards

Qui veillent, avares,

Sur l’intimité feutrée

Des amants inquiets

Qui cachent leurs fantaisies

A l’abri des torpeurs

Des heures indécises.

Légers voilages,

Transparence évanescente

Qui dévoilent la pâleur

Des corps dans l’abandon

A la quiétude des minutes

Que souffle un vent léger

Tentation, intrusion,

Dans le calme de l’antre.

Violation du regard

Au travers des lamelles

Qui révèlent l’essentiel

Persiennes et jalousies,

Remparts des facéties

Du jour qui s’immisce

En rais indiscrets

Dans l’ombre ouatée

De tous les secrets...

 

Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Mercredi 23 avril 2008

 




Si je vous dis que les livres mènent leur vie, comme vous et moi, le croirez-vous ?


On les croit statiques, mourant d’ennui sur les étagères de la bibliothèque, mais que nenni !

Ce que je vais vous raconter va sans doute vous paraître surnaturel et un peu fou, mais c’est pourtant une réalité. Vous n’êtes pourtant pas obligés de me croire, mais peut-être regarderez-vous dorénavant vos livres d’un autre œil…


En ce qui me concerne, je fais chaque matin le tour de mes bibliothèques. Comme je m’occupe de mon chat et de mes plantes vertes, je soigne mes livres de la même façon avec beaucoup d’amour. Je leur parle, je les caresse, je les garde jalousement et je fais en sorte qu’ils se sentent bien chez moi.

Ils sont mes amis, un point c’est tout.

Comme pour mes amis, je ne souffrirais pas d’en perde un seul ou que l’un d’eux ne se sente pas à sa place ou mal traité dans ma maison qui les accueille à profusion.


Mes livres, je les regarde comme des personnes qui existent, car même si on les considère comme des objets, ce sont à mon sens les seuls objets capables de parler.

Vous en connaissez beaucoup des gens capables de raconter autant d’histoires, des gens aussi érudits ?...
 

Non contents de parler, les livres se meuvent dans l’espace, et ça, vous ne le savez peut-être pas ou vous vous en n’êtes jamais rendu compte…


Moi, je les ai surpris une nuit. Et ce que je vous confie là est bien réel :

A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage.
Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre consonnes et voyelles. Les auteurs et leurs héros, devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon.
Parfois, leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour.


Il vous est sûrement arrivé, un matin, de retrouver un livre sur le sol ou oublié sur le canapé, pesté en recherchant un livre qui n’était plus à sa place dans l’ordre alphabétique qui lui était dévolu ? Et bien ne cherchez plus : vous avez perturbé la danse des livres en fête et ceux-ci, surpris par votre entrée intempestive, n’ont pas eu le temps de regagner leur place !


Maintenant que j’ai découvert le secret de mes livres, je fais partie des leurs, lors de leurs soirées organisées. Ils m’accueillent chaleureusement sur un coin de canapé.
Il m’arrive souvent de me joindre à eux, et de participer à leurs conversations.

Si l’écriture m’appelle, je m’installe non loin d’eux, et à la lueur des lampes, il n’est pas rare que mes invités viennent me souffler les mots que je couche à mon tour sur la page blanche.

Vous connaissez tout de mes nuits blanches, dorénavant… Je vous ai tout dit, libre à vous de me croire, mais je n’aurai qu’un conseil : tendez l’oreille la nuit et toujours, choyez vos livres !







Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Lundi 21 avril 2008

 

 

    T’es pas en forme toi, aujourd’hui ?! 

 

    Moi ? Euh…pourquoi dis-tu ça ?

 

    Ben, parce que je te trouve pâle ; tu ne brilles pas comme d’habitude !

 

    Oui évidemment…à côté de toi et des autres…On dit que pour une étoile, briller c’est exister, mais j’existe toujours moi, même si je ne brille plus autant ! 

 

    Oui, tu existes ! Je n’ai jamais affirmé le contraire, mais ton feu semble éteint, comme si tu avais perdu ton âme, comme si tu n’avais plus de but dans le ciel de ta vie… 

 

    Plus de but, plus de surprise, c’est vrai ! Je ne brille plus car, si tu veux savoir, je ne suis plus inaccessible, voilà ! 

 

    Inaccessible ?

 

    Hé oui, je ne suis plus une étoile inaccessible comme vous autres !

Quelqu’un m’a trouvée et m’a choisie pour assouvir son rêve. Un terrien a réussi à m’attraper : «Il a rejoint son étoile inaccessible » comme ils disent en-bas, et son étoile inaccessible, il a décrété que ce serait moi !

Il est heureux, lui, pour l’instant, mais moi, du coup, j’ai perdu mon aura, mon mystère. J’ai donc perdu ma brillance. Je ne brille plus de mille feux car le désir, une fois assouvi s’éteint… 

Lui, le terrien, il va essuyer les mêmes déconvenues : bientôt, je ne l’intéresserai plus !

Il va courir vers d’autres désirs, vers d’autres mondes à découvrir, à la recherche de désirs de plus en plus inaccessibles. Pour assouvir tous ses fantasmes, il va finir par briser tous ses rêves. Il ne sait pas encore qu’à essayer de combler tous ses désirs, bientôt il n’en aura plus car les fantasmes, une fois satisfaits, ne s’appellent plus des fantasmes ; ils deviennent de simples plaisirs banals. Mais en attendant, moi je n’ai plus qu’à me convertir en étoile filante…Au moins, on me verra briller dans le ciel par intermittence ! C’est mieux que de ne pas briller du tout en restant statique ! Et puis là, avant qu’un terrien veuille encore assouvir un fantasme, le temps qu’il me rattrape, j’aurai filé très loin !

 

    C’est bien aussi, d’être une étoile filante…Au moins, personne d’autre ne pourra t’attraper, c’est vrai ! Après ce que tu m’as raconté, je me demande si je ne devrais pas devenir une étoile filante tout de suite, moi ? Peut-on être une étoile brillante et filante, en même temps ?

 

    Rien ne l’empêche, en effet ! Pour le coup, tu serais vraiment inaccessible, oui ! Mais, tu sais, filer toute sa vie, ça doit être épuisant… J’hésite encore… Et puis, vu que l’homme recherche toujours l’inaccessible, et arrive toujours à ses fins, tu te feras prendre un jour ! Mieux vaut sans doute ne pas trop se faire remarquer.

 

    Filer toute sa vie, certes, ce doit être épuisant, mais moi, je veux briller toujours dans les yeux des hommes et rester l’objet de tous leurs désirs ! Faire rêver tout en restant inaccessible, voilà le but que je veux me fixer, car tu ne crois pas qu’il serait temps que les hommes d’en–bas comprennent enfin que les petits bonheurs simples suffisent à combler une vie ?! Ils veulent toujours plus et finalement, ils n’arrivent pas à être heureux. Je m’en vais leur montrer que pour être heureux, il faut garder ses fantasmes et ne faire que rêver à l’inaccessible, et non pas chercher à l’atteindre ! Une vie sans rêves, ce n’est pas une vie !

    Allez,  sur ces bons mots, je file !

Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles & Histoires courtes
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Lundi 21 avril 2008

Femme à sa toilette Caillebotte

 

 

 

 

Léa avait juste un quart d’heure devant elle.

Elle laissa tomber son peignoir sur le sol.

Avant d’enjamber le bord de la baignoire, elle tâta l’eau du bout du pied.

Jugeant l’eau à la bonne température, elle entra dans son bain, se laissant immerger sensuellement. Elle soupira d’aise. Elle ferma les yeux quelques instants, et pensa à la soirée qu’elle allait passer avec Marc. Il fallait qu’elle soit plus belle que jamais pour ce premier rendez-vous ! Et il ne lui restait plus beaucoup de temps pour se préparer, si elle voulait être à l’heure.

Elle se frictionna au gant de crin, se savonna énergiquement et sortit de la baignoire. Elle s’enduisit la peau de crème onctueuse.

Lorsqu’elle passa furtivement devant le miroir qui lui faisait face, celui-ci se fendit, mais, trop pressée, Léa ne s’en aperçut même pas et sortit de la pièce pour revêtir sa robe de soirée.

Le miroir ne se lassait jamais de la noyer dans son reflet, mais ce soir encore, elle le délaissait pour les yeux d’un autre, qui lui diraient qu’elle était la plus belle…

C’était à lui, le beau miroir, qu’il revenait d’affirmer à Léa, lorsqu’elle le scrutait pendant des heures :

    Mais oui, Léa, tu es la plus belle, je te jure que tu es la plus belle ! 

Il lui avait répété cette phrase depuis tant d’années, et maintenant, c’était un autre qu’elle écoutait en souriant…

Dans sa vie de miroir, ce miroir-là avait reflété bien des femmes, certaines plus jolies que Léa…mais Léa avait en elle ce petit quelque chose qu’il ne pouvait plus refléter depuis quelque temps…et de peur de ne pas lui renvoyer une image fidèle, ce soir, il craqua, faisant apparaître sa fêlure. Une bien vilaine fêlure comme celle qui apparaît sur les cœurs brisés…

Le robinet d’eau chaude à qui il contait son infortune, se mit à rire.

       — Mais c’est parce que tu es amoureux, bien sûr ! » Expliqua-t-il.

Le robinet se souvint de Sophie, cette fille pour qui il avait versé tant de larmes.

Lui aussi avait aimé à en crever !

Il avait tant pleuré qu’il avait fallu faire intervenir le plombier pour éviter l’inondation !

    Et c’est moi qui avais épongé toute l’eau de ta tristesse !  gémit le peignoir resté lamentablement au sol.

Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles & Histoires courtes
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Lundi 21 avril 2008
Allez, pour rire un peu!


 

Les moustiques 
sous les tropiques
C'est très typique !
On les critique
Parce qu'ils piquent ?
Mais pas de panique !
Car leur tactique,
Je vous l'explique,
C'est qu'ils ne piquent
Que les bourriques
Trop lymphatiques !

Adoptez cette éthique :

Ne soyez pas phobiques

Et soyez électriques

Et de ces mots magiques

Tic, tic, et re-tic

Chassez les gros moustiques

Avec un élastique.

Vos ennemies les moustiques

Voleront sans polémique

Vers un autre public

Beaucoup plus pacifique.

Et pique, pique, pique

Et tic, tic, tic,

Plus de moustiques,

C’est scientifique !

 

 

Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Lundi 21 avril 2008
De la Martinique, chère à Aimé Césaire, je fais un saut de puce sur l'île soeur: la Guadeloupe. Des notes retrouvées au fond d'un tiroir, notes que j'avais écrites lors d'un séjour dans cet "ailleurs" idylique"...


Photo: Les Saintes et la Dominique, vues de Trois Rivières.

Qu'il fait bon s'arrêter à Basse-Terre.
Végétation luxuriante, la forêt tropicale se jette

Dans la mer!
Falaises, chutes d'eau, cascades et volcans.

La Soufrière a revêtu sa collerette de nuages ce matin
La route monte, descend, serpente, s'enfonce dans la forêt,

Débouche sur une plage de sable tantôt blanc, tantôt noir,

Bordée de vastes cocoteraies.
Grande Anse, Anse de Vieux-Fort, Pointe du Lézard...
La route traverse des villages aux noms évocateurs:
Goyave, Bananier, Trois Rivières, Vieux Habitants.
Là, les maisons créoles, de tôles, de pierres, de bois,

Sommeillent derrière des persiennes à demi fermées,

Coiffées de leurs toits bleus, rouges, verts,

Envahies par la végétation qui grimpe à l'assaut des façades.
Quelques chèvres broutent, des poules picorent.
De nouveau, la mer s'impose au détour du chemin,

Immense palette de couleurs: vert, turquoise, bleu marine,

Aigue-marine, émeraude.

Elle entoure de ses flots des îlets, des îlots, des îles...
Au loin, la Désirade, Marie-Galante, les Saintes, veillent,

Alignées comme de bons petits soldats.
On les sent respirer doucement, sous un soleil implacable,

L'air chaud qu'embaument les senteurs corsées

Des épices et des fleurs.
Quelques voiles croisent au large,

Gonflées par le souffle léger des alizées.
Le temps, pour un temps, semble s'être arrêté...
Du haut du belvédère, un point de vue grandiose,

A couper le souffle !

A la pointe de Grande-Rivière,

Le soleil s’apprête à se coucher.

La boule de feu incandescente va se noyer dans la mer

De Grand Cul-de-sac Marin.

Les deux extrémités du jour vont se rejoindre.

Guadeloupe…joyau posé sur une émeraude…

Joyau serti de mille éclats de lumière…
 

 
 
 
 


Par Nickyza - Publié dans : Couleurs d'ailleurs
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Lundi 21 avril 2008
 

95 ans…un âge honorable pour quitter notre monde vers d’autres ailleurs… Il est pourtant des hommes qui semblent intouchables…même par la mort et Aimé Césaire étaient de ceux-là…et pourtant lui aussi est parti, comme nous partirons à notre tour un jour. Il restera cependant éternel, grâce à l’œuvre accomplie en ce bas monde, car ne dit-on pas que les écrits restent ?

Aimé a rejoint Léopold, et, déjà, tous deux conversent autour de la « négritude », chère à leurs convictions.

Aimé Césaire, on se « l’approprie » déjà, ici en métropole, pour l’installer au Panthéon ; on veut coloniser son corps.

Laissons-le exister, selon ses principes, laissons-le dormir sous sa terre natale. Victor Hugo ne nous en voudra pas : Aimé sera bien mieux dans un petit cimetière des Antilles, bercé par les alizés, à l’ombre des cocotiers, loin des turpitudes du genre humain.

Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Vendredi 18 avril 2008


Qui changera le monde

Le monde à l’envers

Qui marche de travers

Qui changera le monde

Le mettra à l’endroit

Pour qu’il marche droit ? (Refrain)

 

Qui calmera la folie des hommes

Qui éteindra le feu dans leurs yeux

Qui sanctionnera au maximum

Les guerres, la violence, ces crimes odieux 

Qui supprimera le nucléaire

Qui protègera la couche d’ozone

Qui nous rendra la pureté de l’air

Empêchera que l’on nous empoisonne 

 

Refrain

 

Qui sanctionnera les OGM 

Qui surveillera les vaches folles 

Qui s’opposera à ce système

Favorisant les mégalopoles 

Qui arrêtera la course folle au fric

Qui tue les hommes et la planète

Qui saura faire son autocritique

Pour sauver le monde que l’on maltraite 

 

Refrain

 

La désinformation, les non-dits

La mondialisation à tous prix

Poussent tous les pays nous gouvernant

A nous mentir effrontément

La société de consommation

Fait perdre aux hommes toute leur raison

Les vraies valeurs arment les pays riches

Qui tuent les pauvres, ça on s’en fiche 

 

La vraie misère côtoie l’opulence

On crève de faim, on fait bombance

On s’crée des besoins superficiels

Passant à côté de l’essentiel

Qui saura offrir à nos enfants

Un havre de paix, d’humanité

Un monde décent et bien-portant

Une terre digne et ressuscitée

 

Refrain

 

Par Nickyza - Publié dans : Chansons
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Jeudi 17 avril 2008
 

*


Lorsque l’on évoque les perles, on pense aussitôt aux bijoux de perles.

On pense au collier qui coule entre les seins d’une belle à la gorge bronzée. Perles blanches et pures qui roulent sur une peau abricot…il n’y a rien de plus beau, vous ne me contredirez pas ! Perles de culture, perles fines de Tahiti, perles de rocailles, perles de cristal… Perles précieuses, semi-précieuses, fantaisies, artisanales…Certaines d’entre elles, -les pas précieuses, celles que l’on ne porte pas sur une belle peau bronzée-,  on les conserve dans des petites boîtes et on les sort les jours de pluie pour occuper les enfants. Souvenirs-souvenirs ! Qui ne se souvient pas d’avoir enfilé des perles pour en faire de jolis colliers et bracelets que l’on offrait ensuite à Maman ! Mamie était contente : elle avait réussi à tenir les enfants sages pendant une heure ou deux ! Haaaaaa, les colliers de nouilles, - j’ai failli les oublier ceux-là ! -,  que l’on fabriquait à l’école et que l’on brandissait fièrement le jour de la fête des mères !

PERLES…le mot par lui-même est joli : il roule sur la langue. C’est un mot rond, presque goulaillant, tendre à souhait et tellement coloré.

C’est aussi un bon mot, non pas parce qu’il suggère toutes les qualités évoquées plus haut, mais parce qu’il peut être aussi très drôle. Oui, un mot drôle est aussi une perle, et cette perle-là, on ne la conserve pas dans une petite boîte ! Non, non, on s’empresse de la noter dans un petit carnet où elle rejoindra toutes les autres pour compléter la collection. Et les jours gris, ces perles-là, elles nous font bien sourire !




Jolie Image empruntée sur le site:

http://www.perle-de-tahiti.com

Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Jeudi 17 avril 2008

Je suis perle de pluie

Blottie dans un nuage

Je me coule d’ennui

Et rêve de voyages.

Sur les ailes du vent,

Je traverserai le temps

Avec les oies sauvages,

Je volerai des mirages.

 

Je suis perle de feu

Perchée sur les étoiles.

J’embraserai tes yeux

Qui se noient et se voilent

Je mettrai le feu

Aux ombres qui filent,

Aux songes qui défilent

En tes cieux filandreux.

 

Je suis perle de larmes.

Un peu d’eau sur ta joue

Qui roule, pure et floue

Au bord de ton âme

Je tracerai des filets

Au creux de tes vallées

Pour sourdre et rejaillir

Au cœur de tes sourires.

 

Je suis perle d’eau,

Goutte de pluie,

Perle sur ta peau

Qui luit,

La nuit.

Je suis perle de braises,

Goutte de feu,

Incendies des ombres

Qui tombent

Et s’apaisent

Perle qui brûle,

Perle qui déferle

En gouttes amères de miel et sucre.

 

Nickyza. 


Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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