LA CAVERNE DES MOTS

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…
Samedi 21 juin 2008

Groupe "Les Torchons" en concert.

En ce jour de solstice d’été, on fête depuis plus de vingt ans et dans plus de cent pays la musique sous toutes ses formes.

J’aime ce grand moment de convivialité, de rencontre de générations toutes confondues, de partage, de fête.

J’aime entendre dans les rues de ma ville toutes ces notes qui s’envolent de part et d’autres pour se rejoindre en un seul élan de joie festive.

J’aime le sourire des gens qui déambulent en dansant dans les rues à la découverte de tous ces talents…publics les plus divers à la rencontre d’artistes de tous horizons, autant amateurs que professionnels.

Mélange des sons, mélange des genres, aujourd’hui la musique a tous ces droits !

Faites du bruit ! Make music ! C’est la fiesta de la musica !

 

Ce soir se produit sur le jard d’Epernay un groupe qui me tient tout particulièrement à cœur, d’abord parce que deux de mes fils jouent au sein de ce groupe et surtout parce qu’ils sont très doués  (si, si...euh..;qui a dit que je n'étais pas objective??) et vous donnent envie de danser et chanter avec eux. Ce groupe de jeunes mélange d’une façon festive, tous les styles de musique sur des textes jolis et parfois déjantés.

J’ai nommé « Les Torchons » qui montent, qui montent… et qui sont très attendus par leur public (normal, me direz-vous puisqu'ils jouent dans leur ville!). Ambiance garantie !

Je vais les mettre en avant en mettant le lien de leur Myspace ICI, pour que vous puissiez écouter quelques morceaux de leurs compos et parce que leur musique vous mettra de la joie au cœur dès le réveil, quand les  jours sont gris.

Bonne fête de la musique à vous tous ! Profitez, chantez, dansez, embrassez qui vous voulez!


C'était une belle fête de la musique!! Le temps était de la partie, beau et chaud, et la joie régnait dans chaque rue de la ville!
Les Torchons ont mis le feu et leur public en a redemandé!! :-))
(Ouh que j'étais fière!)
Le week end prochain, ce sont les Perpignannais qu'ils vont aller rencontrer: une jolie petite escapade en pays catalan!

Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Jeudi 19 juin 2008

   





     V V V VITE !


 





                      Je virevolte

                        Je volète

                        Je voltige

                   Fait volte-face

                       Survoltée

                   Comme le volatile

                    Qui vole affolé

                Entre deux giboulées

                   Les larmes voilent

                    Mon visage voilé

                   Les larmes violent

                   Mon regard violet.

                      Je t’attends !

                  Derrière le voilage

               De ma fenêtre à volets,

                     Je vois la voile

                   Sur la mer voguer.

                      Enfin te voilà !

                      Je vais, volage,

                    Te voler un baiser.

                       Volute d’amour,

                           Volupté !

 

 

Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Mercredi 18 juin 2008

 

CHANSON :

Refrain :

 

Si elles doivent toujours faire la paire

   Les chaussettes, les chaussettes

Elles marchent pas toujours de concert

   Les chaussettes, c’est un fait !

Elles sont toujours dépareillées

   Les chaussettes, quel casse-tête !

Pas moyen de les assembler

   Ces chaussettes trouble-fêtes !

 

Où est passé la jumelle

De la chaussette esseulée ?

Où s’est-elle donc fait la belle

Pour qu’on la retrouve jamais ?

 

Elle s’est sûrement cachée

Sous un lit, sous le canapé

Laissant sa veuve éplorée

Pour des mois ou des années.

 

Refrain

 

A la sortie du lave-linge

Chacune cherche sa chacune

C’est un vrai remue-méninge

Pour en réunir quelqu’z’unes.

 

Les chaussettes roses à p’tits pois

Les rayées multicolores

Les unies à petits chats

Se mélangent sans remords.

 

Refrain

 

Dès demain, moi, ces chaussettes

Je les jette à la poubelle.

On va pas se prendre la tête

Pour des chaussettes rebelles !

 

Enlevez tous vos chaussettes

Lancez-les par-dessus tête.

C’est l’boycott de la chaussette,

Les chaussettes : « stop-eject » !

 

Refrain      


Je ne sais pas vous, mais moi, je souffre du syndrome aïgu de la chaussette !!!
Chaque fois que j'ouvre mon sèche-linge, j'ai des sueurs froides à l'idée du tri des chaussettes ...
J'ai l'impresion que ces sacrées chaussettes ricanent du mauvais tour qu'elles me jouent. Je n'arrive JAMAIS à les marier toutes! Elles ressortent du lavage célibataires: elles sont veuves de leur moitié, rejoignant le panier des dépareillées. Et le tas de ces dépareillées monte, monte chaque semaine...
Par miracle, un jour, parfois plusieurs mois après, l'une des disparues réapparaît  comme par miracle. Je pioche dans le panier des dépareillées et, ô joie, je retrouve la jumelle!! Chouette, un mariage!!
Quelle galère me font subir ces sacrées chaussettes...il m'arrive d'en rêver la nuit! (Nan, là j'exagère...) J'en suis même à les compter, les gueuses!
Avec quatre mecs à la maison, ça fait 4 paires par jour, donc 28 paires par semaine, soit 56 chaussettes,
sans compter
celles qui se rajoutent à celle du jour: les chaussettes de tennis, les chaussettes de foot, (et j'en passe!) soit environ 12 paires de plus par semaine...ce qui nous mène à 40 paires de chaussettes par semaine, soit un total d'environ....(Nooooooooon....!!!!)
80 chaussettes par semaine !!! Comment voulez-vous que je m'y retrouve...et que mes chaussettes se retrouvent entre elles?!  De quoi devenir maboule!
Rassurez-moi...vous aussi...vous rencontrez les mêmes problèmes avec vos chaussettes, hein?
Par Nickyza - Publié dans : Chansons
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Mardi 17 juin 2008

Petits messages, petits papiers,
aux jolis cœurs dessinés,
aux mots d'amour dévoilés,
qui montrent le bout du nez,
au détour des heures perlées,
au fil de la matinée.

Messages d'amour, petits papiers,
si joliment inventés,
délicatement cachés,
dessous ma tasse de thé,
ou bien sous mon oreiller
jusqu'au fond de mon soulier.

Plein de gros cœurs dessinés
sur le miroir de l'entrée,
sur le pare-brise embué
que ta main douce a laissés

Petits mots doux de papier
amoureusement posés
un à un, tous dénichés
à chaque heure de la journée.

Petits messages de papier,
pour ne jamais oublier
tout au long de la journée
ton amour, pour moi, entier.

Petits mots par toi laissés
au petit matin pressé
et je dépose un baiser
sur la soie de tes papiers



Des petits billets pleins d'amour... ça, ça entretient les sentiments, même après quelques années...ça vous met en joie dès le réveil et même les jours maussades prennent soudain un coup de soleil! J'adore!

Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Lundi 16 juin 2008

 

Je suis enfermée là, prisonnière, sans jamais avoir pu trouver la sortie vers l’air libre.

Je suis une mouche, et je tourne et vire, depuis des lustres, dans cette salle obscure. 
J’ai pourtant essayé de me glisser entre les portes d’où filtraient quelques rais de lumière, la lumière de la liberté, mais j’ai failli me faire coincer mille fois dans ces portes battantes.

Donc, j’en ai pris mon parti, et je reste là, enfermée dans ce cinéma de quartier à la salle trop grande et trop sombre.

Oh, je ne m’ennuie pas ! Je vois du monde qui s’installe quelques heures durant auprès de moi, et je ne désespère pas un jour de me coller dans la chevelure de l’une ou dans la poche de l’autre pour pouvoir m’évader et ainsi retrouver l’air du dehors et ma liberté !

Mais je ne suis pas pressée finalement : j’ai bien chaud ici, alors qu’il gèle à l’extérieur, et je m’amuse comme une folle ! Alors j’attends mon heure, patiemment, pour rejoindre l’extérieur…

Je profite des derniers films en vogue et quand j’en ai assez de voir et revoir toujours les mêmes, et comme je m’ennuie, j’asticote les spectateurs ! Faut bien s’occuper…

Je les agace pendant qu’ils ont le regard figé sur le grand écran : je me colle sur un nez, je bourdonne à l’oreille de l’un, je m’emmêle dans la chevelure de l’autre, je lèche un miko glacé…bref, pas un n’a réussi encore à m’attraper ! Pourtant je prends des risques et des claques, j’en ai pris, car toujours, ils sont à bout de nerfs tellement je les ennuie !

Mon grand jeu en ce moment, c’est de me coller sur l’écran…sur le nez de la vedette principale ou d’attendre le baiser de Tom Cruse et Nicole Kidman et de me scotcher là, au milieu de leurs deux bouches !

Malheureusement, ça n’a pas l’air de déranger les spectateurs : j’ai l’impression qu’ils ne me voient pas, je suis trop petite !

Non, non…ce qu’il faudrait, c’est que je me colle directement sur la vitre du projecteur : j’apparaîtrais ainsi en gros plan sur l’écran !

Donc, c’est ce que je suis en train de comploter !

Là, ce soir, ils passent le dernier Walt Disney : le film de fin d ‘année, pour le Noël des enfants…et des grands !

Je vais entrer en action sur la première image du film qui est grandiose !!

C’est une image qui ressemble à un autre monde …ça évoque quelque chose comme la fin du monde…un monde de glace, de rocs, sans vie aucune…avec un ciel de Big Bang qui crache du feu !

Ça fait froid dans le dos…mais c’est grandiose !

Je vais essayer de me coller là, en plein milieu de l’image !

Vous imaginez, un peu, l’effet ??!!!! Moi, en gros plan, grossie par le projecteur, au milieu du Big Bang, entourée de feu et d’étoiles sanglantes, étalant mes ailes lustrées avec élégance ???!!!!

Du plus bel effet, elle va être cette vision !

Bon !…ça y est, c’est la bande annonce ! Dans deux minutes, j’entre en scène !

Je virevolte autour du projecteur et …c’est le moment où j’interviens !!! Je me colle sur le zoom du projo !

Je ne me vois pas, mais je m’imagine…je suis scotchée en plein milieu de l’image ! Sublime !!! Je suis devenue la vedette principale !Je dois être divine ! Les spectateurs sont bouche bée ! Enfin, j’imagine qu’ils doivent être bouche bée car un truc pareil ça se voit pas tous les jours…Effet spécial garanti !

J’ai un peu chaud, mes pattes sont sur un truc bouillant, mes ailes sentent le roussi…Je suis dans une position inconfortable mais ça vaut bien le détour…

Que se passe-t-il soudain ?!

Au secours !!!!! Je suis attirée dans une spirale infernale ! Je vois du feu, des étincelles et les étoiles explosent autour de moi, en un feu d’artifice du diable !!!

L’air est brûlant, irrespirable ! Un bruit d’enfer explose à mes oreilles !!!

Au secours !!!

Je descends le long d’un interminable toboggan, cul par-dessus tête. Ma tête est en sang, mes ailes sont froissées…et j’atterris violemment sur le dos, sur… de la glace ! L’air est gelé…Tout est sombre. Seules quelques déchirures du ciel font apparaître encore des éclairs furieux…

Soudain, le silence règne en maître absolu : j’ai l’impression d’être devenue sourde. Pas âme qui vive…

Mais où suis-je ? Soudain, j’ai très peur…

       Au secours !!!

Quelqu’un m’entend-t-il ? Quel est ce monde étrange ??? Répondez-moi !

Non, ne me dites pas que je suis entrée dans le film ???!!!!

Ne me dites pas que j’ai été aspirée dans ce monde irréel…

AU SECOURS !!!!!
Sauvez-moi: je vous promets que je ne prendrai plus le rôle principal...

Pfff, pauvre petite mouche...Voilà ce qui se passe quand on veut se prendre pour une vedette...Voilà, c'était un délire...je me suis prise un instant pour une mouche...celle qui m'a royalement ennuyée pendant la dernière séance!

Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles & Histoires courtes
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Vendredi 13 juin 2008
Photo empruntée au studio Visuel Impact à Epernay.



Bulles dorées,

Bulles effervescentes

Qui flirtent avec le cristal

En couleurs musicales
Cristal irisé

Opale changeante

Le Champagne scintille

Dans tes  grands yeux gris

Tes yeux qui pétillent

Comme les bulles divines

Contre le cristal qui rit.
Cristal d'une flûte aux lignes élégantes,

Portée aux nues d'une ivresse exaltante
Bulles qui titillent les papilles avides,
Bulles qui pétillent d'allégresse légère

Rendant les filles jolies aux sourires offerts.
Les filles qui rient au fin fond de la nuit,

Eclaboussant de bulles le ciel à l’infini.
Bulles qui chantent
Bulles qui dansent

Dans tes yeux qui rient!


 
En ce Vendredi 13, je décrète que ce jour sera porteur de chance et je lève donc ma flûte à votre santé pour vous souhaiter un très bon week end ! :-)

Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Vendredi 13 juin 2008

Le titanic. Huile sur toile de Martine Calvayrac.

Lorsque j’ai ouvert ma boîte-mails ce matin, j’ai entendu le cri de mon ami Eric Poindron.
Eric est écrivain et éditeur ; c’est un amoureux des mots. Les siens et ceux des autres,  il les sème à tous vents, les faisant partager largement autour de lui comme des cadeaux, car lorsqu’il s’agit de littérature, Eric est généreux.

Ce sont les livres qui nous ont fait nous rencontrer Sandra, Eric et moi et qui ont scellé notre amitié. Deux métiers complémentaires, éditeur et libraire, autour d’une même passion : le livre et les beaux mots…Défendre le livre à tous prix et donner l’envie de lire ! Oui, une longue histoire…

Alors, lorsque j’ai entendu l’appel à l’aide d’Eric, j’ai accouru tout de suite : la littérature en danger, mon sang n’a fait qu’un tour !

Comme toute amoureuse des livres, je suis frustrée du peu de place réservée aux émissions littéraires à la télévision. Petit à petit, les unes après les autres, elles disparaissent du paysage audiovisuel…et on subit ce cruel manque…

Il en reste quelques unes encore, que l’on compte sur les doigts d’une main, dont l’excellente émission de Frédéric Ferney,  «  le bateau-livre », sur France 5. Il en reste…disons bientôt « il en restait »…car la mauvaise nouvelle est tombée : Le « Bateau-livre » ne sera plus programmée à la rentrée prochaine ! Qu’adviendra-t-il aussi de « Vol de nuit » , maintenant que PPDA quitte le 20 heures?

Pas assez d’audience, le sacro-saint audimat sévit encore…qui prive une minorité d’entre nous d’un espace de liberté, qui décide sans se soucier de passer la culture sous silence. On préfère nous proposer une télévision-poubelle, laissant la part belle aux reality-shows et aux people…Notre pays actuel ne se soucie plus de culture qui passe au dernier plan…Il faut faire du commercial !! Mais qu’advient-il du livre dans tout ça ? N’avons-nous pas le droit, même si nous représentons une minorité, d’avoir le choix de nos programmes même s’ils ne sont pas les mêmes que celle de la grande majorité ?

Je rage…Je rage de constater que parmi les centaines de chaînes mises à notre disposition, bientôt plus une seule émission ne sera réservée à la culture et au livre en particulier…Pauvre France qui se plaint que nos enfants ne savent plus lire ni écrire !

Lisez la lettre envoyée à notre président de la République par Frédéric Ferney sur le blog de mon ami Eric Poindron link et si comme bon nombre d’entre nous, vous aimez lire et entendre parler de livres, venez réagir en déposant vos mots sur ce blog. Eric se charge de transmettre tous nos témoignages à qui de droit ! J                                                                                

 

Le bateau-livre ne doit pas couler : il porte bien trop de livres dans son ventre, et les livres sont des  biens trop précieux pour les jeter à la mer !

 

Ci-dessous, là, en bas, dans l’article précédent, j’ai écrit ma colère et j’ai envoyé ces mots-là sur le blog d’Eric. Le « Bateau-livre » ne doit pas disparaître ! Ne laissons pas les livres mourir mais continuons à faire en sorte de les laisser parler !

 

 

Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Vendredi 13 juin 2008


Je refuse que l’on nous enlève le « Bateau-livre » !

Je refuse que l’un des seuls et rares espaces télévisuels dédié à la culture et aux livres me soit supprimé !

Je refuse que l’on élimine ma bouffée d’oxygène, indispensable au milieu de cette « télé-réalité-poubelle » nauséabonde.

Je refuse d’être contrainte à ne subir qu’une culture qui prône les reality-shows et les people, comme j’ai refusé de continuer à vendre les livres-poubelle qui poussaient dans ma librairie malgré moi…

Je refuse, parce que je fais partie d’une minorité amoureuse des livres, que l’on supprime cet espace dédié aux livres au nom du sacro-saint audimat.

Je réclame le droit à la culture, tout simplement, la culture qui est un bien public car c’est NOTRE patrimoine !

Je réclame le droit d’avoir le choix de mes passions.

Je réclame le droit d’avoir le choix du choix des émissions que je regarde.

Je réclame le droit d’être informée sur mes lectures, car comme j’ai le droit de respirer, j’ai le même droit de lire.

Je réclame mon espace de liberté.

Je réclame le droit de vie aux livres !

C’est ça aussi la démocratie !

Un pays, qui n’ouvre plus ses portes aux mots en en supprimant le meilleur moyen d’expression qui est le livre, est un pays proche de la censure…
Un pays qui néglige sa culture n’engendrera que des esprits malsains.
Un pays sans culture est un pays sans âme et sans plus de valeurs et où toute imagination est tuée dans l’œuf.

Je réclame le droit que chaque citoyen de ce pays ait accès à la culture.

Nous devons nous mobiliser pour que le dernier espace de liberté que nous offre Frédéric Ferney avec son « Bateau-livre » ne soit pas supprimé…car si nous n’entendons plus le murmure de ses mots, nous ferons crier les nôtres pour que l’on nous entende là où l’on prône l’inculture…

 

Le bateau-livre ne doit pas couler : il porte bien trop de livres dans son ventre, et les livres sont des biens trop précieux pour les jeter à la mer ! 

 

Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Mercredi 11 juin 2008

 


Il y a comme des petits bruits qui résonnent en moi,

Des petits bruits qui s’entrechoquent dans ma tête,

Des flûtes, des cloches et des notes qui s’accrochent

Des petits bruits qui se bousculent dans mon cœur

Comme des petites mélodies qui vont et qui viennent,

Des petites chansons de rien, ho, de rien du tout,

Des petits airs qui jouent avec les mots qui disent tout,

Qui volent et se souviennent, et ding-ding partout.

Des petits bruits en moi et tout autour de moi

Qui font la vie légère en petits pas de danse…

Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Mardi 10 juin 2008

Ce texte a été écrit pour le cinquième défi lancé par  les parchemins de Bigorphéa link
dont le sujet est: "Vous êtes un animal...Racontez-nous une journée ou un moment, drôle ou pas, en vers ou en prose..."

J'aime bien les défis, alors pour participer, voilà ce que j'ai imaginé...
Une histoire vraie...en quelque sorte...


Brutus à l'heure de la sieste!


Ils m’ont appelé Brutus…quel nom bizarre pour un chat…Inutile de vous dire que toute la communauté des chats du quartier se fichaient de moi avec un nom pareil, lorsque croyant voir arriver un énorme molosse, ils découvraient une petite boule de poils noirs !

Mes maîtres ne juraient que par moi : j’étais un prince à la maison, beau et intelligent, et on me passait tout grâce à mon charme ! Faut dire que je les faisais rire ; ils disaient de moi que j’étais un clown et que je faisais des trucs que les autres chats ne font pas. Entre autres, je me couchais dans tout ce qui pouvait me contenir : la corbeille à pain, les saladiers, les pots de fleurs, les lavabos, les sacs à main…et lorsque mes maîtres me retrouvaient lové dans ces endroits insolites, ils riaient pendant une demi-heure. Bon, si ça pouvait les amuser…  

Ils m’aimaient tellement qu’ils m’emmenaient même en weekend dans leur maison secondaire au bord de la mer. C’est eux qui m’ont donné le goût des voyages, la première fois qu’ils m’ont emmené en voiture… La voiture j’ai trouvé ça génial ! J’étais encore un chaton et j’ai adoré ça ! Être transporté à des kilomètres de chez soi, en un rien de temps et voir défiler les paysages par la fenêtre, ça m’a donné des envies de découvrir autre chose que le périmètre de leur petit jardin.

La voiture était donc devenue une de mes lubies ! Mais ça, ça faisait moins rire mes maîtres car dès qu’ils prenaient la leur, je me précipitais dans l’espoir qu’ils m’emmènent avec eux et profitant d’une porte ouverte, je sautais dans l’habitacle et m’installais sur la lunette arrière, bien avant qu’ils ne s’en aperçoivent ! Ils ont souvent été obligés de faire demi-tour pour me ramener à la maison, suivant les endroits où ils allaient. Je faisais ça avec toutes les voitures, à tel point que ma maîtresse, paniquée à l’idée de me perdre, recommandait toujours « de bien regarder si on n’embarquait pas le chat » Même qu’un jour, profitant de l’ouverture des portes d’un gros camion qui venait livrer un meuble à ma maîtresse, et pendant qu’on ne faisait pas attention à moi, j’ai sauté dans le camion, ni vu ni connu ! Malheureusement, le chauffeur s’en est aperçu au bas de la rue…le voyage fut court ! Il m’a ramené à la maison en disant à ma maîtresse qu’un peu plus, il m’embarquait jusqu’à Marseille ! Ma maîtresse a secoué tristement la tête en disant qu’un jour elle me perdrait pour de bon car j’étais un fugueur… Je n’étais pas un fugueur, j’étais juste voyageur !

Marseille…ça m’a fait rêver…Le gros matou bien vieux du voisin de gauche m’a raconté Marseille ; il y a vécu quand il était jeune. Paraît que c’est LA ville de tous les départs…avec son port immense dont les bateaux vous conduisent dans tous les pays de la Méditerranée… Je décidais donc de monter à la première occasion dans n’importe quelle voiture qui se présenterait avec une porte ouverte, me faisant tout petit afin de n’être pas repéré et voir mon voyage tourner court, et de croiser les papattes en priant pour que l’on me conduise à Marseille.

C’est ainsi qu’un jour j’ai grimpé dans la voiture du « mauvais coucheur », le voisin de droite que ma maîtresse n’aimait pas. Ma maîtresse répétait toujours « qu’un homme qui n’aimait pas les bêtes, n’était pas un homme bon et qu’il fallait s’en méfier ! »

C’est vrai que ce voisin-là ne m’aimait pas du tout. Alors que je venais gentiment quémander quelques caresses, lui me chassait à coups de balai et allait se plaindre à mes maîtres…Pff, comme si mes maîtres pouvaient me tenir en laisse… Il faisait fuir aussi les oiseaux qu’il jugeait sales et bruyants.

Une fois grimpé dans sa voiture, je me suis tapi sur le sol, derrière le siège du conducteur, caché entre deux sacs de voyage et je me suis endormi en rêvant à ma destination surprise ; si ce n’était pas Marseille, je m’en moquais finalement ; n’importe quelle autre destination ferait l’affaire pourvu que je découvre d’autres horizons. La voiture filait à vive allure, berçant mes rêves, quand je fus réveillé par une envie soudaine de faire pipi. Pas question de faire sur le tapis, j’étais un chat propre et bien élevé. Je me suis donc mis à miauler malgré moi, manifestant mon impatience. Inutile de vous décrire la surprise des occupants de la voiture : en découvrant ma présence, le voisin-mauvais-coucheur s’est mis en colère. Il a crié que ce sale chat lui pourrissait la vie, même sur le chemin des vacances et que par conséquent, il me débarquerait sur la prochaine aire d’autoroute! Sa femme non plus n’était pas contente mais, un peu plus charitable, elle lui a répondu que cela ne se faisait pas d’abandonner un animal quel qu’il soit sur l’autoroute, qu’il n’avait pas de cœur et que ça ne servait à rien qu’il continue à aller à la messe le Dimanche après un acte aussi infâme.

Mais le voisin-mauvais-coucheur ne l’a pas écoutée et il s’est débarrassé de moi à quelques kilomètres d’Avignon. Il m’a pris par la peau du cou en disant qu’au moins là, je ne viendrai plus l’emm……. car je n’étais pas prêt de retrouver mon chemin et qu’au moins c’était une aubaine car il se débarrassait de moi à tout jamais, et que c’était mieux que de me faire avaler des boulettes de cyanure qu’il s’apprêtait à me lancer à la prochaine intrusion dans son jardin.

Je me suis dit que finalement je l’avais échappé belle car j’étais destiné à une mort certaine avec un type pareil et j’ai regardé la voiture s’éloigner. Cet homme-là était vraiment mauvais et si j’avais écouté ma maîtresse, j’aurais été un peu moins naïf, et j’aurais choisi une autre voiture pour m’emmener en voyage…

Que c’est laid une aire d’autoroute et que c’est terrifiant… Je suis resté là plusieurs jours, rasant l’herbe alentour, paniqué par le bruit des bolides qui nuit et jour vrombissaient. J’étais paralysé de peur et ne trouvais rien à manger, ni aucun endroit où m’abriter de la pluie qui tombait nuit et jour. Mon sixième sens me poussait à ne pas bouger et me soufflait que je risquais tous les dangers.

Pourtant un jour, attiré par un camion dont la porte était restée ouverte, je me suis approché timidement, les pattes tremblantes.

C’est un routier sympa qui m’a recueilli mort de terreur et affamé. Il m’a embarqué dans son gros camion et m’a offert en cadeau à sa petite fille qui a hurlé sa joie. Depuis, elle ne me lâche plus et je me soumets à ses jeux ridicules et souvent cruels. Elle me déguise comme une poupée, me tire les moustaches, bref, je vis un calvaire mais j’ai chaud et je suis convenablement nourri.

Je vis des jours tristes, privé de toute liberté, entre les quatre murs d’un minuscule appartement, quelque part près de Nîmes. Et chaque jour, je regrette mon escapade. Je me languis de mes maîtres précédents et maintenant que j’ai pris un peu de plomb dans la tête, je m’aperçois que j’étais le plus heureux des chats auparavant, et que le petit jardin mis à ma disposition jadis me semble un luxe maintenant que je suis relégué entre une commode et la télé. J’ai bien pensé sauter du balcon, mais je ne suis pas certain que du 4ème étage un chat retombe sur ses pattes… Et puis je suis trop vieux pour risquer à nouveau l’aventure…je suis devenu trop peureux aussi, alors je me suis fait une raison : je voyage dans mes rêves maintenant, en dormant toute la journée, quand la petite me laisse un peu de répit pendant ses heures d’école, et dans mon sommeil, je rends visite à mes anciens maîtres. Ils me manquent tant et ils doivent être si tristes de ne pas savoir ce que je suis devenu…Ha, si je pouvais revenir en arrière…

Voilà ce que j’ai expliqué à la petite chatte grise du balcon d’à côté qui rêve d’évasion. Je lui ai tout raconté de ma sale expérience et je l’ai mise en garde… « On sait ce que l'on perd on ne sait pas ce que l'on gagne... » C’est ce que disent les humains… Si j’avais su…

 


Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles & Histoires courtes
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Lundi 9 juin 2008


Mon cœur en lambeaux
retient les sanglots
qui m'étouffent

qui m'étouffent...
Une part de moi-même s'envole dans l'avion
qui emmène, qui me vole
la chair de ma chair,
un petit bout de mon cœur...
Une part de moi-même
vole au bout du monde...
au bout... du bout du monde...
où ces noms enchanteurs
aux couleurs de lagons
ne calment pas mon cœur,
n'effacent pas la distance,
ni réduisent le temps
de cette terrible absence...
Un bout de mon cœur s'est collé
à celui de l'enfant voyageur
en partance pour le bonheur,
vers d'autres horizons,
si lointains, si lointains...
Si loin des bras d'une mère
qui retient ses larmes
pour ne point ternir là-bas,
l'horizon sur les beaux lagons
du bout du...bout du monde...
Et j'ai le cœur qui saigne
de cette déchirure,
de ces séparations
qui toujours resteront
un cruel arrachement...
J'ai le cœur qui étouffe...
j'ai le cœur qui souffre
de ce grand vide, là,
qui me fait sombrer
dans un torrent de larmes...
J'ai le cœur qui étouffe...
J'ai le cœur déchiré...

et les lagons sont si bleus...
là-bas, à Nouméa...
             
Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Vendredi 6 juin 2008


 

Rien ! Rien, je vous jure, je n’ai rien à me reprocher !

Quand ils m’ont choisie pour ce boulot, parmi tant d’autres, j’étais fière, j’étais pleine de courage. J’étais motivée au maximum pour abattre une tonne de boulot.

Il faut dire qu’à l’époque, j’étais bien carrossée, j’étais pimpante et jeune. Je menais tout tambour battant car, vous savez, on comptait sur moi à la maison, et je tenais mon rôle du mieux que je pouvais ! Avec une famille de six personnes à la maison, il n’y avait pas de quoi chômer !

On m’en donnait des tâches…Mais je trouvais ça normal, après tout j’étais là pour ça et j’obéissais toujours au doigt et à l’œil.

Je lavais, je frottais, rinçais, essorais, tous les jours que Dieu fait ! Pas un seul jour de congé, toujours en service.

C’est que le linge d’une maisonnée pareille, il fallait s’en occuper. Pas le temps de rechigner au travail.

C’était pas tant Madame et Monsieur qui me donnaient du fil à retordre, mais plutôt leurs quatre sales gosses ! Aucun respect pour la propreté ces petits morveux ! Aucun respect pour le travail qu’ils m’imposaient.

Quand je voyais s’amonceler les montagnes de linge…Quand on ouvrait ma fenêtre et qu’on me balançait le tout, sans un mot, sans un sourire…Et bien moi, je vous assure, qu’il y a des jours, ça avait du mal à passer par le tuyau ! La moindre goutte d’eau, j’avais envie de la vidanger !

Vous allez dire que je cause mal…Mais pourtant c’est vrai que certains jours, c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase !

Mais on ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche, et ça, je le savais bien, alors c’est pour ça que je m’accrochais à ce boulot, coûte que coûte, même si je devais en rendre l’âme …

Oh, de l’amour, du respect, je n’en demandais pas tant…Mais je voulais juste un peu plus de douceur dans leurs gestes.

J’en avais marre à la fin qu’on me claque la fenêtre au nez, sans aucun ménagement ! J’en avais marre qu’on me fiche des coups de pieds dans les flancs quand certains jours j’avais du mal à démarrer. On a le droit d’être fatigué parfois…Aucune reconnaissance de leur part. Jamais un mot gentil, jamais un sourire d’encouragement.

Boulot, boulot et boulot ! C’est tout ce qu’ils attendaient de moi. Ils m’avaient payée pour ça et ils en voulaient pour leur argent.

Et  encore ne fallait-il pas que je gémisse, que je me plaigne… Sinon Madame se renfrognait, menaçant de se débarrasser de moi pour me remplacer par une plus jeune et plus efficace. Mais Madame ne se rendait pas compte qu’il n’existait pas de meilleur modèle que moi…

Merde alors, on n’est pas des esclaves !

C’est que moi, je commençais à vraiment fatiguer après toutes ces années de bons et loyaux services ! Ils n’étaient pas conscients qu’à ce rythme-là, un jour, j’allais péter une courroie…

Des ingrats, rien que des ingrats, ces gens-là. Pourtant je vous assure que j’étais docile…Je ne rechignais jamais devant les tâches qu’ils me donnaient.

Je rajoutais même de la douceur à leur vie, un programme que je tenais secret, tout ça pour leur être agréable. J’effaçais toutes les vilaines traces et taches en tous genres qui auraient pu nuire à leur réputation.

Ah,  leur réputation, parlons-en ! Ils n’étaient pas très bien vus dans le quartier, moi je peux vous le dire…

Même que ce matin, j’ai entendu la voisine d’en face qui disait à celle d’à côté que mes employeurs « mélangeaient toujours les torchons et les serviettes et qu’ils n’étaient même pas capables de laver leur linge sale en famille !  Que leur vie était entachée de plein de vilaines choses et que ces taches-là, rien ne pourrait les faire disparaître…»

Un comble !!! Non mais ! Si c’est pas un comble d’entendre des choses pareilles pour une machine à laver le linge !! Moi qui rendais toujours un linge immaculé…

Du coup, j’ai tout vomi l’eau sale que j’avais dans le ventre. Tout vomi sur le carrelage de la buanderie.

Et demain, je serai hors-service, pour la première fois de ma vie !

Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles & Histoires courtes
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Jeudi 5 juin 2008


Photo prise à Ouvéa en Nouvelle Calédonie, lors de mon voyage en 2005

CALME !

Rassurée, je dors

Comme un bateau dans le port

Abri de ton corps...

 

Par Nickyza - Publié dans : Haïkus
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Mardi 3 juin 2008

(Auto-portrait Eugène Pujol)


La rose s'impose

Eclaboussant de couleurs

La blancheur de la toile

 

Le peintre, comme un voile

Ternit l'or qu'il dépose

L’artiste triste pleure ...

 

Il ne peindra plus de fleurs,

Ni de ciel, ni de mer

Son cœur brisé et amer

Ne supporte plus les couleurs...

Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Samedi 31 mai 2008


Chaque matin, quand il ouvrait les volets, son regard se portait là-bas, au fond de l’air.

Son regard balayait les vignes endormies qui s’étalaient plus bas, jusqu’au lit de la Marne.

Les feuilles du tilleul frissonnaient. Le vent coulait ses vents coulis.

Les premiers rayons de soleil illuminaient la ville d’Epernay, nichée dans les bras de la rivière, lovée dans le berceau que formaient les collines de leurs ventres ronds.

Les vignes, partout alentour, montaient à l’assaut de la moindre parcelle de terre.

Le clocher, qui lançait sa flèche dans les hauteurs du ciel, comptait les heures qui s’installaient au point du jour. Il détourna son regard et ferma la fenêtre. Il faisait tôt, il faisait frais, en ce matin de fin de printemps. Il avala son café chaud, debout derrière la baie vitrée, l’œil vague, laissant son esprit doucement s’éveiller.

Une longue journée de labeur s’ouvrait devant lui : il n’avait plus une minute à perdre à partir de ce moment ! Il se secoua. Il rinça sa tasse sous le robinet d’eau froide, puis dévala l’escalier, agrippa la poignée de sa sacoche qui traînait dans l’entrée et claqua la porte derrière lui. L’air frais qui le surprit, le réveilla tout à fait. A grandes enjambées pressées, il descendit la Rue des Rocherets, déboucha sur la Place Carnot bordée de grands arbres que baignait le Cubry.

Rue du Professeur Langevin, certains commerçants s’affairaient déjà. Ils avaient levé le rideau de leur petite boutique et s’appliquaient à faire briller la devanture, à balayer le trottoir, en attendant les premiers clients .Quelques balayeurs municipaux nettoyaient les abords de la Rue Saint-Thibault.

    Salut, Adrien ! Tu peux me mettre le dernier « Modiano » de côté, pour ma mère, c’est bientôt son anniversaire ! Lui cria Gérard depuis le seuil de sa boucherie.

    Pas de problème, Gérard ! Je te prépare même un paquet-cadeau ! Répondit-il en lui adressant un signe amical.

« Il », s’appelait Adrien. Là, dans la petite rue piétonne, il n’était plus anonyme. Il était Adrien, le libraire du quartier.

Adrien salua d’autres gens sur son passage, échangea des phrases courtes et pressées, tout en continuant à marcher d’un bon pas. Il apercevait déjà l’enseigne de sa boutique, coincée entre une briocherie et une cordonnerie.

Adrien aimait sa librairie qui était toute sa vie et rien que sa vie ! Il ne vivait que pour sa boutique et les livres qui l’entouraient. Il ne lui restait plus beaucoup de temps pour d’autres centres d’intérêt, si bien qu’il était toujours célibataire, à quarante ans passés.

 Pourtant, il était plutôt bel homme et les présences féminines ne manquaient pas autour de lui.

 La petite brune d’en face, qui tenait la boutique de prêt à porter « Mode », affichait pourtant une attirance évidente pour lui, lui décochant des sourires aguicheurs, l’invitant à boire des cafés…pour le sortir de ce qu’elle croyait être la solitude.

Pourtant Adrien ne se sentait jamais seul. La présence des milliers de livres qui l’entouraient presque jour et nuit lui suffisait amplement. Il était nourri de mots et vivre dans ces mondes imaginaires le comblait !

S’investir dans une relation amoureuse, l’aurait privé de temps, le temps qu’il consacrait aux livres.

Adrien arriva devant sa librairie. Il était fier de cette petite boutique à laquelle il avait conservé tout son côté rétro. Il avait résisté à la mode des rénovations froides et impersonnelles des librairies modernes, où le côté pratique et la rentabilité primaient avant tout. La librairie d’Adrien avait une âme. Il y fleurait bon le vieux papier et la cire d’abeille qui faisait briller le parquet et les meubles anciens. Les livres y trouvaient refuge sur d’ancestrales étagères de bois qui escaladaient les murs jusqu’au plafond. Ils s’entassaient, dans un joyeux désordre, sur de vieux comptoirs de métier, d’anciennes tables au charme désuet, disposés ça et là. Un joyeux désordre, mais un désordre savamment étudié par le propriétaire des lieux qui savait toujours retrouver le livre convoité. Il régnait dans la petite librairie, une atmosphère paisible, proche du recueillement …

Les amoureux de livres aimaient à flâner entre les rayons, se perdre dans les recoins, butiner d’un livre à l’autre, jusqu’à découvrir le coup de cœur qu’ils emportaient jalousement pour mieux le dévorer des yeux, le soir au coin du feu.

Ils appréciaient les conseils d’Adrien qui leur faisait partager ses passions.

Ils aimaient échanger leurs impressions avec le libraire, en qui ils vouaient une confiance immense, car Adrien était un vrai libraire, de ceux qui se font de plus en plus rares de nos jours…Il faisait partie de ceux qui ne remplaceraient jamais la mémoire de l’écrit par ces espèces de machines informatiques qui font le travail à leur place

Non, non, Adrien ne considérerait jamais le livre comme un produit ordinaire !

 Il lui était inconcevable de traiter les livres comme on les maltraitait dans certaines grandes surfaces, où relégués entre un baril de lessive et le papier toilette, on les vendait comme l’on vendait une vulgaire boîte de petits pois !

Non, Adrien avait trop de respect pour les mots, ceux qui embellissaient sa vie au quotidien ! Les livres avaient tous une âme, et il les faisait vivre avec amour et passion.

Comme chaque matin, avant de lever le rideau de fer, Adrien s’arrêta devant la vitrine  pour y jeter un rapide coup d’œil. Il vérifiait  l’impeccable disposition des livres alignés sur les présentoirs. Il ne s’agissait pas de présenter une vitrine peu soignée.

    La vitrine d’un magasin est le miroir de ce qui se trouve à l’intérieur ! Répétait-il inlassablement à ses deux vendeuses.

Il traquait donc le livre corné, le livre tombé, le présentoir laissé vide, l’araignée qui aurait tissé sa toile au milieu des mots, la tablette poussiéreuse…

Il soupira. Il allait falloir remettre un peu d’ordre car plusieurs livres étaient tombés de leurs présentoirs.

Adrien se mit à sourire…Les livres avaient encore fait la java cette nuit !

Il aimait à imaginer que la nuit, les livres se mettaient à vivre, en cachette, quand la librairie avait fermé ses portes ; qu’ils dansaient, se déplaçaient d’un coin à un autre, changeaient de place, échangeaient des mots…bref, les livres s’animaient la nuit quand personne ne les voyait !

En observant la vitrine d’un air malicieux, Adrien nota que d’Ormesson enlaçait encore la belle Irène Frain, Bernard-Henri Lévy tirait la couverture à lui, laissant Le Clézio sans mots. Sollers enjambait Marguerite Duras, Yves Berger s’étalait de tout son long sur l’Amérique de Michener, Amélie Nothomb vomissait l’araignée qui avait tenté de s’immiscer dans ses pages, Troyat et Nourissier présentaient leurs pages cornées, Labro, Coelho, Kundera, Kadaré s’entassaient les uns sur les autres, le livre de cuisine de Ginette Mathiot marchait sur les plates-bandes de Michel Lis le jardinier…

Quel méli-mélo dans la petite vitrine ! Les livres inertes s’étaient animés cette nuit, plus que jamais ! Surpris par le jour, ils n’avaient pas eu le loisir de regagner leur place attitrée. C’est ce que pensait Adrien, amusé.

Adrien s’empêcha de divaguer plus longtemps dans son monde imaginaire. C’est qu’il s’en racontait des histoires, Adrien. Il aurait rêvé les écrire, toutes les histoires qu’il inventait.

Mais il n’avait pas le temps, ce temps qui lui filait trop vite entre les doigts, ce temps qu’il aurait tant aimé arrêter pour un temps…

Ecrire… Ecrire était un don, un art, comme la peinture ou la musique.

On le recevait à la naissance, déposé par quelque bonne fée. On ne pouvait se décréter écrivain du jour au lendemain.

Cela, Adrien l’avait compris très vite, rien qu’en lisant à mi-voix les œuvres de ses auteurs fétiches ! Adrien était désespéré de découvrir tant de perfection au fil des pages.

Il restait persuadé que jamais il ne parviendrait à égaler ces grands écrivains dans l’art de faire chanter les mots.

Et pourtant, il avait tant de choses à raconter, tant d’histoires à faire partager, histoires qui attendaient, là, dans un coin de sa tête.

Ecrire était chez Adrien plus qu’une simple envie, c’était un besoin, devenu vital au fil des années qui passaient. Un besoin inassouvi qu’il mettait sur le compte du manque de temps, et qui le laissait frustré…

Alors, il se contentait de prendre des notes sur le petit carnet qui ne le quittait jamais, pour le jour où il se lancerait dans l’entreprise d’un roman !

Le jour où il ne serait plus libraire, le jour où il aurait suffisamment de temps devant lui pour se consacrer à son œuvre, le jour où, suffisamment nourri des mots des autres, il aurait acquis l’art de manier le verbe, le jour où …il serait vieux et à la retraite !

Le jour où il serait capable, enfin, de remplir une page entière avec talent.

Ce qui le désespérait, Adrien, c’est que les rares fois où il s’était trouvé devant la page blanche, il avait été incapable d’écrire, de trouver le mot juste, le mot beau.

Il n’avait pas su laisser couler les mots ; ses mots sonnaient faux !

Mû par le besoin irrésistible de coucher des mots sur le papier, il avait été atteint du fameux malaise de la page blanche, et quand après des heures, il avait enfin réussi à remplir une feuille entière, il s’était relu et avait trouvé ça très mauvais. La feuille de papier avait terminé dans la corbeille, déchirée en mille morceaux.

Depuis, il était terriblement frustré et malheureux.

Adrien entra dans la petite librairie. Il était à peine huit heures du matin. Le magasin ouvrait ses portes à la clientèle, à neuf heures précises, mais Adrien aimait arriver une heure plus tôt.

Cela lui laissait du temps pour préparer sa journée et passer quelques commandes, déballer quelques cartons de nouveautés qui prendraient aussitôt place sur quelques coins de tables.

Dès l’arrivée de ses clients, Adrien pouvait ainsi se consacrer entièrement à eux, aidé de ses deux vendeuses.

La journée filerait à une allure folle…Réception de colis de livres, déballage,     commandes, classement des livres nouvellement arrivés, accueil des clients et des représentants des maisons d’édition, Adrien, une fois de plus, ne verrait pas la journée passer, ni l’heure de fermeture arriver !

A dix-neuf heures, il fermerait les portes de la librairie. Il resterait une heure ou deux après la fermeture pour terminer quelque travail urgent laissé en plan.

Après avoir raccompagné ses derniers clients et fermé les portes derrière eux, Adrien déposa une pile de livres sur sa table de travail. Il s’appliqua à remplir les fiches de stock de chacun, de sa plus belle écriture. Il ouvrait chaque livre, en lisait quelques lignes pour en connaître le contenu. Parfois, il se laissait emporter par le charme des mots et s’attardait plus que de raison, entraîné par la magie qui s’opérait. Il lisait, lisait, comme ensorcelé…

    Ha, comme je voudrais savoir écrire comme ces merveilleux écrivains Comme je   voudrais connaître cette fabuleuse folie qui vous jette corps et âme  dans cette  rivière         des mots à jamais intarissable…Mais comment font-ils, ceux-là, pour écrire ces mots superbes, pour laisser libre cours à l’inspiration ? Cela paraît si simple d’écrire ! Les Giono, Balzac, Chateaubriand, Maupassant, Zola, Hugo…si vous m’entendez de là-haut, dites-moi comment faire !

Quel était votre secret pour arriver à une telle maîtrise du mot ? Le mot simple qui    renfermait toute la subtilité des choses, le mot qui coulait juste et beau pour former un tout, un tout avec tous les autres mots qui s’associaient pour créer, à l’unisson, une œuvre parfaite…

Mon Dieu, vous aussi, si vous m’entendez, vous tous réunis, aidez-moi ! Donnez-moi la clé pour ouvrir la porte du monde des mots. Faites-moi un signe de là-haut, ou je mourrai de ne point écrire !  Oui, j’en mourrai, c’est sûr ! Gémit-il en se prenant la tête entre les mains, dans une ultime supplique. Adrien se surprit à parler à haute voix. Il replongea dans les pages du livre qu’il était en train de découvrir. Il était comme hypnotisé par le pouvoir des mots. Il ne voyait même pas le temps qui filait, il ne ressentait pas la fatigue qui le gagnait peu à peu.

Pourtant le sommeil commençait à s’emparer de lui, ses paupières devenaient lourdes.

Il  ne s’aperçut même pas qu’il s’était affaissé sur sa table de travail, les bras repliés                        autour du livre qu’il était en train de lire, la tête lourdement posée sur les pages ouvertes…Le rêve qui le prit, l’emporta au pays des mots. Un pays où les mots s’envolaient hors des livres. Des livres qui n’étaient autres que les maisons du pays des mots. Les habitants de ce pays logeaient donc dans des livres, dont ils produisaient les mots. Ils inventaient des mots aussi naturellement que s’ils respiraient. Nouvel arrivant dans ce pays étrange, Adrien passa tout de suite pour un original. Il était incapable de produire des mots. Soudain, comme sortie d’un épais brouillard, il perçut du lointain une voix qui l’appelait.

    Adrien ?… Adrien ?…ADRIEN ! Fit une voix féminine.

La voix était douce, mais elle commençait à se faire insistante.

Adrien ne répondit pas. La voix appela de nouveau Adrien. La voix se fit plus   proche, plus claire, plus présente.

Adrien tressaillit. Il sentit comme une présence auprès de lui. Un doux parfum de          muguet chatouilla ses narines. Il sentit une main qui secouait doucement son épaule. Il tenta d’ouvrir les paupières, mais elles étaient bien trop lourdes. Il était en plein rêve et n’avait nulle envie d’en sortir. La main secoua plus fort son épaule.

    ADRIEN, vous m’entendez ? Réveillez-vous ! S’impatienta la voix.

Adrien souleva péniblement une paupière. Il aperçut une jeune femme penchée sur   lui. Elle était jeune et très belle, toute vêtue de noir de la tête aux pieds. Sa robe longue en soie changeante découvrait de fines épaules. Sa chevelure sombre était tirée en un chignon strict. Son regard gris transperça Adrien. Elle sourit.

    Enfin, vous voilà réveillé, Adrien ! Vous avez le sommeil lourd !

    Heu…quelle heure est-il ? Que faites-vous là ? Réussit à articuler Adrien, d’une   voix pâteuse.

    Il est un peu plus de minuit et je remettais un peu d’ordre ici ! Dites-moi, il s’en   passe ici de drôles de choses quand vous dormez ! Saviez-vous que les livres menaient une joyeuse sarabande ?! » Fit-elle en riant.

    Oui, oui…je m’en doute, mais que faites-vous dans ma librairie à cette heure  tardive ? La boutique est fermée depuis belle lurette ! Vous seriez-vous laissée enfermée par inadvertance ? Je vais vous reconduire ! 

    Non, Adrien ! Je suis là parce que vous m’avez appelée ! 

    Moi, je vous ai appelée ? Mais je n’ai appelé personne, je travaillais tranquillement quand je me suis endormi. D’ailleurs, il se fait très tard, il faut que je rentre chez moi. Tout d’abord, qui êtes-vous ?!

    Emily Brontë ! 


Pour connaître la suite...lisez l'article juste en-dessous !  A tout de suite!! :-)

Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles de Champagne
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Jeudi 29 mai 2008

 



 

 

    Emily Brontë ? Mais bien sûr, et moi je suis Victor Hugo ! Je n’ai pas vraiment envie de plaisanter à cette heure-ci, voyez-vous…Je suis fatigué et je rentrerais volontiers me coucher ! 

    Je suis Emily Brontë ! C’est bien moi qui ai écrit : « Les Hauts de Hurlevent » !

Vous êtes libraire, vous connaissez ?! A moins que je ne sois tombée dans l’oubli le plus total…Cela fait plus d’un siècle que j’ai disparu de la circulation !

Si je me souviens bien, j’ai été emportée par la tuberculose dans les années 1840… 

    Et vous croyez que j’ai vais croire à une histoire pareille ? Le livre là-bas, sur cette étagère, est en train de voir la réincarnation de son auteur ??!! Son auteur en chair et en os ?! Bon, vous êtes très amusante, j’adore l’humour d’habitude, mais là, vraiment vous ne me faites pas rire du tout ! Allez, je vous raccompagne ! 

 

Tout en minaudant, la jeune femme se dirigea vers l’étagère en question. Inclinant la  tête, elle se mit à chercher l’ouvrage dont elle était l’auteur.

Adrien l’observa. Il remarqua qu‘elle était vraiment belle mais qu’elle était étrangement fagotée. Elle semblait porter une robe de l’époque victorienne ! Pas vraiment la mode par ici !

    Ça alors !…je n’en reviens pas !…Quelle drôle de présentation pour un livre !…Ce format, si petit… S’exclama-t-elle.

    C’est un livre de poche ! Maugréa Adrien.

    Alors comme ça, on me lit encore ? Que c’est étrange de tenir entre les mains ma propre création, après des siècles !

 

« Une folle ! J’ai en face de moi une folle qui se prend pour Emily Brontë…et il est bientôt une heure du matin ! » Pensa Adrien qui se demandait comment il allait bien pouvoir  se débarrasser de cette fille bizarre qui était arrivée là il ne savait comment.

 

    Folle ? Vous me pensez vraiment folle ? Vous ne croyez pas du tout que je suis vraiment Emily Brontë ?! C’est bien ça, n’est ce pas ? Et bien, vous vous trompez !  Fit la jeune femme en se retournant brusquement.

Adrien resta bouche bée :

    Vous lisez dans mes pensées maintenant ?! 

 

Adrien était surpris. Il était certain de ne pas avoir parlé tout haut ! Il s’était fait cette réflexion dans sa tête et elle…elle…

La jeune femme s’approcha doucement de lui, souriante, et plongea son regard dans le sien.

    Bien sûr que je lis dans vos pensées ! Même de « Là-haut », je sais ce que vous ressentez, ce que vous pensez, ce que vous souhaitez. Je connais tout de vous. Je connais les histoires que vous inventez et que vous laissez stériles dans un coin de votre tête par peur de vous exprimer, par peur de ne point être à la hauteur de nous autres les « grands écrivains » comme vous dites. Vous savez, j’ai ressenti les mêmes frustrations que vous, dans mon ancienne vie d’écrivain. J’ai souffert aussi, comme vous des affres de la page blanche, jusqu’au jour où j’ai osé me lancer ! Oh bien sûr, je n’ai pas été très prolifique…Un roman, un seul, et quelques poèmes…mais au moins moi, j’ai osé sauter le pas !

J’ai été…comment dire…comme « guidée » par quelque chose qui me         dépassait…une main étrangère semblait guider la mienne. Un esprit autre que le mien semblait s’être emparé de la situation à ma place. Les mots coulaient à flots sur le papier. Je n’avais nul besoin de les chercher ces mots : ils exprimaient exactement ce que je voulais transmettre, sans plus aucune difficulté !      

Je vous ai entendu, tout à l’heure, Adrien, nous supplier de vous aider…

Nous vous avons tous entendu ! Giono, Zola, Balzac et tous les autres.

 

Adrien était abasourdi par ce qu’il était en train d’entendre. Ses yeux étaient écarquillés de stupeur. Il n’osait comprendre. Il allait ouvrir la bouche pour poser une question quand d’un signe la jeune femme l’arrêta :

 

    Non, Adrien, ne dites rien ! Ecoutez-moi jusqu’au bout !

Nous, les écrivains qui ne sommes désormais plus de ce monde, restons sensibles aux désirs  de ceux qui ont tant à dire et qui ne savent pas le faire ou n’osent pas.

Nous avons la mission de perpétuer l’écriture, car nous sommes convaincus que ce moyen d’expression entre les hommes ne doit jamais disparaître, que le plaisir de la lecture doit rester présent envers et contre tout !

Nous devons donc nous trouver des remplaçants pour que l’écriture survive. Nous recherchons de nouveaux écrivains, nous les aidons, nous les  guidons afin qu’ils accomplissent leur œuvre.

Vous êtes, Adrien, aux dires de tous les écrivains qui vous observent de Là-haut, depuis un certain temps, le candidat idéal pour cette mission !

Vous avez toutes les capacités requises pour faire un bon écrivain.

Vous portez ça en vous, vous ne rêver que de cela : écrire ! Nous savons que vous souffrez de ne point pouvoir assouvir ce désir, aussi avons-nous décidé de vous mettre le pied à l’étrier ! Nous allons vous aider, Adrien !

Chacun de nous, les anciens écrivains, chacun notre tour,  nous vous donnerons les chances de vous exprimer, nous vous soufflerons les mots Par la suite, vous vous sentirez plus à l’aise avec le style de l’un ou de l’autre, alors ce sera à vous de choisir l’écrivain qui colle le mieux à vous, et vous continuerez à travailler avec lui et seulement avec lui. J’ai déjà ma petite idée sur la question : je pense que vous vous entendrez bien avec Balzac ! Vous avez la même façon de « monter » vos histoires. Il vous apportera ses mots très volontiers et les critiques littéraires, en vous lisant, seront ravis de pouvoir décréter : «Ce jeune écrivain au style balzacien… » et ils ne se tromperont qu’à moitié ! Balzac, ou un autre, sera heureux de continuer à écrire par l’intermédiaire de votre main à vous ! 

 

Adrien était resté bouche bée sans pouvoir émettre une seule parole. Alors c’était donc vrai, tout ça…Les écrivains qui disaient être guidés par une autre force que la leur…Les écrivains qui confiaient qu’en se relisant, ils avaient l’impression de ne jamais avoir écrit ces mots-là, eux-mêmes…

Alors, serait-ce vraiment Emily Brontë, là devant lui, dépêchée en mission spéciale par ses confrères, pour faire de lui un futur écrivain ? Adrien se pinça pour être sûr qu’il ne rêvait pas. Non, il était bien éveillé : c’était bien Emily Brontë et puis toutes les paroles qu’il avait dites et qu’elle lui avait rapportées…et le fait qu’elle lisait dans ses pensées…

 

    Oui, oui, Adrien, je suis encore en train de lire dans vos pensées et je réponds à vos questions : oui, certains écrivains commencent par écrire, et très vite, ils sont guidés par la main d’un autre…Ce qui fait que souvent, lorsqu’ils se relisent par la suite, ils ne reconnaissent pas ce qu’ils ont écrit et ne savent pas l’expliquer.

Bref, Adrien, nous sommes très heureux, là-haut, d’avoir trouvé un nouveau candidat,    un candidat passionné par les mots qui rêve d’écrire du beau, pour assouvir sa passion et non pour faire de l’argent ! Des candidats, nous en avons tous les jours, mais ceux-là ne veulent écrire que pour devenir riches et célèbres,  aussi ne nous intéressent-ils pas du tout. Nous, nous aspirons à partager notre passion d’écrire avec quelqu’un comme vous. C’est une façon pour nous de continuer à écrire et de revivre les émotions que nous avons connues par le passé, ici-bas. Une façon aussi d’occuper notre temps agréablement, car, vous savez Adrien, le temps dure une éternité là-haut ! Ne vous inquiétez de rien : demain, vous ne vous rappellerez rien de notre entretien de cette nuit. Quand vous vous mettrez devant votre feuille blanche, les mots courront facilement sur le papier. Vous ne souffrirez pas de ce méchant malaise que l’on appelle le malaise de la page blanche. Vous allez devenir intarissable, Adrien, et vous noircirez des milliers de pages sans plus pouvoir vous arrêter ! Nous vous tiendrons la main de là-haut ! Comptez sur nous tous réunis ! 

 

Adrien cligna des yeux. Un rai de lumière tentait de s’immiscer au travers de ses paupières lourdes.

Des coups sourds et répétés attirèrent son attention. Il se frotta les yeux. Il se sentait très fatigué. Les coups redoublèrent. Il se redressa sur sa chaise et fut aveuglé par la lumière forte d’une lampe-torche braquée sur lui. On frappait à grands coups répétés sur la vitrine.

    Tout va bien, Monsieur Adrien ? 

Les vigiles de nuit, qui faisaient leur ronde, s’inquiétaient de voir, à cette heure avancée de la nuit, encore de la lumière dans la petite librairie.

    Oui, tout va bien, Messieurs ! J’étais en train de travailler et je me suis endormi, mais je rentre chez moi dans cinq minutes, merci !

    Alors, bonne nuit, Monsieur Adrien ! 

Adrien rangea en vitesse les papiers qui traînaient sur son bureau. Il n’avait pas beaucoup avancé dans son travail, ce soir. Il était bien trop fatigué ces temps-ci.

Il lui fallait absolument songer à prendre quelques jours de congé, quelques jours bien mérités, où il pourrait, à loisir, lire et inventer des histoires. Tenter d’écrire peut-être…oui, c’est ça, il allait trouver le temps, pendant ces quelques jours de vacances, pour s’essayer sérieusement à l’écriture !

Qui sait ? Libéré du stress quotidien, peut-être réussirait-il enfin cette fois-ci à aligner quelques mots...

 

 

 

 

 

 

Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles de Champagne
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Mercredi 28 mai 2008



 

 

Il est des livres que l’on ne peut garder rien que pour soi quand ils sont beaux. Les mots parfois en sont si jolis et libèrent de si belles images que l’on ne peut se contenter de les lire à voix basse. On les murmure tout d’abord, en lecture silencieuse, puis la musique qui s’en dégage est si belle qu’elle nous pousse à les clamer à haute voix. Au fil de ma lecture, il m’arrive souvent de relire à haute voix une phrase que j’ai trouvée jolie pour en déguster la délicatesse des mots et faire exploser les images en myriades d’étoiles.

 

Des mots si jolis, on a envie de les faire partager autour de soi et c’est le cas du livre de Mathias Malzieu (chanteur-compositeur de Dionysos, groupe de rock bien connu) qui s’intitule : « La mécanique du cœur » (chez Flammarion).

 Un pur délice…Joli conte poétique qui nous plonge dans un univers proche de celui de Tim Burton ou de celui de Süskind (le parfum) dont le héros, Grenouille, ressemble par certains traits au Little Jack de Mathias Malzieu : des êtres que la nature n’a pas gâtés mais qui leur a laissé néanmoins un don. Pour Grenouille, le don olfactif, pour Little Jack le don d’explorer les méandres de l’amour.

 

Little Jack, Pinocchio des temps modernes, est né, le jour le plus froid du monde, avec un cœur défectueux. La sage-femme, -mi-sorcière, mi-fée-, qui l’aide à venir au monde, lui greffe une horloge à la place du cœur défaillant : elle lui redonne la vie. Little Jack vivra, à condition d’éviter trop d’émotions, car l’horloge alors se détraquera… Little Jack vit avec cette petite phrase dans la tête : « Love is dangerous for your tiny heart ! » que la sage-femme lui serine comme une formule sorti d’un vieux grimoire… Ce qui devait arriver, arrive : Little Jack tombe un jour amoureux d’une petite chanteuse des rues ! Quête amoureuse pour retrouver Miss Acacia, transports merveilleux de la passion comme de sa cruauté…le cœur de Jack sera mis à dure épreuve…

 

Entre noirceur et humour, l’écriture est poétique et emplie de sensibilité. Un petit bijou de poésie où les métaphores vous transportent dans un paysage imaginaire dont on garde l’empreinte longtemps après avoir refermé le livre.

 

Je ne peux pas terminer cet article sans vous livrer quelques images, quelques jolis mots…comme un cadeau pour embellir vos jours.

 

« Un froid de canard paranormal cadenasse la ville…les fontaines se changent une à une en bouquets de glace…le givre fait des merveilles en pailletant le corps des chats…les arbres ressemblent à de grosses fées en chemise de nuit blanche qui étirent leurs branches, baillent à la lune… »

 

« Dehors, il neige de plus en fort. Dans la rivière les poissons grimacent, arrêtés net. Toute la ville est sous la main d’un souffleur de verre… »

 

« Cette nuit, je vais grimper à la lune, m’installer dans le croissant comme dans un hamac et je n’aurai absolument pas besoin de dormir pour rêver. »

 

« La cheminée, en forme de couteau de boucher, pointe vers les étoiles. La lune y aiguise ses croissants. »

 

« Les étincelles que produit Miss Acacia en chantant sont les éclats de ses propres fêlures. »

 

« Il doit rester quelques rêves d’enfant cachés sous l’oreiller, je tenterai de ne pas les écraser avec ma tête lourde de soucis d’adulte… »

 

« Les volutes de son parfum me sont familières comme une vieille couverture pleine de rêves… »

 

…et je pourrais recopier le livre de Mathias Malzieu en entier…Difficile de faire un choix parmi tous ces jolis mots…

Je suis sûre que je vous ai donné l’envie de dénicher d’autres petites phrases délicieuses, non ? J



Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Mardi 27 mai 2008
Photo de Thedolphin


Aujourd'hui, un brin de nostalgie en accord avec le temps...Dans ces cas-là, certains souvenirs remontent à la surface et lèchent le sable effaçant les pas d'aujourd'hui...

 

Dans le silence

Etouffé de songes

Images au ralenti

Passées et repassées

Comme celles d’un vieux film

En noir et blanc

Anouk Aimée et Trintignant

Sur une plage de sentiments

Images passées que l’on regarde

Dans la pénombre

D’un soir trop sombre

Des voix s’en mêlent et s’entremêlent

A la musique en sourdine

Pas pressés, son feutré

Lointain, si lointain

Adagio des nostalgies

Au rythme lent

Des souvenirs passés et ressassés

Que l’on trace en silence

Noir sur blanc

Ombres du passé

Ombres sur l’écran

De nos pensées.

Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Dimanche 25 mai 2008

Je ne sais pas ce qui m’a pris. Non, vraiment pas. Un coup de poker, ni plus ni moins. Je n’ai pas réfléchi. Il fallait coûte que coûte que je traverse la Marne. Par le pont ou par le bac, peu importait, il fallait que je traverse pour rentrer chez moi le plus vite possible. Je n’ai pas essayé de ménager la chèvre, le chou, pour qu’ils ne se fassent pas dévorer par le loup. Moi aussi j’avais une rivière à traverser. Personne n’était là pour résoudre mon énigme. J’étais la chèvre ou le chou et je me suis fait dévorer…ou plutôt étrangler par un fou ! Rien n’indiquait qu’il pouvait être dangereux à ce point-là. Bien sûr, en y repensant, il semblait très agité, et courait en tous sens et criait à tue-tête après quelque chose qu’il avait perdu. Je n’ai même pas eu le temps de réaliser ce qui m’arrivait. C’est quand j’ai vu que j’étais étalée là, sans vie sur le pont de Marne, que j’ai compris que j’étais morte étranglée par ce cinglé. Je lui hurlais d’arrêter de s’acharner sur mon cou, que j’étais morte et bien morte…mais il ne semblait pas m’entendre ! J’avais beau m’agiter, essayer de lui faire lâcher prise, rien n’y fit. J’étais bien obligée de me rendre à l’évidence : j’étais devenue invisible. Je n’existais plus pour personne. On ne m’entendait même pas hurler. Effrayant, non ? Je me suis soudain dit que j’allais me réveiller de cet horrible cauchemar, que comme dans tous les cauchemars, lorsque l’on crie, le cri vous reste toujours dans la gorge, mais que ça ne dure jamais car on se réveille…Abominable, cette impression de terreur qui vous habite, alors que vous criez pour appeler au secours et que pas un son ne sort de votre gorge ! J’avais perdu ma voix ! Oui, j’allais sûrement me réveiller de ce mauvais cauchemar…enfin c’est ce que je pensais avant de comprendre très vite que cette étrange situation était bien réelle.

J’étais spectatrice d’un fait divers dont j’étais la victime, sans pouvoir rien y changer. J’étais spectatrice de ma propre mort.

 J’étais morte en ce beau jour naissant de Mars 1965.

Je voyais mon enveloppe charnelle étalée là, comme s’il ne s’agissait que du corps de quelqu’un d’autre. J’étais moi et en même temps ce n’était plus moi. Pourtant c’était encore moi ; j’étais encore vivante puisque j’étais capable de penser et de ressentir des émotions.

Pendant ce temps, la Marne, nonchalante, faisait tanguer doucement des barques de pêcheurs abandonnées sous les saules. Des cygnes majestueux glissaient sur l’eau verdâtre suivant de loin en loin une péniche au long cours. Sur le ciel que le jour grignotait à la nuit, s’élevait, imposante, la Tour de Castellane qui surplombait le paysage de toute sa hauteur.

Le boulanger du coin dont la vitrine donne sur le pont, le cafetier, le livreur de journaux qui passait à vélo, et quelques autres lève-tôt ont accouru pour essayer de me sauver mais il était déjà trop tard. Je leur ai dit qu’il était trop tard, mais ils ne m’ont pas écoutée. Comme ils n’ont pas écouté non plus quand je leur ai demandé que j’aurais bien aimé qu’ils descendent le long de mes jambes les pans de ma jupe pour cacher mes genoux. C’est vrai, c’est indécent de montrer ses cuisses comme ça à n’importe qui et puis je n’ai jamais aimé mes genoux que j’ai toujours jugés trop gros. L’un d’eux a essayé de me faire un massage cardiaque…sans succès, pendant que d’autres tentaient de retenir prisonnier mon criminel, en attendant l’arrivée de la police. Le type devait être connu, car les témoins ont tout de suite appelé l’hôpital psychiatrique de Châlons. Ce sont les ambulanciers qui sont arrivés en premier, toutes sirènes hurlantes. Ils ont eu beaucoup de mal à passer la camisole de force à ce fou dangereux et décidément très agité.  L’un d’eux a même dit que la décision de relâcher ce patient avait été une grossière erreur, que c’était beaucoup trop tôt, qu’il était décidément trop dangereux et qu’ils allaient le garder au frais quelque temps.

«  Surtout que vous savez pertinemment qu’il est dangereux, puisque chaque fois que vous le laissez sortir, il se conduit bien quelque temps et puis il pète les plombs et s’en prend à quelqu’un ! Maintenant qu’il a tué, j’espère que vous aurez compris qu’il ne faut plus le relâcher, bon sang !» a dit une dame de Magenta, très en colère.  

Et il fallait que ça tombe sur moi.

 Pourtant on m’avait prévenu de  l’autre côté de la berge, que c’était risqué de traverser le pont avec ce  fou qui barrait le passage…mais, on pense toujours que ce genre de choses n’arrive qu’aux autres. Ha, si j’avais su… mais qu’est ce qui m’a pris !

J’étais pressée de rentrer à la maison avant mon mari, ça c’est sûr. Tout ça pour une histoire de temps…J’ai toujours pensé qu’à courir après le temps, on s’avançait toujours plus vite vers sa mort…Quelle bêtise ! Si j’avais attendu que le pont soit libre, je serai toujours vivante. A l’heure actuelle, j’essuierais les foudres de mon mari mais je serais toujours de ce monde !

Ensuite ce sont les policiers d’Epernay qui sont arrivés sur les lieux du crime, de mon crime. Ils ont constaté mon décès. Puis ils ont ouvert mon sac à main pour trouver des noms, savoir qui prévenir en cas de…Je n’avais qu’une peur c’est qu’ils ne se trompent de personnes. Il ne s’agissait pas qu’ils prennent mon amant pour mon mari ou vice et versa…vu que dans mon carnet d’adresses les deux noms y figuraient : Chéri 1 et Chéri 2. J’ai toujours aimé la discrétion et depuis que j’ai lu dans un roman policier que les carnets d’adresses perdaient toujours les coupables…je fais très attention ! Je mets le moins de noms possible ou je les inscris sous forme de codes, comme ça, au cas où mon carnet viendrait à disparaître…

 Vous savez comment ça se passe dans les petites villes ; on a vite fait de jaser. Je n’avais pas envie que ma vie soit la proie des commères, encore moins ma mort. En fouillant dans mes affaires personnelles – du reste, ils ne prenaient aucun soin ; la moindre des choses serait quand même de respecter les affaires d’autrui, surtout quand autrui est mort !  -, ils ont par mégarde laissé tomber mon tube de rouge à lèvres qui a roulé sous l’un des piliers du pont. Je me suis égosillée pour qu’ils le ramassent et le remettent à sa place -  c’est que j’y tenais à ce rouge à lèvres-là - mais ils ne m’ont pas entendue, trop occupés à décider de la bonne personne à appeler !

Par chance et sans se poser de questions, ils ont relevé le numéro de téléphone du bureau de Chéri 1, le premier sur la liste ; c’est donc mon mari qui allait recevoir la mauvaise nouvelle. Enfin mauvaise…avec lui je m’attendais à tout ; il serait peut-être soulagé finalement, vu le peu d’intérêt qu’il me manifestait depuis une paire d’années, me faisant toujours passer après sa sacro-sainte carrière. Je n’avais pas à me plaindre, c’est vrai, je ne manquais de rien, j’avais de l’argent à n’en plus savoir que faire, mais rien ne remplaçait la présence d’un être aimé auprès de soi. Nous passions notre temps à nous bagarrer tous les deux, néanmoins, je pensais que l’annonce de ma mort allait lui occasionner un choc quand même…le pauvre…

Quant à R., mon amant, auprès de qui je recherchais l’amour qui me manquait à la maison, il allait être bouleversé d’apprendre mon décès par voie de presse…Il m’aimait tant ! Il allait s’en vouloir toute sa vie de ne pas avoir pu me prêter quelques euros pour me permettre de traverser la rivière en empruntant le bac du passeur. C’est bête, je n’avais aucune liquidité sur moi ; ça arrive quand on oublie de passer à la banque. R. n’avait jamais un sou en poche. C’était toujours moi qui réglais nos petites dépenses. Question pratique, car nous les femmes avons le privilège d’avoir un sac à main. Les pièces déforment les poches de pantalon des hommes, voila pourquoi les hommes n’ont jamais de quoi acheter le pain. R. m’a plutôt rassurée en me convaincant de ne pas écouter ces sornettes quand je lui ai parlé du type bizarre qui m’empêchait de traverser le pont.

 « Mais passe donc par le pont, il ne t’arrivera rien ; ce type est un doux dingue ; il ne ferait pas de mal à une mouche ! » m’a-t-il répliqué en me faisant un clin d’œil confiant.

Rassurée oui…mais je ne l’étais qu’à moitié quand même. Aussi avant de m’apprêter à traverser le pont, comme je passais devant chez lui, je me suis arrêtée chez A., un ancien copain de lycée, pour lui demander de me prêter quelques pièces afin de suivre mon idée et de prendre néanmoins le bac de ce fichu passeur, décidément mal aimable. Je n’ai pas compris que le passeur n’ait pas voulu me faire crédit. Je n’étais pourtant pas une inconnue pour lui ; j’étais la femme de son ancien copain d’enfance qu’il n’a pourtant jamais perdu de vue. Mais on ne s’est jamais estimé tous les deux et il m’a même un jour traitée de pimbêche, alors en y réfléchissant, il ne fallait pas que j’attende de service de sa part.

 A. était de méchante humeur, - je le réveillais à l’aube, il est vrai, mais ce qui n’explique pas qu’il m’ait envoyée paître de la sorte, lui qui s’est toujours dit amoureux de moi,      -amoureux et collant entre nous soit dit ! -,  il a tout simplement refusé de m’aider en se recouchant et en me disant d’un ton sarcastique « d’aller me faire foutre, en l’occurrence chez R., mon amant, cet enfoiré ! » Je ne l’ai jamais entendu proférer des mots aussi grossiers à mon encontre et cela m’a perturbé car je croyais en son amitié. Aussi, c’est avec tristesse que je me suis engagée sur le pont de Marne. Le temps passait et si je continuais à tergiverser ainsi, mon mari serait rentré de voyage et m’attendrait à la maison pour constater que j’avais découché. Tout sauf ça !

Les policiers ont fourgué mon corps dans un sac en plastique dont ils ont fait glisser la fermeture éclair dans un couic désagréable, me coinçant une mèche de cheveux par la même occasion, et hop, je suis partie dans le fourgon, direction la morgue. Enfin quand je dis je, je veux parler de mon corps tout seul, car il fallait bien me rendre à l’évidence, mon autre je restait toujours en suspension dans les airs, au-dessus du pont. Là il ne se passait plus rien, puisque mon je-corps avait été embarqué vers la morgue – la morgue…quel drôle de nom donné à un endroit où même quelqu’un plein de morgue est vite réduit au silence ! Encore un exemple des incongruités de notre belle langue-

Je n’avais donc plus rien à faire ici.

C’est ainsi qu’en me concentrant par la pensée sur l’endroit où je désirais me rendre, je me suis aperçue que je m’y retrouvais instantanément, et apparemment toujours invisible aux yeux de tous. J’étais donc morte et bien morte, ça ne faisait aucun pli ! Si l’on m’avait dit que la mort était aussi simple…juste un passage de l’autre côté, imperceptible, sans souffrance, je ne m’en serais pas fait une telle montagne dans ma courte vie terrestre.

Je continuais donc à aller et venir, ça et là, à côtoyer les uns et les autres ; je me déplaçais à la vitesse de la pensée, légère, légère. Je voyais sans être vue : le rêve pour quelqu’un de curieux comme moi ! Le gros inconvénient dans cet état de chose, c’est que je ne pouvais plus converser avec les gens, je ne pouvais plus donner mon avis, intervenir…et ça c’était pour moi très inconfortable de ne pas être entendue ! J’aurais aimé au moins pouvoir dire à ceux qui n’auraient pas manqué de me pleurer que tout allait bien, que la mort n’était pas si monstrueuse que ça, qu’ils ne se fassent pas de souci pour moi etc…leur parler quoi, tout simplement ! C’était très frustrant comme situation, mais il allait bien falloir que je me fasse à ma nouvelle condition.

Consoler les êtres proches qui sont soudain assommés par votre disparition était l’une de mes préoccupations. Comment allaient-ils réagir par rapport à cette grande douleur ? J’appréhendais le fait de voir ceux que j’aimais, pleurer et souffrir de mon absence. Le genre de situation qui m’aurait rendue très malheureuse. Je me fis donc un devoir d’assister mes proches lors de l’annonce de ma disparition, me disant que, même s’il m’était impossible de leur parler, j’aurais sûrement trouvé une manière de leur faire un signe pour les consoler…

Mon mari a eu l’air choqué quand les gendarmes sont arrivés pour lui annoncer la mauvaise nouvelle, à tel point que l’un d’eux l’a fait asseoir, lui a fait ingurgiter un verre de marc de champagne et lui a tapoté gentiment l’épaule en signe de réconfort. Les gendarmes avaient finalement préféré ne pas utiliser le téléphone, vu l’heure matinale de mon assassinat. Quand ils sont repartis quelques minutes après, mon mari ne s’est pas effondré en larmes comme je l’aurais imaginé. Il a tout simplement continué à faire ce qu’il avait entrepris de faire avant l’arrivée des gendarmes : il a continué de moudre son café comme si rien ne s’était passé. Il était sous le choc, bien évidemment, il ne réalisait pas encore le drame. Je me suis toujours dit qu’on ne pouvait pas mesurer la douleur des gens devant la mort. Il y a ceux qui hurlent leur chagrin et ceux qui dans une grande pudeur restent dignes en avalant leurs larmes. Ces derniers faisaient preuve d’une grande force et d’un certain courage. Mon mari, sans aucun doute, faisait partie de ceux-là.

Mon amant R. faisait aussi partie de ces gens-là. En apprenant la nouvelle par le journal l’Union, il s’est pris la tête entre les mains quelques minutes qui m’ont parues une éternité –je n’ai pas bien vu s’il pleurait- et il s’est tout de suite repris. Il a sauté dans sa voiture pour partir au boulot, direction l’avenue de Champagne où il travaillait comme caviste dans une grosse boîte de Champagne bien connue. Une journée comme une autre, à l’en croire…Quel courage ! Mais ne dit on pas que le monde continue à tourner même quand les gens meurent par milliers sur la terre ? C’est comme ça, ainsi va la vie. Il faut continuer à avancer malgré le désespoir. Chapeau, moi je ne sais pas comment j’aurais réagi dans la même situation !

En ville, on ne parlait plus que de ma mort. J’étais le sujet de toutes les conversations, au marché, à la poste, chez le coiffeur… Je ne pensais pas que je deviendrais un jour aussi célèbre, je ne pensais pas mériter autant d’attention, ni déclencher autant de passions. Je faisais la une des journaux. On me plaignait beaucoup. « La pauvre femme…c’est horrible…c’est pas de chance…elle avait tout pour être heureuse…c’est ignoble…on vit dans un monde de fous…un crime odieux parce qu’on est trop laxistes…un accident stupide qu’elle aurait pu éviter si elle n’avait pas été là…le destin, ça tient à rien parfois… » Bref, on ne parlait que de moi et plutôt en bien, je dois dire ; ça fait toujours plaisir à entendre. En bien…Sauf quand, par inadvertance, vous avez le temps de lire les pensées de certains - ou plus précisément de certaines- …qui disent ces paroles-là en pensant tout le contraire. Comme Madame Veuve-jamais-remariée M. qui tout en proférant « Ho oui, elle va tant nous manquer…oui elle était si jolie…ho non, elle ne méritait pas ça… »  d’un air tellement contrit…et que j’ai surpris à penser très fort :

« Allez hop, une de moins sur le marché ! Elle m’a toujours fait un peu trop d’ombre celle-là…trop jolie, trop charmante, trop, trop ! Trop sotte, oui ! Et puis son mari, plein aux as…voilà qu’il est libre comme l’air maintenant ! »

Je n’aurais jamais imaginé de telles pensées venant d’une personne qui m’avait toujours semblé si affable…Comme quoi, on ne peut jamais se fier à personne. C’est un peu décevant de découvrir ça, et en même temps, c’est instructif.

C’est pourquoi, sous aucun prétexte, je n’aurais raté mon enterrement !

J’ai été obligée de leur demander une rallonge de temps, aux gens de là-haut ; ce qu’ils m’ont accordé bien volontiers. Ils n’ont pas été surpris de ma requête car il paraît que tous les morts, avant de quitter ce monde, demandent cette faveur qu’on leur octroie gentiment et c’est bien normal après tout.

Un monde…mais un monde ! J’ai cru que l’église Notre-Dame d’Epernay  ne pourrait jamais contenir autant de gens.

Il faisait un soleil radieux. J’aurais préféré que le temps soit gris, ou qu’il pleuve…Le temps devrait toujours être à la pluie, les jours d’enterrement ; ce serait plus décent pour une telle circonstance. Quand j’ai présenté cette requête aux gens de là-haut, ils m’ont répondu en rigolant que vu le nombre de morts aux quatre coins du monde, si tel était le cas, il pleuvrait tous les jours, et qu’il n’était pas question de changer le calendrier de la météo, déjà  trop difficile à tenir. Ils n’avaient pas tout à fait tort, déjà qu’ils se trompent toujours sur le temps qu’il va faire.

J’ai eu droit à une belle messe, rien à dire. Vraiment belle ! Tout le monde s’y attendait, vu la situation honorable de mon mari.

Mon mari avait respecté toutes mes volontés qu’il s’était rappelées quand je lui disais de mon vivant, en plaisantant «  Si je meurs, je ne veux que des fleurs blanches sur un cercueil en bois blond, je veux un Ave Maria chanté, je veux des poèmes d’espoir, une chorale comme ci, comme ça… » Je riais en imaginant que ce serait le plus tard possible, comme quoi…ça a dû me porter malheur !

Tout y était ! L’Ave Maria a été chanté par un ténor hors-pair. Même moi, j’en ai eu des frissons partout, c’est vous dire…Le seul petit reproche que je ferais à mon mari, c’est de ne pas avoir choisi une plus jolie photo de moi à poser sur mon cercueil. J’aurais préféré qu’il choisisse celle où je suis plus en valeur et où je ris. Sur celle-ci, j’avais l’air trop sérieux et dix ans de trop.

Tout le gratin de la ville était là. Vu la situation respectable de mon mari, tout le monde se devait d’être là, -  le dernier évènement dont on parle, vous pensez !  –, pour éviter les «  Mais comment, vous n’étiez pas aux obsèques de Mme X ?! »  Et les regards outragés qui s’en seraient suivi. Non, non, tout s’est bien passé dans l’ensemble.

J’ai juste été contrariée d’apercevoir le Docteur F. entrer sur la pointe des pieds, déposer une enveloppe après avoir signé le registre, comme s’il avait assisté à ma messe et…repartir aussitôt. Il est très occupé mais quand même…Je n’ai pas apprécié non plus, tous ces gens qui sont arrivés en retard, en particulier les C., les J., les S (et j’en passe !) qui sont arrivés pratiquement à la fin et qui se sont placés dans les premiers rangs, en espérant échapper à la queue, pour bénir plus vite ma dépouille. Et puis Monsieur le Maire qui n’a pas arrêté de regarder sa montre, et Mme T. qui n’a pas cessé de pleurer dans son mouchoir en se mouchant très fort alors qu’elle a toujours raconté pis que pendre sur moi. J’aurais aimé, à l’inverse que mon Chéri 2 pleure un peu plus…mais le pauvre homme était encore sous le choc, ça se voyait. Il ne réalisait pas vraiment encore ce que mon absence allait laisser comme vide. Pour mon mari, objet de tous les regards, c’était logique qu’il reste digne ; on n’en attendait pas moins…Et cette Mme Y., toujours à se retourner pour voir si l’église se remplissait et qui zieutait chaque place pour contrôler qui était là ! Et les deux commères du banc du fond qui n’ont pas cessé de jacasser. J’arrête là mon inventaire, on ne refera pas le genre humain et puis de là où je suis, tout ça m’est devenu tellement risible et dénué d’importance ! Le monde est tellement mesquin, que je n’ai qu’une hâte finalement, c’est de rejoindre mes nouveaux pénates et découvrir ce qui m’attend maintenant. Alors le reste, le cimetière, la crémation, tout ça, j’étais pressée que ça se termine. J’ai pas vraiment tout suivi. Je suis allée jusqu’au bout mais comme s’il ne s’agissait plus de moi. J’étais déjà ailleurs.

Avant de partir pour toujours, j’ai voulu une dernière fois revoir ma maison.

 Je m’y suis donc rendue quelques heures après être passée par le cimetière, après le calme revenu. Quelle ne fut pas ma surprise de voir, chez moi, installés autour d’une bière, mon mari, mon amant, mon ex-petit-copain de lycée et le passeur qui conversaient amicalement sur un ton badin. Les vieux copains d’enfance que je croyais presque tous perdus de vue.

J’ai trouvé sympa l’idée de se réunir autour de mon mari et de partager sa peine. Bien sûr, aucun d’eux n’a eu le cœur de le laisser tout seul chez lui avec son chagrin et sa solitude un soir pareil…Chéri 2 avait aussi besoin de réconfort, le pauvre.

Je me suis rapprochée d’eux, en m’installant sur l’accoudoir du canapé, contente à l’idée de prendre part à la conversation après une journée si éprouvante. Chacun parlait de projets : voyages, nouvelle voiture, nouvelle maison, nouveau départ…

«  C’est chouette d’avoir autant de beaux projets, les mecs, mais qu’est-ce qui vous arrive ? Vous avez gagné au loto ? » Me suis-je écrié sur un ton enjoué.

Naturellement, ma question est restée sans réponse, puisque je n’existais plus pour eux et qu’ils ne pouvaient plus m’entendre. Difficile de me faire à cette idée-là décidément !

Je me suis donc contentée d’écouter, de plus en plus étonnée, gagnée par la liesse générale.

Et puis mon mari a dit soudain :

« L’important, c’est que vous accédiez à tous vos désirs et que vous soyez contents ! Je crois que j’ai mis le paquet pour que vous puissiez le faire !

    Ha ça, c’est le moins qu’on puisse dire ! On ne s’attendait pas à une si grosse enveloppe !! S’esclaffa mon Chéri 2. Je vais pouvoir m’installer pour de bon avec Françoise !

Tous acquiescèrent de la tête en mêlant leurs rires.

    Ho, mais je vous dois bien ça, c’était dans le contrat ! Vous m’avez débarrassé de notre gentille emmerdeuse et ça, ça n’a pas de prix ! Depuis nos années d’enfance, on s’est toujours promis de se serrer les coudes quoiqu’il arrive et même si nous prenions des chemins différents, vous vous rappelez quand on a échangé nos sangs à sept ou huit ans ?

Rires gras.

Puis Chéri 1 a rajouté l’air grave, en s’enfonçant dans le canapé :

    Louise, elle était gentillette, on l’aimait tous bien mais elle était décidément trop niaise ; elle ne comprenait rien à rien et n’en faisait qu’à sa tête. Je ne pouvais pas continuer à me trimballer une bonne femme qui salissait ma réputation en racontant n’importe quoi, et compromettait ma carrière politique à venir ! Aucune culture, pas assez de classe pour devenir une femme de député ! Si encore elle avait su rester à sa place, mais non, il fallait qu’elle me fasse des scènes et qu’elle aille raconter notre intimité à qui voulait l’entendre ! J’en étais arrivé à la détester, à la pousser dans d’autres bras pour l’avoir le moins souvent possible dans les pattes. - Là, il a fait un clin d’œil à Chéri N°2 qui a souri, même pas gêné - On ne pouvait pas continuer comme ça plus longtemps. Un divorce ? Pas envisageable, ça aurait entaché ma notoriété ! De votre côté, et bien ça va vous faire des vacances, et ça va vous permettre de mettre un peu de beurre dans les épinards aussi, sans risque de surcroît, puisque Jean-Jean va tout prendre sur le dos…c’est pas sa faute à lui, c’est un grand malade du ciboulot ! Il n’ira même pas en prison.

Et puis quelqu’un a levé son verre.

    A la santé de Jean-Jean, notre fou bien-aimé !

Re-rires gras.

    Ouf, j’ai eu bien du mal à le faire rester sur le pont de Marne, le barjot ! Il courait dans tous les sens et de Magenta, il voulait absolument regagner Epernay pour je ne sais quelle raison ! Je lui ai dit qu’il fallait absolument qu’il recherche quelque chose qu’il venait de perdre quelque part sur le pont et que tant qu’il ne l’avait pas retrouvé, il ne pouvait pas se rendre à Epernay car on allait l’enfermer de nouveau à Châlons. C’est là que ses hallucinations l’ont repris comme à chaque fois qu’il est contrarié ! Moi je me suis vite carapaté ! A cette heure, il n’y avait pas âme qui vive sur le pont…juste Louise qu’on a tous bien poussé à traverser ! Moi, en ce qui me concerne, je te serai toujours reconnaissant de m’avoir sorti de ma situation de clochard en me permettant de m’acheter ma première barge pour faire traverser les gens sur la Marne. Je vais maintenant pouvoir investir dans un vrai et gros bateau !

Là, c’était le passeur qui venait de s’exprimer. Il était tellement content de lui, qu’en riant, il s’est à moitié étranglé et il a régurgité la moitié de sa bière sur le tapis persan du salon.

Moi, j’en avais assez entendu. Le ciel me tombait sur la tête. C’est fou comme l’argent peut vraiment tout acheter.

Inutile de vous dire, que je n’ai pas fait long feu. J’ai préféré rejoindre dare-dare ma nouvelle vie, là-haut, tout là-haut.

Je leur laissais le soin de nettoyer mon beau tapis pensant qu’ils trouveraient bien tout seuls la bombe de Pschitt moquette rangée dans le placard sous l’évier.

 

Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles de Champagne
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Dimanche 25 mai 2008

Une maman c'est comme du coton: elle est douce à l'intérieur comme à l'extérieur et nettoie tous les maux. (Jean Gastaldi)

C'est si vrai...
Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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  • : Je suis… Une silhouette évanescente, une ombre sous la lune blanche, juste un reflet dans un miroir où se reflètent mes mots…Mes mots qui résonnent en écho à d’autres mots, les vôtres, et ceux de mes auteurs favoris.

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MA MUSIQUE:

Les Torchons

(La musique de mes rejetons!)



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Quelques citations...


"Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit." (M. Duras)

 

"Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu." (Jules Renard)

"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)


 "Ce sont les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)

"Comment se tue en nous l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale." (Sainte-Beuve)
 

 "Créer c’est vivre deux fois." (Albert Camus)

 "On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.

Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme." (Douglas MacArthur)


"La vie ressemble à un conte ; ce qui importe ce n’est pas sa longueur, mais sa valeur." (Sénèque)


"La vie est finie quand tu ne surprends plus personne." (Coluche)

"L’indifférence est une paralysie de l’âme." (Anton Tchekhov)



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