LA CAVERNE DES MOTS

 
  Bienvenue dans ma caverne peuplée de livres ! A la nuit tombée, lorsque je dors, les livres s’échappent des rayonnages et partent en voyage. Les mots volent hors des pages et dansent une carole à en perdre voyelles et consonnes. Les auteurs et leurs héros devisent de tout et de rien, en refaisant le monde, confortablement installés dans les fauteuils du salon. Parfois leurs éclats de rire ou de voix troublent mon sommeil. Aux premiers rayons du soleil, à l’heure des rêves enfuis, mes livres regagnent sagement leur place, alignés sur l’étagère. Seuls quelques mots errent encore, surpris par la clarté du jour…
Mercredi 29 octobre 2008





Des odeurs de feu de bois, d’huile de palme et d’oignons frits nous ont conduits jusque sur la place.
Un énorme feu était allumé et léchait la chèvre qui rôtissait. Des lampe-tempête, posées un peu partout, éclairait tout l’espace autour du grand baobab en dessous duquel la foule se pressait.

La majorité des gens était déjà installée. Chacun avait apporté son banc, ou sa chaise, ou sa natte.
Ma mère me fit signe et me montra le petit banc de bois qu’elle m’avait apporté. Avec Amidou, on s’est assis et on a regardé vers la grande toile blanche qui était parfaitement tendue entre deux gros piquets.
 

    Ça s’appelle un écran de cinéma ! m’a renseigné ma mère, d’un air savant.


Derrière l’écran, -puisqu’il fallait appeler la grande toile comme ça- il semblait régner une grande effervescence. Un groupe d’homme s’activait..

Derrière nous, Mamadou et Lassissi s’affairaient pour les derniers réglages. Une espèce de grosse machine était posée sur un escabeau surélevé. Mamadou essayait d’ajuster à la machine de grosses bobines de rubans noirs.


Amoulaye, le maître d’école était assis juste derrière nous et nous expliqua, en pointant son doigt :

    Ceci est le projecteur. Les bobines avec le ruban noir, ce sont les bobines de film. Celles-ci vont être entraînées et se dérouler au fur et à mesure. Le projecteur renverra l’image sur l’écran et on pourra voir le film ! 

Nous regardions et écoutions, bouche bée.

Lassissi faisait les premiers essais.
L’écran était tout à coup éclairé d’une lumière forte, puis la minute d’après, tout s’éteignait. Ils s’y sont repris à plusieurs fois ; ça n’avait pas l’air d’être encore tout à fait au point. Quand ça s’éclairait sur l’écran, les gens poussaient des « HA ! » et quand ça s’éteignait, on entendait des « HOoooo ! »


On commençait à s’impatienter.


   
Ça va bientôt marcher, mais il faut encore un peu de temps ! De toute façon, il faut attendre que la nuit soit complètement tombée…mais quand le chef sera arrivé, tout sera au point !
 

Mamadou et Lassissi rassuraient la population.

L’écran s’est encore allumé d’une grande lumière, et puis s’est éteint une nouvelle fois…allumé, éteint…allumé et puis soudain on a vu des images en noir et blanc qui ont défilé à grande vitesse…tellement vite que l’on n’a rien eu le temps de voir…puis la fois d’après, les images sont apparues au ralenti.


Une chose était certaine, c’est qu’on avait bien vu des images qui bougeaient, mais on ne pouvait pas encore suivre d’histoire et le son était très mauvais.


Ça durait une éternité, ces essais. Avec Amidou, on s’impatientait de plus en plus. On commençait à ne plus pouvoir tenir tranquillement sur nos petits bancs de bois. On bondissait, on se retournait, on tombait du banc, on chahutait, bref, on ne tenait plus en place !


   
Allez jouer plus loin, les gosses ! Allez jouer, on vous appellera quand ça commencera ! Vous avez encore le temps ! nous dirent les adultes énervés.


Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles africaines
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Mercredi 29 octobre 2008



 

Alors avec Amidou, on s’est éloignés.
On a repris nos pneus pour aller s’entraîner sur la piste, puisque les adultes avaient dit qu’on avait encore le temps avant le début du film.
 

On a lancé nos pneus sur la pente douce. Ils prenaient de plus en plus de vitesse, tenaient bien la route avant de terminer leur course, soit dans les buissons, soit à plat sur le flanc. C’est le pneu qui arrivait le plus loin sans encombre qui faisait gagner son lanceur. Avec les nids de poules qui ornaient la piste, les pneus n’allaient jamais bien loin.
En bout de course, on faisait pied la route pour aller rechercher le pneu abandonné.


   
Un jour, nos pneus iront si loin, quand on aura vraiment la maîtrise du lancer de pneu, qu’il faudra marcher jusqu’à Ikot-Ekpene pour aller les récupérer ! Assura Amidou qui ne se décourageait jamais. Il faut dire que c’est toujours son pneu qui gagnait.


On a encore lancé nos pneus, de toutes nos forces, sur la piste de latérite, quand on a entendu une grande clameur venue du village.


   
Ça y est, le film doit fonctionner ! Vite, allons-y, nous allons manquer le début ! S’écria Amidou.

    Mais nos pneus…faut suivre leur course et aller les récupérer… !

    Pas le temps, faut se dépêcher ! On s'en occupera après le film !


J’ai eu un moment d’hésitation, pris entre l’envie de voir jusqu’où nos pneus étaient arrivés et l’envie de suivre Amidou qui était déjà parti en courant.

J’avais lancé mon pneu avec une telle force et une telle précision, que j’étais persuadé que cette fois-ci, il devait terminer sa course très loin devant celui d’Amidou.
Je jetai un coup d’œil qui me persuada de la justesse de mon jugement, car je ne voyais plus aucun des deux pneus dans mon champ de vision. Ils avaient dû terminer leur course très loin, là où ils n’avaient encore jamais été.


Tant pis, pas le temps d’aller vérifier…Amidou avait raison : on aurait bien le temps plus tard ! Et je me mis à courir comme un fou derrière lui, jusqu’à en perdre haleine.


Quand nous sommes arrivés, rouges et essoufflés, le film défilait sur l’écran. Des personnages s’agitaient et parlaient fort.
Ils ont dit quelque chose de drôle car toute l’assistance s’est mise à rire. On s’est assis et on a regardé, éberlués, les images bouger.

C’était à peine croyable : les images bougeaient ! De vrais personnages marchaient et parlaient, comme nous tous les jours ! Ça n’avait rien à voir avec les images d’un livre. C’était bien mieux ; on n’avait pas besoin de savoir lire pour suivre l’histoire. Il suffisait d’ouvrir grands nos yeux et nos oreilles. C’était comme de la magie !
Même le marabout du village n’en revenait pas et se grattait la barbe.
 

Au bout de quelques minutes à peine, tout s’est arrêté.

Tout le monde a fait : « Hooooooo ! »


Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles africaines
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Mercredi 29 octobre 2008



*

Mamadou a dit :

«  Bon, ça marche ! On va arrêter là  la projection car nous devons attendre notre chef bien-aimé. Dès qu’il sera arrivé, je remettrai le film au début et on pourra regarder tranquillement jusqu’à la fin ! Un peu de patience, il ne devrait plus tarder ! »

Les spectateurs hochèrent la tête en signe d’assentiment et un brouhaha de conversations emplit l’espace sous l’arbre à palabre. Chacun tentait de calmer l’impatience qui l’envahissait petit à petit.


Une demi-heure, puis une heure passèrent, la chaise du chef, installée comme un trône au milieu des autres, restait vide.

La nuit était maintenant tout à fait tombée.

Tout le monde commençait à se demander pourquoi le chef tardait tant à arriver.


Au bout d’une heure et demie d’inquiétude, un groupe d’hommes se décida à aller voir ce qui se passait.
Mon père, accompagné de quelques autres, se mit en route pour aller à la rencontre du vieil homme. Ils prirent les lampe-tempête.


Pendant ce temps-là, la mine inquiète, les gens du village échafaudaient les pires scénarii.

Mais qu’avait-t-il bien pu se passer pour que notre chef n’arrive pas ? Serait-il arrivé quelque chose de grave à notre grand chef, d’habitude si ponctuel ?
Qu’est ce qui avait bien pu l’empêcher d’être à l’heure, lui qui attendait de connaître avec tant d’impatience la surprise qu’on lui réservait ?
 

Au fil du temps qui passait, l’angoisse grandissait et même le silence se taisait. Même les criquets avaient fini de chanter dans le bush tout proche.
 

Soudain, des cris et des gémissements précédèrent quelques femmes qui arrivèrent en courant. Elles se tordaient les mains de désespoir.


   
Il est arrivé un drame, une catastrophe ! Notre chef bien-aimé a eu un accident grave ! Il a pris de plein fouet un pneu fou qui déboulait à grande vitesse sur la piste qu’il empruntait. Il doit avoir les deux jambes cassées et peut-être même la tête ! Quel malheur !


Dans l’obscure profondeur du soir, on vit notre chef arriver, gémissant, sur un brancard improvisé, fait de grossiers branchages.


Dans la nuit totale sans lune, le projecteur s’est éteint et l’écran faisait comme une tâche blanche sous le grand baobab…




* ça c'est Babatoundé, le chef du village, juste avant son accident...Voyez ces petites jambes fluettes...maintenant elles sont cassées en mille morceaux, quel grand malheur!...





Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles africaines
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Lundi 27 octobre 2008


Texte écrit pour la Petite Fabrique d'écriture 
(Thème: la météo)


 

 

La pluie qui tombe sur le jardin

Dilue un peu de mon chagrin.

La pluie qui tombe ce matin

Dépose sur tout un doux parfum.

 

Des anges dessinent des arcs-en-ciel

Comme des tableaux à l’aquarelle.

Un oiseau qui déploie ses ailes

Traverse la toile et troue le ciel.

 

La pluie qui tombe sur le jardin

Pleure des larmes de satin.

Là-bas, résonnent dans le matin

De douces notes de clavecin.

 

Tu poses un baiser sur mon sein,

Une œillade de libertin,

Ecoute la pluie sur le jardin

Et restons là, on est si bien !


Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Samedi 25 octobre 2008





 

Parachutée d’on ne sait où ni comment, la nouvelle égérie de l’Amérique, inconnue encore il y a quelques semaines, est projetée à la une des médias du monde entier !

Ses dents longues font grincer celles des esprits raisonnables du reste de la planète : même les ours d’Alaska ont intérêt à se tenir à carreau !

 

En faveur de la peine de mort, de la présence d’armes chez chaque habitant des US, de la guerre qui est une mission de Dieu et de la suppression de l’avortement, la belle, relookée à 160 000 dollars, rajoute à ses nombreuses qualités celles d’être homophobe et antisémite...


Info ou intox?
 

Se décrivant volontiers comme un pitbull avec du rouge à lèvres, on aimerait en connaître un peu plus sur le pedigree de la dame qui semble traîner derrière elle quelques casseroles pas très propres !

 

Aussi redoutable que son colistier John Macfrites…prions pour qu’elle se casse une dent sur l’un de ses hamburgers de viande d’élan…


Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Samedi 25 octobre 2008





 

 

Le mot “ âme ” au 21ème siècle est un mot comme tous les autres, alors qu’en d’autres siècles il prenait des tons d’enluminures.

 

L’âme au fond, qu’est-ce donc ?

 

Rien ou presque rien…pas plus qu’un simple souffle de l’air qui flotte autour de soi…pas plus que le léger bruissement d’ailes d’un papillon…juste une présence en soi, impalpable et secrète.

Une plume de 21 grammes, légère, légère...
 

Dans les moments de profonde solitude, une petite voix intérieure souffle que l’âme est là, en soi, tapie. Et c’est dans le silence, que l’on peut rencontrer son âme…un face à face solitaire.

 

Parfois, l’on dit que l’âme peut s’envoler, pour voyager très loin, et c’est là le danger : on risque de perdre son âme si on la laisse trop vagabonder.

 

C’est pourquoi, durant toute ma vie, j’ai érigé des murailles tout autour de mon âme, des murailles de livres…pour le cas où mon âme aurait des désirs d’évasion !

Elle s’envolerait dans les pages des livres et n’irait pas se perdre bien loin, car l’on retrouve toujours son âme dans les livres de sa vie…



Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Mercredi 22 octobre 2008





 

Yalla, petite sœur des pauvres, yalla ! Pars rejoindre le repos éternel que tu as si bien mérité, toi qui t’es tant donné pour les autres, sans relâche !

70 000 enfants de par le monde vont rester orphelins mais ces enfants entendront toujours la voix de Sœur Emmanuelle qui leur a légué l’amour en héritage.

Toujours nous entendrons la voix haut perchée de ce petit brin de femme qui soulevait des montagnes pour sauver les enfants qu’elle ne supportait pas de voir mourir…

 

Energie, opiniâtreté, humour, amour, franc-parler, Sœur Emmanuelle vivait avec son temps et se battait pour la cause des femmes et la vie des enfants ! Elle était sur le terrain, vivant dans les ordures avec les plus démunis…

Evoluant avec son temps et les réalités du monde, elle avait écrit au Pape en son palais pour permettre la pilule…

 

Le timbre de sa voix énergique résonnera encore longtemps à nos oreilles car Sœur Emmanuelle a tout fait pour que la relève soit assurée et que plus jamais on ne supporte de voir des enfants mourir et que l’on œuvre, à notre échelle, selon les principes simples qu’elle nous confiait :

 

« Partout et toujours, cherche sans te lasser le remède qui soulage, sème l'espoir : ça vivifie et ton amour peut faire des miracles »

 

« On ne possède pas le bonheur comme une acquisition définitive. Il s'agit à chaque instant de faire jaillir une étincelle de joie. Ne l'oublions pas : "Souris au monde et le monde te sourira. »

 

« Si tu veux vivre, tu dois aimer ! »

 

« Nous avons le devoir de chercher à travers les événements les plus terribles, à travers le ciel le plus noir, le coin du ciel un peu bleu. Il y a toujours dans le ciel d'orage une toute petite éclaircie. Donne-toi comme règle de regarder le côté lumineux de tout. »

 

Oui, à notre échelle, dans notre vie de tous les jours, si nous essayons d’adopter ces quelques principes, peut-être le monde en sera-t-il meilleur…

 

« Yalla Emmanuelle, en avant, lève-toi, va vers les autres comme ton Pape : le repos c'est pour l'éternité. »

 

et Sœur Emmanuelle, jusqu’à la fin de sa vie, jusqu’à la veille de ses cent ans, ne s’est jamais octroyé de repos, gardant au fond du cœur et de l’esprit le devenir de ses enfants et œuvrant jusqu’à la dernière minute pour leur bonheur, comme une mère, triste et inquiète de devoir les quitter…





Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Lundi 20 octobre 2008





Une légère brise court sur les prés

Et murmure à l’herbe trop verte

La dernière chanson de l’été

Le vent méchant attend son heure

Pour décoiffer les feuilles qui rient

Sur l’arbre fier de nos forêts

La mer enlace les galets

Avale le sable encore trop chaud

Effaçant le pas des baigneurs

Qui tardent trop sur la grande plage

Le ciel drapé de sa robe bleue

Prépare son manteau des jours gris

Alors que la terre assoiffée

N’attend que la pluie salvatrice

Les roses tendent leurs têtes gracieuses

Aux derniers rayons du soleil

Avant de perdre leur beauté

Aux premiers frimas de l’hiver

Les enfants,  le cartable au dos

Ont repris le chemin de l’école

Adieu sandales et robes légères

L’été nous tire sa révérence

Dansant la ronde des saisons

Jouant à chat avec l’automne.

 





Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Jeudi 16 octobre 2008


                                           Madame N'Birma


 

 

La boutique, au toit de feuilles de palmes tressées, sur quatre pilotis, avait fière allure à côté de toutes les autres bicoques, et les jours de marché, quand l’effervescence bruissait alentour, on ne voyait que son enseigne bariolée qui attirait tous les regards.

Enseigne qui se résumait à une planche de bois savamment fixée avec un fil de fer aux deux montants que formaient les pilotis de la baraque.

Ce n’était pas n’importe quelle enseigne qui offrait aux badauds ses lettres multicolores : c’était l’enseigne de Madame N’Birma, prospère commerçante du marché de Niamey !

Madame N’Birma était quelqu’un de respecté et de respectable, car c’était un modèle dans l’art du négoce. Sa stature imposante en faisait une matrone au verbe si haut que même les mouches arrêtaient leur Zzz zzz quand elle ouvrait la bouche.

Rien que le nom de sa boutique en disait long sur l’ingéniosité et le savoir-faire de la matrone. Les lettres criardes de l’enseigne annonçaient en grand : « Le rayon des bonheurs ». Alors rien que ça, ça attirait le client irrésistiblement. Et puis en dessous, il était marqué en plus petit : « Ici, tu trouves tout, même le paradis pour pas cher ! »

Comment voulez-vous que les clients n’entrent pas dans la boutique de Madame N’Birma avec une telle accroche ?!

Victor Saoulé, le marchand d’en face, faisait grise mine devant une telle affluence, surtout quand les passants accéléraient le pas devant chez lui sans même tourner le regard, et s’engouffraient, comme attirés par des aimants, chez Madame N’Birma.

Pourtant son enseigne à lui était encore plus voyante, plus grande que celle d’en face et elle était prometteuse : « Supermarché plus gros que celui de Paris » et en tout petit, en dessous : « Chez Victor, le roi du négoce ».

Eh bien, allez donc comprendre pourquoi les clients se bousculaient dans les rayons de Madame N’Birma et non pas dans les siens à lui ??

C’est Amina, sa petite vendeuse qui n’a pas l’air si bête que ça, qui avait trouvé un jour l’explication.

« C’est normal, Madame N’Birma elle ne vend que des bonheurs ; dans tous ses rayons, il y a des bonheurs à acheter et pas chers : c’est écrit là ! » fit-elle remarquer à Victor Saoulé, en pointant du doigt l’enseigne de l’autre côté de la rue.

Victor s’était gratté le menton en secouant la tête : il ne pouvait rien contre ça ; quand on vend du bonheur, c’est sûr que ça rapporte gros, puisque tout le monde est à la recherche du bonheur, alors quand, en plus, on le met à portée de tout le monde… 

Dans les rayons de Madame N’Birma, on trouvait toutes sortes de gris-gris sensés apporter la chance, la prospérité, la santé, la fécondité, le retour de l’être aimé et que sais-je encore…On trouvait aussi des onguents qui guérissent tout, des philtres d’amour, des pierres magiques, des cauris dans lesquels on ne pouvait lire l’avenir qu’en rose.

Tous ces produits étaient savamment mis en valeur par des néons de toutes les couleurs et par des pancartes fluo qui annonçaient les nouveautés et les promos, ce qui avait le mérite d’attirer une foule de clients, qui formait des queues interminables aux caisses, à toute heure du jour.

Victor avait bien essayé de piquer la clientèle de Madame N’Birma, en accrochant sur sa devanture une pancarte qui disait : «  Tous les bonheurs que vous ne trouverez pas en face, vous les trouverez ICI », mais cela n’avait pourtant rien changé…

D’abord parce que Madame N’Birma était la preuve vivante que le bonheur existait quand on l’avait à portée de la main tous les jours. Elle utilisait les produits de ses rayons, c’était évident : il n’y avait qu’à la regarder ! Elle respirait la santé. Elle avait tout : la richesse, la célébrité, l’amour d’un homme riche et bien fait, une bonne famille, une belle maison avec la climatisation dans les chambres…tout !

Alors tout ça bien sûr, ça mettait le client en confiance, il achetait les yeux fermés et le bouche à oreilles faisait le reste.

Madame N’Birma, c’était une assurance sur le bonheur.

Et plus Victor Saoulé se désespérait, plus Madame N’Birma rayonnait. Jamais le “Rayon des bonheurs” n’avait été aussi prospère !



Pour lire la suite des aventures de Madame N'BIrma et Victor Saoulé, rendez-vous sur le marché de Niamey, là, en foulant le sol de latérite, juste en-dessous! >>>>>>>>



Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles africaines
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Jeudi 16 octobre 2008



Mais un beau jour, la chance, elle finit toujours par s’envoler, laissant la place chaude à la catastrophe…c’est comme ça ! On dit que la chance tourne et tombe sur quelqu’un d’autre, et vice versa, la malchance s’abat à la place. Tout ça, Victor Saoulé le savait, mais il savait aussi que même si la chance abandonnait Madame N’Birma, rien ne disait qu’elle tomberait précisément sur le toit de sa bicoque à lui…

Dans le doute, il continuait à fréquenter Mamadou, le marabout du village, et à participer aux rites vaudous et un jour, qui sait, le mauvais sort rendrait visite à Madame N’Birma, alors il patientait en attendant son tour.

Mauvais sort ou pas, toujours est-il qu’un jour la patronne du “Rayon des bonheurs” perdit le sourire, et ce sont les larmes qui assombrirent ses yeux, des larmes qui n’arrêtaient pas de couler et qui n’échappèrent pas à Victor Saoulé.

Quelques jours plus tard, on enterrait la fille de Madame N’Birma, écrasée par un camion sur la piste qui reliait Niamey à Tahoua. Monsieur N’Birma, l’époux bien-aimé, fou de chagrin, se jeta sous un train quelques semaines plus tard, juste avant que ne s’écroulât, sous l’assaut d’une mauvaise tempête tropicale, le toit de la maison familiale. Epuisée par tant de malheurs survenus à la chaîne, Madame N’Birma tomba malade.

Comme les roulements du tam-tam, la rumeur enfla de village en village pour atteindre les fins fonds de la brousse. La terrible rumeur disait que s’il arrivait tant de malheurs soudains à Madame N’Birma, c’est que ses produits avaient perdu de leurs pouvoirs bénéfiques. Les produits stockés dans les rayons étaient non seulement périmés mais sûrement dangereux ! Ils donnaient désormais du malheur, il n’y avait qu’à regarder Madame N’Birma… donc il fallait surtout bien se garder de les acheter.

Les clients désertèrent la boutique du jour au lendemain, prenant même soin de faire un détour pour éviter que la malchance ne leur saute dessus par inadvertance, comme les puces sur un macaque.

Ce qui arrangea les affaires de Victor Saoulé qui sans se réjouir ouvertement des déboires de sa voisine, espérait néanmoins secrètement en récolter les fruits.

Les clients prirent l’habitude d’emprunter le trottoir d’en face, et par là même, passèrent devant le “ Supermarché plus gros que celui de Paris”.

Pour les attirer, le roi du négoce avait rajouté une pancarte qui indiquait désormais : « Les bonheurs d’en face sont arrivés ICI pour y rester toujours »

« Pour y rester toujours »… voilà qui était rassurant, et la foule investit la boutique !

Victor Saoulé, un large sourire aux lèvres,  respirait le bonheur …

 

 

Par Nickyza - Publié dans : Nouvelles africaines
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Jeudi 16 octobre 2008
Fièvre, toux, asthénie, je crois que j'ai transmis à mon ordi mes maux! D'habitude ce sont mes mots qu'il est sensé retranscrire et non mes maux...et bien, non, il n'en fait qu'à sa tête! Il tousse et refuse de travailler: déconnections intempestives; il se chamaille avec la F...-box qui le prive d'adsl ! Grrrrrrrrr.....! Bref, j'espère que les traitements que je lui administre viendront à bout de sa mauvaise volonté!
J'ai pu néanmoins venir vous lire, entre deux déconnections et deux mouchoirs, et constater que deux bonnes élèves avaient rendu leur copie en planchant sur les acrostiches de Musset et Sand. Je les en remercie et leur décerne le "Prix de l'acrostiche réussi" !!
Il s'agit de
Nettoue qui a laissé son acrostiche dans les commentaires, un acrostiche style  "argot de Paname", très drôle!!
Violette-la-Dame- en-mauve
a également fait un acrostiche sur l'amitié qu'elle a mis sur son blog en relayant mon petit jeu! Un joli acrostiche dédié à ses lecteurs!
Pour les autres, sachez que vous pouvez encore participer si le coeur vous en dit: oui, oui,
Malou , Musset et Sand attendront ton retour, comme nous tous avec impatience!

Bonne journée à vous tous :-)







Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Vendredi 10 octobre 2008




  Jean-Marie Gustave Le Clézio, l'écrivain voyageur, le magicien des mots à la sensibilité à fleur de coeur est couronné par le Prix Nobel de Littérature!!
L'académie suédoise a décerné le prix à un  "
écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante".

Auteur prolifique, voilà quelqu'un qui peut se vanter d'avoir vendu beaucoup de livres en maintenant un haut niveau de littérature! Le Clézio, best-seller de la qualité !

L'écriture a depuis l'âge de sept ans toujours fait partie de sa vie, l'écriture comme un long voyage, une fuite derrière laquelle se cache sa liberté. Ecrivain de la solitude, du silence...

"Désert", "Le livre des fuites", "Le chercheur d'or", "La quarantaine", "Celui qui n'avait jamais vu la mer"...les livres qui m'ont le plus "touchée"...mais surtout "Onitcha", village en pleine brousse africaine que personne ne connaîssait sauf MOI pour en avoir foulé le sol rouge de latérite...comme lui! Mes pas dans les siens...

J'ai relevé dans divers entretiens ce que JMG Le Clézio pensait de l'écriture:

« C’est un peu contradictoire, mais c’est ça : écrire sans savoir où l’on va, en laissant les choses se faire d’elles-mêmes, sans aucun plan - même pour un essai ; écrire en jetant des phrases, en les regardant s’ajouter les unes aux autres et, ensuite, regarder la page, avec tous les blancs que l’écriture a laissé un peu partout - parce qu’une page écrite, c’est plein de blancs, c’est très curieux. Ça, c’est bien ; c’est laisser dériver le fil. »

"En fait, quand j’écris, je n’entends pas les bruits. Je peux écrire au milieu du vacarme, ça ne me gêne pas »

«L'écriture est la seule forme parfaite du temps.
»

«Ce qui me tue, dans l'écriture, c'est qu'elle est trop courte. Quand la phrase s'achève, que de choses sont restées au-dehors !
»

«Je n'ai jamais cherché que cela en écrivant : communiquer avec les autres.»

Et cette phrase-là que je trouve très, très encourageante!! :

«C'est en faisant semblant d'être écrivain qu'on le devient vraiment.»

Ouf, on peut continuer à faire semblant alors...le Prix Nobel est à notre portée !!!!



Joli week end à vous!


Et...n'oubliez pas mon petit jeu de l'article du dessous: essayez de "pasticher" Musset et Sand en créant votre acrostiche, à votre sauce à vous! ...enfin si vous avez un peu de temps pour jouer... :-)















Par Nickyza - Publié dans : Petits papiers aigres ou doux
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Jeudi 9 octobre 2008



Petit jeu !

Alfred en pinçait pour George! Oui, vous savez Alfred de Musset...et George Sand, la note et la plume!...
Pour obtenir un rendez-vous galant, Alfred envoya un jour à George un poème codé, sous la forme de cet acrostiche-là! Plutôt osé pour l'époque, non?


Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,

Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?

Vous avez capturé les sentiments d’un cœur

Que pour vous adorer forma le Créateur.

Je vous chéris, amour, et ma plume en délire

Couche sur le papier ce que je n’ose dire.

Avec soin de mes vers lisez les premiers mots :

Vous aurez quel remède apporter à mes maux


Et bien George ne s'est pas démontée et voilà la réponse qu'elle lui renvoya:

Cette insigne faveur que votre cœur réclame

Nuit à ma renommée et répugne à mon âme 

(Mon Dieu, quelle sainte-nitouche!!)

Cette insigne faveur que votre cœur réclame
Nuit
peut être à l'honneur mais répond à ma flamme

  ( Bin dis donc, l'avait pas froid au...aux yeux, la dame, hein!)

Lors d'un atelier d'écriture hebdomadaire où l'on s'amusait beaucoup, on nous donna la consigne de faire un pastiche en "langage contemporain" de ce même acrostiche, un peu le langage de nos cités quoi!
Voilà quelle fut ma contribution:


Quand
je te balance que je te kiffe

Veux-tu en plus cent balles et un mars ?

Tu m’rends relou depuis le mois de Mars

Que même t’es bien mieux que la sniff !

Je te kiffe ma meuf, et mieux que ça.

Couche pas avec un autre mec ou

Avec mes cops on descendra :

Toi, surtout, sois jamais chelou !


Réponse de la belle:

Cette invite, ça me fait partir en slam

Minute, tu m’causes plus calme !


Voilà! Alors on aurait pu "pasticher" Musset et Sand dans un autre style...(argot par exemple...) 


Si vous avez le coeur à jouer, en cette période plutôt morose, n'hésitez pas à adapter votre style préféré! Je mettrai en ligne sur cette même page, à la suite,  vos acrostiches sûrement drôles et originaux!

Je rappelle la définition du mot ACROSTICHE donné par notre ami Wiki:

"L'acrostiche est un poème dans lequel les initiales de chaque vers, lues verticalement de haut en bas, composent un mot.


Pour finir en beauté et vous faire sourir un peu, en cette période de crise financière, voici le proverbe du jour:

"Mieux vaut mettre ses bourses en action que mettre ses actions en
bourse" !!

Messieurs, cogitez bien !!








Par Nickyza - Publié dans : Citations et jeux de mots
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Mercredi 8 octobre 2008



Un reflet dans le miroir

                Un souffle dans le couloir

                                      Un parfum très odorant

                                                          Silhouette s’enfuyant...


                                                          Ombre floue, ombre blanche

                                      Sous la lune qui se penche

                          Image évanescente

           D’un rêve éveillé

Petite flamme vacillante


Le vent t’a soufflée

                                        La nuit descend l’escalier




Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Samedi 4 octobre 2008


*

 

 

L’absence nourrit les jours, les mois et les années
Elle vacille telle la flamme d’une bougie allumée
L’absence se fait toujours présence
Au bord de nos mémoires étanches
Elle tisse des regrets au lit de nos blessures
Et vrille nos cœurs au bord de la fêlure
Elle se veut murmure chuintant et lancinant
Qui accompagne nos pas dans la ronde du temps
Telle une petite voix qui résonne dans la tête
Elle se fait présence et joue les troubles fêtes
C’est un léger parfum qui s’impose et entête
Aux détours des pensées pour que l’oubli s‘arrête
L’absence est toujours là en présence évanouie
Veillant farouchement aux souvenirs qui fuient
Même si le temps a englouti
Les flots de larmes de l’âme meurtrie
Même s’il a su cicatriser
Les plaies d’un cœur trop malmené
Le temps n’a pu combler le vide
Laissé par une absence perfide
L’absence est toujours là campée à nos côtés
Même si elle se fait douce au fil des années
Tressant des habitudes sans plus nous tourmenter
Elle accroche des sourires à nos pensées fanées
Mais l’absence toujours persiste
Comme l’air de cette chanson triste
Qui telle une rengaine résiste
Et ressurgit à l’improviste
L’absence que l’on garde intacte
Parmi les souvenirs en vrac
Flotte légère comme un esprit
Bien à l’abri loin de l’oubli
L’absence que l’on n’efface pas
L’absence qui tente de combler
Le vide d’une présence là-bas
Qui rit sous le ciel étoilé.


* Toile de Van Gogh

 

Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Vendredi 3 octobre 2008


 

Refrain :

Ma vie est un théorème 

Carpe Diem, Carpe Diem

Mes jours ne sont jamais blêmes

Carpe Diem, Carpe Diem

Des petits bonheurs parsèment

Mon chemin comme un poème

Carpe Diem, Carpe Diem

Carpe Diem, Carpe Diem.

 

On sait bien que la vie passe et casse comme un rien

Le temps file les jours et avalent nos nuits

Pour ne pas se laisser avoir par le destin

Profitons de la moindre seconde qui fuit.

 

Attrapons vite au vol tous les plaisirs qui passent

Un sourire, une parole, un regard que l’on croise

Cueillons les p’tits bonheurs comme des fleurs qu’on ramasse

Faisons traîner le temps à la première occase

 

Refrain

 

Au milieu des chagrins, des soucis qu’on traverse

Il se cache des joies à qui sait les trouver

Comme le vent qui souffle fort pour chasser les averses

Balayons la tristesse pour mieux se relever.

 

Un café au soleil, un fou-rire entre amis,

Un coucher de soleil, un repas partagé,

Le rire d’un enfant, une douce symphonie

Sont autant de belles choses que l’on peut engranger

 

Refrain

 

Cueillons dès aujourd’hui les roses de la vie

Profitons du présent sans peur du lendemain

Comme nos jours sont comptés, relevons le défi :

Un pied d’nez à la mort et la vie à pleines mains.

 

Le sourire d’un passant, un oiseau qui s’envole,

Le soleil qui scintille sur la mer qui rugit,

Et les ors de l’automne et les filles qui rigolent

Et les mots, les je t’aime que l’on lance à l’envi.

 

Refrain.                                                                                  
Par Nickyza - Publié dans : Chansons
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Jeudi 2 octobre 2008
 




Un “A” bien mis et bien chapeauté,

déambule parmi ses semblables

qui ne le voient pas,

le “A” n’étant que le reflet des autres qui l’entourent,

le “A” n’étant que le miroir

du monde alentour

 

Le “B”, dodu, bedonnant,

trimballe son bide en se bidonnant.

Il plonge son œil rond dans le “A”

qui reflète un “B” bien balourd,
qui en reste bouche bée.
Le B s'en va bégayant.
 

Le “O”, fermé et très réservé,

roule sa vie, toujours étonné.

Quand il vit “B” dans “A” reflété,

il ne put s’empêcher

de proférer des “Oh”

qui s’en vinrent en échos.

Ils s'en vont, rigolos,
Le A dans le B dans l'O
pour former mille mots
BOA, BAOBAB, BOBO



Petite comptine pour enfants pas sages...

Par Nickyza - Publié dans : Poèmes au fil des sentiments
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Mardi 30 septembre 2008




*

 

 

Un havre de paix où le calme règne en maître.

Sous un ciel bleu-marine, le Mont Aimé s’élève à 240 mètres, noyé sous la végétation. Une colline perdue au milieu d’une vaste plaine qui s’étend à perte de vue.

Un endroit qui fut stratégique aux temps moyenâgeux.

C’est là, que Blanche de Navarre, mère du comte de Champagne Thibaut IV, fit ériger un puissant château fort en 1210. De ce château ne restent que quelques vestiges, dont ceux du donjon, imposante et unique tour de six étages, qui s’élevait à 52 mètres de hauteur, surplombant les vignes et les plaines alentour en offrant une vision panoramique sur 40 kilomètres à la ronde.

Le Mont Aimé est un haut-lieu de l’histoire : en 1239, 183 cathares, pourchassés et jugés par les inquisiteurs, y ont péri sur le bûcher. Leurs cris de douleur résonnent encore sur les coteaux des environs…

Les légendes racontent qu’une cité souterraine cathare existerait, cachée dans les flancs du mont.

Plusieurs entrées de souterrains et de grottes, comblés par des éboulis et par la végétation, laisseraient à penser que les entrailles du mont seraient truffées de passages secrets…

L’on raconte que le Mont Aimé aurait été depuis des siècles un repaire d’hérétiques, un lieu saint d’où les « bougres » diffusaient leur doctrine dans tout le nord du pays, voire le berceau du catharisme d’Occident…

D’autres légendes parlent de trésor caché dans une ville souterraine qui se trouverait dans le ventre de la colline. Il est aussi question de sorcières aux forces maléfiques, de disparitions de promeneurs engloutis dans les souterrains qui de toute la région convergeaient vers le château, de diable qui chevauchait une jument, de la régente, Blanche de Castille, qui se rendait en cachette au Mont Aimé pour des rendez-vous galants avec Thibaut IV, le chansonnier…

Sans nul doute, le Mont Aimé est un lieu de mystères et de secrets mais personne n’a encore trouvé l’entrée de la cité souterraine…

Mais un lieu qui fait l’objet de tant de légendes, est un lieu où il s’est forcément passé quelque chose…Il n’y a pas de fumée sans feu !

En 1835, le tsar de Russie, Alexandre 1er, a fait des pieds et des mains pour venir au Mont Aimé afin de fêter la déroute de Napoléon. Il arriva avec une armée de 350 000 hommes et 85 000 chevaux qui paradèrent dans la plaine qui s’étend au pied du mont. Ce fut une fête grandiose et…solennelle, à laquelle avaient été conviés empereurs, rois et princes, et qui ne pouvait se passer qu’au Mont Aimé car le tsar de toutes les Russies avait reçu une « inspiration » venue « d’en haut ». Encore une énigme…Comment le tsar de Russie avait-il eu connaissance de cette colline perdue ? Personnage mystique, - il se prenait pour l’élu de Dieu -, Alexandre 1er venait-il en pèlerinage, sachant que le Mont Aimé avait été durant plusieurs siècles un haut-lieu cathare ?

Quelques fouilles ont été entreprises sur le Mont Aimé, dans les années 70, par une équipe de bénévoles, mais jamais par un organisme officiel, donc elles ont été arrêtées, faute de moyens suffisants…Elles ont permis de découvrir quelques vestiges de l’ancien château des comtes de Champagne, et quelques galeries que l’on n’a pas pu creuser bien loin. Toute la partie méridionale du mont n’a jamais été étudiée ni fouillée…Peut-être se trouve là l’antique ville, la fameuse cité cathare ?...

Le Mont Aimé n’est que classé comme site protégé au titre de l’environnement… Devrons-nous attendre longtemps encore que d’autres fouilles plus importantes soient consenties ? Sûrement…à moins qu’un jour le mont soit enfin classé en site historique ! Malheureusement, le ministère de la culture n’a jamais jugé bon de donner suite à cette demande, prétextant l’inconsistance des témoignages historiques et le peu de vestiges du Mont Aimé…Le peu de vestiges…bien sûr qu’il y a peu de vestiges, puisque l’on n’a pas de moyens pour continuer les fouilles…La cité souterraine restera donc un mystère !

Toujours est-il qu’il règne sur ce mont une atmosphère mystérieuse…Lorsque l’on s’aventure au gré des chemins envahis par la végétation, on s’attend toujours, à chaque pas, à tomber dans quelque chausse-trappe…qui mènerait tout droit à l’entrée de la cité antique ! Et quand la bise légère frémit dans les arbres, on croit entendre les fantômes du Mont Aimé qui ont tant à raconter !

Je m’y suis encore baladé sur le Mont Aimé, pas plus tard que Dimanche dernier, et j’en ai rapporté quelques photos pour vous les faire partager !




Le Mont Aimé vu de la plaine.




Une des entrées de l'ancien château...


 Une partie du fossé qui faisait à l'époque 18 mètres de large et qui entourait le château.


 

 

Un passage...qui ne mène pas bien loin...




Les vestiges du donjon, tour de 52 mètres de hauteur et de six étages.




Le trou de l'ancien donjon et une ouverture...fermée par des éboulis...Où pouvait-elle mener?



Apparemment, la place du château...




La vue sur les plaines alentour depuis la place du château: imaginons cette vue depuis le 6ème étage du donjon!



La ballade se termine : vue prise au milieu des vignes, en redescendant du Mont Aimé!

Une bien jolie balade, sous un temps très ensoleillé!


* Le château fort des comtes de Champagne en 1412, sur le Mont Aimé : dessin de Claude Chastillon exécuté en 1590
Par Nickyza - Publié dans : Couleurs d'ailleurs
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Samedi 27 septembre 2008
               
                                 Acrylique de Pierre-Paul Bellemène
.

          Rage du tam tam

                          La brousse s’enflamme

                                           Rumeur infâme qui blâme

Par Nickyza - Publié dans : Haïkus
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Jeudi 25 septembre 2008




Mon pays s’appelle «Vertiges».

C’est le pays des mots, des lettres et des alphabets.

Dès que l’on foule le sol de mon pays, on est ensorcelé par les sons, sonorités, sonnets, consonances qui s’envolent en consonnes et voyelles sur les ailes des oiseaux.

On s’enivre de mots jusqu’à en avoir le vertige !

Le fleuve de mon pays roule des flots de mots.

Les poissons sont des virgules qui s’apostrophent avec l’accent d’ici.

Les routes de mon pays sont des parchemins qui serpentent à l’infini.

Les feuilles des arbres sont autant de poèmes griffonnés au nez du vent.

Les bonjours sont des vers emplis d’un divin nectar, butiné au cœur de fleurs, aux tiges de plumes, par des abeilles mutines.

A l’entrée de mon pays, on dépose ses contrariétés au «  gardien des soucis » qui vous les rend à la sortie.

On accroche ses larmes à l’encre du ciel, pour qu’elles brillent de joie parmi les étoiles.

Des petits bonheurs fleurissent au détour des chemins et l’on prend le temps de les cueillir avant qu’ils ne fanent.

Les clochers des églises suspendent les heures du temps,

le temps qui passe et se prélasse.

Des pluies de notes de musique descendent des nuages.

On danse des farandoles, on rit de fariboles : les enfants ont les joues rouges !

Les mots sont de la fête et explosent en feu d’artifice.

Il y a les mots-sucre d’orge qui coulent dans nos gorges.

Il y a les mots-bulles qui éclatent en plein ciel.

Il y a les mots-confettis qui s’envolent en couleurs.

Et les mots-perles qui s’enfilent en colliers pour s’offrir en parures.

Dans mon pays, la vie est un livre de contes dont les pages sont tournées par la fée des songes qui en détient les clés…


  C’est l’anglais Thomas More qui, en 1516, pour la première fois employa le mot « utopie » pour qualifier son île imaginaire. Sous sa plume, ce terme désignait un monde idéal, imaginaire qui devait tendre vers une vie meilleure.
Platon aussi construisit un modèle de cité idéale dans la République, mais il ne fut pas le seul ! Rabelais avec Gargantua et Pantagruel, Montesquieu dans ses Lettres Persanes, Marivaux, Voltaire et son Candide, Diderot, Rousseau, Swift, et plus près de nous, Bradbury, Huxley, Orwell…TOUS ont évoqué les grandes questions sociales, politiques, religieuses, morale pour bâtir une contrée idéale.
Paix, bonheur, respect, égalité, idéal, rêve, bonheurs simples au creux de la nature, gouvernement démocratique parfait…tels sont les caractéristiques de l’utopie.
Tout le monde rêve d’un pays utopique et notre imaginaire échafaude une contrée où chacun de nous aimerait vivre.
Oscar Wilde n’a-t-il pas dit : « Une carte du monde qui ne comporte pas l’Utopie ne vaut même pas qu’on y jette un coup d’œil, car elle néglige le seul pays où aborde toujours l’humanité.  Et, quand elle y aborde, elle regarde autour d’elle, aperçoit une meilleure contrée et fait alors voile.  Le progrès est la réalisation des utopies. » 

Alors moi aussi je me suis amusée à imaginer une contrée de rêve, MON pays utopique !
Et vous ? Avez-vous aussi, quelque part dans un coin de votre tête, une île imaginaire où vous aimez parfois vous réfugier ?
         
                              
       
         

Par Nickyza - Publié dans : Couleurs d'ailleurs
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"Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit." (M. Duras)

 

"Ecrire, c’est une façon de parler sans être interrompu." (Jules Renard)

"Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." (Proverbe africain)


 "Ce sont les échecs bien supportés qui donnent le droit de réussir." (Jean Mermoz)

"Comment se tue en nous l’amour ? Trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l’amour, l’indignation le brise, et on arrive à l’indifférence finale." (Sainte-Beuve)
 

 "Créer c’est vivre deux fois." (Albert Camus)

 "On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.

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"La vie ressemble à un conte ; ce qui importe ce n’est pas sa longueur, mais sa valeur." (Sénèque)


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"L’indifférence est une paralysie de l’âme." (Anton Tchekhov)



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